ACTE DEUXIÈME
CLAIHE.
Exacte cette fois... Bien 1
ROSINE, à Glaire.
Mademoiselle veut-elle essayer?
LE BARON9 impériensement.
Plus tard! Touvrière repassera.
MARIE, déposant lo carton.
Excusez, Mademoiselle, je ne sais comment vous dire, vous demander... mais vous avez toujours eu tant de bontés pour moi... vous ne m'avez pas quittée, malgré Faccident de la robe ; c'est ce qui m'encoui*âge à vous demander encore une faveur à présent.
CLAIRE
Laquelle ?
MARIE
Voici ma petite note et je vous prie de ne rien me retenir cette fois... et de me l'acquitter tout de suite; car j'ai besoin, grand besoin d'argent aujourd'hui...
CLAIRE 9 allant vers ,1e guéridon de gauche au cofiùret.
Ah I et pourquoi ? vous, si économe, si rangée, Marie ; avez- vous donc changé vos habitudes depuis le bal ? Tant pis. Uvec intenUon.) Sougcz quo l'ordre est tout votre patrimoine... la sagesse votre seule dot... et que ces biens peuvent être plus précieux que la fortune pour un homme de cœur.
MARIE
SI je vous fais cette demande , c'est que je ne suis plus seule.
GLAIRE, s' arrêtant.
Conmient I
MARIE
Non^ Mademoiselle. J*ai depuis un mois un petit enfant à ma charge.
LÉ BARON
Un enfant !
Vous!
MARIE, arec candeur.
Oui, Mademoiselle, un enfant que j'ai adopté...
CLAIRE
LE BARON
A votre âge ! c'est beau.
MARIE
Que j'ai trouvé^ il y a un mois^ à rabandon dans ma chambre, la nuit du 12 février.
Claire et le baron se regardent avec eorprlse.
La nuit du 12 février?
MARIE
Oui, Monsieur, la nuit du mardi-gras dernier, en rentrant du bal, j'ai trouvé chez moi, dans une corbeille, un bébé nouveau-né que j'ai gardé !
CLAIRE, prête à a^éranoair.
Ah!
LE BARON, la soutenant.
Claire !
MARIE, tympathlquement.
Qu'avez-vous , Mademoiselle ?
LE BARON
Rien... Et vous avez gardé cet enfant!
MARIE
Bien sûr, Monsieur. . . Un pauvre petit orphelin, bonnes gens! et il me coûte vingt francs par mois à élever.
LE BARON
C'est beau, mais cher.
MARIE
Oui, Monsieur, et j'ai besoin d'argent aujourd'hui même, pour payer la nourrice qui m'a rapporté l'enfant et ne veut pas le reprendre sans ça. Je vous prie donc, Mademoiselle, si ça ne vous contrarie pas...
LE BARON, virement et durement.
Un enfant trouvé chez vous, en rentrant du bal!., quel conte de carnaval nous faites-vous là ? Vous abusez trop de rintérêt qu'on vous portait pour votre père mort jadis au service de la maison. L'argent vous sera retenu pour la robe gâtée. Robe, bal, duel, enfant, toute votre conduite est un parfait scandale coinblé par votre impudence. Allez éJever votre adoptif comme vous pourrez. Nous ne devons assistance qu'au malheur seulement.
MARIE, à Claire.
Ah ! Mademoiselle. . •