‹ Le choléra, ou, La peste noire [electronic resource]Chapitre 12 sur 30 · GG · texte numérisé non relu

GG

Le point de bifurcation principal, le centre du plateau terminal du grand rameau d’entre Lesse et Semoy, se trouve à Bellefontaine. Là se séparent deux grandes branches qui se dirigent l’une vers Rocroi dans le coude de Revin, et l’autre dans celui de Hastière au dessus de Dinant.

Le centre principal terminal de Bellefontaine ainsi que celui dePessoux se trouvent placés, comme les centres nodaux principaux de Messancy, dans le sud-est, et de Beho, dans le nord-est, à la limite du plateau ardennais, obtenu, comme il a été dit plus haut, en prenant le centre du plateau à Sainte-Marie, et en l’étendant jusqu’au confluent de l’Alzette et de la Sure. Il résulte d’abord de là que les centres nodaux principaux fluviaux et faîtaux sont à égale distance des origines faîtales et fluviales et ensuite, que le plateau, tel que je l’ai indiqué, est bien celui de l’influence centrale de l’origine des mouvements expansifs.

Beho est un centre faîtal analogue à celui d’Arlon, si donc de ce centre même, avec le rayon de la région arlonaise, on décrit un cercle, on obtient une région nodale ardennaise, troisième par importance, qui relègue la région condrusienne géologiquement à la quatrième place. Pour compléter le système ardennais, il faudra tracer aussi la cinquième région autour du centre de Bellefontaine avec le rayon de la région condrusienne.

On obtiendrait ainsi un système ardennais parfaitement analogue au système nervien, mais dessiné sur une bien plus grande échelle, et composé du plateau central de Sainte-Marie et de quatre grandes annexes, ayant leurs centres à la limite du plateau, à cheval sur les branches de la croix de Sainte-Marie : à Arlon, Beho, Pessoux et Bellefontaine.

C’est à la limite de la région nodale de Beho, à l’extrémité du rameau dont l’attache au faîte est le centre nodal, que se trouve le groupe de la Roche, qui serait beaucoup plus complet si la population n’y était pas si rare.

La Roche, dans un double coude très prononcé de l’Ourthe,

ne se trouve pas seulement aux extrémités faîtales du rameau de Belio-Les Tailles, mais aussi aux extrémités des ramifications méridiennes qui partent du faîte à Champion, à la limite de la région nodale centrale ardennaise, dont la Roche est très rapprochée. Cette localité se trouve à la fois à la limite du plateau ardennais, à la limite ou peu éloignée des limites des régions nodales du centre de Sainte-Marie, de Beho et de Pes- ,soux, et à très peu de distance du principal point de bifurcation de rOurthe, dans des conditions qui furent extrêmement funestes en 1866. Les conditions les plus pernicieuses s’y trouvaient réunies et ont produit des effets violents et prolongés.

Beauraing se trouve également à la limite du plateau ardennais et aux limites des régions nodales de Pessoux et de Bellefontaine, mais sur le plateau, et par conséquent dans de meilleures conditions que la Roche.

De quoi se compose maintenant le système épidémique ardennais?

1° D’un groupe mixte au bord de chacun des deux cours d’eau principaux, des groupes de Diekirch et de la Roche, dont les sites les plus favorables des bords de la Sure et de l’Ourthe aux extrémités faîtales des principaux rameaux dépendent des principales régions nodales faîtales.

2° Du groupe mixte verviétois résultant du concours de l’influence de deux des principaux rameaux ardennais, l’un méridien, arrêté devant l’autre parallèle prolongeant le seuil parallèle ; groupe constitué dans des conditions absolument semblables que ceux de Mons, de Charleroi et de Virton.

3° Du mouvement faîtal méridien qui ne laisse absolument rien à désirer sous aucun rapport.

4° Du mouvement faîtal peu important, perpendiculaire au précédent et qui ne laisse guère plus à désirer.

Tel fut le système ardennais, si simple et si concluant de 1866. Il laisse aussi peu à désirer dans les manifestations

simultanées des grands mouvements et dans les effets de leur succession, que dans le choix des positions à frapper.

