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ouait elle euve assez » Jui JUX. »
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Léfront de Lydia était soucieux, son gesté saccadé; elle courait avéc unie rapidité folle : on eût dit qu’elle éprouvait le besoin de s’étourdir ; les cavaliers la suiväient, échangeant avec elle des propos interrompus par l'élan de la course. M.
de Charmont commençait à être inquiet et recommandait là prudence à sa fille :
mais Lydia, sans l'écouter, allait comme le‘ vent.
Bientôt, son cheval autruel elle réndait la maïn avéc une témérité dangereuse, fut pris de vertigé ; il né cowrait plus, il fuyait: c'était un ouragan passant le long des allées, solitaires à cetté heure. Liydia, excellente écuyère, essaya dé le maitriser ; mais le fougueux animal ne sentait plus lé mors et n’entendait plus la voix de la jeune fillé. Les cris dé Marcellin et de Mäurice l’éffrayaient encore ; il s'irrita et voulut se débarrasser dé son fardeau ; Lydia se maäintint en selle; mais elle comprit qu’elle allait êtré vaincu :
ses forces s’épuisaient ; ellé rétourña pour voir à quelle distanre sé trouvaient ses amis. Le cheval de Icüage dé Maurice Wavançait plus ca pas ; Marcelliti, penché sur le cou *: :4 monture, avdif pérdu le soufflé et la raison ; il ne voyaif plus dévañt lui que F'ydia éperdue, paraissant lui ‘iér: Sauvezmoi! Il labouüraït: de COûp$ d'épérous les flancs de: son cheval.
Arrivé non loin de Mlle de Charmont, il sauta à terre, s’élança à la tête du cheval de la jeune fille, la soutint d’une main vigoureuse, et, profitant d’un moment où l'animal Étonné de cette résistance essaya de le renverser, il enleva rapidement Lydia, et la déposa au pied d’un arbre.
Lydia était fort pâle.
«M. de Morenne, lui dit-elle d’une voix tremblante, je vous dois la vie... J’étais à bout de forces, et je serais tombée brisée sur la route.....ÆEh ! cette vie, voulez-vous la protéger encore, la protéger toujours ! »
La jeune file était émue, palpitante, belle de son effroi, et confuse des mots qu’elle venait de dire. Marcellin se sentit le cœur inondé d’une immense joie.
«Lydia, vous ai-je compise ? »
Mike de Charmont lui tendit la main.
« Gardez-la..…..dit-elle.
—AÂAh! répondit-il, je ne vous dois qu’à la reconnaissance.
—Orgueilleux 1!»
Son regard acheva sa phrase.
« Ah! s’écria Marcellin, vous me dédommagez de toutes mes souffrances !
Quand je vous ai vue emportée par ce cheval fougeux, j'ai cru devenir fou de douleur...Mon cœur s’est brisé dans ma poitrine...J’ai crié vers Dieu, je lui ai dit: Sauvez-la ! sauvez-la au prix de ma vie!
et j'ai fait le vœu d’aller à l’un des sanctuaires où il semble répandre le plus de bénédictions sur ceux qui l’invoquent...
Ce voyage, Lydia, sera le premier que feront deux époux bénis par le Ciel.
-— Vous êtes un enfant, dit-elle avec un affectueux sourire, vous croyez que la promesse de ce pèlerinage m'a sauvée, sauvée, tan” … «e je dois la vie à votre courage et ‘e présence d'esprit. :
—Lydia ! ‘épondit Marcellin d’une voiz douloureuse, laissez-moi croire que Dieu m'a exaucé, qu’il vous a préservée, qu’il nous destinait l’un à l’autre. .
—Et que les mariages sont écrits dans | le ciel, reprit Lydia avec une légère in- / flexion moqueuse.
— Ne riez pas de ces idées, Lydia : elles sont saintes et consolantes.
—Si vous y tenez, nous ferons ce voyage, dit Mile de Charmont, je vous dois bien cet acte de complaisance.
Marcellin s'appuya tout chancelant contre un arbre.
Dans un pareil moment, et dans la disposition d’esprit où il se trouvait ces mots furent la goutte d’absinthe qui fit déborder le calice.
