XXX. - BREST
Épidémies antérieures: choléra en i83a : 700 décès.
— en i834-35 : 573 cas, 201 décès.
— en i849-5o: 626 cas, 338 décès 2.
— en 1 854-55 : 4i4 cas, 266 décès.
— en 1865-66 : 715 décès.
fièvre typhoïde en 1876-77 : IÔ2 décès.
— — en 1880: 107 décès.
Superficie : 382 hectares.
Population : dénombrement de 1886 : totale, 70.778 (1881 : 69.110) ; agglomérée, 59.352.
Taux moyen, de 1882 à i885, de l’excédent des décès sur les naissances: 4,48 pour 1.000 habitants.
Taux moyen, de 1882 à i885, de la mortalité: 29,74 pour 1.000 habitants5. Nombre des maisons: 5.371 ; des ménages: 2i.4n.
Spiritueux : au cours d’une année (i885), la consommation du vin, par tète d’habitant, a été de 58 litres, du cidre de 12 litres, de l’alcool de 8 lit. 8.
Épidémie de 1 885-86.
Durée de l’épidémie : du 3 novembre i885 au 27 février 1886 *.
Nombre des décès : 47 (6 enfants, dont 5 garçons, une fille; 23 hommes; 18 femmes).
Proportion des décès cholériques, en i885-86, au chiffre de la population : (47 : 70.778) 0,66 p. 1 .000 habitants.
En recherchant, dans la première partie de cette étude, le chemin qu’avait dû suivre le choléra pour s’introduire dans le Finistère, je suis arrivé à la conclusion qu’il avait probablement été importé par les navires le Finistère, Y Annamite et le Rhin. Je rappelle que ce dernier navire qui avait eu, en rade de Toulon, un cas de choléra
' Pour Brest, je n’ai pas eu les documents établissant la répartition de la population par âges, état civil, etc.
2 D’après le maire, le chiffre officiel de la mortalité cholérique, à Brest, en i84g-5o est de i84, chiffre auquel il faut ajouter 1 54 décès cholériques survenus dans les hôpitaux do la marine. En reproduisant ce chiffre de 1 8 4 , l'Annuaire delà société d’émulation dit que le nombre des décès aurait été, en réalité, de 5o4. Mais le rédacteur de l’Annuaire omet d’indiquer dans quel document il a puisé ce chiffre. A l’appui de son assertion il faut cependant remarquer que l’excédent du nombre des décès de l’année 1849 sur le nombre de ceux de 1848 avait été de 463.
5 Voir p. i48 comment ces chiffres ont été obtenus.
* Voir les observations météoriques pour cette période à la planche io, p. i44.
mortel et un grand nombre de diarrhées à bord, n’avait cependant pas été désinfecté ; qu’il était sorti du port de Toulon avec une patente nette; enfin que, se présentant, quelques jours après, devant Brest, il n’avait été soumis qu’a une quarantaine de vingt-quatre heures et à une « large aération » . Ces trois navires avaient mis à terre un millier d’hommes environ, sur lesquels un grand nombre étaient plus ou moins malades; ces hommes, appartenant pour la plupart à l’infanterie de marine, étaient en congé ou définitivement libérés du service; ils s’étaient dispersés dans toutes les directions, plusieurs après avoir passé par l’hôpital.
J’ai limité mes investigations au Finistère, à Y Annamite et au Rhin parce que, parmi les navires sur lesquels j’avais des informations authentiques, cestrois-là sont les seuls, venant de pays contaminés, qui puissent, à raison de la date de leur arrivée devant Brest, être soupçonnés d’avoir causé les premiers cas de choléra dans le Finistère. La Bourgogne, venant de Marseille où régnait le choléra, et le d’Estaing, venant de Makung (Indo-Chine) , où régnait également le choléra, sont bien entrés à Brest les 1 4 et 1 6 septembre, et le premier cas constaté dans le Finistère est du 20, mais les documents de bord m’ont manqué pour ces deux navires.
Le choléra n’ayant fait son apparition à Brest que le 3 novembre, c’est-à-dire 60 jours après l’arrivée des vaisseaux ci-dessus désignés, il y a lieu de rechercher s’il n’y aurait pas été apporté par d’autres navires.
Le 18 septembre arrivait à Brest le Bayard, venant des Pescadores(mer de Chine), région contaminée. Ce navire n’a été soumis, à Brest, à aucune quarantaine. Le 26 septembre entrait le brick Marie-Bertrand venant de Marseille, où régnait le choléra. Le Marie- Bertrand a fait devant Brest une quarantaine de vingt-quatre heures : je n’ai aucune autre information. Le même jour, 26 septembre, une goélette, la Champenoise, venant de Vivero (Espagne), subissait également une quarantaine de vingt-quatre heures.
