‹ Le Chimisme sanguin des PaludéensChapitre 11 sur 55 · ÉTUDE DE L’URÉE · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE L’URÉE

Les premières recherches nettement collationnées sont celles de Benhamou, Jahier et Barthelemy en 1921. Elles sont importantes à connaître, bien que ne faisant mention ni de l'espèce plasmodiale en cause ni de l’âge des malades chez les paludéens « primaires ou secondaires »; ces auteurs ont noté des taux d’urée par litre de sérum allant de 0 g. 27 à 0 g. 52, chiffres qu’ils considèrent comme normaux (ils ont opéré sans doute au moyen d’hypobromite de soude); quelques malades ont été suivis de plus près : pendant l’accès, 0 g. 32; après l’accès, 0 g. 25.

(1) Bull. de la Soc. de pathol. exot., &. XXIIT, 3 oct. 1930, n° 8.

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Ils ont également remarqué que, contrairement aux fièvres intermittentes ordinaires, les accès pernicieux s’accompagnent généralement, 6 sur 7, de véritables crises urémiques; l’azotémie peut monter jusqu'à 2 g. 70. Quand la teneur

ais

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dépasse 0 g. 50 par litre, la vie du sujet frappé d'accès per-

nicieux est particulièrement en danger.

Au Congrès de la santé publique et de la prévoyance sociale, tenu à Marseille én 1922, Rouzaud, Biscons et Mathieu de Fossey résument à grands traits les modifications du chimisme sanguin chez les paludéens, les entéritiques et les sujets qu’ils cataloguent comme porteurs de « foie colonial »; sujets chez lesquels le paludisme s'allie à la syphilis, à l'alcoolisme ou à d’autres infections nettement établies.

Chez les paludéens en période d'accès, il y a augmentation du taux de l’urée; dès que les crisés s’éteignent, le sang redevient normal (aucun chiffre précis n’est donné), :

Chez les paludéens chroniques, il est de règle, au contraire, que la teneur en urée du sang soit abaissée, tandis

qu'est augmentée celle de l’azote résiduel : 41 cas sont men- .

tionnés. Le taux moyen de l’urée est monté de 0 g. 21 à à 0 g. 29 par suite du traitement thermal suivi à Vichy, alors que l’azote résiduel tomba de 0 g. 123 à 0 g. 101.

Chez 47 sujets à « foie colonial », l’urée, d'abord abaissée, remonta insensiblement-de 0 g. 23 à 0 g. 34 et l'azote résiduel descendit de 0 g. 139 à 0 g. 105.

A ces documents relatifs à l’urée sanguine, Marcel Léger

en a ajouté quelques autres. Avec M. Boulay, son adjoint à l'Institut de biologie de Dakar, il a examiné, en 1922 et 1923, le sang de 25 noirs africains, paludéens chroniques n'ayant pas eu d'accès depuis plus d’un an, non syphilitiques, non alcooliques. Il a trouvé au litre de sérum : moins de 0 g. 25 d'urée, 7 fois; de 0 g. 25 à 0 g. 35, 5 fois; de 0 g. 35 à 0 g. 45, 5 fois; au-dessus de 0 g. 45, 8 fois (0 g. 46; 0 g. 54, 0 g. 58, 0 g. 59, 0 g. 62, 0 g. 66). En même temps, la constante uréo-sécrétoire d’Ambard indiquait dans plus de la moitié des cas un coefficient dépassant 0 g. 080, preuve de

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