‹ Le chiffonnier de Paris: drame en cinq actesChapitre 53 sur 112 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

et de neuf que j*peax pas m'expliquer, mais qui vaut mieux que de boire, allez I

MARIB9 ayec effiudou.

N'est-ce pas, père Jean?

JEAN

Oui, en vous voyant si bonne, coudre autant d'heures qu'il y a de chiffres sur votre montre, soigner votre vieille mère, élever cet enfant, je me suis dit ce que vous disiez tout à l'heure, c'est bon d'aimer quelqu'un: et je me suis mis à vous aimer. . . Ah I par exemple, je ne sais pas comment je vous aime... si c'est conmie fille, comme sœur ou autrement... je ne peux pas vous dire... je ne m'y connais pas, vu que je n'ai jamais aimé ni haï personne. Tout ce que je sais, c'est que j'ai l'âge qu'aurait votre père. Eh bien î oui, c'est ça, je vous aime comme ma fille... Et quand vous m'appelez : père Jean, ça me remet avec le nom. Je vous prends au mot... tout mon pauvre cœur saute dans ma poitrine. Je donnerais une pinte de mon sang pour vous épargner une larme, et je pleurerais jour et nuit, comme les fontaines de la Concorde, pour vous faire sourire un petit moment.

MARIE, OTec émotion.

Une larme 1 une larme!

JEAN, riant et pleurant à la fois.

Oui, chère enfant, une larme, une larme de joie, cellelà! Laissez-la couler; laissez ce pauvre vieux cœur qui n'a jamais servi se rattraper de toute sa vie avec vous. C'est tout plaisir et jamais assez. Quand vous me regardez avec vos beaux yeux si clairs, votre joue si rose, votre bouche fleurie, toute votre mine de bouquet, il me semble toujours qu'on me souhaite ma fête! et quand je peux venir là comme ça me mettre à vos côtés, pour causer avec vous, vous prendre vos petites mains si blanches et les serrer doucement dans les miennes, oui, je suis heureux, ça me grise. 11 me semble que moi aussi j'ai une famille, un enfant, mon droit, ma part, la part de joie enfin due à tout homme qui a un cœur... Voilà, voilà, Mam'zelle, pourquoi je m'intéresse à vous.

MARIE, lui sautant au cou et l'embrassant.

Mon bon père Jean î

JEAN y la iMpessant dans mi bras.

Ahl

MARIE

Eh bien I j'aime le petit, juste comme vous m'aimez! et je vais chercher Targent de sa nourrice. (Apportant l'enfant du cabinet.) Tenez, il est éveillé.. . n'est-ce pas qu'il est gentil?

JEAN

Je n'en dis pas de mal... C'est égal, j'en parlerai tout de même à madame Potard.

MARIE

Encore! Ah! père Jean, tenez, pour vous apprendre, vous allez me le garder un peu. (lui remettant r enfant.) Veillezle bien jusqu'à ce que je rentre... Je ne tarderai pas.

(Le regardant plaisamment.) Allez, père... graud-pèrc JoaU, COUX

qui l'ont perdu n'ont pas pleuré de joie comme nous aujourd'hui.

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