ROSINE
Non, mademoiselle... c'est le reflet des rideaux...
CLAIRE
Ah! oui... c'est bien... laissez -moi!.., (f.ei femmes sortent.) J’ai failli me trahir!... un tête, mou ereur, éclatent... ce secrel... ce fatal secrel suri malgré moi... Il 11 fer happe de force... comme ces poisons qui briscul leur verre!... Il e>l dans l'air, sur ces murs, partout!... je le vois, je l'entends qui crie, qui me demande un berceau, un tombeau... (Jirvoliimeiif.) Vision, chimère!... courage jusqu'au bout!... Ce secret est sous terre, nul ne le sait, nul ne le connaît, uni rie peut le Savoir... le crime est à une autre !... et, comme dit mon père, nous sommes sauvés!...
sciai te v.
CLAIRE, LAURENT, LOUIS, puis ROSINE, puf* LES IN- VITES . puis LE COMMISSAIRE, AGENTS, CARRES. MU- NICIPAUX, enfin JEAN, MAlUE, HENRI. DOMESTIQUES.
LOUIS, entrant, ri Claire.
Mademoiselle, on vous allend au salon... (La portière du fond relevée laisse eotr dans le salon de derrière les invités de la noce. Claire se dirige vers eux.)
ROSINE , entrant toute troublée.
Mademoiselle, je ne sais comment vous dire.» M. le commissaire de police qui veut vous parler.
claire, étonnée.
A moi!,..
LE nagistrat, entrant, dur agents et aux gardes municipaux.
Que personne ne sorie de cet hôtel et ne prévienne le maître à son retour... veillez!... [A Claire ) Mademoiselle, je vous demande partlon de celle bruMiue visite; mais mon devoir, un devoir pénible, m'oblige à venir ici, fur la révélation d’un homme que votre père a dénoncé...
C la m u, tremblante.
Veuillez attendre mon père ici, monsieur... (Elle va pour se retirer.)
LR magistrat.
Restez, mademoiselle... Je dois vous interroger, vous ni votre père, et faim une confrontation nécessaire à la justice. (Monte- «fnl général.)
CLAIRE
Mais mon père est absent, monsieur... et...
jean acre ta hotte et son crochet, paraissant au fond du salon, et
venant dans le boudoir avec Marie et Henri.
Voire père est arrêt * !...
Claire, épouvantée.
Arrêté !... Qu’y a-t-il?
JEAN
Il y a, pour l'instant, que M. le commissaire nous a tous invités à vos noces...
claire, vouant Marie et IJenri.
Ciel !...
jean, terrible.
Vous ne nous attendiez pas, jo le vois bien !... vous alliez partir sans n ais,.. Le bouquet, la couronne, le voile, il no vous manquait plus rie», Dieu me pardonne... rien, que le droit de les porter!... Oui, monsieur le magistral, «elle femme qui porte ce bouquet de vierge a ru un rubiui! celte femme qui porte ce te couronne nupti.de l’a laisse tuer! celte femme qui port** re voile blanc d'innocence a fait accuser rie -e* crimes une honnête fille, ma fille enfin ! ( D'un coup de crochet il lui arrache son voile et le jette dans sa hotte arec un rire terrible.) AU ! ah! ahl... cliiiïun comme le reste!... à la botte! à la boite !...
clair b. pétrifiée .
Ah! mon Dieu !... (Elle chancelle.)
jean, d’une voix tonnante.
Devant Dieu et devant les hommes, tu n'as pas le droit de porter ce voile !... Il servira de lange*, ou plutôt de suaire à ion enfant... car ton enfant est mort . tomme Ion honneur !...
CLAIRS
Grâce ! grâce !
marie, se jetant entre Claire et Jean.
Oh! père Jean, vous si bon!
JEAN
Eh! bien, c’est ça, défend>-z-la! Drôle de fille!...
claire, arec explosion.
Perdue!...’ perdue!... où Imr?... où me cacher?.... Dans la tombe... La mort, la mort, maintenant que j'ai la honte!... je ne peux plus contenir le remords qui me tue!... S'il allait être éternel!... Ah! il faut que je parle, que je respire, que j’avoue...
LE MAGISTRAT
Parles 1
clairf.. d'une voix sanglotante.
Arrétez-ntoi donc à sa place... m»iisi>tirt.. La coupable, la Seule et vraie coupable, c’est moi! (I)... J’ai tout méconnu, tout immolé, les droits, les devoirs de h nature, tout ce qu'il y a de siintei de sacré, à la peur du scandale, au faux honneur du monde!... J'aimais... mmi père voulut me marier maigre moi... pour mieux résister à mon père, je cédai à mon amant... Je devins mère... Pardon! pardon! mon Dieu! Je voulais élever mon cnhuil, m'en séparer seu'cinenl jusqu'à mou rnaiiage avec son père... Mais, bêlas! le même jour, sou père tiuuiiul ru duel. Je i <• pouvais plus réparer ma faute aux yeux du monde!... et j’ai « hangé la faute en crime pour la cacher... — Oui. j’ai perdu mon cillant pour sauver mon honneur... Et pour comble de crime, j accusais l'innocente, qui, elle, pauvre tille, perdait son hntttieur pour sauver mon enfant. (Jfoumnmf d horreur d'Henri.) (.J Henri.) Oui, monsieur... (Dune voix éteinte ) A elle, à elle •I me celle couiorme qui me dechhe..., ces parut es qui me lu filent.... tous ces symboles île pureté, d'amour et de bonheur !... f Elle détache la couronne et le bouquet qui tombent à ses pieds.) Oui, it elle ma place, cl » moi la sienne ! A non- deux de la remercier..., moi en mourant..., vous, Henri, en vivant pour elle!
MARIE
0 pauvre femme!... pardon pour elle, mon Dieu! merci pour moi...
jean, essuyant une larme.
Eh bien! est-ce que je vais lui pardonner aussi?...
CLAIRE
Ah! je mourrai soulagée... ce» larmes qui coulent de tes yeux éteignent les feux de l'enfer!
jean, regardant à la portière de droite.
Le baron I...
claire.
Ab! eminenez nto',emmeuez-iuui!... je meurs,., (ifoiine et les femmes l'emmènent mourante |
jka.x, air commissaire.
Maintenant, à l'auir ! .. an plus coupable!..» Vous savez, vous m'avez pi omis... laiwz-nxd fiixr, mettez- vous là!... (Il fait sortir le magistrat par le fond. A Marie et ri Henri:) Voit*, la!... ; Il les fait sortir par la gauche. A Laurent :) Vous, liiez par ici. (A Louis qu'il pousse), et vous. oum beau buveur d'r.iu de-vie, allez voir à la cave si j*y mis! // fait sortir ces deux derniers par le fond, et se eaehe vers la portière de gauche.)
(I) A couper, pour la représentation, depuis : J'ai tout méconnu, etc.» juvpi'.i hs faute en cctme pour lu cacher... inclusivement.
flczsne ti.