‹ Le chiffonnier de Paris: drame en cinq actesChapitre 58 sur 112 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

pas pour femme, vous l'avez dit. Vous ne vous mariez pas, vous, quand vous aimez... vous n'en voulez donc faire qu'un passe- temps, une fille perdue conmie les autres. Ce serait donunage pour l'exception. Vous appelez ça un sort honorable... Oui-dà... mais honnête, non. Soyez franc, offririez- vous çà à une fille de votre rang?.. Bon pour l'ouvrière I Elle ne peut monter jusqu'à vous ; vous descendez jusqu'à elle. Vous lui faites l'honneur de la déshonorer. Bien obligé ! Pour une que nous avons de bonne, laissez-nous la, de grâce. Vous n'en mourrez pas. Allons, jeune homme, un peu de probité ! vous avez des voitures et nous n'avons pas de souliers ; vous avez des hôtels et nous n'avons pas de grabats ; vous avez des chiens nourris de viande et nous n'avons pas de pain . . . Vous avez tout enfin et nous rien... Et vous voulez encore ce rien qui nous reste, notre seul et unique bien, l'honneur. Pas tant d'appétit I Ça ne passerait pas, je vous le dis; j'en ai le droit et le devoir, voyez- vous. Je n'ai pu sauver le père, mais j'ai juré de garder la fille, l'enfant d'un pauvre homme mort à votre service. (MouTemont d'Henri.) Avez-vous jamais pensé à l'aider avant de l'avoir vue? non, eh bieni n'y pensez pas maintenant, pour la perdfe. Loin des yeux, loin du cœur. Ne la voyez plus. D y en a assez d'autres, par malheur, qui ne demandent pas mieux que d'être à vous. . . Je sais bien que c'est celle que vous ne pouvez pas avoir que vous vouiez... vous êtes tous comme ça... que vous la voulez, misère aidant, pour un jour, un mois, un an... vous payez à l'heure... quand vous payez... Et puis deviens ce que tu peux!., laissée pour compte !.. avec la honte... et le crime pour la cacher. On vous la garde à ce prix-là. Foi de Jean, l'enfant de votre honmie de peine ne sera pas votre fille de joie.* Non, Marie Didier ne peut être votre fenune ; elle ne sera pas votre maîtresse. Je vous dis que je ne veux pas.. . qu'elle ne le veut pas, que ni père ni mère, ni Dieu ni diable, ni Jean ne le veulent pas. Tant qu'il me restera le souffle, ça ne sera pas ,

HENRI

Père Jean, vous y mettez de l'aigreur.

JEAN

Ah ! dame, que voulez-vous? Je ne sais pas tout sucre comme elle... assez méchant pour la défendre... Croyezmoi, monsieur Henri, changez d'intention ou restez-en là... et soyons bons amis . . .

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