TION
pour
100 existants.
' Marins
ni
k Journaliers
> Cultivateurs
' Soudeurs
i Menuisiers et charpentiers
1 Ménagères
Journalières
\ Cultivatrices
\ Sardinières
1 Blanchisseuses
Couturières
k Débitantes de boissons
Parmi les hommes,, les marins tiennent la tête. Les chiffres qui les concernent justifient ce que j’ai déjà dit du caractère maritime de l’épidémie du Finistère ; ce sont les marins qui ont contracté les premiers la maladie et qui l’ont répandue dans les ports de la côte et les localités avoisinantes.
Les journaliers, qui les suivent de bien près, comprennent, dans le Finistère, des ouvriers, presque tous anciens marins, travaillant dans les ports et continuellement en contact avec les pêcheurs,
ou, quand la pêche chôme, s’employant dans les maisons à toutes sortes de tâches, généralement aux plus sales.
Parmi les femmes, ce sont les blanchisseuses qui ont proportionnellement fourni le plus de décès. « Cette profession, dit M. Bertillon, est particulièrement dangereuse au point de vue du choléra
En i884, la mortalité des blanchisseuses par le choléra a été presque le triple de la mortalité des personnes d’autres professions1. » En Belgique, il en a été de même. «Dans l’épidémie de choléra qui a sévi en i865, dit le Dr Kuborn, nous avons pu saisir plusieurs fois la marche de la maladie par sa transmission aux personnes qui avaient lessivé les objets de couchage dans lesquels les cholériques avaient lâché leurs selles. Aussi avons-nous été frappé de la forte contribution que le fléau a prélevée sur les ménagères qui se sont livrées à ce travail 2.» Les chiffres du tableau M confirment ces observations. Non seulement les blanchisseuses de profession ont été frappées dans une forte proportion, mais on peut affirmer que si les ménagères et les journalières ont tant souffert de l’épidémie, c’est que ce sont elles, dans le Finistère, qui blanchissent le linge et qui, par conséquent, se sont trouvées exposées aux causes de propagation dont les blanchisseuses sont souvent les victimes.
Après les blanchisseuses, les journalières. Les journalières vont à la journée, remmaillent les fdets, lavent la vaisselle et le linge ; on comprend qu’elles étaient bien placées pour contracter le mal. Si les ménagères indépendantes, chefs de ménage, ont été un peu moins atteintes, c’est que parmi elles un certain nombre avaient assez d’aisance pour laisser aux journalières les besognes répugnantes de la maison.
Il faut remarquer aussi la forte proportion des débitantes de boissons. Non seulement elles se sont trouvées en contact avec la population suspecte qui passait par leurs boutiques, mais elles ont copieusement trinqué avec ces hôtes d’un instant. J’ai déjà dit que dans le Finistère les femmes sont presque autant que les hommes adonnées aux boissons alcooliques.
La proportion des cultivatrices frappées est plus élevée que celle des cultivateurs ; c’est que la plupart de ces femmes sont à la fois cultivatrices et ménagères.
1 Bertillon. Le choléra à Paris en 188b, p. 6i.
2 Dr Kuborn, président delà société de médecine de Belgiijue. Quelques observations sur le choléra. Bruxelles, 1886, p. 8.
Le nombre clés ouvrières travaillant à la fabrication des boîtes de sardines est considérable dans certaines localités, notamment à Concarneau. Il y a eu peu de décès cholériques parmi elles. La pêche ayant chômé pendant presque toute l’épidémie, les usines avaient fermé leurs portes et les sardinières exerçaient un autre métier. On ne peut donc tirer aucune conclusion en faveur de cette industrie de la faible proportion de sa mortalité.
§ 3. — Durée et époque de i.a maladie.
Le premier décès cholérique de l'épidémie du Finistère est du 22 septembre i885, le dernier, du 23 avril 1886. J’ai donné plus haut* le tableau des décès cholériques par mois. C’est surtout pendant les quatre mois d’octobre, novembre, décembre et janvier que l’épidémie a été violente. Le maximum de décès est en novembre. Autant que les renseignements incomplets sur les épidémies antérieures permettent d’en juger, ce sont ces mêmes mois qui dans le Finistère ont compté d’habitude le plus grand nombre de morts. Le choléra n’a fait de victimes en février, mars et avril qu’en 1866 et en 1886.
A Paris, les plus grands ravages du choléra ont eu lieu: en i832, au mois d’avril; en i833, au mois d’octobre; en 1849, aux mois de mai et juin; en i854, aux mois de juin, juillet, août et septembre: en i865, au mois d’octobre; en 1866, au mois d’août; en 1873, au mois de septembre; en i884, au mois de novembre. Ainsi, les seuls mois pendant lesquels on n’a pas dans les épidémies parisiennes, constaté une virulence particulière du choléra sont les mois de février et de mars.
Quelle est la durée moyenne de l’affection cholérique? Cette constatation n’offrirait pas de grandes difficultés si les autorités municipales y étaient préparées, mais elle a été négligée jusqu’à ce jour dans la plupart des épidémies. Les Anglais s’en sont préoccupés et leurs statisticiens ont recueilli sur ce point quelques informations. M. Farr dit qu’en Angleterre, pendant l’épidémie de i848-49> la durée de la maladie, chez les décédés, a été :
De i5 à 35 ans 50 heures.
De 35 à 55 ans 46,89 —
Au-dessus de 55 ans 47,35 —
‘ Voir p. 66.
La plupart des communes atteintes dans le Finistère, n’ont pas pu fournir le relevé exact de la durée de la maladie. Pour sept seulement, ayant eu un total de 287 décès, je suis en mesure d’indiquer la durée delà maladie pour tous les décédés. Les statisticiens anglais affirment qu’il résulte d’observations portant sur 39.468 décès que les femmes résistent, en moyenne, une heure de plus que les hommes au choléra. C’est possible, mais où et quand se sont produits ces 39.468 décès ? Proviennent-ils de la même époque ? du même milieu ? A Paris, pendant l’épidémie de i832, les cholériques décédés dans les hôpitaux au nombre de 5.838, ont succombé, en moyenne : les hommes, au bout de 2 jours 23 heures 21 minutes; les femmes au bout de 3 jours 1 1 heures 7 minutes. Ainsi, les femmes ont résisté 11 heures 46 minutes de plus que les hommes
En 1849, les 6.903 cholériques qui sont décédés dans les hôpitaux ont succombé, en moyenne : les hommes, en 3 jours 6 heures i3 minutes; les femmes, en 3 jours 8 heures 12 minutes. Cette fois, la différence en faveur des femmes n’a plus été que de 2 heures environ s. Les chiffres relatifs à notre épidémie, quoique infiniment plus modestes, offrent un avantage : ils comprennent la totalité des victimes de sept communes.
Tableau du chiffre des décédés, d'après la durée de la maladie sans distinction de sexe ni d’âge.
Tablean IV.
NOMS
des
COMMUNES
M des décédés.
| w 12 heures et moins. ||
CS
|o 3 jours.
CO
|5 9 jours. ||
|» 10 jours. j