‹ Le chimisme des feuilles privées de chlorophylleChapitre 28 sur 37 · II. — SOUFRE ET PHOSPHORE TOTAU x · texte numérisé non relu

II. — SOUFRE ET PHOSPHORE TOTAU x

Par la proportion des divers éléments qui entrent dans la constitution de leurs cendres, les feuilles blanches diffèrent donc profondément des feuilles vertes. A ne considérer que le phosphore et le soufre, la différence, comme nous l’avons vu, fable à l'ouverture du bourgeon, s’accentue avec le temps pour devenir très nette en fin de végétation, époque à laquelle phosphore et soufre sont plus abondants dans les cendres de feuilles blanches que dans celles des feuilles vertes.

Mais il importe de remarquer que l’analyse des cendres végétales est non seulement incapable de nous renseigner sur la nature des combinaisons sulfurées et phosphorées de la plante vivante, mais incapable encore de nous faire connaître exactement la richesse des feuilles en phosphore et en soufre, puisqu’une partie au moins de ces deux éléments, se trouvant dans l’organe sec à l’état de composés organiques, à pu se perdre au cours de la calcination (1).

Il est donc nécessaire, si l’on veut comparer strictement Ja composition chimique des feuilles vertes et blanches, de ne pas se contenter ici de l'analyse des cendres, mais de déterminer, à partir de la matière sèche, la totalité du phosphore

(1) BerrueLor, C. R. Ac. Se., t. CXX VIIT, 1899, p. 17.

et du soufre, et même, si possible, d'évaluer dans quelle proportion ces deux éléments existent soit à l’état organique, soit à l’état minéral.

1. Phosphore et soufre totaux. — Lorsqu'on veut doser la totalité du phosphore et du soufre présents dans la matière sèche, toute la difficulté consiste à faire passer, sans aucune perte,le phosphore etlesoufre organiquesousla formeminérale.

Plusieurs méthodes dans ce but ont été proposées (1). Le procédé auquel nous nous sommes arrêtés, basé sur l'emploi du nitrate de potasse comme oxydant, n’est autre que le procédé classique, préconisé jadis par Liebig. Toutefois, dans son application, nous avons emprunté à Levis (2) certains détails de la technique.

Mode opératoire. — La matière sèche des feuilles, placée dans une capsule de porcelaine, est additionnée d’une solution saturée de carbonate de soude et de nitrate de potasse. Au bout de vingt-quatre heures, lorsque la solution a pénétré les tissus, on ajoute un fragment de pouasse et 3 ou 4 grammes du mélange oxydant (carbonate de soude et nitrate de potasse). On chauffe ensuite très faiblement la capsule; dans ces conditions, la déflagration, au lieu d’être brutale, commence doucement en un point et se propage lentement, sans aucune projection, au reste de la masse. On peut, alors sans crainte, augmenter la flamme et chauffer jusqu'à décoloration totale. Lorsque l’ensemble est devenu parfaitement blanc, on peut considérer la totalité du phosphore et du soufre organique comme passée à l’état minéral.

Après refroidissement, on neutralise l'excès de potasse par l'acide chlorhydrique, puis on ajoute 20 centimètres cubes du même acide pur et 20 centimètres cubes d’eau. On évapore doucement Jusqu'à siccité complète pour insolubiliser la silice, et on reprend par l’eau légèrement acidulée. La liqueur filtrée se trouve alors prête pour le dosage du phosphore et du soufre.

(1) Wsyz, Les méthodes de la chimie or ganique, t. I, p. 64.

(2) Levis, Des cultures Role, et de l'influence du soufre en physiologie végétale, Lille, 1925, p. 70,

Le dosage du soufre se faisait par précipitation au moyen du chlorure de baryum ; celui du phosphore, par précipitation à l’aide de la mixture citro-magnésienne en présence d’ammoniaque, suivant les techniques exposées plus haut. |

RÉSULTATS OBTENUS. — La matière sèche des feuilles blanches, qu'il s'agisse du Marronnier ou de l’Orme, s’est tou- Jours montrée plus riche en soufre que la matière sèche des feuilles vertes. De plus, si l’on voit, au cours de la végétation, la proportion de soufre entrant dans la constitution d’un même poids de matière sèche diminuer sensiblement chez les feuilles vertes, on peut constater qu’elle varie à peine chez les feuilles blanches.

Quant au phosphore, il se conduit comme le soufre : plus abondant, dès l'ouverture du-bourgeon, chez les feuilles blanches, il diminue au cours de la végétation beaucoup moins vite chez elles que chez les feuilles à chlorophylle.

Les chiffres suivants, obtenus à partir de la matière sèche, donnent la richesse en phosphore et en soufre pour 100 grammes du poids sec.

Phosphore et soufre totaux.

I. —— SOUFRE TOTAL P. 400 DU POIDS SEC EXPRIMÉ EN 90%, I. — Marronnier.

Feuilles vertes. Feuilles blanches

ne es ge 0,831 0,890

D hou 0,772 0,841

DATA een EN TESe Hat re 0,647 0,822

ARTE sc eee dehe ec: 0,605 0,781 IT. — Orme.

Feuilles vertes. Feuilles blanches.

D LU ue ES M Ve 0,740 0,870 OR MUR Lrovu 0,624 0,840 TE ER te UPPER 0,469 0,795

D M rer: 0,400 0.700

II, — PuospHoRe TorAL P. 400 DU POIDS SEG EXPRIMÉ EN P?20%.

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