En cet instant arrivèrent Maurice et M.
de Charmont.
L'artiste courut à son ami.
«Es-tu blessé ? lui demanda-t-il avec une fraternelle “ollicitude.
—Au cœur! répondit de Morenne.»
Ourevint en silence, les vives émotions éprouvées justifiaient suffisamment la gravité que l’on voyait sur les visages.
Lydia seule paraissait nerveuse, agitée.
Quand elle prit congé de Marcellin, elle semblait avoir à lui dire .un mot, qui, cependant, ne dépassa pas ses lèvres.
Rentré chez lui, Marcellin fut saisi d’un.violent accès de fièvre.
Pendant six semaines sa vie fut en danger.
Durant cette longue. et cruelle maladie,
M. de Charmont mit tant d’effusion, d'intérêt vrai, d'amitié dans son langage ; il gagna si complètement le cœur de Maurice, qu’il n'avait pas quitté le chevet de son ami, que celui-ci lui avoua tout.
«Je ne m'en consolerai jamais! s’écria le vieux gentilhomme, lui, le fils d'Auguste de Morenne..…malade, mourant le cœur brisé..….et par elle, par Lydia! Pauvre Auguste! tume reproches peut-être d’avoir mal remplie ma promesse....Tu as raison, ce n’était pas assez que de garder ma fille à Marcellin : il fallait la rendre digne de lui... Pardon, Auguste ; et toi aussi, pardon, pauvre enfant! j'ai mal élevé ma fille! »
Deux grosses larmes roulèrent sur les joues du vieiilard:
On avait caché à Mme de Morenne la
eÿ
la
gravité de la maladie de Marcellin, Dès qu’il fut assez fort. pour supporter la fatigue d'un voyage, Maurice fit préparer tout ce qui leur était nécessaire, monta dans une voiture avec son ami, étlui dit:
«Je vais continuer mes études en Italie, nous y passerOus un an. ;
—Et ma mère ? demanda Marcellin.
— Nous passerons par Morenne. »
Le nom de Lydia ne fut pas prononcé entre eux. Ils partirent; Marcellin fut forcément arraché à la torpeur dans laquelle il était tombé, par la nouveauté des objets qui frappèrent ses yeux et son esprit. [ls arrivèrent à Rome, que Maurice tenait à lui bien faire connaître.
Des travaux réguliers, des entretiens utiles, des amitiés sérieuses, le changement de climat, un ciel admirable et toutes les conditions de beauté et bien-être que l’on ne trouve qu’en Italie, aidèrent puissamment au rétablissement de la santé de Marcellin. Rendu plus fort par, lépreuve, müri par l'expérience du cœur, il devint un toutautre homme : on eût dit jue la douleur seule pouvait achever de former son âme et son intelligence.
La blessure de son cœurse ferma plus vite qu’il ne l'aurait pensé ; l'absence et le temps, au lieu de mettre en lumière et de faire resplendir l’image de Lydia la plongèrent dans une ombre croissante.
Du jour où il put en parler à Maurice, il fut complètement guéri.
Un soir, en se promenant avec son ami dans les rues de fa Ville éternelle, Marcellin tressaillit tout à coup, en regardant une jeune fille qui marchait lentement à demi courbée sous le poids d’un lourd paquet d’étoffes.
«Comme elle lui ressemble ! » s’écria-il.
Cette exclamation fut une soudaine révélation pour l'artiste. Elle lui apprit que le souvenir de Marcellin était allé souvent se reposer et se rafraîchir sous les ombrages de la Madeleine, et que la pure image de Marie Ange le suivait maintenant comme un ange gardien.
«+ «C'est vrai,» répondit Partiste, et la conversation des deux es gens continua sur ce sujet, rempli pour eux de choses si douces, si fortifiantes et si saintes. À partir de cette soirée, il ne se passa pas un jour sans que Maurice entretint son exni de sa mère et de sa cousine.
Six mois se passèrent à Rome au milieu d’un travail sans relâche. Au bout de ce temps, Charrière dit à Marcellin :
« Rome est admirable, mais j'y trouve trop de monuments..….et la forêt de Font-inbleau est bien belle en automne!