Le Bien-Hoa , dont j’ai pu consulter le livre de bord, était entré dans le port de Toulon le 20 août i885. lien repartit le 16 septembre, et le 27 septembre il se présenta devant Brest. Il avait 3 10 hommes d’équipage et 5 passagers. Ce navire était donc resté à Toulonau temps oùle choléra y a faitleplus de ravages. Dès les premiers jours de son arrivée dans ce port, l’état sanitaire des hommes d’équipage du Bien-Hoa avait donné des inquiétudes. Le 24 août, deux
hommes entraient à l’infirmerie, pour cause de diarrhée ; deux autres le 25. Puis, le 28, entrent à l’infirmerie, un homme atteint d’anémie et de diarrhée, un homme atteint de diarrhée cholériforme, un homme atteint du choléra ; le 3 1 , trois hommes atteints de diarrhée; le 4 septembre, trois hommes atteints de diarrhée, deux hommes atteints de diarrhée cholériforme et un homme atteint du choléra; le 5 septembre, un homme atteint de diarrhée; le 7, quatre; le 8, quatre; le 9, trois; le 11, deux; le 12, un. Le cholérique entré le 28 a guéri. Celui entré le 4 septembre est mort le 9 septembre, cinquième jour de la maladie. Ainsi pendant le séjour du Bien-Hoa dans le port de. Toulon, vingt-six hommes de son équipage ont été atteints de diarrhée, trois de diarrhée cholériforme, deux du choléra, et l’un de ceux-ci est mort. Arrivé à Brest, le Bien- Hoa, qui était parti de Toulon avec une patente brute, a été admis en libre pratique après une quarantaine de vingt-quatre heures
D’autres navires encore peuvent être soupçonnés d’avoir introduit le choléra à Brest. Le sloop Deux- Cousins, venant de la Corogne (Espagne), arrive à Brest le 2 octobre et y subit une quarantaine de vingt-quatre heures. Le Tonkin, grand transport venant de Ke- Lung (Indo-Chine), arrive également le 2 octobre avec 3 18 hommes d’équipage et 46 passagers. Il ne fait pas de quarantaine. Il avait cependant de nombreux diarrhéiques à bord et a envoyé un certain nombre de malades à l’hôpital de Brest. Le 3 octobre, entrée de Y Eclaireur, croiseur venant également de Ke-Lung (Indo-Chine), avec 396 hommes d’équipage. Le 5 octobre, entrée de la Perle, goélette de l’Etat, venant de Concarneau, où le choléra régnait depuis six semaines. La Perle avait une patente brute. La durée de la traversée de Concarneau à Brest ayant été de dix-neuf heures seulement, une quarantaine de quarante-huit heures, avec visite médicale, a été imposée à la Perle et à son équipage. Pendant cette quarantaine, les objets dits susceptibles, matelas, hamacs, objets de literie et effets de l’équipage ont « été soumis à une large aération » , les manches à vent établies, la pompe mise en mouvement. Mêmes précautions pour la chaloupe à vapeur la Perle, annexe de la goélette, arrivée à Brest, le i4 octobre, avec une patente brute.
Sont encore arrivés à Brest avant la fin d’octobre, c’est-à-dire avant l’éclosion du choléra dans cette ville :
1 J’examinerai de près le cas du Bien-Hoa lorsque, dans le deuxième livre, je rechercherai les modifications à faire au règlement de 1876.
Y Ampère, vapeur, venant de Concarneau (patente nette; vingtquatre heures de quarantaine) ;
le Chéribon, venant de Gênes (Italie), pays contaminé (patente nette ; vingt-quatre heures de quarantaine) ;
le Peter-Graham, venant de Bilbao (Espagne), pays contaminé (patente nette ; vingt-quatre heures de quarantaine) ;
le Louis, brick français venant de Bilbao (Espagne), pays contaminé (patente brute de choléra ; quarantaine de quarante-huit heures) ;
YArdanaz, vapeur espagnol venant de Valence (Espagne), localité la plus éprouvée (21.612 morts) dans la terrible épidémie de i885 (patente brute de choléra ; une quarantaine de trois jours);
la Champenoise, goélette venant de la Corogne (Espagne) (patente nette; vingt-quatre heures de quarantaine).
Pour savoir lequel de ces navires doit être plus spécialement accusé d’avoir introduit à Brest les germes du choléra, il faudrait beaucoup de détails que nous n’avons pas les moyens de connaître. Ce que l’on peut affirmer, c’est qu’aucun de ces navires n'a été désinfecté comme il aurait dû l’être. Il n’existe donc aucune garantie que l’un d’eux n’a pas introduit le mal.
