‹ Le chloral et la médication intraveineuseChapitre 18 sur 29 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Des injections inira - veineuses de eliloral dans renipoisonneuient par l’agaric bnlbenv et la strychnine.

Lorsque je publiai mes premières observations d’injection de chloral dans les veines, j’étais loin de m’attendre au retentissement qu’elles eurent et à tout le bruit qui se fit autour d’elles. Je n’avais, alors, d’autre but que de faire connaître ce que j’avais vu et de prouver que l’observation clinique venait confirmer, une fois encore, les données fournies par l’expérimentation. Ces faits publiés et acceptés, je me proposais de poursuivre mes recherches sur les injections médicamenteuses dans l’appareil vasculaire, d’étudier les cas dans lesquels on devait y recourir, de préciser le manuel opératoire, de formuler les doses, en un mot, d’ajouter à la thérapeutique un nouveau chapitre intitulé : « De la médication intra-veineuse. » Ce que je venais de faire pour le chloral, je me proposais de l’appliquer à la plupart des substances actives dont la pratique rend, chaque jour, l’usage plus nécessaire, telles que la quinine, la digitale, les alcaloïdes de l’opium, le mercure, etc. Mais l’obligation de rester toujours sur la brèche pour répondre aux objections et aux attaques dirigées contre la nouvelle méthode me fit renoncer, momentanément, à mon plan d’études, et restreindre le champ de mes expériences aux injections intra-veineuses de chloral, appliquées seulement au traitement du tétanos et à l’aneslliésie chirurgicale. C’est à cause de cela, sans doute, qu’i-

gnorant ma pensée et le plan dont je voulais tenter ia réalisation, M. Maurice Perrin a écrit :

« On demeure confondu en face de l’agitation qui a » été provoquée, dans les Académies et dans les so- » ciétés savantes, pour quelques faits d’anesthésie » chirurgicale qui ne différaient des autres que par » l’étrangeté du procédé mis en œuvre. »

A ces lignes, qui trouvent ici leur place, MM. Deneffe et Van Wetter ont répondu en des termes que je crois utile de rappeler, car ils sont l’expression exacte de ma pensée.

« Rapetissant la question, M. Maurice Perrin croit, » disent MM. Deneffe et Van Wetter, que ce fut l’é- » trangeté du procédé mis en œuvre dans quelques » cas d’anesthésie chirurgicale qui provoqua l’émotion » dont il reste confondu. Ces quelques faits appor- » taient avec eux bien autre chose qu’un procédé » étrange : ils apportaient la preuve irrécusable que » le cercle fermé de l’appareil circulatoire peut être » ouvert impunément et que l’on peut introduire dans » le sang lui-même les agents les plus actifs de la » thérapeutique. Sans doute, ce n’était point là une » idée neuve puisqu’on la retrouve aux origines de » notre art et qu’elle reparut au xvif siècle ; mais nos » prédécesseurs n’avaient pu la faire passer dans le » domaine pratique, parce que la chimie ne leur avait » pas donné les médicaments simples et purs que » nous possédons aujourd’hui, parce qu’ils n’avaient » pas les instruments délicats et perfectionnés dont » les fabricants modernes ont doté la chirurgie. L’idée » existait, mais les moyens de la réaliser faisaient » défaut ; il fallu^ attendre que la chimie eût progressé » et que l’art du mécanicien eût atteint le développe- » ment que nous lui connaissons. Tous ces progrès » sont accomplis et tout le monde pressent que l’heurê » est venue où les infusions in tra-veineuses prendron t » dans la thérapeutique la place qu’elles méritent. » '

Les injections intra-veineuses de chloral employées contre le tétanos traumatique ne soulèvent plus au-

Jourd’hui les hostilités des premiers jours. Les adversaires les plus redoutables les admettent dans ce cas. Quant à l’anesthésie chloralique, le jugement favorable porté sur elle par l’Académie royale de Médecine de Belgique lui a fait faire un pas immense que raffermira, sans au cnn doute la lecture désintéressée et sans parti pris des observations, si nombreuses et si concluantes, rapportées dans la troisième partie de ce livre.

Le moment m’a donc paru bien choisi pour reprendre et continuer mon -œuvre. Mais, avant de passer à d’autres substances, j’ai dû me demander si les injections intra-veineuses de chloral ne répondaient pas à des indications thérapeutiques autres que celles que j’ai signalées précédemment.

C’est en étudiant l’empoisonnement par l’agaric bulbeux, la strychnine, l’acide arsénieux, que j’ai été conduit à les faire entrer dans une voie nouvelle.

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