‹ Le chimisme des feuilles privées de chlorophylleChapitre 2 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'absence de chlorophylle, qui se produit sous les influences les plus diverses, peut apparaitre dès l'ouverture du bourgeon, ou bien ne se manifester qu'à un moment donné de la végétation, par disparition progressive du pigment vert. Il en résulte alors une coloration Jaune blanche, parfois limitée à certaines feuilles ou à certaines régions du limbe, mais s'étendant parfois aussi à tout l’ensemble des raineaux. Ce jaunissement des feuilles, qui s'accompagne la plupart du temps d’un dépérissement très net du sujet, peut aussi, en apparence du moins, ne gêner aucunement le développement général de la plante. S'il n’a souvent rien de contagieux et n'intéresse alors que l'individu atteint, il peut, dans certains cas, se communiquer soit d’un sujet à l’autre, soit même d’une espèce à une autre. C'est dire les aspects extrêmement variés que prend ce phénomêne.

Cependant, malgré la diversité de ces apparences, si l’on considère les circonstances dans lesquelles se produit le jaunissement des feuilles ou les conséquences générales qui en résultent pour la vie de la plante, il est possible de ramener les différents cas de chlorose à quelques types relativement bien déterminés. On peut de la sorte distinguer :

19 Les plantes étiolées, privées de chlorophylle par suite de la végétation à l'obscurité ;

20 Les Phanérogames hétérotrophes, chez qui l'absence plus

ANN. DES SC. NAT., BOT., 10e série, 1926. vin, 16

ou moins complète du pigment vert semble une conséquence de la vie parasitaire ;

3° Les feuilles jaunes d’ automne :

49 Les végétaux atteints de chorus maladive ;

5° Les plantes albinisées.

Ces divers types de chlorose ont déjà fait l’objet de nombreuses études, soit qu'on ait décrit les modifications morphologiques ou histologiques qui accompagnent cette décoloration des feuilles, soit qu'on ait voulu préciser les causes capables de provoquer la disparition du pigment vert, soit qu'on ait recherché, dans les cas particuliers de chlorose infectieuse, la manière dont se propage la maladie ou le moyen d’y porter remède.

Tout autre est le but du présent travail, visant uniquement à mettre en relief les modifications chimiques qui caractérisent, au cours de la végétation, les feuilles privées de chlorophylle. Ces modifications, quelles sont-elles? Sont-elles radicalement différentes, suivant les différents types de chlorose? Telle est la double question qui domine tout ce travail.

Pour que notre analyse soit plus approfondie, nous avons restreint nos recherches aux plantes albinisées, moins connues que les autres au point de vue de leur composition chimique. Aussi, dans l'exposé historique qui suit et qui résume à grands traits les connaissances actuelles sur la chimie des feuilles décolorées, les cas d’albinisme occuperont-ils la première place.

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