WEBSTER, N.Y
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sur la jeune malade. Marcellin n’était jamais las d’entendre faire son éloge :; il s'étonnait de n'avoir pas admiré, comme elles le méritaient, les adorables perfections de cette jeune fille. Une ineffable tendresse, mêlée d’admiration, de pitié, de respect, fleurit dans son cœur et l’embauma. Ce sentiment eut tout le calme des beaux soirs qu’il passait dans la forêt ombreuse, toute la sérénité douce de la dernière prière que l’on fait devant. l’autel, quand l’encens a cessé de fumer, que la cire ardente est éteinte, mais que léglise est remplie d’un indéñnissable parfum qui attendrit et pénétre l’âme.
Un jour, Marcellin, accoudé sur la fenêtre du pavillon, regardait dans la vague et retombait dans ses douloureuses pensées, quand les sons voilés de l'orgue lui apportèrent la mélodie aimée.
h! c'était bien la dernière et suave Pensée; mais était-ce celle de Weber ou celle de Marie-Ange ? Peu à peu ce thème s’effaça pour faire place à une réverie pleine de charme et de mélancolie. Ce n’était pius la musique d’un autre qu’interprétait la jeune fille : elle racontait les souffrances, les espoirs de la terre qu'elle avait vu s’évanouir ; elle chanta ses immortelles espérances qui ne devaient plus quitter le ciel. |
«Maurice ! Maurice ! s’écria Marcellin, +
Marie-Ange sera toujours belle : car elle possèdera toujours une âme sublime..c’est son âme que j'aime! son âme qui sera toujours à l’abri des changements que le temps et la maladie opèrent. »
Les dernières notes s'éteignirent avec les derniers mots de Marcellin.
Lentement et de jour en jour la guérison de la jeune fille fit des progrès, mais un voile épais couvrait encore sa figure.
«Marie-Ange, lui dit-il un après-midi que Mne Charrière lui avait permis d’entrer dans la chambre de la jeune fille, et qu'elle s'était éloignée à dessein, je ne vous apprendrai rien en vous avouant que
Je vous aime...décidez de mon bonheur …
voulez-vous être ma femme ?
—M. de Morenne, lui répondit-elle, vous ne m'avez pas vue.
—Oh ! ne me parlez pas ainsi ! qu'importe après tout que la fleur de votre vi-
sage ait été enlevée! Ne possédez-vous *
point toujours les vertus de l’âme et du cœur qui m'ont attiré vers vous dès le
premier jour, et, je puisle dire, à mon insu. /
—Demain vous aurez ma réponse.»
Marie-Ange se leva à ces mots et s’éloi- 8na appuyée sur Mme Charrière qui venait de rentrer. | Marcellin dormit peu, sortit avant le joe et se rendit à Samois pour assister à a Messe, |
un FPE
. Corine il déscendaitila nef dé l'église, il recomnuat Mme Charrière ét Marié: Ange qui quittaient leur banc el se dirigeaient vers le bénitier.
Au moment où il leur présénta l’eau bénite, Marie: Ange leva son voile!
Les clartés du soleil passant par là petite rose du portail mettaient sôn visage en pleiné lumière.
Elle avait perdu l'éclat de son teint, et le: délicieux ovale de sa figuré s'était légérement altéré; mais ses yéux'brillaient du'même feu ardent t' düux; ie’ même sourire plein de bonté: reposait sur ses lèvres: on eût dit qu'elle avait "gagné en expression ce que la maladie avaitdévoré de cette beauté suave:
Marcellin tira une bague'de son. doigt.
« C’est l'anneau de mon'père,» ditil:
Marie-Ange le-prit, et tots: trois s’agenouiHèrent pour prier Dieu de bénir ces saintes fiançailles.
Quand elle:se leva, le: visage de Marie- Ange rayonnait.
RU l’dit-elle, en'sortant, à Poreille dé Mme Charrière: -
—-Es:tu bien sûre de ne pas l'aime depuis longtemps, chète: file? |
Marie-Ange posa la maiñi‘sur son cœur avec-un gesté naïf, puis relévantlès Yeux vérs Mme Chatribre::
« C'est vrai...dit-elle, mais je n&:16: savais pas.
glise, «Oh! moi, enfant, je lisais mieux dans Anbe vos âmes, et sais-tu qui nous attend à la saiérit Madeleine ?
— Non! répondit-elle tout émue.
l'eau —Sa mère! la tienne...»
Ce fut en effet Clotilde de Morenne qui à pe- parut sur le seuil de la villa. Maurice et ee isage sa mère avaient ménagé cette surprise à «ii
Marcellin. LL:
it, et La fortune de Marie-Ange était modeste, it lé- Mne de Morenne m'était pas riche : on ne later parla donc point de faire des folies pour nême la corbeille. D’ailleurs, quand ce mot fut r ses prononcé, Maurice s’écria qu’en sa quañé en lité d'artiste le soin de choisir les bijoux évoré et Les étoffes retombait sur lui. :
Il partit pour .
io. uit jours après i revenait, rapportant US une tétbeille chiffre de Marie-Ange.
s'age- Cette corbeille renfermait une foule dé r ces choses charmantes et d’un goût exquis, et : une seule bague, un diamant magnifique färie- y était ench'issé : c'était le cadeau de noces de M. de Charmont, qui venait de
n:s6T- partir pour Nice avec sa fille.
RAoOUL DE NaAvERy.