C’est le mouvement faîlal méridien, de beaucoup le plus important et le plus complet, qui est dirigeant. Il est le plus simple et le plus concluant, en même temps que le plus complet. Les groupes d’Arlon, de Marche, de Havelange et de Fraineux à cheval sur le faîte méridien ; les trois premiers sur le méridien moyen lui-même ; le premier au centre de la région nodale supérieure, les trois autres situés aux points nodaux de bifurcation ou d’épanouissement des sous -ramifications principales vers la Meuse, vers Dinant, Nâmur, Andenne, Huy et Liège, ne laissent rien à désirer sous le rapport de la situation. La diminution de leur importance, de l’origine vers les extrémités du faîte, la succession des explosions dans les grands mouvements des 27 juin, 27 juillet -31 juillet, 1" août et 7-8 août ne laissent pas désirer davantage sous le rapport de la transmission. Les explosions avancées, soit simultanées, soit successives aux extrémités faîtales, et la simultanéité d’action dans les régions nodales faîtales comme aux extrémités faîtales dans les régions nodales mixtes, particulièrement dans le principal mouvement du 27 juillet, édifient pleinement sur la solidarité des mouvements et par conséquent sur l’origine des phénomènes.

Supprimez le mouvement faîtal méridien dans le système ardennais qu’y reste-t-il?

Rappelons-nous que tout ce que je viens de dire concernant le principal mouvement faîtal ardennais s’applique non moins exactement au principal mouvement faîtal nervien, û celui du faîte lui-même, où la première et la plus importante manifestation eut lieu aux quatre coins de la région nodale nervienne, du 15 au 20, ou moyennement le 17 juillet; la deuxième au centre et à la limite de larégion éburonne tongroise les 27-29 juillet, et la troisième au centre de la région ménapienne ù Turnhout

le 2 août, comme clôture de l’A H du 31 juillet-l^’-août. Si vous ajoutez le début sérieux de Mons et de Charleroi du 27 juin d’un côté et les rudes manifestations du 19 juillet dans la région nodale arlonaise, d’autre part, vous aurez identiquement la même succession du mouvement faîtal dans les deux systèmes; vous aurez les jours d’explosion successifs des 27 juin, 17-19 juillet, 27-29 juillet et 31 juillet-1®'' août; vous pourrez de part et d’autre aussi ajouter à ces dates les 26 et 29 août, et vous aurez la grande propagation épidémique faîtale belge de 1866 exactement coïncidente avec les plus grands jours d’action de la magnéto-électricité terrestre.

Rappelons-nous aussi que la propagation ascendante suivant le 3® faîte belge, suivant le faîte marin d’entre Mer et Escaut, commencée à Kieldrecht le 29 juin, et terminée à Ypres le 2 août, le même jour que les deux précédentes, avaient fini à Ternée et à Turnhout le 2 août; que ce mouvement ascendant fut non moins absolument faîtal et non moins régulier et successif; qu’il fut bien plus dominant et qu’il compose bien plus exclusivement que les deux précédents, tout le mouvement du système ; et quand vous aurez bien examiné les mouvements faîtaux principaux des trois systèmes, si vous n’êtes pas édifié sur la propagation de l’épidémie gholérique, vous êtes, lecteur, permettez-moi de vous le répéter, fort difficile.

Vous devez être non moins édifié sur la simultanéité des mouvements magnétiques épidémiques et orageux du 27 juin, qui s’étendirent de Gand, extrémité occidentale du seuil parallèle, jusqu’à Liège, extrémité orientale de ce seuil ; mouvements qui firent éclater la maladie d’un bout à l’autre de cette ligne, en commençant le déploiement des groupes épidémiques dans les régions nodales mixtes de Mons, Charleroi et Liège, aux points de passage des trois méridiens magnétiques principaux, où la maladie débuta et frappa en effet avant et après les orages du 27, les plus violents et les plus bruyants de l’année 1866, qui éclaté-

rent le même jour et à différentes reprises sur les trois groupes, aux trois passages ci-dessus, et qui firent du tapage à peu près dans toute la Belgique et dans tout le nord de la France, d’où ils arrivaient.

