ROUTE DE TERRE. - PERSE
Certains usages, certains préceptes populaires, qui sont en rapport avec le climat et les mœurs du pays, subsistent en Perse : ainsi, cet usage invétéré de l'émigration annuelle vers les montagnes aux approches de la saison chaude; le soin ingénieux que les Persans mettent à pourvoir à la conservation et au bon marché de la glace.
Mai^à côté de ces quelques pratiques heureuses, que de funestes coutumes, et quelles lacunes dans l'hvsiène !
Les eaux ont en Perse une double origine : les unes sont le résultat des pluies équinoxiales (l'absence de ces pluies depuis plusieurs années a causé la sécheresse et la disette dans le pays) ; les autres proviennent des montagnes, elles circulent à grande distance dans des conduits à ciel ouvert. 11 n'existe guère d'eau potable distincte de cette eau, et c'est dans ces mêmes canaux que les habitants viennent laver leur hnge, leurs bardes, etc. ; ces conditions sont semblables pour toute la population.
Une boue noire, composée d'argile et de matières organiques en décomposition, se rencontre au fond des rares réservoirs d'eau potable.
du voyageur) et Rassaleb-Zahabièh (le livre d'or). — Ce dernier ouvrage est attribué à l'imau Rèza, et aurait été écrit il y a environ 1,050 ans. (Tholozan.)
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li cxislc Lien en Perse un certain nombre de bassins dont les bordnres ^en marbre offrent une grande élégance, dont l'eau d'une transparence limpide se renouvelle sans cesse ; mais ces réservoirs, placés au milieu de jardins délicieux, sont le privilège exclusif des palais du schah.
Abordons maintenant la question des sépultures, des transports de cadavres, des pèlerinages.
: Les sépultures sont permanentes ou temporaires ; dans le cas de sépulture permanente même, on ne creuse pas de fosse et les corps sont placés superficiellement.
En 1869, alors qu'une épidémie de choléra était à peine éteinte à Téhéran, j'ai vu, aux en virons de cette ville, de légères saillies de terre, recouvrant imparfaitement des corps qui avaient été déposés là depuis plusieurs jours. Les Heux consacrés, non pas à la sépulture, mais au dépôt temporaire des cadavres, se nomment amonets. Là, le corps en décomposition répand dans l'atmosphère des miasmes putrides. On peut voir de ces amonets à Iman-Jadeh-Zeid et à Iman-Jadeh-Ismael, et un plus grand nombre encore à Ghah-Abdoluzim, non loin de la ville. Les restes des défunts sont enfin transportés par leurs parents dans leurs pèlerinages, pour recevoir la sépulture définitive
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près des tombeaux des grands imans vénérés des Schiites, à Kerbellah, entre autres.
On comprend le double danger qui se produit pendant la durée de cette sépulture, soit au moment de l'exhumation, soit au moment de la translation des corps (1), lorsque ces cadavres récemment exhumés, enveloppés dans des feutres d'oii suinte la matière organique, exhalent des miasmes infects au milieu des pèlerins ('2); et chaque fois qu'un pèlerin succombe durant ce trajet, son corps est ajouté à ceux de ses compagnons. C'est ainsi que la caravane; en outre mal nourrie, se trouve dans les plus terribles conditions de réceptivité morbide. Pendant le mois de moharem, les Persans affluent quelquefois au nombre de 60,000 auprès de Bagdad, à Kerbellah, lieu vénéré des Schiites. La plupart des caravanes viennent converger à Kirmanschah, ville située à une petite distance de la frontière ottomane.
L'énumération des coutumes persanes montre assez quelles profondes reformes devraient être introduites dans ce pays. Le système sanitaire devrait, comme l'a proposé la Conférence de Constanlinople, être institué sur le
(1) M. Tholozan demande avec raison qu'un agent sanitaire préside à ces formalités, el qu'un droit assez élevé soit prélevé sur ces translations.
(2) Les cadavres ne pourraient être transportés sans péril que par les procédés modernes, qui les rendent imputrescibles, renfermés dans des cylindres de terre cuite, vitrifiés à rinlérieur et scelles hermétiquement.
modèle de celui de l'empire ottoman ; être coml)osé comme lui d'une administration centrale appuyée par un conseil de santé mi-partie européen, et ayant sous sa direction des offices sanitaires disséminés sur les points importants du pays.
Ces points à défendre sont surtout : Mesched, Kirmanschah et Tauris : Mesched, lieu de pèlerinage si dangereux , dont l'invasion compromet la Perse entière ; Kirmanschah, point où convergent les caravanes qui se rendent à Kerbellah ; Tauris, enfin, centre commercial si considérable, et d'oii partent deux grandes voies qui se dirigent, l'une vers les provinces russes transcaucasiennes, l'autre vers Trébizonde. Si l'état de dénuement du trésor persan ne permettait pas l'établissement de ces offices sanitaires, l'Europe, en instituant dans ces postes des médecins de chaque pays, rendrait un service immense à l'hvsiène internationale. La Perse, si admirablement située sur le plateau de l'Iran, deviendrait, grâce à celte organisation sanitaire, aussi salubre qu'elle l'était à son origine.
M. Tholozan conseille l'interruption complète des communications avec Jezd, province formant une espèce d'oasis entourée de déserts de tous côtés : il dit qu'en 1860 et 1861 le choléra vint de cette province; il conseille également l'interruption complète des communications