‹ Le choléraChapitre 69 sur 125 · COUPE · texte numérisé non relu

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Gravé et lmp. parJTrtiard, F™*

somme, n’ont ni fenêtre ni cheminée. Les locataires, pour préparer leur nourriture, brûlent du charbon dans un chaudron et ouvrent la porte afin de n’ être pas enfumés. Devantcetteportecoule le caniveau.

L’habitation 21 (planche 21) est à signaler, principalement à cause de la chambre E, mansarde où habitait F ex-propriétaire de la maison. Déduction faite de l’emplacement des meubles, cet homme disposait de 4 m. c. 5oo d’air. Il est mort du choléra dans ce réduit. Cette habitation comprenait quatre chambres où 7 personnes ont été atteintes du choléra, sur lesquelles 5 sont mortes.

Comment arrive-t-on à vivre dans de telles habitations? Comment ne s’y empoisonne-t-on pas soi-même? Comment comprendre que non seulement on vit, mais qu’on se porte bien dans des tannières comme celles que je viens de décrire ou comme nous en avons trouvé dans nos visites au Guilvinec et à Concarneau?

Peut-être faut -il dire que toutes ces masures bretonnes ayant des cheminées profondes, il se fait par là un continuel échange d’air1. Or, on sait que ce qui importe, c’est moins le volume de la pièce que le renouvellement de l’air. On peut ajouter que les habitants bénéficient de la mauvaise construction des maisons ; la pierre est bonne : c’est du granit ; mais les morceaux de granit sont fort mal joints ensemble au moyen de très mauvais mortier; par ces interstices aussi doit se faire le renouvellement d’air nécessaire à l’existence des habitants, qui mettent ainsi en pratique, sans s’en douter, le principe hygiénique de M. Émile Trélat qu’il nous faut « enfermer nos existences dans des murs perméables 2» .

Est-il nécessaire de dire que ces misérables habitations sont rarement bien tenues, le sont quelquefois très mal, et dans certains cas sont effroyablement malpropres ? J’en signale une (document B, habitation n° 10, logement du 2 0 étage, note de la colonne 1 2) où la crasse a surélevé le plancher de plusieurs centimètres. Pour une autre (ibid. , habitation n° 16) voici la note de mon tableau :« Quand la sœur, qui avait soigné la malade, est venue, après la mort de celle-ci, pour faire nettoyer et désinfecter le logement et que l’on a commencé à re-

1 De la facilité avec laquelle les marins bretons vivent dans les plus étroits réduits, un romancier a donné une explication pour le moins originale, plus poétique sans doute que scientifique, en tout cas nullement applicable aux habitants de Quimper. « Il leur faut très peu d’air pour dormir, et les gens moins robustes, élevés dans les villes, en désireraient avantage. Mais quand la poitrine profonde s’est gonflée tout le jour à même l’atmosphère infinie, elle s’endort, elle aussi, après, et ne remue presque plus; alors, on peut se tapir dans n’importe quel petit trou, comme les bêtes.» Pierre Loti. Pêcheur d'Islande, Paris, 1886, p. 65.

2 Emile Tuélat . Bulletin de la Société de médecine publique, i883, p. 3o.

muer les choses qui s’y trouvaient, elle a dû sortir et a été malade de l'odeur de toutes les saletés accumulées dans ce taudis. On a extrait de là par quatre fois de quoi remplir une petite charrette à bras de détritus et ordures de tout genre, paille pourrie, épluchures, etc. » Dans le logement qui porte le n° 23 au document B, les immondices restaient sur le sol dans la pièce. « Quand on y entrait, me disait la sœur, il fallait bien regarder où l’on posait le pied.» J’ai déjà cité un fait analogue à Concarneau *.

Une femme de Quimper, très ivrogne, a successivement soigné (?) ses deux petites filles et son mari. «Pour ne pas se donner la peine de sortir, elle jetait les déjections de ses filles sous leurs lits et a fait la même chose quand son mari a été malade. On a trouvé ces fumiers infects sous les lits quand, après la mort du père, on a désinfecté la maison. » (Document A, n°i6, note de la colonne n.)

La misère, la mauvaise nourriture, l’insalubrité des habitations, la malpropreté, en voilà sans doute assez pour faire du quartier de la Providence un bon terrain de culture pour tous les germes épidémiques et spécialement pour celui du choléra.

A ces conditions anti-hygiéniques ajoutons les habitudes d’ivrognerie., les visites dont on accablait les malades, l’absence de toute précaution de la part de ceux qui les approchaient, la résistance opposée aux mesures de désinfection, et donnons quelques exemples.

Certes il y a beaucoup d’ivrognes qui ont échappé. L’on a observé à cet égard des cas qui semblent des défis à l’hygiène et au bon sens. Je citerai cette femme dont j’ai déjà parlé (document A, n° 1 6) qui jetait les déjections des malades sous les lits. Ayant entendu son mari, malade, confier à son frère qu’il avait mis en réserve une somme de 8o francs, lui indiquer sa cachette, le supplier de ne pas la révéler à sa femme qui boirait l’argent et de garder cette somme pour donner après sa mort du pain à ses enfants, elle s’empare de l’argent, abandonne son mari et va s’enivrer. Ses deux petites filles ont le choléra, son mari en meurt : elle, elle n’a rien. D’autres fois, les ivrognes ont été frappés cruellement. Une petite fille de dix ans est prise du choléra le 24 décembre et se met au lit à 6 heures du soir. Ses parents, ivrognes tous deux, réveillonnent, se mettent à boire dans la chambre où l’enfant est couchée, deviennent bientôt incapables de lui porter le moindre secours. La pauvre petite

* Voir p. i6o.

inonde son lit; bientôt personne ne vient plus à son aide. Et quand, le lendemain matin, les parents sont dégrisés, l’enfant est morte on ne sait depuis combien d’heures et gît au milieu de ses déjections. Le père est pris trois jours après et meurt. La mère n’a rien (document A, n° 62). L’ivresse des parents a coûté la vie à une de leurs voisines, qui habitait la même maison où elle était domestique chez un débitant de boissons (document A, n° 67). Cette brave fille, âgée de vingt et un ans, était venue soigner pendant quelques heures l’enfant délaissée ; elle tomba malade le lendemain et mourut le 26 décembre. Citons encore le fait de ce propriétaire (document A, n° 3g) qui a vendu sa maison pour avoir de quoi acheter de l’eau-de-vie, ne s’y réservant qu’un ignoble taudis. Le prix de la maison touché, il s’est mis à boire, « n’a pas dessoûlé pendant six semaines » , a été pris, étant ivre, le 7 décembre et est mort le g décembre (voir document B, n° 21, note de la colonne 12 sur le premier logement atteint, et la 2e annexe au document B, planche 4, habitation 2, chambre E). En résumé, parmi les 72 personnes âgées de plus de vingt ans qui ont été atteintes du choléra, il y a 28 alcooliques, dont n hommes et 17 femmes ( voir pour les détails statistiques la ire annexe au document A, p. 378).

