‹ Le Chlorhydrate Double de Quinine et d'Urée dans le Traitement des VaricesChapitre 32 sur 36 · Observation IX · texte numérisé non relu

Observation IX

ETUDE EXPERIMENTALE SUR LA CAUSTICITE DES DIVERSES SUBSTANCES EMPLOYÉES

Quel que soit le modificateur irritant choisi, comme le dit Sicard, celui-ci ne peut mettre complètement à l'abri d’un sphacèle local si l'injection est poussée malencontreusement et en trop grande quantité dans le tissu périveineux. Nous venons de voir que le biiodure de mercure nous avait donné des escarres qui creusent, qui sont infiniment longues à se cicatriser, qu'avec le salicylate de soude, nous. avions eu des réactions ulcéreuses mais superficielles et qui guérissent. Or, nous savons que le reflux du liquide en dehors de la veine après l'injection est possible sans que pour cela il y ait faute de technique. Il n’y a donc lieu d'utiliser que des substances sclérosantes d’une tolérance aussi parfaite que pos- Sible pour le tissu cellulaire sous-cutané étant donné le peu de vitalité de ce dernier chez les variqueux

Nous avons donc étudié d’une façon tout à fait simple la causticité pour le tissu cellulo-cutané des diverses substances employées. Pour cela, nous avons fait à des cobayes des injections sous-cutanées .et

"an

- intra-dermiques des diverses solutions utilisées, au ütre employé pour la cure des varices.

Au cobaye À : nous avons pratiqué les injections sous

cutanées suivantes :

1/3 de cm. cube de la solution de quinine urée à.. 120,

OS 0 : — biioduredemercureà 1% 1/3 — — citrate de soude à... 100% Au cobaye B:

1/3 de cc. de la solution de quinine uréthane à o,40p.3cc. 1/3 — salicylate de soude à 30%

Au cobaye C:

3/4 cmc. de solution de biiodure à 1%

I — citrate de soude à 100%

Toutes les injections pratiquées aux cobayes A et B restèrent sans effet, sauf celle de quinine uréthane qui donna une légère induration pendant deux à trois jours au niveau du point piqué. La solution de biiodure chez le cobaye C provoqua par contre une escarre profonde, longue de 2 cm. 1/2, large de 1 cm. 1/2, recouverte d’une croûte noirâtre très adhérente.

Pour éviter de faire des doses trop élevées en injections sous-cutanées, nous pratiquons 22

Au cobaye D : deux injections intra-dermiques : la 1re: solution de biodure à 1% 2 à 3 gouttes la 2° : quinine urée à20% — E.-A. Vandier 6

Résultat : La ire a donnè 48 heures après une escarre ablongue, longue de 1 cm. 1/2 large de 1 cm, une dépression à son niveau indique qu'elle est creusée dans l'épaisseur du derme. :

La seconde a donné une petite croûte blanchâtre supér-

ficielle, circulaire de 1/2 em. de diamètre.

Au cobaye E : Deux injections intra-dermiques :

la 1° : solution de salicylate de soude à 30% quelques gouttes :

la 2°: solution de quinine-urée à 0 % même quantité

Résultat : La 17° a donné une petite croûte brunaätre superficielle arrond e de 1 cm. de diamètre environ. La 2°, une induration d'aspect et de dimension tout-à

fait analogues à ceux observés chez le cobaye D.

Comme nous le voyons, toutes les substances em: ployées ont une action plus où moins ñocive sur le tissu cellulo-cutané. Le biiodure donne des escarres profondes et larges. Le salicylate et la quinine urée de petites réactions ulcéreuses, phlycténoides au début, ce dernier médicament semble cependant avoir à quantité égale une action irritante moindre que le pre-mier. Certes, nous avons eu plusieurs fois issue de la solution de quinine urée en dehors de la veine, et. jamais nous n'avons observé de réaction ultérieure mais, ces expériences nous montrent néanmoins que l'injection intra-veineuse, sans être d’une rigueur absolue comme avec le carbonate de soude et le biio-

dure, doit être pratiquée aussi soigneusement que possible, surtout dans le cas d’ampoules variqueuses très superficielles recouvertes d’une peau mince et

fragile, prête à réagir à la moindre irritation.

NI

Page 1