SCÈNE IV CLAIRE, ROSINE, Les deux Soubrettes
CLAIRE, isolée sur le devant de la sc«ne. — A part.
C'est le salut I.,. Mais à quel prix! grand Dieu? Cacher la faute sous le crime et entasser par-dessus victimes sur victimes... et moi-même, après les autres, moi parée aujourd'hui pour Tautel... dernier sacrifice! Ah! je n'ose mo regarder en face, je me fais peur... et ces glaces me reflètent partout. (RemonUnt, à Rosine.^ Mon VOÎlC ! (Avw agitation ei
impatience.) Vite ! plissé et posé bas.
ROSINK.
Oui, Mademoiselle.
CLAIRE, redescendant, ù part.
Il me semble que mon secret est écrit en lettres de sang sur mon front et qu'il se verra moins sous ces
plis. (Rosine et les soubrettes Tiennent poser le voile.) CoUVTeZ-moi
donc davantage I Est-ce qu'il n'y a pas une tache sur ce voile ?
ROSINE
Une tache ?
CLAIRE
Oui, un point rouge là?
ROSINE
Non, Mademoiselle : c'est le reflet des rideaux.
CLAIRE
Ah! oui, c'est bien... laissez-moi! (Rosine et le» soubrettes
sortent.) Je me trahirai... ma tête, mon cœur éclatent... ce fatal secret sort malgré moi. U s'échappe de force comme ces poisons qui brisent leur verre... Je le vois; je l'entends crier, demander un berceau, un tombeau, changer ce voile en linceul, cette couronne en carcan. (Résolument.) Visions I chimères I... oublions comme les autres! plus d'angoisses î Ayons, comme mon père, la joie féroce de la lutte, l'atroce ivresse du succès. Allons! de l'audace jusqu'au bout ! Ce secret est sous terre. Nul ne le sait... ne peut le savoir. Le crime est aux pauvres ! nous sommes riches... Les Didier pour les Hoffmann ! Je suis la digne fille tle mon père... chassons de race... hurlons avec les loups ! malheur aux faibles et salut aux forts !