ACTE TROISIÈME
LÉON
Je n'aime que Teau-de-vie... et si vous voulez.,.
JEAN, bondiannt sur sa chaise.
De Teau-de-vie ; je crois bien... Pas dégoûté, mon garçon.
LÉON
De celle-là surtout... du vieux cognac, de Teau-de-vie de cent ans.
JEAN, transporté.
De Teau-de-vie I quel beau nom ! si je veux de Teau-devie, moi ! Ah I ah ! c'est mon faible aussi, touche là, amateur comme toi, l'ami ! donne î je m'y connais. De Teaude-vie de cent ans, plus vieille que moi, née à Cognac, et avant la révolution, voyons! Passe-la-moi, c'te vierge. Est-elle belle ! Amour, va ! c'est égal, un peu petite pour son âge. Voyons donc ce qu^elle a dans l'âme. Oh! oh conmie ça brille. . . des rayons, des éclairs, des topazes fondues, tout le soleil en bouteille, (a la bouteuie.) Veux-tu bien pas me regarder comme ça avec tes yeux d'or, coquette. Débouche, débouche, mon fils.
LÉON, déboachant la bouteille.
Voilai voilà!
JEAN, De se possédant pins.
Allons, vite, lambin, donne-moi la donc I tu me fais languir ; je n'y tiens plus depuis un siècle que je n'en ai bu. J'ai le vertige. Ah! chère belle, mon cœur bat... Je vais me trouver mal. . . Je me meurs.
LÉON
Voilà, vieux passionné!
JEAN, saisissant la bonteille.
Ah! mignonne, un baiser sur ton joli bec, à deux mains, à pleine bouche, m boit à môme la bouteiiie.) Entrez dans la nef, on vous demande au chœur... et pressezvous, glous-glous... Il y a foule et fête carillonnée... A gogo, chérie. . . Enfoncé le bourgeois. Vive la joie! vive la noce 1 vive le vin ! vive l'eau-de-vie ! Qu'est-ce qui bannit le chagrin? le vin* Qu'est-ce qui embellit la vie? L'eau-de-vie ? Qu'est-ce qui me réchauffait, me ranimait quand je crevais de froid et de faim? Le vin. Qu'est-ce
qui me relevait, me retapait quand je tombais de maladie? L'eau-de-vie.
Chantant comme au prologue.
« Vive le vin I » Vive ce jus divin I »