‹ Le choléraChapitre 1 sur 9 · UN AGENT TRÈS-ORDINAIRE DE LA TRANSMISSION DU MAL INDIEN · texte numérisé non relu

UN AGENT TRÈS-ORDINAIRE DE LA TRANSMISSION DU MAL INDIEN

Cette vérité fut signalée dès lors à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine, avec une exposition détaillée des faits qui en avaient suggéré l’idée et qui paraissaient en fournir la preuve.

Les Académies ne s’en émurent pas autrement : l’administration et le public, inavertis par les autorités scientifiques compétentes , restèrent complètement indifférents.

Il faut qu’aujourd’hui cette vérité nous revienne, au bout de vingt-quatre ans, rapportée de l’Inde, berceau du choléra, par un médecin anglais, pour qu’elle excite l’attention et qu’elle soit enfin accueillie et appréciée. Cela est conforme à ce qui s’est passé de tout temps, chez nous autres Français, en matière de découverte et d’invention.

Je ne m’en étonne donc pas. Mais je sais, infiniment gré a M. le docteur H. Blanc, chirurgien de l’armée anglaise, de m avoir mis, par sa communication sur le choléra, lue au Congrès de Lyon, et par le retentissement qu’elle a eu ; de m’avoir mis, dis-je, en position de faire juger au grand jour la question de priorité touchant l’idée qui en fait le fond.

La tâche m’est rendue facile, grâce aux Comptes rendus de l’Académie des sciences; ils contiennent les témoignages irrécusables de ce qui m’appartient en propre quant à la solution du problème de la prophylaxie du choléra épidémique.

Au surplus, tout en exerçant mon juste droit de revendication, je puis me rendre ce témoignage : c’est que la question d’intérêt personnel et même le souci d’un peu de gloire m’ont toujours, en ceci, moins préoccupé que l’impatient désir de voir appliquer une donnée susceptible, à mon sens, de sauver des milliers et des milliers d’existences humaines.

Suivant moi, celui à qui la chance advient d’une trouvaille utile en médecine, — c’est-à-dire dans la science tutrice par excellence et conservatrice de la vie et de la santé de tous, — contracte par cela même l’obligation d’une sorte d’apostolat pour répandre la notion salutaire dont il a le dépôt. A ce devoir je n’ai pas manqué; je l’ai rempli, dès le premier jour, dans la mesure de mes forces et des moyens honorables de publicité dont je disposais. Le lecteur en trouvera parfois la preuve dans les pages qui vont suivre, et, à côté de l’esprit positif de l’observateur, il y sentira, de temps en temps peut-être, le généreux souffle humanitaire qui animait l’ardeur de mes recherches et qui, afin d’en utiliser au plus vite le résultat pour le bien de mes semblables, suscitait mes nombreuses démarches, me poussait, comme on dit, à frapper à toutes les portes.

La même chose que j’ai publiée en 1849, étant présentée aujourd’hui avec une variante assez malencontreuse quant à la voie d’absorption du poison cholérique, et trouvant faveur sous le patronage de noms étrangers, je ne crois pas qu’on puisse trouver mauvais que j’élève la voix pour dire : Adsum qui inveni.

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