Vous devez être édifié sur le développement, sur la propagation et sur les explosions simultanées des 27-28 juin prédits dans mes lettres. Si au mouvement d’ensemble épidémique et orageux qui précéda et qui affecta tout le système belge nervien central ou moyen, vous ajoutez les explosions simultanées dans les régions extrêmes les plus hautes et les plus basses, faîtales et fluviales, au centre de la région nodale supérieure à Arlon, Messancy et Mussy-la- Ville et à l’extrémité fluviale dans la région nodale fluviale la plus rapprochée de l’embouchure de l’Escaut, à cette embouchure même, à Kieldrecht ; si vous vous rappelez ce que je vous ai dit de la propagation et du développement réguliers et successifs dans chacun des groupes mixtes de Mons, Gharleroi, Liège, Verviers et Messancy-Virton, les causes et les conditions de propagation dans ces groupes doivent être claires pour vous. Il doit en être de même de celles qui concernent les groupes faîtaux, et particulièrement celui du centre nervien, de celui de son annexe brabançonne et de celui du centre arlonais.

Le mouvement ascendant fluvial par l’Escaut et ses affluents est trop simple, trop régulier et trop successif également pour ne pas être reconnu d’emblée.

Je pense vous avoir montré suffisamment la succession de différents contingents faîtaux venant dans la région nodale mixte de Liège renforcer les effets d’ensemble de la région, tout en se montrant d’abord dans leurs points d’affluence.

Les mouvements généraux des 17 et 19 juillet ont beaucoup d’analogie avec ceux des 27-29 juin. Beaucoup plus vigoureux épidémiquement, ils furent moins orageux et moins bruyants. Ils étaient plus énergiques mais moins vifs et moins brusques.

A part ces nuances, les mouvements des 17-19 juilletalîectèrent tout le système belge à peu près comme ceux des 27-29 juin.

Ainsi, le 17 juillet, l’action fluviale se manifestant violemment à Kieldreclit, Anvers, Rupelmonde (début) et sur les bords de l’Escaut et de ses affluents jusqu’à Gand, etc., l’action faîtale nervienne se montra de ce dernier endroit, par le seuil parallèle, jusqu’aux extrémités du rameau hesbayen, qui termine entre Geer et Meuse, la branche principale du seuil parallèle; elle se dessina à travers la région nodale nervienne du IS au 20 ou moyennement le 17 juillet, et débuta d’ailleurs ce jour même à Houdeng-Aimeries comme à l’extrémité du rameau brabançon, à Woluwe-Saint-Pierre, et aux extrémités du faîte prolongé par le rameau hesbayen à Herstal et Canne (débuts du 17).

Le 17 juillet donc, pendant que l’influence fluviale et l’influence faîtale moyenne nervienne, se rencontrant à Gand, y produisirent brusquement une mortalité réellement effrayante, le mal éclatait simultanément au centre et aux deux autres extrémités de la croix faîtale nervienne.

Le mouvement plus violent et plus général du 19 doit vous être suffisamment connu comme celui du 17. Vous ne devez guère douter de ce que j’en ai dit, pas plus que des conclusions que j’en ai tirées. Il en est, je pense, de même de ceux des 27 et 29 juillet. Je pourrais avoir peut-être quelques mots à ajouter aux mouvements principaux de l’arrière-période des 14, 21 et 28 août.

Vous me les pardonnerez s’ils vous intéressent, bien qu’ils tendent à rendre ce travail trop volumineux.

Vous devez ayoir vu, lecteur, dans tout ce que je vous ai montré jusqu’à présent, que le mouvement fluvial de l’Escaut fut ascendant, et qu’il se propagea du nord au sud; qu’il en fut de même dans le système faîtal d’entre Mer et Escaut; mais que dans les deux autres systèmes nerviens, et ardennais, tous les mouvements d’origine exclusivement et réellement faîjfele, furent tous descendants, et se propagèrent des régions

supérieures méridionales vers les régions inférieures septentrionales. Ces mouvements sont surtout parfaitement évidents suivant les méridiens nerviens et ardennais de Cliarleroi et d’Arlon.

Les mouvements généraux et particulièrement ceux des 27-29 juin, 17-19 juillet et 26-29 août, de même que les explosions aux débuts du mal, dessinent une propagation successive d’ensemble de l’ouest vers l’est. L’observation constate deux causes à ce mouvement : la première montre les déversements eux-mêmes successifs et retardés, tout en grandissant de l’ouest vers l’est; la deuxième résulte de l’élévation successive des systèmes et de l’activité générale croissante avec l’altitude moyenne, de la concentration décroissante et par conséquent du retard dans l’établissement des surcharges avec l’activité générale et l’altitude croissantes. Ce retard est facile à établir avec toutes ses conséquences (voir plus loin).

