ACTE CINQUIÈME
JEAN
J'ai donc pris un associé... en habit noir, pour mise de fonds. Un habit noir et des gants... ça vole tout seul.
MADAME POTARD
Je conçois.
Nous venons donc, madame Potard, partager bon jeu, bon argent.
MADAME POTARD, éclairciu.
A la bonne heure ! naieux tard que jamais. . . Asseyez-vous donc.
JEAN, ù Tugent.
Donnons-lui sa part.
L' AGENT) passant à gauche et prenant la taille de madame Potard.
Sa part et mon cœur.
MADAME POTARD, se dégageant.
Allons donc. (Avec joie.) Combien! Et moi qui n'y comptais plus! Peut-on offrir une goutte à ces messieurs?
JEAN
Merci!
MADAME POTARD, allant ù un cubarct sul' le guéridon.
Et la part elle est grosse, heini
JEAN
Dame Qui, il y a gi*as... mais à trois.., ça rogne un peu les tranches.
MADAME POTARDj ayant rempli trois verres.
Combien donc?
JEAN
Nous avons tiré au baron trente billets doux comme ceux qu'il vous a payés ! A votre santé.
Il trinque, fait semblant de boire et se détournant un peu, jette son cau-de-vie dans son chapeau sur 8on mouchoir.
Trente mille francs.
JEAN
Oui... Tren.i.te mil... le francs!
MADAME POTARD
Ce n'est guère... Vous n'avez eu que ça,; parole d'honneur?... Vous me volez.
JEAN
Ah! madame Potard, pour qui nous prenez-vous? Vus' associés !
MADAME POTAKD.
Alors quinze mille francs pour moi.,
JEAN
Dix, ma bonne, nous sommes trois.
MADAME POTARD
Du tout... Ce n'est pas ca... Je veux quinze mille francs... Je ne suis pas convenue de trois parts avec toi. Tu ne m'as rien dit ; tu as pris sur toi de l'associer... Tant pis pour toi... Ça te regarde. J'ai donné la lettre pour la moitié, non pour le tiers. Je veux ma moitié.
JEAN
Happe-chair î et nous, donc !
MADAME POTAUD.
Partagez Tautre... c'est votre affaire.
JEAN
Mais nous n'aurons plus que des miettes.
MADAME POTARD
Ça n'est pas ma faute... vrai. Ça n'a pas rendu assez... vous vous y êtes mal pris, voilà! je te croyais plus lort. . . Avec ce secret-là, vous auriez dû faire sauter sa banque.
JEAN, faisant &igne à Tagent.
On a fait de son mieux. Vous n'avez bien eu que vin^^t mille francs, vous, pour mettre l'enfant au Paradis.
MADAME POTARD
Chut !
JEAN, tio pla<;aut entre Tagenl et luadaine Potaid.
Mais, enfin, n'en parlons plus... Je ne veux pas plaider pour ça, je perdrais peut-être. Après tout, c'est juste, et si nous n'étions pas honnêtes entre nous... Allons, plus de chicane. Ce qui est convenu est convenu. On en passera par là, et on s'arrangera tous deux comme on pourra.
'L'agent remet les billets à Jean qui les remet à madame' Potard.) VOUS
devez avoir moitié... Voilà!
MADAME POTARD
C'est en règle. Les bons comptes font les bons amis.
Prenant les billets.) RcÇU. (Comptant les billets.) Quiuze ! C'cst le
compte!... moins deux! les brûlés... je les veux.
JEAN, avec colère feinte.
Ah ! vous en demandez tant î prenant les billel» de r agoni el