C’est la coutume parmi ces pauvres gens de la Bretagne que dès qu’une maladie se manifeste les voisins viennent voir le malade et se relayent à son chevet. La curiosité qu’excitait le choléra s’ajoutait à l’habitude pour augmenter l’encombrement. « Je voulais voir ce que c’était que le choléra » , disait un enfant qui s’excusait d’avoir été visiter un de ses petits amis, atteint dès le début le 27 novembre (document A, nos 2, 3, 4)- La petite fille qui tenait ce langage avait été prise le 28. Elle a guéri ; mais elle a été le point de départ d’une généalogie cholérique qui ne compte pas moins de 22 malades, dont 8 sont morts (4e annexe au document A, p. 382, descendance du n° 3).

Les personnes étrangères aussi bien que celles habitant la pièce mangeaient et buvaient dans la chambre des malades où elles faisaient des séjours prolongés.

Dans une maison de la rue de Douarnenez, le père meurt en quelques heures. Sa belle-fille tombe malade le jour de son enterrement . Sa maladie dure six jours. Pendant ce temps je l’ai vue quatre à cinq fois par jour et, chaque fois, je trouvais près d’elle son mari, sa belle-mère, son père qui demeurait au Guengat. Tous prenaient ordinairement leur repas dans sa chambre. Cette femme meurt. Le mari et la belle-mère ont eu la maladie et ont guéri. Le père part

pour Guengat le jour de l’enterrement et meurt chez lui le lendemain. Mais les deux belles-sœurs de cette femme qui montaient la voir peu souvent sont restées indemnes 1 .

La maison dont parle le Dr Coffec est celle qui porte au document B le numéro 32.

A mesure que la maladie suivait son cours, l’encombrement augmentait et arrivait à son maximum au moment où le prêtre administrait le malade. Dans la visite que nous avons faite à Douarnenez avec M. Proust, nous sommes entrés dans une maison à ce moment précis. La chambre du moribond était bondée de femmes agenouillées, portant des cierges et entourant le prêtre. Je trouve à mon document A, n° 52, la note suivante à la colonne 1 1 (il s’agit d’un homme de trente-huit ans) : « Avait été voir le n° 5o, qui habitait la même maison, au moment où on donnait à celui-ci l’extrême-onction, le 12 décembre. Il a été pris le soir de ce même jour et est mort le lendemain. »

Le malade mourait, on l’enterrait. Des amis restaient encore dans la pièce soit pendant l’enterrement, soit après et rapportaient le choléra chez eux. Document A, n° 43: « Avait été voir et soigner son amie, le n° 23, morte le 5 décembre, et est restée dans la chambre après l’enterrement. » — N° 59 : « Est restée près d’une demi-journée dans le logement du n° 44 après la mort de celle-ci, pendant qu’on l’enterrait et avant que la maison fût désinfectée. »

Il n’est pas jusqu’à cette désinfection qui ne devînt une occasion de rassemblements et par conséquent de danger. Quand on enlevait des maisons les objets contaminés pour les brûler dans la rue, la première étincelle réunissait tous les enfants du quartier. C’était une fête. Ils riaient, ils sautaient, ils attisaient le feu avec des bâtons. La plupart du temps, tous les efforts pour les éloigner échouaient.

Il n’était pas moins difficile de décider les gardes-malades à prendre les précautions les plus élémentaires et les locataires à laisser désinfecter leurs logements. Quand les précautions ont été prises, il est pour ainsi dire sans exemple dans l’épidémie de Quimper que ceux qui donnaient leurs soins aux malades aient été atteints. Le cas de la religieuse est tout-à-fait exceptionnel et s’explique (document A, n° 69, col. 11). Une femme de la ville

D r Coffec. Rapport sur l’épidémie de choléra dans l’arrondissement de Quimper .

n’a pas cessé d’assister les sœurs, de les accompagner de maison en maison, de soigner les cholériques, de désinfecter les maisons. Elle n’a rien eu. II est vrai qu’elle se lavait, plusieurs fois par jour, les mains et la figure avec la solution faible au chlorure de chaux. Le même cas s’est produit au Guilvinec, pour un pêcheur qui accompagnait dans ses visites M. le Dr le Tersec. Un homme de quarante-deux ans (document A, n° io) est pris à Quimper le Ier décembre : immédiatement on écarte de la pièce occupée par le malade ses deux enfants, on les fait coucher dans une pièce voisine, on les empeche d entrer dans la chambre de leur père jusqu’à complété guérison : les deux enfants sont préservés. Préservés aussi les deux enfants d’une marchande de volailles (document A, n° 3o) prise le 5 décembre, morte le 6. Ceux-là, on ne s’était pas contenté de les changer de chambre : on les avait écartés de la maison, envoyés dans un autre quartier.

Mais de tels exemples étaient rares. La règle était qu’aucune précaution quelconque n’était prise. Nous avons déjà vu que l’on mangeait régulièrement dans la chambre du malade et il eût été difficile de faire autrement puisque la famille ne disposait que d’une chambre. Mais au moins eût-il fallu se laver les mains avant de manger et on ne le faisait jamais. Les déjections étaient le plus souvent jetées dehors au hasard. Eh ! où donc les aurait-on jetées ? Je l’ai déjà dit : il n’y a pas de cabinets d’aisances dans les maisons, il n’y a pas de latrines publiques et il est interdit de jeter les matières dans les égouts. On pouvait bien, comme on l’a fait au mari d’une de nos cholériques (document A, n° 58, col. io), dresser procès-verbal à ceux qui répandaient sur le sol de la rue les déjections des malades, mais il eût mieux valu pouvoir leur dire ce qu ils en devaient faire. Lorsque dans quelque cour existait un fumier, il servait de réceptacle à toutes les maisons contaminées et devenait très vite un foyer d’infection. C’est ainsi que le n° 5 a été pris, les déjections du n° 2 ayant été jetées sur le fumier de sa cour (document A, n” 5, col. ii). La même chose est arrivée à un journalier de cinquante-sept ans, pris et mort le 24 décembre (document A, n°63, col. ii). Que les habitants puissent alléguer des excuses valables, je l’admets volontiers ; mais où ils ne sont pas justifiables, c’est, alors que les désinfectants étaient mis à leur disposition gratuitement et à discrétion, de n’avoir pas désinfecté les matières avant de les projeter au dehors.

Non seulement les habitants ne désinfectaient pas eux-mêmes, mais en mainte occasion, ils se sont opposés à ce que l’autorité publique désinfectât. Une femme perd son fils, un menuisier âgé de trente et un ans, qui meurt le jour de Noël, le 25 décembre. Elle se refuse à laisser désinfecter les objets lui ayant appartenu, détourne tous ceux qu’elle peut détourner, les emporte chez elle, les lave elle-même, est prise le 28 décembre et meurt le même jour (document A, n° 71, col. 1 1). Une autre, boulangère, ayant cependant une certaine instruction et une situation aisée, perd son mari le 24 décembre, puis sa belle-fille le 28. Elle s’efforce avec une énergie extraordinaire d’empêcher qu’on mette du chlore dans la bière de celle-ci et qu’on désinfecte la maison. Elle a été prise le 3 janvier très gravement et a failli mourir (document A, n° 78, col. 1 1). Un autre, également dans une position moins malheureuse que la plupart des malades, avait un système différent : il laissait les sœurs ou les agents de police répandre du chlore sur le sol ; mais dès que ceux-ci avaient le dos tourné, il faisait soigneusement balayer la pièce (document B, habitation n°8, col. 12).

