LA MALADIE DES CHIENS
La maladie des chiens est une affection générale infectieuse attaquant les jeunes animaux depuis l'âge de cinq à six mois, jusqu'à un an ou quinze mois, rarement au delà.
Elle est une dans son essence, quoique se présentant sous diverses formes. Cette maladie, qui a toujours dii sévir avec une certaine intensité sur les jeunes chiens, ne paraît pas avoir frappé les amateurs et les éleveurs anciens.
C'est surtout aux changements de constitution qu'éprouve le jeune chien, en passant à l'élat adulte, qu'il faut attribuer la cause du développement de cette maladie. A cette époque de l'existence, l'économie clierche à se débarrasser des leucocytes qui se rencontrent en grande quantité dans le sang des jeunes animaux, et la nature opère celte élimination par voie catarrhale. Les animaux mal nourris, dans une atmosphère plus ou moins impure, comme cela a lieu dans les grandes villes, sont les plus sujets à contracter l'affection qui nous occupe.
Une nourriture insuffisante, peu animalisée, prédispose les chiens à cette maladie.
Sous l'influence de ces dispositions, le moindre froid, ou tout au moins un changement brusque dans l'état de l'atmosphère, fait éclater le fléau.
Enfin, il est une cause qui joue un grand rôle, c'est la contagion, qui, malgré les dénégations de certains auteurs ou praticiens, me parait des plus évidentes. De nombreux faits ont affirmé ma conviction sur ce sujet. Aussi, je crois devoir de suite recommander de ne jamais laisser des chiens sains en contact avec des animaux atteints de la maladie.
Je pense qu'il serait même imprudent de les laisser séjourner dans des locaux qui auraient été récemment habités par ces derniers, avant d'avoir pris la précaution de les désinfecter.
La maladie ne revêt pas toujours, au moins d'emblée, un caractère sérieux; il est, au reste, des cas de peu de gravité que l'on peut appeler bénins; ils se révèlent par la perte delà gaieté, la diminution de l'appétit et par les caractères rappelant le simple catari-iie bronchique ; la toux et l'éternuement, ainsi que l'écoulement d'un nuicus plus ou moins abondant s'échappantpar les naseaux. Un écoulement semblable se remarque aussi aux yeux, dont il agglutine les paupières.. Cet éclat maladif ne dépasse guère dix à douze jours. Malheureusement, dans la plupart des cas.
la gravité de la maladie s'accentue, une lièvre plus ou moins intense éclate, la toux est sèche et les éternuements deviennent plus fréquents, le nez devient sec et chaud, la constipation survient.
L'animal, devenu plus triste, ne s'occupe plus de ce qui se passe autour de lui.
Les soins du vétérinaire deviennent alors indispensables, quoique chaque propriétaire d'un chien s'imagine qu'il possède un remède certain; si l'on voulait croire les éleveurs, les cliasseurs et les gardes, les amateurs ne manqueraient pas de moyens tous plus certains les uns que les autres.
Poudres, pilules, potions, breuvages, feraient une nomenclature interminable; inutile d'ajouter que chaque moyen indiqué constitue pour celui qui le préconise la panacée par excellence.
Malheureusement, la plupart de ces recettes et procédés doivent être considérés comme incendiaires et sont tout au plus propres à hâter et à faire naître des complications graves de cette maladie.
On doit, quand on veut prévenir cette maladie, prendre quelques précautions pour l'hygiène et le régime alimentaire des jeunes chiens.
Il faut leur laisser de la liberté en bon air, entretenir le ventre libre, donner l'huile de ricin, le sulfate de magnésie ou le podophyllin, chaque fois que l'on voit survenir de la constipation,
Faire entrer la viande dans l'alimentation joui'ualière, afin d'empêcher les animaux de devenir moins anémiques.
Enfin, malgré ce qui a été dit par beaucoup d'auteurs spéciaux, je conseille d'avoir recours à un moyen préconisé par l'immortel Jenner.
Je veux parler de l'inoculation du virus vaccin, indiqué par ce célèbre médecin, comme propre à préserver les chiens de la maladie du jeune âge.
Ce moyen n'eut pas grand succès près des écoles, qui l'ont abandonné après l'avoir peu ou point expérimenté et ont fini par en nier l'ei'ficacité.
Je puis affirmer que je pratique cette inoculation depuis plus de vingt ans, avec une réussite absolue.
A. La.\d:;i.\.