Pour les personnes au courant des antécédents cholériques de Brest, il y avait lieu de prévoir que l’épidémie de i885 exercerait à Brest de grands ravages. Elle y a été au contraire très clémente. Je laisse ici la parole au médecin des épidémies, M . le Dr Caradec :
Le2goctobre i885,je fus averti qu’une femme venait de mourir dans l’une des rues les plus sales de la ville, la rue Kléber, avec les symptômes du choléra. Quand je me transportai à son domicile, j’appris que cette femme, vieille alcoolique, vivant dans les conditions les plus misérables, était tombée malade le dimanche précédent avec de la diarrhée, des vomissements, des crampes, etc., et que finalement, le 29 au soir, elle avait succombé, sans soins médicaux.
Le cas me paraissant suspect, j’engageai à faire l’inhumation le lendemain matin et je prescrivis l’évacuation du chenil, sa désinfection à l’aide delà combustion du soufre, la destruction des objets suspects. Ce qui fut fait par les ordres de l’autorilc .
Le cas n’eut pas de retentissement dans ce quartier misérable; mais le mardi, 3 novembre, je fus appelé dans une autre partie de la ville, rue Impasse-Keravel, pour voir deux malades. L’un était une femme N.. . qui, les jours précédents, avait de la diarrhée, des vomissements, des crampes, et était présentement en état typhoïde ; l’autre, son mari, un vieillard de soixante-quatre ans, alcoolique renforcé, malade depuis le matin seulement, se tordait sur son lit, avec des crampes dans les jambes, faisait sous lui, vomissait, avait sa connaissance, mais me répondait d’une voix cassée et à demi éteinte. Le soir, à 9 heures, il mourait en algidité. Ici, plus de doute. Nous étions bel et bien en présence du choléra asia-
tique; la contagion paraissait établie entre l’un et l’autre. Mais, qui avait apporté la contagion à la femme? Je ne pus pas le déterminer. Étant établi que la femme N... était marchande de poissons, il est probable qu’elle avait eu des relations avec les gens de Kerhorre.
Ces cas ayant été constatés, les mesures les plus énergiques furent prises. Je fis évacuer le local et fis faire la désinfection avec soin. En la faisant, on s’aperçut que sous la chambre des époux N... passait un canal, en communication avec les cabinets d’aisances et qui n’avait pas été curé depuis très longtemps.
Le chiffre des personnes atteintes à Brest a été difficile à établir. Le Dr Caradec le porte à ii5, d’autres à i5o. Mais le Dr Caradec ne comptait que 35 décès, et les documents authentiques que j’ai réunis prouvent qu’il y a eu 47 décès, en ajoutant à la ville proprement dite le quartier de Recouvrance qu’avait négligé le docteur.
La ville de Brest est divisée en deux régions au point de vue de l’évacuation des immondices. Dans l’une, sont des fosses fixes ; dans l’autre, tout va à l’égout. La région des fosses fixes est empoisonnée d’odeurs horribles, ce qui tient à ce que aucune fermeture hydraulique, ou plutôt aucune fermeture quelconque ne protège contre les émanations des fosses. Le système de vidange en usage accroît ce grave inconvénient. Elle est faite au moyen de pompes par des cultivateurs de la banlieue, heureux de se procurer ainsi un engrais à bon marché. On devine ce que sont ces pompes et ce qui se passe sur leur trajet. De temps à autre le conseil d’hygiène de l’arrondissement de Brest émet le vœu qu’un état de choses aussi préjudiciable à la santé publique soit modifié 1 .
Le « tout à l’égout » ne donne guère de meilleurs résultats. La ville est divisée en plusieurs plans superposés et les tuyaux de chute qui amènent les immondices à l’égout décrivent des courbes plus ou moins compliquées en face des habitations. Si ces tuyaux étaient en bon état et hermétiquement fermés, il n’y aurait pas grand mal. Mais ils sont souvent détériorés, tardivement réparés, et alors par les fissures s’échappent des odeurs infectes. En outre le système d’égouts de la ville présente ceci de particulier qu’il vient se collecter dans l’avant-port militaire. Quand la mer est basse, la chasse est suffisante pour entraîner les matières à la mer; mais, quand la mer monte, les matières remontent aussi dans l’égout, et par toutes les
* Ce vœu a été enfin entendu. Depuis le i*r juillet 188G, la vidange des fosses d’aisances par les baquets et barriques est interdite. Cette vidange se fait soit au moyen de pompes étanches en communication directe avec des tonnes de modèle perfectionné, soit par l’un des systèmes à vapeur ou par le vide en usage dans les grandes villes. (Arrêté de M. Delobeau, maire.)
bouches de celui-ci manifestent leur présence. Peut-être est-il difficile de revenir complètement sur ce système de canalisation, qui est très ancien. Mais peut-être aussi serait-il possible de l’améliorer.