On voit que si les conditions hygiéniques générales étaient mauvaises, les habitudes personnelles n’étaient pas moins favorables à la transmission individuelle du fléau.

Sur les cas constatés de transmission individuelle, je ne veux pas insister. On en trouvera l’énumération et le groupement à la quatrième annexe du document A (pp. 382 et suiv.) et les justifications à la colonne 1 1 de ce document. Us sont au nombre de 60, groupés en dix familles, dont cinq ne comptent qu’un seul cas de transmission. Deux en comptent 2, une en compte 10, une autre 1 1 , une enfin, la seconde, en compte 28. Il est évident qu’en réalité ces dix familles n’en forment qu’une ; mais les faits de transmission qui les relient n’ont pas pu être saisis1.

J’ai traité successivement des conditions hygiéniques de la ville de Quimper, du mode d’importation de la maladie, des faits généraux ou particuliers qui ont pu favoriser sa propagation ou sa transmission d’individu à individu. Il me reste à faire quelques observations spéciales.

Les malades du sexe féminin ont été au nombre de 54, tandis que ceux du sexe masculin n’ont été qu’au nombre de 32. Parmi les

* Je n’en dis pas plus long à cet égard ; je ne pourrais que répéter ce que j’ai déjà exposé, pp. 193 et igà, à propos des « familles cholériques» du Guilvinec.

cholériques âgés de plus de vingt ans, il y a eu exactement deux fois plus de femmes que d’hommes : 24 hommes, 48 femmes. Par contre la mortalité sur les hommes a été relativement plus considérable 1 . Des 32 individus du sexe masculin atteints, 16 sont morts, soit 5o p. ioo. Des 54 individus du sexe féminin 20 sont morts, soit 37 p. 100. La différence s’accentue encore pour les malades âgés de plus de vingt ans: des 24 hommes i3 sont morts, soit 54 p. 100; des 48 femmes 17 sont mortes, soit 35,4 p. 100. L’on trouvera du reste tous les détails des âges à la deuxième annexe du document A.

On en trouvera d’autres sur les professions des malades et sur leur qualité de célibataires, de mariés ou de veufs à la troisième annexe du document A ; je signalerai seulement que l’épidémie de Quimper donne raison à cette observation si souvent faite : « Depuis longtemps, on a remarqué que le choléra était plus fréquent parmi les buandiers et les blanchisseuses 2. » Cette remarque peut s’étendre à tous ceux dont c’est la profession de manipuler des vêtements ou étoffes quelconques. A Quimper ceux-là ont été frappés dans une proportion certainement supérieure à celle de leur nombre. Parmi nos 86 cholériques, on compte 7 blanchisseuses ou lessiveuses, 4 couturières, 3 tailleurs.

Ma troisième observation porte sur le rôle probable que l’eau des puits a joué dans l’épidémie. Dans sa communication à l’Académie M. Proust a déjà fait remarquer que « c’est dans les quartiers où l’eau potable est exclusivement fournie par des puits que les cas de choléra se sont montrés ». Le fait est réellement curieux. Sur 84 malades (je laisse de côté les deux cas de la religieuse et du prisonnier venu de Concarneau, document A, nos 69 et 54), 72 se fournissaient d’eau dans les puits; 12 seulement se servaient de l’eau de la canalisation . Ces derniers sont au document A, les nos 1,6, 27, 36, 45, 46, 71, 75, 80, 81, 84 et 85. Ils habitaient dans neuf maisons qui portent au document B les nos 1, 5, 19, 24, 36, 39, 42, 43, 44. Au document B, colonne 1 1 , j’ai eu soin de noter la provenance de

1 Nous avons vu que le même fait s’est produit â Poul-David : 24 femmes atteintes, 9 décès, 37 p. too : 8 hommes, 6 décès, 75 p. 100. Voir la notice sur l’épidémie de Pouldergat, p. 336.

2 Dr A. Proust. Traité d'hygiène, 2' édition, p. g43. En i832, on faisaitdéjà cette remarque et on expliquait la chose comme on pouvait : « On conçoit que la profession des blanchisseuses a été des plus maltraitées à cause du savon qu’elles emploient et qui est uno matière essentiellement corruptible et aussi parce qu’elles ont habituellement les mains dans l’eau, ce qui les expose à un grand nombre d’inconvénients.» Boulay de la Meurthe. Histoire du choléra morbus dans le quartier du Luxembourg . Paris, août i832, p. 124.

l’eau dont s’approvisionne chaque habitant. Les puits d’où les maisons atteintes tirent leur eau sont au nombre de 7 et les bornes-fontaines desservies par la canalisation au nombre de 4 : chacun de ces puits et chacune de ces bornes-fontaines a reçu un numéro reporté sur le plan.

A. un seul de ces puits, le puits de la rue de la Providence, celui qui a reçu du n° 1 et porté au n° 2 le germe de la maladie 1 , 4o de nos malades, dont i4 sont morts, prenaient leur eau. Cette eau parut si mauvaise que la municipalité de Quimper condamna le puits, le fit fermer. Mais dans l’habitation voisine ce même puits avait une autre ouverture. Celle-là resta libre et accessible ; en dépit de l’avertissement qui résultait de la fermeture de la fontaine publique, tout le quartier continua à s’approvisionner de la même eau à la fontaine privée. Le fait s’est passé sous nos yeux; lors de la visite dans la cour où s’ouvre la fontaine privée plusieurs femmes attendaient leur tour, la cruche à la main. Et comme nous leur reprochions de ne pas prendre la peine d’aller quelques pas plus loin chercher une eau saine, elles se mirent à rire; celle qui venait de remplir sa cruche la porta à ses lèvres, but une large lampée et s’éloigna en nous disant : « Voyez-vous, mes bons messieurs, c’est le bon Dieu qui nous fait mourir, ce n’est pas l’eau. »

Aux abords de ce puits, j’ai, comme je l’ai dit plus haut, fait exécuter des sondages pour connaître la nature du sol, la profondeur de la nappe souterraine, et en déduire le plus ou moins de facilité des infiltrations. On trouvera le résultat de ce travail dans la deuxième annexe au document B. Le plan détaillé des lieux et la coupe des sondages pratiqués par le conducteur des ponts et chaussées est ci-contre (planche 22).

J’ai en outre envoyé des échantillons de l’eau du puits de la Providence à M. Marié-Davy, directeur de l’observatoire de Montsouris. M. Marié-Davy, avec beaucoup d’empressement et d’obligeance, a soumis à l’analyse cette eau, ainsi que d’autres dont je lui avais adressé également des échantillons comme produits de comparaison. 11 a bien voulu rédiger à ce sujet une note qui forme la troisième annexe au document B.

Une dernière observation porte sur le nombre des cas de choléra. Il m’est revenu que plusieurs médecins de Quimper affirment que le nombre officiel est notablement inférieur à la réalité. Je ne sais 1 Voir p. 346.

Planche 22.

CHOLÉRA DE 188i>-188«.

Quimper. — Le puits de la rue de la Procidence.

OUÏMPER

Plan d' écoulement des eaux dans le (juarlier de la

Providence

->- Nord.

