PROPHYLAXIE DEDUITE DE L’OBSERVATION DES FAITS
Lorsque le choléra vint à éclater, sur la fin d’août 18Û9, dans la petite ville de Givet (Ardennes), 0(1 je me trouvais comme chirurgien du 2' bataillon de la garde nationale mobile, je n’avais aucune idée arrêtée sur la nature et sur les causes de celte maladie épidémique. Les faits dont je fus . témoin me révélèrent, d’une façon pour ainsi dire subite, ce qu’il était le plus essenliel de connaître au sujet du choléra :
« Que les miasmes émanés des matières rejetées par les cholériques sont l’agent le plus ordinaire de transmission et de propagation de la maladie. »
Comment ai-je été conduit à ce résultat?
C’est ce que fera voir le récit de l’épidémie de choléra qui a régné dans la ville de Givet, pendant les mois d’août et de septembre 18û9.
Avant d’entrer en matière, je ferai remarquer qu’une petite localité, telle que la ville dans laquelle j’ai eu l’occasion d’étudier, cette année, l’apparition cl la marche du choléra, permet è l’observateur d’embrasser l’ensemble des faits épidémiques et de mieux saisir le lien qui existe entre
eux. Ceci est d’une évidence palpable. L’origine et la filiation d’une épidémie quelconque sont bien plus faciles à saisir et à suivre dans une petite ville de à, 000 habitants, comme Givet, ou de 5,000, comme Nogent-le- Rotrou (1), qu’au sein d’une population agglomérée d’un million d’àmes ou deux, comme Paris et Londres.