‹ Le chimisme des feuilles privées de chlorophylleChapitre 25 sur 37 · II. — ORME · texte numérisé non relu

II. — ORME

Feuilles vertes. Feuilles blanches.

a — — ESS Cac. M£go. K°0. Ca0. M£oO. K2.

STAR sets es mans 22,25 5,84 44570 14,59 4,58 20,43 SDL RU ARE 30,80 5,56 8,04 17,50 4,05 24,32 DATANT Eco SES 6,14 5,24 18,84 4,08 26,15 PÉRRUNeL e-- oc 37:02 6,67 4,12 15,40 3,89 34,80

Ainsi, très pauvres en chaux, les feuilles blanches se révèlent par contre riches en potasse; chez elles, la proportion de cet

(1) H. Corn et A. GranDsiRE, C. R. Ac. Se., t. CLXXXI, 1925, p. 133.

élément augmente même avec l’âge, alors que la teneur en chaux demeure sensiblement constante.

Ïl en va tout autrement chez les feuilles vertes, oùl’on voit la potasse diminuer nettement au cours de la végétation et la chaux au contraire augmenter.

Quant à la magnésie, on la trouve, peu après l’ouverture des bourgeons, en égales proportions dans les cendres de feuilles vertes et de feuilles blanches ; à mesure que la végétation avance, le pourcentage decet élément, qui reste à peu près constant chez les feuilles normales, baisse graduellement dans les feuilles privées de chlorophylle.

Feuilles vertes et feuilles b'anches ne diffèrent donc pas seulement par la teneur de leurs cendres en potasse, chaux et magnésie, à un moment donné de la croissance, mais s’opposent encore entre elles par les variations que présentent ces trois bases au cours du développement des feuilles.

2. Phosphore et soufre. — Le soufre faisant partie intégrante de toute matière protéique et le phosphore entrant dans la constitution de bien des substances organiques sont, l’un comme l’autre, non seulement nécessaires au développement général de la plante, mais encore indispensables pour que s’élabore le pigment chlorophyllien (1). C’est dire l’étroite connexion que présentent ces deux éléments avec les phénomênes vitaux, et l’on comprend dès lors l'importance que les physiologistes attachent aux dosages du phosphore et du soufre. Ces dosages, on a coutume de les faire à partir des cendres, résidu de la calcination au moufle.

A. TECHNIQUE. — à. Dosage du soufre. — Le soufre ne se trouve guère dans les cendres végétales qu'à l’état de sulfates : sulfates de potassium, de calcium, de magnésium. Parmi ceux-ci, le sulfate de calcium seul est relativement peu soluble dans l’eau (environ 2 grammes par litre). Cependant,commela richesse des feuilles en sulfates est d'ordinaire assez faible,

(1) Cf. P. Vraza, Les maladies de la vigne, Paris, 1893. — Gasrine et De- GRULLY, C. R. Ac. Se.,t. CXX, 1895, p. 1231. — MAGÉ, C. R. Ac. Sc., t. CLIII, 1911, p. 902 ; t. CLV, 1912, p. 435, — Levis, Des cultures artificielles et de lan fluence du soufre en physiclogie végétale, Lille, 1925. VE

il est permis de penser que, pour un poids de cendres égal à 200 ou 300 milligrammes, 200 centimètres cubes d’eau sont largement suffisants pour mettre en solution la totalité des sulfates.

Mode opératoire. — Après élimination des silicates, le résidu des cendres est repris par l’eau légèrement acidulée au moyen d'acide chlorhydrique. On filtre, et le filtrat, porté à l’ébul'ition, est rapidement additionné d’une solution bouillante de chlorure de baryum. Le sulfate de baryum précipite, et il précipite seul, car le phosphate de baryum, qui a pu se former par double décomposition entre le chlorure de baryum et les phosphates alcalins présents dans la liqueur, reste en s0lution grâce à l’acide chiorhydrique. On laisse alors déposer quelques minutes et on filtre. Le précipité rassemblé sur le filtre est soigneusement lavé à l’eau bouillante, séché à l’étuve et calciné au moufle. Après refroidissement, on pèse, et le poids du précipité permet de calculer la teneur de la prise d’essai en soufre.

b. Dosage du phosphore. — Pour doser le phosphore des cendres, nous avons appliqué les deux méthodes classiques, consistant à précipiter l’acide phosphorique soit sous forme de phosphomolybdate d’ammonium, soit sous forme de phosphate ammoniäco-magnésien. Mais la complexité même des cendres végétales oblige à certaines précautions.