Gravé et Imppar Erfrard F T*

quel préjugé porte les familles à dissimuler l’existence d’un cas de choléra. M le Dr Goffec a cité jadis1 le fait d’une épidémie très meurtrière de fièvre typhoïde dans la commune de Pluguffan (à 7 kilomètres de Quimper). L’on ne connut à la préfecture l’existence de l’épidémie que par les demandes de secours qui arrivèrent, l’épidémie finie, et les victimes enterrées. Poul-David (notice i5) et Guengat (notice 25) nous montrent deux communes frappées, et assez cruellement, par le choléra, non seulement sans que l’administration départementale le sache, mais sans que les maires de ces communes soient informés. Des faits de cette nature ne devraient pas être possibles dans une ville comme Quimper. Je crains bien cependant que nous soyons obligés d’admettre la justesse de l’impression qu’ont traduite les médecins de la ville. J’ai relevé le nombre des décès qui se sont produits à Quimper en décembre et janvier depuis décembre 1860 jusqu’à janvier i885, afin de comparer ce nombre avec celui des décès qui se sont produits en décembre i885 et en janvier 1886 (troisième partie de la cinquième annexe au document A, p. 387). Il résulte de ce tableau qu’en n’envisageant que les 16 années dans lesquelles il n’y a pas eu d’épidémie, la moyenne du nombre des décès pendant les mois de décembre et de janvier est de 73. Or, en décembre i885 et janvier 1886, il y a x 21 décès. La différence est de 48. La probabilité serait donc qu’il y a eu 48 décès cholériques. Or, il n’en a été déclaré, en décembre et janvier, que 33. La différence est trop considérable pour qu’il n’en résulte pas la conviction que de nombreux cas de choléra, suivis de décès, n’ont pas été déclarés. Si l’on calcule dans l’hypothèse qu’il y a eu en réalité en décembre et en janvier 48 décès cholériques, et que pour les cas non déclarés la proportion des décès et des guérisons a été la même que pour les cas déclarés, on arrive à la conclusion qu’il y a eu à Quimper, de novembre i885 à janvier 1886, n4 cas de choléra, dont 5i suivis de mort.

C’est un exemple de plus qui s’ajoute à tant d’autres pour démontrer la nécessité d’une législation faisant aux familles et aux médecins une obligation de déclarer tout cas de maladie transmissible. L’intérêt général est trop engagé dans cette question pour qu’elle puisse rester abandonnée aux fantaisies individuelles.

1 Délibérations du conseil général du Finistère, août i885,p. 7 4.

Quimper. — Document

N”' d’ordre k du tableau général des décès.

DATE du commencement de la

MALADIE

DATE

du

DÉCÈS

NUMÉRO

de

l’habitation.

Voir le tableau spécial des habitations.

SEXE

AGE

PROFESSION

25 novembre.

Marchande.

27 novembre.

Guéri.

Masc.

Le père, journalier.

28 novembre.

Guérie.

Fém.

Le père, charpentier.

Guéri.

Masc.

Le père, manœuvre.

29 novembre.

29 novembre.

Masc.

Journalier.

29 novembre.

29 novembre.

Fém.

29 novembre.

30 novembre.

Masc.

Tailleur d’habits.

A. — Les malades.

SITUATION

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

de

FORTUNE

1° État civil et habitudes de vie du malade;

2° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie ; 3° Caractère très grave, grave ou peu grave de la maladie, en cas de guérison.

ît

Panvre.

Bonne santé antérieure. Devenue malade depuis son atteinte de iholéra. Bonne conduite. Sobre.

Habitudes laborieuses. Célibataire .

L’épidémie était à Audierne dans toute sa force. Le n° 1, qui est marchande foraine, est allée a Pont-Croix, chef-lieu du canton, où se trouve la commune d’Audierne. Le chef-lieu est en relations constantes avec Audierne, dont il n’est distant que de 5 kilométrés. La marchande est revenue à pied, voyageant la nuit. A son entrée à Quimper, sur la route, elle a été prise de diarrhées et de vomissements. Elle a continué a travailler, car elle est très courageuse. C’est ce qui explique que sa maladie n’ait été signalée que le 10 décembre. Elle a guéri mais est restée très faible. Cas très grave.

Famille très pauvre.

Bonne santé.

Pour le mode très probable de transmission de la maladie du n° 1 au n°2, voir la notice sur Quimper, page 346. La maladie a été exceptionnellement longue. Cas très grave.

Famille pauvre.

Bonne santé.

Le n" 3 et le n” 4, bien que n’étant pas de la même famille, habitent la même maison, tous deux au rez-de-chaussée. Ce sont deux enfants à peu près du même âge. Le n* 4 avait été voir sa petite camarade, le n” 3, dès que celle-ci était tombée malade. Quant au n° 3, elle a pris la ma-

Famille pauvre.

ladie du petit enfant de 4 ans, le n” 2, qu’elle avait été voir. Elle avait probablement été grondée pour avoir fait cette visite, car elle ne l’a avouée qu’avec peine et en donnant pour excuse qu’elle « voulait voir ce que c’est que le choléra ».

N” 3, cas peu grave. N" 4, cas grave.

Pauvre.

Santé mauvaise. Mauvaise nourriture. Très ivrogne. S’était encore enivré le 28 novembre. Marié.

A pris la maladie du n° 2. Dans la matinée du 29, les déjections du n° 2 ont été jetées par sa mère « quand celle-ci a eu plusieurs vases pleins » sur un fumier, dans la cour de la maison n° 4. Le n° 5, le 29 novembre, est allé faire ses besoins, dans la journée, sur ce fumier. Presque immédiatement après sa rentrée, il a été pris et il est mort dans la nuit. (Voir sur la maison habitée par le n° 5 la note de la colonne 12 du document B, habitation4, et le plan de cette habitation, planche 20.)

Pauvre.

Maladive. Ivrogne. Veuve. Vivait avec ses enfants, petits commerçants (tailleurs d’habits). Toute la famille buvait.

On ne sait pas. La rue où est la malade n” 6 touche à celle où sont les maisons des n01 5 et 2.

Pauvre.

Bonne santé. Très ivrogne.

Marié. Sans enfants.

On ne sait pas. Le malade avait la même profession que le gendre du n" 6.

Quimper. — Document

DATE

DATE

NUMÉRO

du commencement de la

MALADIE

du

DÉCÈS

de

l’habitation.

Voirie tableau spécial des habitations.

SEXE

AGE

PROFESSION

30 novembre.

Guérie.

Fèm.

Le père, menuisier.

1" décembre.

Guérie.

Fém.

Journalière. Le mari, manœuvre.

1" décembre.

Guéri.

Journalier.

2 décembre.

Guéri.

Masc.

Maçon.

2 décembre.

Guéri.

Masc.

Ouvrier du port de Brest en retraite.

3 décembre.

Masc.

Débitant de boissons et allumeur de réverbères.

3 décembre.

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari manœuvre.

3 décembre.

4 décembre.

Masc.

Le père, journalier.

3 décembre.

Masc.

Charpentier.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

FORTUNE

1“ État civil et habitudes de vie du malade;

2° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie; 3° Caractère très grave, grave ou peu. grave de la maladie, en cas de guérison.

Famille pauvre.

