SCÈNE II
HENRI, MARIE, en costame de prison.
MARIE, entrant.
Ah I monsieur Henri !
HENRI, la serrant dans ses bras.
Marie! chère Marie! Bonne nouvelle, vous serez libre.
MARIE, sanglotant
Je ne suis pas coupable. . .
HENRI
Vous coupable! comme l'enfant qu'ils ont tué.
MARIE
Un pauvre enfant que j'ai trouvé, gardé sans rien dire... Faut-il se vanter d'un bienfait? et qu'on a tué, l'innocent, tandis que j allais chercher son mois de nourrice.
HENRI
Je sais votre dévouement, Jean m'a tout dit, chère victime.
MARIE
Je ne pouvais m'en faire un mérite et on m'en fait un crime.
HENRI
Ne vous défendez pas, généreuse martyre du plus rare et du plus pur amour, celui de l'humanité. Qu'est-ce que la bonté, la beauté des saintes, auprès de la tienne, chère Marie, toi, dont la religion est le dévouement?...
MARIE
Ah ! merci de ces paroles d'estime !
HENRI, passionnément.
Dites d'amour, d'amour profond, immuable, éternel.
MARIE
Ah ! Monsieur, ne parlez plus ainsi à une pauvre fille accusée, comme moi, . . vous croyez à mon honneur, c'est assez.
HENRI, avec transport.
Fussiez-vous condamnée, je croirais à vous comme à