Brest est une ville vieille, enfermée dans une étroite ceinture de remparts. La surface habitable est parcimonieusement mesurée; les maisons sont pressées les unes contre les autres, les cours intérieures sont réduites au minimum possible. Les habitants sont donc entassés dans des logements trop étroits. La municipalité, au moment de l’invasion du choléra, a remis sur pied une ancienne commission des logements insalubres; mais cette commission n’a abouti à aucun résultat, pas même à une enquête, pas même à un rapport.
En examinant le tableau des décès, à la colonne du domicile, il semble, à raison de la variété des adresses, que tous les quartiers à peu près ont été contaminés et par conséquent que l’épidémie a trouvé par toute la ville les mêmes éléments de propagation ; mais si l’on se reporte à la colonne des professions, on y constate que la plupart des hommes atteints appartiennent aux divers métiers qui s’exercent dans le port. La population étrangère aux occupations maritimes a été presque complètement épargnée. La première victime est un journalier du port, la seconde un premier maître infirmier. Ensuite nous trouvons un voilier au port, un mécanicien vétéran, plusieurs quartiers-maîtres retraités, un forgeron au port, six journaliers au port. Bien que ces hommes habitassent des quartiers différents, c’est le port qui était leur véritable résidence. C’est là qu’ils passaient la journée, qu’ils travaillaient, mangeaient quelquefois et souvent buvaient. Toutes leurs relations étaient là. C’est dans le port qu’ils ont pris contact avec les gens venus du dehors, de l’Extrême-Orient ou des ports voisins. Quant aux femmes, qui d’ailleurs sont en minorité dans l’épidémie, la plupart sont les femmes ou les parentes des hommes atteints.
Ces faits semblent indiquer que l’épidémie est entrée à Brest par le port et que c’est par le port qu’elle s’est entretenue.
Brest. — I. Tableau
NUMÉROS d’ordre du tableau général des décès.
IO
DATE DU DECES.
Ouvrier de port
Ier maître infirmier de la marine,
Ouvrier de port .
Mécanicien vétéran
Ménagère
Sans profession
Ouvrier charpentier retraité.
Quartier-maître retraité . . . .
Ménagère
Ouvrier de port
Quartier-maître retraité. . . .
Journalier à la mairie
Ménagère
Chef journalier au port.
Ménagère
Menuisier aux ponts et chaussées Ménagère
Manœuvre
Pensionnée des douanes Ménagère
Ouvrier de port .
Ménagère
Quartier-maître vétéran.
Cultivatrice
Ménagère
Tailleur de pierres.
Journalier
Maître vétéran
Journalière
Matelot retraité. . . .
Journalier
Maçon
Journalier
DES DÉCÉDÉS
AGE
ÉTAT CIVIL
DOMICILE
Rue marché Kéravel, 4
— de la mairie, 6a (Hôp. M.). . . .
— Kléber, ai
V^nvp
Marché Kéravel (Hôp. Civ.)
Rue du chemin de fer, i3
Veuf
— Saint Louis, 4
— Turenne, i4
— de l’Asile des vieillards, 5
— du Conseil, 9
Veuf
de l’Egout, 8
Marié
— de la Fontaine, 16 (Recouvr.) . .
2* Venelle Kéravel, 5
Veuve
Rue Bouillon, i5 (Hôp. M.). . .
2* Venelle Kéravel, 5 (Hôp. Civ.) . . .
Rue Fontaine, a5 (Hôp. Civ.) . . .
Mariée
— Poulie al lor, 29 (Hôp. Civ.). . . .
— du chemin de fer, 17
— Kéravel, 54
Mariée . . .
— Poulie al lor, 29
Marché Kéravel, 6
Rue du Bel-Air, 12
3e Venelle Kéravel, 9
Marié
Rue du Bel-Air, 12
Mariée
Quai de la Douane, 6 (Hôp. Civ.).. . .
Rue Vauban, 63 (Recouvr.)
— Saint-Malo, 5i (Recouvr.)
Célibataire
— Neuve, 38 (Recouvr.). . . .
— de la Pointe, 3 (Recouvr.)
— Richer, 8
Mariée
— Pautras, 3
— des Clairvoyants, 1 (Recouvr.) . .
— Saint Marc, 4i
— du Bel-Air 20
Veuve
— de l’Église, 5 (Recouvr.)
Marié . . .
— du Par, 5 (Recouvr.) ... .
— Neuve, 20 (Recouvr.)
— de la Pointe, 5 (Recouvr.). . . .
Mariée
— du Pont, 16 (Recouvr.)
— Neuve, 20 (Hôp. Civ.)
— de l’Église, 35
— du Moulin, 22 (Hôp. M.)
— Turenne, 10 (Hôp. Civ.)
Veuf ... .
— Neuve des Sept saints, 4
— Saint-Yves, 60 (Hôp. Civ.). . . .
Marié
— Duguay-Trouin 2
— Kéravel, 34 (Hôp. Civ.)
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