Sœur du n° 3. Couchait dans le même lit. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Quatre enfants.

Avait été visiter le n° 4, son voisin, malade depuis le 28 novembre. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Marié. Deux enfants. (On a empêché les enfants d’entrer dans la chambre de leur père, et on les a fait coucher dans une autre pièce. Us n’ont rien eu.)

On ne sait pas. C’est toujours dans le même centre de population. Cas grave.

Pauvre.

Bonne santé. Ivrogne. Marié.

Un enfant. Mauvaise conduite. Il boit tout ce qu’il gagne, ne rapporte rien chez lui, et bien qu’il gagne 3 à 4 francs par jour, c'est sa femme qui est obligée de le nourrir par son travail.

Allait, étant presque toujours ivre, de porte en porte, voir les malades. Avait été notamment voir ses voisins, les parents du n° 8. Cas peu grave.

500 fr.de pension

Bonne santé. Ivrogne. Veuf. Habite avec un jeune garçon de 15 ans, apprenti.

Avait été visiter le n° 10, qui habite (au fond de la cour) la même maison que lui. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Marié. Quatre enfants en bas âge.

Avait été voir le n° 4, client assidu de son débit. Cas peu grave .

Pauvre.

Mauvaise conduite. Très ivrogne. Mariée. Une fille. Quand on a été la voir pour la soigner on l’a trouvée couchée, ivre. Dès qu’elle allait mieux, elle s’enivrait et retombait. Elle buvait du rhum pour 3 à 4 francs dans nne seule nuit.

Le médecin refusait de continuer à aller la voir. Enfin, elle cessa de boire et guérit.

Avait été boire chez son voisin le n° 13, débitant de boissons, le jour où celui-ci a été pris. Elle a été prise elle-même en rentrant chez elle. Cas très grave.

Famille pauvre.

Bonne santé.

Frère du n“ 2. Couchait dans la même pièce.

Pauvre.

Bonne santé. Habitudes d’intempérance. (Travaillait bien la semaine, mais buvait le dimanche.) Marié. Trois enfants.dont deux charmantes petites filles de 10 à 14 ans (n“ 3 et 8) qui ont été malades et ont guéri. La femme est une abominable ivrognesse. Le mari dit à son frère: «J’ai 80 francs».

Il indiqua sa cachette. «Ne le dis pas à ma femme, elle irait les boire. Si je meurs, tu les prendras pour acheter du pain aux enfants». La femme entendit, saisit les 80 francs, s’échappa, son mari mourant, et alla s’enivrer.

Père des n"‘ 3 et 8. Sa femme, qui buvait les remedes destinés à ses malades, avait, pour ne pas se donner la peine de sortir, jeté les déjections de ses filles sous leurs lits et a fait la même chose quand son mari a été malade. On a trouvé ces fumiers infects sous les lits, quand, après la mort dn père, on a désinfecté la maison.

Quimper. — Document

N“ d’ordre » du tableau général des décès.

DATE

du commencement de la

MALADIE

DATE

du

DÉCÈS

NUMÉRO

de

l’habitation.

Voir le tableau spécial des habitations.

SEXE

AGE

PROFESSION

3 décembre.

5 décembre.

Masc.

20 mois

Le père manœuvre

4 décembre.

Guérie.

Fém.

Le mari journalier

4 décembre.

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari plâtrier.

4 décembre.

Guéri.

Masc.

Le père journalier.

4 décembre.

Guéri.

2 bis.

Journalier.

4 décembre.

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari terrassier.

4 décembre.

5 décembre.

Fém.

Ménagère.

5 décembre.

Masc.

Manœuvre.

5 décembre.

Guérie.

Fém.

Rempailleuse de chaises.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

de

FORTUNE

1° État civil et habitudes de vie du malade;

2° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie ; 3° Caractère très grave, grave ou peu grave de la maladie, en cas de guérison.

Famille pauvre.

Frère du n° 4.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Trois enfants.

On ne sait pas. Cas grave.

Pauvre.

Habitudes d’intempérance. Mariée.

On ne sait pas. Les deux belles-sœurs (n"18 et 19), quoique n’habitant pas ensemble, ont été prises le même jour. 11 y a donc une relation certaine entre ces deux cas, mais il n’a pas été possible de la déterminer. Cas très grave.

Famille pauvre.

Quatre enfants.

Bonne santé.

Avait été voir son petit camarade, le n° 4, malade depuis le 28 novembre. Cas très grave.

Très pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. S’était marié huit jours avant celui où il est tombé malade.

Avait été veiller et ensevelir son oncle, le n° 7, et avait dû, conformément à l’usage, emporter quelques objets de literie ayant appartenu au mort. Cas peu grave.

Maladive. Bonne conduite. Sobre.

Mariée. Trois enfants.

A pris la maladie de son voisin, le n° 10. Celuici habite une pièce donnant sur le même palier que celle qu’elle occupe. Elle avait été le voir et le soigner. Cas peu grave.

Petite aisance .

Propriétaire de la maison n° 13.

Bonne santé. Bonne conduite.

Veuve sans enfants. Habitait avec son frère.

Au moment où la sœur, qui avait soigné le n° 16, nettoyait et balayait la maison (le n° 16 venait de mourir), la voisine, le n° 23, vint voir la sœur, entra dans la maison au moment où on secouait la literie. La sœur lui recommanda de partir au plus vite, ce qu’elle fit, mais elle fnt prise presque en rentrant chez elle et mourut le lendemain.

Pauvre.

Bonne santé. Demeuré maladif depuis son atteinte de choléra.

Sobre. Marié. Quatre enfants.

A soigné et enseveli le n° 5, qui habitait la même maison. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Veuve.

Femme du n° 5, qui est mort et dont elle a pris la maladie, en le soignant. Elle a immédiatement quitté la maison où elle habitait avec son mari et s’est retirée chez sa sœur. Cas grave.

Quimper. — Document

DATE

du commencement de la

MALADIE

DATE

du

DÉCÈS

NUMERO

de

l’habitation.

Voir le tableau spécial des habitations.

PROFESSION

Tailleur d’habits.

Le père est < vrier maçon.

Marchande de poissons et de pain doux.

Sans profession Le mari, charron

Crêpière.

Sans profession Le mari, journalier.

Blanchisseuse.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

de

FORTUNE

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

1° État civil et habitudes de vie du malade ;

2° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie ; 3° Caractère très qrave, graae ou peu grave de la maladie, en cas de guérison.

Il !

Bonne santé. Bonne conduite, quoiqu'il bût quelquefois un peu.

Père da n" 14, prise le 3 décembre. II avait soigné sa bile, avec qui il habitait et dont il prit ;a maladie. H mourut avant qu’elle guérit. (Sa ulle était I ivrognesse qui a eu tant de rechutes, voir n° 14.)

Petite aisance.

Mauvaise santé, mauvaise conduite. Très ivrogne. Marié. Cinq enfants.

Gendre du n° 6. Il habitait avec sa belle-mère et a pris la maladie en la soignant. Bien que cette maladie n’ait été ofliciellement constatée chez lui que le 5 décembre, six jours après la mort de sa belle-mère, il est probable qu’il avait ete souffrant les jours précédents. Cas peu grave.