2. Précipitation à l'état de phosphomolybdate d’ammonium. — Les silicates, précipitant par le molybdate en même temps que les phosphates, il est nécessaire de les éliminer. Mais, comme les chlorures pourraient gêner ultérieurement la formation du phosphomolybdate, il convient ici de transformer les silicates en silice anhydre par action de l’acide nitrique. Une fois cette transformation faite, il suffit de reprendre la masse par l’eau acidulée, puis de filtrer pour avoir une liqueur limpide exempte de silicates et contenant tout l'acide phosphorique des phosphates. Celui-ci est alors précipité par le nitromolybdate en présence de nitrate d'ammonium.

Le précipité de phosphomolybdate n'ayant pas fines une composition chimique très fixe, il ne convient pas de le peser après dessiccation ; mais, après l’avoir remis en solution

par l’eau ammoniacale, on reprécipite l’acide phosphorique, séparé maintenant du fer et du calcium, sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien, à l’aide de la mixture magnésienne (1) en présence d’un excès d’ammoniaque.

6. Précipitation directe à l’état de phosphate ammontacomagnésien. — Lessilicates, le feret lecalcium qui accompagnent toujours les phosphates dans les cendres sont ici autant de causes d’erreur contre lesquelles il faut se prémunir.

On commence donc par éliminer les silicates : pour cela on les transforme au moyen d’acide chlorhydrique en silice anhydre insoluble. Après filtration, la liqueur ne contient plus, comme éléments suceptibles de fausser les résultats, que le fer et le calcium.

Deux procédés peuvent être alors employés :

Ou bien l’on précipite les phosphates par la mixture citromagnésienne (2) et l’ammoniaque, de façon à maintenir en solution le fer et le calcium.

Ou bien, après élimination du calcium par l'acide oxalique à chaud en milieu acétique, on précipite l’acide phosphorique par la mixture magnésienne et l’ammoniaque.

Dans les deux cas, le précipité cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien recueilli sur filtre et lavé à l’eau ammoniacale est calciné au moufle après dessiccation à l’étuve et pesé.

Ces différentes méthodes employées pour le dosage des phosphates nous ont donné des résultats parfaitement con-

cordants ; voici, à titre d'exemple, les chiffres obtenus avec les feuilles vertes du Marronnier.

(1) Mixture magnésienne :

Chlorure de magnésie cristallisé .............,... 55 grammes. Chlorure, d'ammonium sas Ne as ASE QUE RUES — RU ARS AR ER RS ES SEE MN HR SENTE QT er rs Q. S. p. 1 litre: HCI

Rte Qq. gouttes.

PR ER Te .. o0 grammes.

Carbonate de magnésie......,.......... CS —

Mapgnésie CAUSE MA NEO INNREUR 28r,5

616 TR NT SANTE LT ar ei es PEU 75 centimètres cubes.

NELE ER RE RENE ER RES COTE 75 centimètres cubes. Hausse RM ATEN Q. S. p. 300 ==

Tableau comparatif des résultats obtenus par l'application de ces méthodes aux feuilles du Marronnier.

P?205 p. 100 DES CENDRES.

Méthode au phosphate ammoniaco-magnésien EE —— >

2 = met PSE Méthode en maintenant au après élimination en solution molybdate. du Ca. Ca ct Fe.

LT AL URI T ARE mec 22,939 23,080 23,168 DAS Ai son a 2 dre 22,089 21,320 22103 ANA Le. 14,981 15,000 15,849; CJM TRS RE 10,346 9,873 445500 B. RÉSULTATS OBTENUS. — 19 Par leur richesse en soufre,

les feuilles blanches, aussi bien celles de l’'Orme que dü Marronnier, quelle que soit l’époque de la végétation, ne se montrent en aucune façon inférieures aux feuilles vertes. Nos chiffres indiquent même plutôt un léger excès de soufre dans les cendres de feuilles blanches.

Si l’on considère maintenant les variations de la teneur en soufre au cours du développement des feuilles, on constate une différence très nette entre les feuilles blanches de l’'Orme et celles du Marronnier : alors en effet que la proportion de soufre augmente légèrement avec l’âge chez ces dernières, on la voit diminuer nettement dans les feuilles blanches de l’Orme. Notons cependant que la même différence se retrouve entre les feuilles vertes de lOrme et celles du Marronnier.

Les chiffres suivants permettent de s’en convaincre :

SO p. 100 des cendres.

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