‹ Le choléraChapitre 30 sur 125 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

De 0 à 15 ans.

De 15 à 60 ans.

Au-dessus de 60 ans.

De 0 à 15 ans.

De 15 à 60 ans.

Au-dessus de 60 ans.

12 heures et moins .

1 jour

2 jours

3 jours

4 jours

5 jours

6 jours

7 jours

8 jours

9 j°urs

10 jours et plus. . .

Totaux

la même dans le F inistère en 1 885- 1 886 et à Paris en 1 83 2 et en 1 84g , pour les décès des premières vingt-quatre heures. Ensuite, la maladie fait des progrès un peu plus rapides dans le Finistère qu’à Paris. Ainsi, à Paris, pour les trois premiers jours, le total des décédés est de 78,91 p.ioo, tandis qu’il est de 83, 12 p.ioo dans le Finistère.

Il paraît que dans l’Inde la marche du choléra est encore plus rapide ; ainsi, d’après Annesley, sur 11 cas mortels, la mort avait eu lieu en cinq heures dans 3, en six heures dans un, en douze heures dans 2, en seize heures dans un et en dix-huit heures dans 2. Chez deux seulement la mort avait eu lieu le troisième et le quatrième jour. Le Dr Moore Head, à Bombay, a présenté des résultats semblables 1 2.

1 Briquet. Rapport « sur les épidémies de choléra morbus ». Mémoires de l’académie de médecine, t. XXVIII, p.2/11.

s Ibid., p. 2^2.

Influence des jours de la semaine. — Cette cause d’influence a été étudiée, à Paris, pour l’épidémie cholérique de i832, sur les malades admis dans les hôpitaux, au nombre de 13.777.

Si l’on examine quel a été le nombre des admissions pour chacun des jours de la semaine en particulier, on trouve :

Pour 27 lundis, terme moyen 76,85

— 27 mardis 72,11

— 27 mercredis 73,26

— 27 jeudis 74,22

— 27 vendredis 73

— 27 samedis 72,92

— 27 dimanches 67,88

C’est-à-dire que le maximum des entrées a été le lundi, et le minimum le dimanche ; que ce maximum offre sur le minimum ou les entrées du dimanche une augmentation de plus d’un huitième (o,i32); que le mardi a été, après le dimanche, le jour où l’on a compté le moins d’entrées ; que pendant les deux jours qui suivent le mardi elles ont augmenté, tandis qu’elles ont été en diminuant pendant les deux derniers jours dont est précédé le nouveau dimanche, qui lui-même en a présenté encore un moindre nombre. Il résulte de cet examen que l’influence des excès du dimanche et des premiers jours de la semaine sur la partie de la classe ouvrière admise aux hôpitaux se trouve indiquée par l’augmentation des entrées les lundis, mercredis et jeudis, la diminution des mardis paraissant être une conséquence de la forte augmentation du lundi 1 .

Dans le Finistère, les résultats paraissent avoir la même signification. Les 730 décès cholériques ont eu lieu, savoir :

Le dimanche 77

Le lundi 88

Le mardi 119

Le mercredi 129

Le jeudi 109

Le vendredi 107

Le samedi 101

Bien que la base du calcul, à Paris et dans le Finistère, ne soit pas tout à fait la même, puisque à Paris on a calculé sur les entrées à l’hôpital, c’est-à-dire sur les débuts de la maladie, et dans le Finistère sur les décès, c’est-à-dire sur la terminaison de la maladie,

1 Rapport sur la marche et les effets du choléra-morbus dans Paris et les communes rurales du departement de la Seine. Paris, i834, p. i43.

néanmoins la même conclusion se dégage des deux tableaux. Dans les deux cas, c’est l’oisiveté du dimanche qui permet le séjour dans les cabarets ou à la maison, deux foyers d’infection actifs, surtout dans le Finistère, et qui occasionne pour le mercredi une recrudescence très notable de décès. La différence relative au lundi s’explique par ce fait qu’à Paris le samedi est un jour de paye pour la population ouvrière, c’est-à-dire un jour d’excès, au moins le soir, dont les effets se font sentir dès le lundi ; circonstance qui ne se présente pas dans le Finistère. Dans les deux cas, l’influence des jours de la semaine sur la mortalité cholérique est une preuve de plus de l’influence de l’hygiène sur la propagation du choléra.

« C’est surtout à la suite d’excès alimentaires que des matières incomplètement digérées passent de l’estomac dans l’intestin et y entraînent un certain nombre de bacilles virgules encore vivants. Vous avez pu remarquer que c’est principalement le lundi ou le mardi, c’est-à-dire les jours qui suivent immédiatement celui où ont lieu ordinairement des excès alimentaires qu’on observe un plus grand nombre de cas de choléra.1 »

§ 4. — Observations météoriques.

Le diagramme ci-après (planche n° 10) contient: i° la courbe figurative du nombre des décès cholériques quotidiens ; 2° la courbe figurative des variations quotidiennes du thermomètre ; 3° la courbe figurative des variations quotidiennes du baromètre. En tête de chaque colonne quotidienne se trouvent indiqués la force et la direction du vent, l’état de l’atmosphère.

La période la plus grave de l’épidémie, du 18 novembre au 5 décembre i885, a coïncidé avec une élévation relative de la température. Mais, plus tard, en janvier 1886, la température s’élève jusqu’à près de io degrés au-dessus de o, ce qui est anormal pour cette époque de l’année, et cependant l’épidémie diminue d’intensité.

La pression atmosphérique ne paraît pas avoir exercé une influence directe sur l’épidémie. L’on n’aperçoit pas un rapport entre la hausse et la baisse du baromètre et l’augmentation ou la diminution du chiffre des décès. Pendant la période la plus grave

1 Koch. « Conférence sur le choléra. » Semaine médicale, 21 août 1 884 -

de l’épidémie, le baromètre est tantôt très bas (23 novembre : 747)» tantôt très haut (ier décembre: 767). Quand l’épidémie tend à sa fin, en mars et en avril 1886, le baromètre monte de 748 à 770, pour redescendre aussitôt à 750, sans que la décroissance de l’épidémie en soit troublée.

Les jours de forte mortalité cholérique, en novembre et décembre, ont été des jours de pluie; mais c’est aussi pendant une période de pluie que la décroissance de l’épidémie s’est accentuée.

Enfin, le vent a soufflé le plus souvent du sud-est et du nordouest, aussi bien pendant la période grave de l’épidémie que pendant la période de décroissance.

Planche io.

Diagramme par jour , des décès, de la température et de la pression barométrique.

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