Famille pauvre.

Six enfants.

Bonne santé.

On ne sait pas. Probablement l’eau du puits n” 1. Cas grave. j

Pauvre. Gagne assez d'argent et dépense tout à boire .

Bonne santé. Très ivrogne. Veuve. Une tille de 20 ans, avec laquelle elle vit.

A été voir, le matin du 5 décembre, le n” 28 qui habite la même maison qu’elle. Deux rechutes à la suite d’excès de boisson. Cas très grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Mariée. Deux enfants. Les deux enfants ont été écartés de la maison pendant la maladie de leur mère.

On ne sait pas. (Sur la saleté de cette femme, voir la note de la colonne 12 du document B, habitation 16.)

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Mariée. Trois enfants.

A pris la maladie en allant voir et soigner son neveu, le n° 15. Cas peu grave. !

Petite aisance.

Propriétaire.

Mauvaise santé. Bonne conduite.

Sobre. Veuve. Quatre enfants. Habitait avec une de ses tilles, qui l’a soignée.

On ne sait comment elle a pris la maladie; mais il est à remarquer qu’elle est proche voisine du n* 31, prise le même jour qu’elle, dans ce quartier, éloigné de celui qui a été le plus frappé. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Très ivrogne. (A vendu son unique coiffe 20 centimes pour acheter de l’eau-dc-vie.) Mariée. Trois enfants. Habite avec “ne de ses filles et sa petite-tille. ;

Belle-sœur du n” 16, qui habitait un autre logement de la même maison et qu’elle avait été voir et soigner. Cas très grave.

A eu une rechute après avoir mangé, malgré la défense du médecin.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Mariée. Deux enfants.

Avait été soigner sa belle-fille, le n” 14.

Quimper. — Document

N*’ d’ordre » du tableau général des décès.

DATE

du commencement de la

MALADIE

DATE

du

NUMÉRO

de

l’habitation.

Voir le tableau spécial des habitations.

SEXE

AGE

PROFESSION

6 décembre.

7 décembre.

Fém.

Ménagère. Son mari est estropié et mendiant.

6 décembre.

Fém.

Blanchisseuse.

6 décembre.

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari, manœuvre.

6 décembre .

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari, journalier.

7 décembre.

9 décembre.

Masc.

Journalier..

8 décembre.

Guérie.

Fém.

Journalière.

8 décembre.

Guérie.

Fém.

Marchande de poissons. Le mari est marin et a abandonné sa famille depuis plus d’un an.

9 décembre.

Guérie.

Fém.

Blanchisseuse.

9 décembre.

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari, journalier.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

de

FORTUNE

1° État civil et habitudes de vie du malade;

2° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie ; 3° Caractère très grave, grave ou peu grave de la maladie, en cas de guérison.

Situation aisée.

A donné 3.000 fr. à sa fille lorsqu’elle s’est mariée, ce qui n’empêche pas le mari d’ètre mendiant de profession.

Bonne santé. Très bonne conduite. Son mari ivrogne. Mariée.

Un enfant.

Avait été soigner le n° 17, son neveu. Mais a dû prendre la maladie du n° 3û qui habitait la même maison qu’elle, qui était tombée malade quelques heures avant elle et qu’elle avait visitée immédiatement.

Petite aisance.

Bonne santé. Bonne conduite.

Veuve. Vivait avec sa fille âgée de 21 ans.

On ne sait pas. Probablement du lavoir où elle devait aller souvent en sa qualité de blanchisseuse et où elle a dû rencontrer des personnes lavant des linges de cholériques.

Bonne santé. Bonne conduite.

Mariée. Trois ou quatre enfants.

On ne sait pas. Sa maison était au centre de l’épidémie. Cas peu grave.

Très pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Quatre enfants.

Mère du n° 17, mort le 5 décembre. Cas grave.

Petite aisance.

Vivait seul. Veuf. Très ivrogne.

Avait été propriétaire de la maison qu’il habitait. L’avait vendue six semaines auparavant, et pendant ces six semaines n’avait pas cessé d’être ivre. A été porte à l’hospice, où il est mort.

On ne sait pas, mais il paraît certain qu’ivre comme il était, il allait de porte en porte chez les malades.

Pauvre.

Très ivrogne. Veuve. Deux enfants.

Avait été, sans doute pour se faire donner à boire, visiter le n° 2, qui était malade depuis le 27 novembre, et est restée malade presque trois semaines. Cas grave.

Pauvre.

Bonne santé. Mariée. Un enfant.

Habitudes d’intempérance.

On ne sait pas. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Veuve. Un fils de 20 ans.

Avait enseveli le n” 23 qui habitait la même maison qu’elle. Cas très grave.

Pauvre.

Très ivrogne. Bonne santé. Pour faire du feu son mari ne pouvait acheter qu’un fagot à la fois. S’il en achetait deux, sa femme allait en vendre un pour acheter de l’eau-de-vie. Mariée. Quatre enfants. Elle avait une couleur violette que le médecin et les sœurs prirent au début pour de la cyanose.

C’était de la crasse.

Avait été voir et soigner son amie, le n° 23, morte le 5 décembre ét est restée dans la chambre après l’enterrement. La maladie ne s’est tout à fait déclarée chez elle que le 9. Cas grave.

Quimpeb. — Document

sb

S” d’ordre

du commencement de la

MALADIE

DATE

du

DÉCÈS

NUMÉRO

de

l’habitation.

Voirie tableau spécial des habitations.

SEXE

AGE

PROFESSION

9 décembre.

Fém.

Ménagère. Le mari, journalier.

9 décembre.

Guérie.

Fém.

Domestique chez un marchand de beurre.

9 décembre.

10 décembre.

Fém.

10 décembre.

Guéri.

Masc.

Cordonnier.

11 décembre.

Guérie.

Fém.

Lessiveuse. Lave à la rivière.

11 décembre.

13 décembre.

Fém.

Le père est débitant de boissons.

12 décembre.

13 décembre.

Masc.

Le père, journalier.

12 décembre.

15 décembre.

Fém.

12 décembre.

13 décembre.

Journalier.

12 décembre.

Guéri.

Masc.

Terrassier.

14 décembre .

Guéri.

Masc.

Marin.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

FORTUNE

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

1° État civil et habitudes de vie du malade;

2° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie; 3° Caractère très grave , grave ou peu grave de la maladie, en cas de guérison.

Pauvre.

Santé délicate. Bonne conduite.

Mariée. Deux enfants. Habitait avec l’un deux, sa fille.

Avait soigné le n° 39, qui habitait la même maison et avait été le voir à l’hospice.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Veuve.

On ne sait pas. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Veuve.

Était venue soigner sa fille, le n" 1, qui a guéri, mais dont elle a pris la maladie et chez laquelle elle est morte.

Santé délicate. Bonne conduite.

Célibataire.

On ne sait pas. Cas très peu grave. Était -ce même le choiera? On en doute beaucoup; mais, comme il a été signalé dans les déclarations quotidiennes, je n’ai pas cru devoir l’omettre.

Pauvre.

Bonne santé. Ivrogne. Veuve.

Sans enfants.

