LE CHOIX:DGNR FEMME
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C'était un vieux et sombre manoir que le château de Morenne. Il datait de la fin du moyen-âge, qui élevait lourdement ses constructions avec des blocs de granit, les flanquait de contre-forts, les arc-boutait d’une façon puissante, et jetait cependant autour des fenêtres, sur les pendentifs et entre les colonnades des balcons, ces guipures de pierre qui sont encore aujourd’hui l’objet d’une juste admiration.
Morenne réunissait donc la force à la grâce. Seulement, les murs avaient bruni; la flamme d’un incendie avait noirci les deux tourelles de l'aile gauche, et le marteau de 93, plus .lourd. que celui. de Thor, le forgeron divin des.légendes Norwégiennes, avait brisé les trèfles, les f-
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gures d’anges et les arabesques découpées à jour.
arcelin de Morenne vivait seul avec sa mère dans ce sombre château, peu distant du bourg, iet situé à quinze lieues de Lyon.
C'était une vie fort triste que celle de Marcelin.
De voisins, il en comptait un pelit nombre ; d'amis, il n’en avait qu'un et qui habitait fort loin. Pendant les années qu'il avait passées dans un des établissements de Lyon, pour y apprendre ce qu'il est reconnu qu’un jeune homme doit savoir de latin et de grec, il s'était lié avec Maurice Charrière, un charmant et joyeux garçon, fantasque, rieur, étourdi, qui, au eu d'exercer sa mémoire à retenir les vers de Virgile et d'Horace, dessinait Tityre et Corydon à l'ombre des frênes, et reproduisait les églogues qu'il devait traduire.
{1 s’ensuivitque Maurice resta un détestable écolier, mais qu'il ne manqua jamais de remporter les prix de dessin.
Marcellin, au contraire, étudiait en toute conscience, faisait régulièrement ses versions et ses thèmes, composait an discours latin qui ne manquait pas de bon sens, et pouvait être cité Comm un élève modèle. C
D'un naturel paisible et doux, il faisait
l’opposion la plus grande avec Maurice.
Si Marcelin avait un moment de liberté, il en profitait pour se promener sous les tilleuls du jaxdin, en lisant ou en s’entretenant avec ses professeurs.
Maurice, lui, organisait les parties de barres et les guerres aux boules de neige ; il écrivait des comédies pour les fêtes et des compliments pour les anniversaires.
La caricature de sescondisciples illustrait ses dictionnaires. S'il savait par hasard une leçon, c'est qu'il l'avait lue par fan taisie. |
Criblé de pensums, malnoté, mais aimé de tout le monde il chérissait Marcellin, et: se portait en toute océasion, près de ses camarades; son avocat et son défenseur.
La sympathie des deux enfants grandit
avec l’âge.
Lorsque devenus jeunes gens ils abandonnèrent le pensionnat, il se quittèrent en pleurant.
La sénaration devait être longue ; les rapprochements, rares et difficiles, car la faille de Maurice ne voulant pas contrarier sa vocation artistique, se décida à qutter Lyon pour aller se fixer à Paris.
Marcelin, en rertrant au château de Morenne, ne devait denc y trouver que sa mère. |
Me de Morenne avait cinquante ans, uñe beauté grave et imposante, un carac-