‹ Le choléra [electronic resource]Chapitre 25 sur 59 · II. — De l'agent cholérique étudié au poi.nt · texte numérisé non relu

II. — De l'agent cholérique étudié au poi.nt

On a tenté sur des animaux des expériences ayant pour but d'éclairer certains points restés dans l'ombre.

Les animaux peuvent être atteints d'accidents cholériques. En 1849, un cas de choléra avait été constaté sur un chat dans les salles de l'Hôtel-Dieu. En 1865, deux moineaux élevés à ce même Hôtel-Dieu, dans la salle Sainte- Anne, furent atteints de diarrhée subite, de vomissements, de refroidissement, dès les premiers jours de l'épidémie; l'un d'eux périt. Pendant l'épidémie de 1859, des porcs qui avaient avalé les déjections de soldats campés près de Mascara furent atteints par la maladie.

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Déjà, en 1839, M. Chevreul avait parfaitement posé les données du problème. Dans un. rapport à l'Académie des sciences, il avait tracé la marche à suivre « pour la recherche des matières actives sur l'économie animale qui peuvent se trouver dans les produits morbides, l'atmosphère et les eaux, dans les cas d'épizootie, d'épidémie, de maladies contagieuses, etc. ».

Les expériences que nous allons relater ailleurs ont été faites par Thiersch(l), Lindsay(2), Legros et Goujon (3), Baudrimont(4). Elles ont été appréciées par le professeur Robin dans un rapport fait à l'Académie des sciences pour le prix Bréant. Guttmann et Baginsky (5) se sont livrés à des recherches du même ordre ; leurs résultats, quoique évidents, ont été moins complets que ceux de Legros et Goujon.

Les expériences faites avec des matières

(1) Carl TniEnscii, lafeclions versuche an Thieren mit deni InbalLe des choloradarmes, Munchen, 1856, in-S", p. 1-118, et sur les principes toxiques qui peuvent exister dans les déjections cholériques. (Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. Paris, 18G0, tome LXHI, p. 992.)

(2) L. LiNos.w, médecin do l'hôpital des cholériques d'Edimbourg. Transmission du choléra aux animaux. i^Gaz. hcbd. de méd. Paris, 1854, in-/i°, 939 et 1044.)

(3) Legros et Goujon, Ecclierches expéri mentales sur le choléra. Paris, 1809.

(4) A. Baudrimont, Eecherches expérimentales et observations sur le choléra épidémique. In-8", Paris, 18G6.

(5) Guttmann et Baginsky, Recherches expérimentales sur le choléra. (Cenlralblatl, n» 44, et Gaz hob. du 22 novembre 18G0.)

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provenant de sujets cholériques doivent être distinguées suivant :

r Le mode d'introduction de la matière ;

2° L'origine de celte matière ;

3° L'âge de la matière cholérique employée. On a tenté en outre des expériences comparatives avec des matières excrémentitielles ne provenant pas de cholériques (1).

Occupons-nous des expériences de la première série.

1" Modes divers d'introduction de la matière cholérique.

A. — Indroduction par la peau.

Legros et Goujon ont inoculé des déjections ou du sérum du sang d'un cholérique. Il se produisit des phénomènes d'irritation locale, une poche plus ou moins considérable, mais pas de manifestations cholériques. En injectant une certaine quantité de ces liquides sous la peau, on constata des phénomènes identiques à ceux observés à la suite de l'injection dans les veines.

B. — Injection dans les veines.

Legros et Goujon injectèrent dans les veines une substance filtrée provenant de déjections cholériques.

(1) La nature parasilaire du cliolcra csl loin d'êlro démonlréc. On a cependant invoqué la présence d'une série nombreuse do niicro-organismes (sporules de Pacini et de Klob ; cylindro-lœniurri de Tliomé ; urocystis de Hallicr) ; niais nul résultat n'a encore été obtenu dans ccUc direction. Les recherches, sans doute, doivent être continuées; mais il faut bien se garder de conclusions liâtives et prématurées qui compromettraient la meilleure des doctrines.

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Vingt minutes après l'injection, on observe tous les symptômes du choléra. Les vomissements se montrent, puis on voit survenir les selles caractéristiques avec débris d'épithélium ; refroidissement des extrémités, anxiété de la respiration; suppression de l'urine (au moment du mélange du liquide de l'injection au sang, série d'efforts de déglutition).

Si l'animal est de petite taille ou de mauvaise santé, il succombe ; mais si le chien est vigoureux ou si l'on diminue la quantité du liquide injecté, l'animal résiste. Il se réchauffait peu à peu, présentait une réaction assez vive, puis le retour à ïa santé s'opérait rapidement; les premières urines qui apparaissaient étaient presque toujours albumineuses.

La quantité de liquide nécessaire pour produire des accidents graves chez un chien de moyenne taille était de 30 à 35 grammes.

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