Habitait au 1" étage delà maison où le n° 13 habitait le rez-de-chaussée. Le n” 13 avait été pris le 3 décembre, était encore malade le 11, et le n" 48 était allé le voir en revenant de la rivière. Cas peu grave.

Famille peu aisée.

Bonne santé.

Couchait dans la même chambre que le n” 13, sa mère, malade depuis le 3 décembre.

Famille pauvre.

Huit enfants, dont un placé.

Bonne santé.

Avait été voir le n“44, morte le 10 décembre dans la même maison et s’était mêlé a ceux qui brûlèrent les effets de la morte.

Bonne santé.

A pris la maladie de son frère, le n° 50, dans la chambre duquel elle couchait. !

Bonne santé. Bonne conduite.

Marié. Quatre enfants.

Avait été voir le n° 50 qui habitait la même maison, au moment ou on donnait à celui-ci l’extrême-onction. Il a été pris le soir de ce même jour et est mort le lendemain, en même temps que le n° 50.

Pauvre.

Santé délicate. Bonne conduite.

Marié. Quatre enfants.

On ne sait pas. Cas grave.

Pauvre.

Mauvaise santé. Mauvaise conduite. Ivrogne. Célibataire.

Arrivait de Concarneau, d’où l’on suppose qu’il avait apporté le germe de la maladie. 11 a été soigné et guéri a la maison d'arrêt, où ce cas est resté isolé. Cas peu grave.

Quimpib. — Document

K0' d'obdbf. j » du tableau général des décès. i

du commencement de la

MALADIE

DATE

du

DÉCÈS

NUMÉRO

de

l’habitation.

Voirie tableau spécial des habitations.

SEXE

AGE

PROFESSION

16 décembre.

Guérie.

Sans profession.

Le mari, journalier.

16 décembre.

Guéri.

Masc.

Le père, journalier.

16 décembre.

21 décembre.

Masc.

Journalier.

19 décembre.

Fém.

Sans profession.

Le mari, valet de chambre.

20 décembre.

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari, journalier.

22 décembre.

22 décembre.

Masc.

Journalier.

24 décembre.

Fém.

Marchande de crêpes.

24 décembre.

24 décembre.

Fém.

Le père, tailleur,

24 décembre.

24 décembre.

Masc.

Boulanger.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

de

FORTUNE

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

1° Etat civil et habitudes de vie du malade;

2 Maniéré dont on suppose que les malades ont pris la maladie; 3” Caractère très qrave, grave pu peu grave de la maladie, en cas de guérison.

Très pauvre,

Bonne santé. Bonne conduite Sobre. Mariée. Quatre enfants, sans compter les deux qu’elle î perdus, n0' 50 et 51.

Mère des n°‘ 50 et 51. A pris la maladie i graveIgnant SS PeUte fiUe de 2 ans' Cas lrès

Famille pauvre

Fils du n° 52. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Très sobre. Marié. Quatre enfants.

Avait enseveli les n" 50 et 52. A été pris presque immédiatement; la maladie s’est nettement déclarée deux jours après.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Deux enfants. Le mari est ivrogne. Il a eu une contravention et une condamnation pour avoir répandu sur le sol de la rue les déjections de sa femme malade.

Ar?it ,v’sit®> soigné, veillé et enseveli le n .alors que personne n’osait s’en approcher. Cas très grave. y

La maladie a duré près d’un mois.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Deux enfants.

Est restée près d’une demi-journée dans le logement du n” 44, après la mort de celle-ci, pendant qu on l’enterrait et avant que la maison fut desinfectée. Cas très grave.

Très pauvre.

Mauvaise santé. Très bonne conduite. Marié. Troisenfants. Travaillait beaucoup, mais avait une femme ivrognesse qui buvait tout ce qu’il gagnait.

On ne sait pas.

Petite aisance.

Asthmatique. Bonne conduite.

Sobre. Célibataire.

Avait été voir et soigner le n° 58, même maison.

Famille peu aisee.

Bonne santé. Les parents ivrognes. La petite fille, malade, s’est mise au lit à 6 heures du soir.

Son pere et sa mère ont commencé à boire, sont vite devenus incapables de porter le moindre secours a leur enfant, qui inonia11 son lit, sans que personne vînt à son aide. Quand, le lendemain matin, les parents ont été legnses, la petite fille gisait dans :on lit, morte, on ne sait depuis lombien d’heures, au milieu de ies déjections.

On ne sait pas.

Jolie aisance.

i santé* Assez bonne con-

tuite. Marié. *

fi

A été, le 24 décembre, à 6 heures du soir, (pire a l’auberge dans la maison où la petite Ole qui porte le n” 62 venait d’être prise. La lorte du débit donne sur une cour où se trouait un fumier; sur ce fumier, on jetait, à ce loment, les déjections du n* 62. Se sentant îalade, il est rentré précipitamment chez lui t a été foudroyé.

Quimper. — Document

DATE

DATE

NUMÉRO

s si

du cotnmen-

de

SEXE

AGE

PROFESSION

l’habitation.

cernent de la

Voir le tableau

DÉCÈS

spécial des

MALADIE

habitations»

24 décembre.

25 décembre.

Masc.

Menuisier.

25 décembre.

26 décembre.

Fém.

Journalière. Le

mari, manœuvre,

25 décembre.

Fém.

Boulangère.

25 décembre.

26 décembre.

Fém.

Journalière.

26 décembre.

Guérie.

Fém.

Couturière.

Fém .

Religieuse.

27 décembre.

28 décembre.

Masc.

Tailleur d’habits

28 décembre.

28 décembre.

Fém.

Ménagère.

Guérie.

Fém.

Cultivatrice.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

de

FORTUNE

1° État civil et habitudes de vie du malade ;

1° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie ; 3" Caractère très grave, grave ou peu grave de la maladie,' en cas de guérison.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Marié. Un enfant.

Gendre dan' 44. Il avait été voir et soigner sa belle-mère. |

Mauvaise santé. Très ivrogne.

Veuve. Trois enfants.

Femme du n° 60, mort le 23 décembre.

Aisée.

Bonne santé. Ivrogne. Mariée.

Une fllle.

Belle-fîUè du n° 63, mort le 24 décembre. Elle habitait la même maison que lui et l’a soigné . Son père, qui l’a soignée et mangeait dans sa chambre, a pris la maladie et a été l’origine de l’épidémie de Gnengat, où il est allé mourir. (Rapport de M. le Dr Coffec, médecin des épidémies.)

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Célibataire.

Habitait le rez-de-chaussée de la maison où une petite fille (le n'62) est morte, au l" étage, le 24 décembre. Le jour où cette petite fille était tombée malade, le n° 67 a passé la soirée avec elle, l’a soignée — les parents de l’enfant étant ivres — est tombée malade le lendemain et est morte le surlendemain.

Pauvre.

Bonne santé. Habitudes d’intempérance. Mariée. Trois enfants.

Avait été voir et soigner le n’ 62, dans l’après-midi du 24 décembre. Cas peu grave.

Bonne santé.

Le 26 décembre, la sœur avait été voir plusieurs malades. Lorsqu’elle est arrivée chez le n° 61, celle-ci, vieille femme de 68 ans, 'était devenue presque aphone. Elle n’avait plus de dents. Pour l’entendre, la sœur approcha son visage tout près de la bouche de la malade et reçut de la salive sur la figure. Presque immédiatement elle dut sortir se sentant indisposée ; elle fut prise le soir. Cas très grave.

