M. LE PRÉSIDENT
Voici un évènement après lequel vous soupirez depuis iongtemps, dans cette belle puroisse—voici une circonstance que j'ai aussi appelée de mes vœux les plus ardents.
Des hommes sont venus crier que nous étions des idolâtres ; que notre sainte religion catholique n'était qu’un tissus d'erreurs, Ils publient que les prêtres catholiques ne sont que de faux prophètes qui trompent les peuples. Et un de ces hommes est aujourd’hui parmi nous pour prouver, dit-il, toutes ces choses... Eh bien, je suis heureux de le rencontrer —avec la grâce de Dieu, rien ne me sera plus facile que de je confondre et de montrer de quel cité sont les faux prophètes, l'ignorance et le mensonge.
Mais avant de commencer la Giseussion j'ai une chose à vous proposer, M. le Président. M. Roussy ct moi, nous sommes
convenus d'en passer par votre jugemont dans les questions de : il v forme qui pourraient s'élever entre nous ; aussi, dans Ja propo- +: de} sition que Je vais vous soumettre, je veux en passer par ce que: } ena vous dicterez... | der
Par respect pour cette nombreuse assemblée, il me semble F tion qu'il convient que M. Roussy et moi nous fassions connaître qui j que nous sommes, d'où nous venons, et jusqu'à quel point nous mé- 1" nait ritons l'attention et le respect de ceux devant qui nous allons . 4 L avoir l'honneur de parler... E du
M. Roussy se leva précipitamment et avec chaleur, « M. le À sonn Président, dit-il, je proteste contre cette proposition de M, Chi- 4 sait ! niquy. Avant de venir ici, je suis convenu avec ce monsieur, WE unes que pendant la diseussion, il n°y aurait aucune question person- mani elle entre lui et moi, et M. Chiniquy ne peut faire cette proposi- écha} tion sans manquer à la parole d'honneur qu'il m'a donnée... a plu
Mr.Cniniquy--M. le Président : Tlest certain que M, Rous- 6 son ci
y ne m'a pas compris, s'il à cru que le compromis passé entre M D jui et moien votre présenoe, comme en présence de plus de M$ mais cinquante témoins ce matin, m'Oteit la faculté de lui demander #8 Rouss
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poliment qui il est, d'où il vient, à quel religion il appartient, et de qui il tient le pouvoir qu'il exerce de prêcher.
L'Europe lance tous les jours des milliers d'étrangers sur nos rives... Parmi ces émigrés, il ÿ en a qui nous viennent avec un caractère non seulement équivoque, mais enipléemeot perdu ; disons le mot, il y eu a qui nous arrivent après avoir mille fois mérité la corde. Je ne veux pas dire que M. Roussy soit nécessairement de ce nombre...Non, assurémeut, mais il me semble que, nous Canadiens, nous mériterions le mépris qu'une foule d'Européeus ont pour nous, si nous étions toujours prêts à environner de notre respect le premier : aventurier qui, s’affublant d'un titre qu'il a pris je ne sais où, vient se poser en apôtre d'une nouvelle religion.
M. Roussy, (prenant: «lors son casque et son manteau,) Je m'en vais, c’est un guet-à-pens qu'on m'a préparé. M. Chiniquy manque à la parole d'honneur qu'il m'a donnée—il m'insulte eu donnant à entendre que je suis un aventurier sans principe.
M. CuiniQuy--M, Roussy se méprend étrangement, s'il cro’t que je veuille l'insulter. Un paruil dessein est loin de ma pensée —inais il me semble que tout homme qui a quelque respect pour soi-même a droit de savoir à qui il parle, avec quelle espèce d'homme il discute...C’est pour remplir la promesse que j'ai faite d'éloigner toute question personnelle, pendant la discussion, que je demande eu ce moment à M. Roussy qui il est, d'où il vient, à quelle religion il appartient: qui lui a donné mission de prêcher et d'expliquer l'Evangile: ou de quel droit il se pose en apôtre au milieu de nous, si personne ne lui a donné pouvoir de prêcher. La discussion n’est pas commencée, La proposition que je fais, n'est donc pas contraire à la parole d'honneur que j'ai donnée de ne pas faire rentrer des questions de personnalité pendant la discuscion.
