ROUTE DE TERRE. — CASPIENNE
avec l'Afghanistan et surtout la suppression des pèlerinages, en cas d'épidémie cholérique dans ce pays (on sait que l'épidémie redoutable de 1845-1846 vint de l'Afghanistan). Toutefois il remarque que sur la frontière orientale de la Perse il y a beaucoup de nomades : les Hézarches et d'autres tribus, populations qui se prêteraient mal aux mesures restrictives et pourraient rester un intermédiaire de diffusion du choléra. Quant aux ports du golfe Persique, M. Tholozan conseille, si le choléra se montrait à Bassorah ou à Maskat, de prescrire une quarantaine de quinze jours au moins, à tous les navires arrivant des ports de l'Inde, qui sont presque tous des sources ou des foyers d'émission cholérique (1). Ces conseils ne devraient pas rester à l'état virtuel. Il faudrait les faire prescrire et surtout les faire exécuter.
En résumé, la Perse doit être défendue, à l'est, du côté de Hérat et de Mesched, et au sud, du côté du golfe Persique. Il serait utile d'installer sur le littoral de ce golfe, notamment à Bender-Abas, en s'entendant avec Tlman de Maskat, à Bender-Bouchir et à Mohammerah, un service sanitaire.
S° Frontière russo-persane. — Mer Caspienne. Le choléra est en Perse ; il faut défendre
(1) La Conférence de Conslanlinople avait déjà précédemment formulé toutes ces indications .
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les frontières qui sont limilropiies de la Perse, c'cst-à-diro la Russie, la Turquie, la Boukharie.
Le premier de ces pays est de beaucoup le plus important.
Plusieurs routes font communiquer la Piussie et la Perse : l'une suit le littoral de la mer Caspienne ; une autre va de Tauris dans les provinces caucasiennes , par Natchischevan. Jamais le choléra n'a été de Perse en Russie par cette roule; une fois, en 1847, il l'a suivie pour repasser d'Érivan en Perse. Mais la roule de beaucoup la plus intéressante est celle qui suit le li lierai de la mer Caspienne. C'est par elle qu'en 1823, en 1830, en 1847, le choléra est allé de Perse jusqu'à Astrakan, et en 1830 et en 1847 a donné lieu aux épidémies redoutables que l'on connaît.
La protection de la Russie contre le choléra venant de Perse doit être examinée successivement du côté de la terre et du côté delamer(l). Occupons-nous d'abord de la défense par terre.
La frontière qui sépare la Russie de la Perse présente successivementde l'ouest à l'est : 1° une série de montagnes dont les pieds sont baignés
(1) Ces détails sont extraits presque lexluollemcnt du rapport que j'ai adresse à M. le ministre du commerce, au retour de la mission sanitaire (en Russie et en Perse) qui m'avait été confiée. Voir le Journal officiel, 10 juillet 1870, partie, g ô ; et liccueil (lu Comité consultatif d'hygihnc publique.
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parl'Araxe, qui sert de frontière ; 2° un terrain assez plat, mais le territoire persan est encore séparé du territoire russe par TAraxe; 3° plus loin ce senties mêmes steppes, mais l'Araxe a continué son trajet vers le nord, et la frontière est tout à fait artificielle, ce senties steppes du Mougan, parcourus continuellement par des nomades persans qui (ils ont ce- droit d'après les' traités) viennent camper l'hiver sur le territoire russe ; 4° une dernière partie allant du nordouest est constituée par des montagnes très élevées qui, depuis Belasouvorx jusqu'à la frontière, vers Astara, vont en se rapprochant de la mer. L'espace qui existe entre ces montagnes et la mer est, au niveau de Lenkoran et d'Astara, de 12 à 15 verstes,
La première partie est facile à défendre, et les Russes ont établi des quarantaines à Scharourx, Djoulfa, Natchischevan (sur la grande route qui va de Tébris à Titlis), à Ordobat, à Djebraïl. Ces points sont bien choisis, mais il est bien entendu que l'on doit avoir là des quarantaines réelles.
La seconde partie est d'une observation plus difficile; toutefois, le cours de l'Araxe peul être utilisé , les difficultés sérieuses n'existent que pour les steppes du Mougan ; mais comme l'espace à défendre n'est pas bien étendu (40 à 50 verstes environ), comme les Russes ont sur toute cette frontière des postes de GosaqueSy la
dcfonso est loin d'être impraticable. Remarquons encore que les incursions des nomades ne se font que pendant l'iiiver, moment ou le choléra est assoupi en Perse. Enfin, ajoutons que les assurances les plus formelles nous ont été données sur l'arrêt de ces incursions, si les régions voisines étaient le siège de manifestations cholériques.
Dans la dernière partie, ai-je dit, de Belasouvorx à Astara, il y a une couronne de montagnes qui vont successivement en s'abaissant jusqu'à la mer, en laissant entre les dernières collines et la mer un espace peu étendu. Ces collines sont boisées; en se relevant, elles restent des forêts et ce n'est qu'à une très grande hauteur que le bois disparaît et qu'elles sont tout à fait dénudées. L'espace entre ces forêts et la mer est d'autant plus facile à surveiller qu'il y a seulement deux routes : une de Lenkoran à Salian, et une de Lenkoran à Belasouvorx, (d' Astara à Lenkoran, il n'y a qu'une route.) J'ai décrit ailleurs (2) ce pays; j'ai insisté sur les marais qu'il présente. Les montagnes sont d'un accès difficile ; une caravane ne pourrait guère les franchir ; elle n'est praticable que pour quelques contrebandiers, qu'il serait, il est vrai, très difficile d'empêcher de circuler. Pour toutes
(1) Voir le rapport sur ma mission en Russie et en Perse, 1" partie, gl.