Pauvre.

Santé très robuste. Très ivrogne. Marié. Deux enfants.

Père de la petite fille de dix ans (n° 62), morte le 24 décembre. Il l’avait tout d’abord soignée, travaillant, à son chevet, à son métier de tailleur. Puis, il a passé la nuit de Noël à s’enivrer avec sa femme.

Pauvre. Était

Bonne santé. Bonne conduite.

Mère du n” 64. Avait obstinément refusé de

soutenue par son fils, le n° 64.

Sobre. Veuve. Deux enfants.

laisser désinfecter les objets qui avaient appartenu à son fils, mort le 25 décembre, qu’elle avait emportés chez elle et qu’elle a lavés elle-même.

Pauvre.

Maladive. Bonne conduite. Sobre.

Veuve.

Belle-mère du n° 59 qui était tombée malade le 20 décembre. Était venue de la campagne jpour soigner sa belle-fille. Cas grave.

Quimper. — Document

N°‘ d’ordre i

» da tableau général 1 des décès.

DATE du commencement de la

MALADIE

DATE

du

DÉCÈS

NUMÉRO

de

l’habitation.

Voir le tableau spécial des habitations.

SEXE

AGE

PROFESSION

28 décembre.

Guérie.

Fém.

Couturière.

29 décembre.

30 décembre.

Fém.

Journalière.

30 décembre.

Guérie.

Sans profession.

Son mari, maçon.

30 décembre.

Guérie.

Fém.

Marchande foraine. Le mari manœuvre.

3 janvier.

Guérie.

Fém.

Sans profession.

Le mari, manœuvre.

Fém.

Boulangère.

3 janvier.

Guéri.

Masc.

Boulanger.

4 janvier.

6 janvier.

Masc.

Chaisier.

A. — Les malades (Suite).

SITUATION

de

FORTUNE

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

1° État civil et habitudes de vie du malade;

2° Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie ; 3“ Caractère très grave, grave ou peu grave de la maladie, en cas de guérison.

Pauvre.

Très ivrogne. Mariée. Trois enfants.

Avait été très souvent visiter le n° 29 qui est restée malade jusqu'au 25 décembre environ. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Ivrogne. Veuve.

Cinq enfants.

A pris la maladie en soignant sa nièce, le n° 67, qui est tombée malade le 25 décembre, dans la maison 31, fut transportée chez ses parents, dans la maison 39, et n’a été enterrée que 12 heures après sa mort. Sa tante lavait son linge.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Quatre enfants.

On ne sait pas. Cas grave.

Pauvre.

Bonne santé. Très ivrogne.

Mariée. Une fille mariée.

On ne sait. On sait bien qn’elle avait été visiter le n° 36 pendant la maladie de celle-ci; mais, comme le n°36 est morte le 7 décembre et que la maladie du n° 76 n’a été signalée que le 30, on ne peut affirmer la transmission. Cependant, le D* Proust, dans son traité d’hygiène, dit que « des objets contaminés, enfermés à l’abri de l’air, peuvent conserver longtemps la faculté de transmettre le principe contagieux qu’ils renferment» (2" édition page 9Ù6) et il cite d’après le Dr Simpson, un cas où «un objet contaminé et enfermé aurait, après dix mois, communiqué le choléra» (ibid. 9 w). Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Trois enfants.

On ne sait pas. Cas très peu grave. ( On doute même que ce soit bien le choléra qu’elle ait eu.)

Aisée.

Bonne santé. Ivrogne. Veuve.

Habite avec son fils.

Femme du n” 63, mort le 20 décembre. Bellemère du n“ 66 dont elle a pris la maladie, en la soignant. Elle prenait ses repas dans la chambre de la malade. (Rapport du Dr Cotfec.) S’opposait énergiquement a ce qu’on mît du chlore dans la bière et a ce qu’on désinfectât la maison. Cas grave.

Aisé.

Santé délicate. Ivrogne. Marié.

Mari du n° 66. Fils du n° 63 dont il a pris la maladie en le soignant. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Ivrogne. Veuf.

Avait été visiter plusieurs fois, pendant sa maladie, le n° 7ù. Du reste les personnes qui soignaient ce n° Vi jetaient ses déjections dans le ruisseau de la rue, «un vase tous les quarts d’heure», me disait-on. Ce ruisseau descend la rue dcKerfeunteunen haut de laquelle,

Quimper. — Document

DATE

DATE

NUMÉRO

du commen-

du

AGÉ

PROFESSION

l’habitation.

cernent de la

DÉCÈS

Voir le tableau spécial des

MALADIE

habitations.

21 janvier.

Fém.

Couturière.

21 janvier.

22 janvier.

Masc.

Journalier.

23 janvier.

Guérie.

Fém.

Couturière.

26 janvier.

Fém.

Blanchisseuse.

27 janvier.

28 janvier.

Fém.

Blanchisseuse.

27 janvier.

30 janvier.

Fém.

Blanchisseuse.

A. — Les malades (Fin).

SITUATION

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

de

FORTUNE

1° État civil et habitudes de vie du malade;

2“ Manière dont on suppose que les malades ont pris la maladie ; 3° Caractère très grave, grave ou peu grave de la maladie en cas de guérison.

au n” 35 (habit. 39 sur le plan), demeurait le n° 75, et il coule le long des numéros impairs. Ce ruisseau descend au milieu de Quimper, jusque sur la place de Brest (voir le plan). Le commissaire de police a été heureusement prévenu ; il a fait immédiatement désinfecter le ruisseau, et le quartier de la place de Brest n’a pas été atteint.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Quatre enfants.

Cette malade habite au n° 7 de la rue dont il est question au numéro précédent. Les cas 75, 80 et 81 sont les seuls qui se soient produits dans ce quartier. Il est donc très probable que le n“ 81 avait gardé chez elle quelque objet contaminé par le passage du ruisseau. (Voir plus haut la note sur le n“ 76, col. 11.) Cas grave.

Pauvre.

Très mauvaise santé. Bonne conduite. Veuf.

Père du n° 68, femme de 43 ans, dont la maladie n’a pas été grave, mais longue.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Célibataire.

Petite-fille du n° 82. Cas peu grave.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Abandonnée par son mari. Deux enfants.

On ne sait pas. Elle avait enseveli la veille une femme qui avait eu des diarrhées et des vomissements, mais qui n’a pas été déclarée comme ayant eu le choléra.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Veuve.

Tante du n° 84, avec laquelle elle habitait et qu’elle a soignée sans prendre aucune précaution.

Pauvre.

Bonne santé. Bonne conduite.

Sobre. Mariée. Six enfants. Était enceinte. L’accouchement n’a pas eu lieu.

On ne sait pas. Elle avait été désinfecter le linge d’une pauvre vieille femme qui demeurait rue de -la Providence, qu’on a dite morte de la poitrine, mais que d’autres personnes ont cru morte du choléra.

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Planche 2 3.

Quimpcr. Tableau chronologique des et des décès.

cas

LÉGENDE Cas de choléra -Décès cholérique

Renvoie delà date du décès à la date onia maladie s’était déclarée

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