Lorsque M. Roussy a demandé de nommer un président, aidé de dix autres personnes, pour décider sur les qnestions de personnalité ou de forme qui s'élèveraient entre nous deux, ii supposait nécessairement qu'il naitrait, dans la discussion, quelques unes de ces questions. Et la surprise que ce monsieur feint de manifester, ne me parait qu'un misérable préfexte de nous échapper et de ne pas continuer une discussion dans laquelle il a plus d’une raison de craindre que l'avantage ne sera pas de son côté...
D'ailleurs, M. le Président, ce n’est ni M. Roussy, ni moi mais vous, et vous seul, qui devez j juger cette qnestion; et M. Roussy doit cn passer par votre jugement, s’il a quelque respect
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pour la parole d'honneur qu’il a donnée de se soumettre à votredécision.
M. LE PRÉSIDENT se lève alors et s'adressant à M. Roussy : —— M. Roussy, il me semble que la demande de M. Chiniquy est convenable .…...Un homme d'honneur ne doit jamais air peur ni honte de décliner les titres qu'il a au respect et à la considération de ceux devant qui il paraît, surtout pour la première fois. Quoique nous aimions à supposer que vous êtes un gentilhomme, la plus grende partie de ceux qui forment cette assemblée, et moi en particulier, nous aimerions à savoir qui vous êtes, d’où vous venez, et de qui vous tenez la mission de prêcher l’Evanyile |]
Ces paroles furent couvertes des applaudissements de toute l'assemblée.
M. CniniQuY se levant alors, présenta à MM. les Secrétaires le document suivant, en disant : ‘* Voici, M. le Président, qui je suis—lisez, messieurs les secrétaires et veuillez bien traduire.”
« IGNATIUS BOURGET, MiSERATIONE DIVINA ET STE. « SEDIS APOSTOLICÆ GRATIA, ÉPISCOPUS MARIANOPO : « LITANENSIS, ETC. ETC., ETC.»
« UNIVERSIS præsentes litteras inspecturis, notum facimus et « attestamur Venerabilem Carolum Chiniquy, Temperentiæ « Apostolum, Nostræ Diocæsis Sacerdotem, Nobis optimè notum «esse, exploratumque habere illum vitam laudabilem et protes- « sione Ecclesiasticâ consonam agere, nullisque ecclesiasticis cen- « suris, saltem quæ ad nostrem devenerunt Notitiam innodatum ; « qua propter, per viscera Misericordiæ Dei Nostri, obsecramus « omues et singulos Archiepiscopos, Episcopos, cœteras que Ec- « clesiæ dignitates ad quos ipsum declinare contingerit, ut eum, « pro Christi Amore, benignè tractare dignantur, et quando cum- « que ad co fuerint requisiti, Sacrum Missæ Nacrificium ipsi « celebrare, nec non alia munia Ecclesiastica, et pietatis opera « exercere permittant, paratos nos ad similia ét majora exkiben- «tes: 1n quorum fidem, præsentes litteras signo sigilloque nos- « tris, ac Secretarii Episcopatûs nostri subscriptione communitas « expediri maudavimus Marianopoli, in Œdibus Nostris Beati « Jucobi, anno millesimo quinquagesimo, Wie vero mensis Ju- « nii Sextâ.n
« f IG. Ervs MARIANOPOLITANENSIS,»
« J, O. PARÉ, CAN. SEcnivs. »
à votre:
ASSY :— quy est dir peur nsidéraère fois.
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de toute:
crétaires
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exkibenloque nosbmmunitas tris Beati rensis Ju-
ENSIS.»
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