-Partons ! dit Marcellin gaiement.
Qüand les jeunes gens traversèrent la forêt, elle était dans une de ces heures de beauté majestueuse qu’apprécient les poètes et Les artistes. Les bouquets de chènes offraient de grandes masses de bronze florentin sur lesquelles se détachaient les tons vert de gris des châtaigniers et des noyers. Les arbres qui les premiers avaient montré leurs bourgeons verts eh maintenant leur feuillage d’or.
es troncs des arbres étaient blancs et droits. Les nuaces grises, rousses, fauves, argentées, brunies, se mêlaient et s’harmonisant sous les pâles reflets d’un soleil d'octobre.
Cette forêt prêtait à un recueillement rave qui peu à peu dégénérait en tritesse.
‘adieu de la nature était dans ses magni-
ficences mêmes; elle se faisait belle avant de s'endormir.
Le jour où pour la première fois Marcellin avait traversé le bois, c'était par une matinée de printemps. Tout chanen luiet autour de lui. Maintenant il revenait le soir, les feux d’un soleil refroidi tombaient obliquement sur les cimes lointaines, il crut que l’automne de son cœur était également venu et jeta autour de lui le regard de ceux que la mort obli-
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ge à dire adieu à tout ce qu’ils admirent à tout ce qu’ils aimèrent.
Mne Charrière avait été prévenue par une lettre de l’arrivée des deux jeunesgens.
À sa,grande surprise, Maurice ne l’aperçut point sur ka terrasse. Il franchit rapidement le vestibule, et sa mère, descendant l'escalier, lui jeta les bras autour du cou-en l’entrainant,
—+—Qu'y a-t-i1? demanda le jeune homme.
— Pardon M. Marcellin, je suis troublée et désolée...Un-grand Die, .. Vous occuperez.tous deux le pavillon.
—Mais enfin que se passe:t-il? répéta Maurice.
—-Marie-Angeest. souffrante...Il n’y a pas de danger cependant...mais sa maladie est contagieuse.….et je craindrais...s»
Puis, sur une nouvelle question de son fils, elle murmura le mot de petite vérole.
«Tu la sauveras, mère? s'écria Maurice.
-—-de l’espère ? répondit-elle, en s'éloignant pour retourner auprès de la malade.»
Quand elle revint, elle paraissait rassurée.
«Ælle dort! dit-elle en prenant place sur un banc de gazon.
«Voici ce qui est arrivé: dans une de ses visites Chez les pauvres, Marie-Ange a pénétré dans une maison où deux enfants étaient atteints de cette maladie...
Elle a voulu braver la contagion, la con-
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tagion l’a fra ... Je n'ai point 586 te l'écrire, mon cher Maurice, je savais quel coup t’eût porté cette fatale nouvelle.
Ta cousine a montré une inaltérable: patience, c’est elle qui me réconfortait, comme Si j'étais la plus à plaindre....Enfer.
mée dans une chambre où la lumière ne pénètre pas, afin de garantir sa vue affaiblie, étendue sur son lit, dévorée :par de cruelles douleurs, elle ne se plaint jamais et s'oçcupe toujours du dérangement qu’elle nous cause... Jamais.elle ne s’est inquiétée si la maladie lui enlèverait cette beauté si pure qu’elle seule ignorait .»
Marcellin avait écouté Mme Charrière avec une émotion profonde. Il se. souvenait de la grâce pudique, du charme candide de cette jeune fille. Cette maladie, ces douleurs, prix d’un admirable dévouement, lui causèrent une poignante. souffrance. [1 lui sembla que sa vie était liée à cette jeune vie menacée, etla plus ardente prière qui fût jamais sortie de son cœuren jaillit pour le salutde Marie-Ange.
Le lendemain, les deux jeunes gens commencèrent leurs excursions dans la forêt, moins pour se promener que : pour Chasser, par un exercice violent, les tristes pensées qui les assiégeaient.
Pan reprit ses pinceaux, Marcellin herborisa. | Toutes Jleurs conversations roulaient