Le mouvement général de l’ouest à l’est est manifeste dans la propagation, aussi bien dans le système nervien que dans le système ardennais.

Dans ce dernier il est plus apparent, parce que le faîte prend brusquement la direction du nord-est au coude de Sainte-Marie, et que dans cette direction nord-est les mouvements de l’ouest comme ceux du sud sont également en retard. Aussi la propagation et ses conséquences sont-elles fortement en retard suivant la branche nord-est du faîte ardennais vers Bastogne, dans ses prolongements et ses dépendances, et entre autres dans les rameaux de la Roche et de Verviers.

La sous-charge du fluide dans les couches inférieures étaient générales ; elles s’étendirent plus particulièrement entre le oO® et le 51° de latitude boréale. Plus fortes à l’ouest qu’à l’est et au sud qu’au nord, les affluences recrudescentes de l’intérieur vers la surface furent plus considérables et plus hâtives à l’ouest et au sud, et agirent les unes sur les autres de l’ouest à

l’est dans la direction du parallèle, et du sud au nord dans la direction du méridien magnétique.

Dans certains mouvements généraux l’action fut plus considérable à l’ouest, dans d’autres elle le fut plus au midi. Dans le premier cas la propagation et la succession parallèles, dans le second cas la propagation et la succession méridiennes, furent plus vives et dominèrent. Le plus souvent les deux mouvements existèrent simultanément, comme ce fut particulièrement le cas le 27 juin.

A l’ouest, les déversements hâtifs et renforcés trouvèrent un sol capable où ils se maintinrent. Ils trouvèrent le soi le plus capable aux bouches de l’Escaut. Celles-ci, pour cette raison, ont dominé tout le mouvement fluvial et maritime, qui est ainsi parti du nord-est daus l’A. H. du 7 juin.

Dans l’est, le système faîtal plus puissant faisait des appels plus considérables à de plus grandes profondeurs. Ces appels, renforcés dans le sud, y donnèrent lieu aux explosions prématurées de Diekircli et de Messancy.

Dans le système faîtal moyen il y eut également un appel vif, une explosion prématurée et volcano-épidémique, mais de . beaucoup moindre à Marche-les-Dames. Dans ce système, la surcharge devint régulièrement dangereuse dans le sud, à Mons, dans l’A. H. du 14 juin. Dans le système ardennais, elle le devint dans l’A. H. si marquante du 27 juin, qui généralisa le danger de la surcharge dans toute l’étendue du système nervien. Les mouvements du 27 juin, à la fois parallèles et méridiens , créèrent brusquement de fortes surcharges dans les déversements épidémiques et dans les dégagements orageux aux points de passage des principaux méridiens à travers la principale expansion parallèle. Par ses doubles mouvements des déversements épidémiques et des dégagements orageux, la journée du 27 juin fut la plus remarquable de l’année, comme celle du 19 juillet fut celle de la plus grande énergie épidé-

mique; comme celle du 29 août fut celle de la plus grande étendue ou de la plus grande généralisation de l’épidémie.

Les journées des 27 et 28 août, qui ouvrent TA, H. du 29, furent aussi remarquables par les mouvements simultanés des déversements et des dégagements que le 27 juin, et si les dégagements des 27 et 28 août ont fait moins de bruit, c’est qu’ils étaient plus aqueux et par cela même moins électriques. Il en fut de même, à très peu près, dans les A. H. des 14 et 21 août, qui précédèrent, et du 5-6 septembre qui suivit la deuxième A. H. culminante du 29 août, et qui constituent avec celle-ci la deuxième période du déchargement.

La simultanéité des déversements et des dégagements dans tous les mouvements A. H. et incidentels (P. L. du 26) de la deuxième période du déchargement estival, l’importance, la généralité et l’abondance aqueuse des dégagements, les fortes charges électriques de la plupart des formations aqueuses, si orageuses malgré leur abondance, les qualités extinctives des dégagements, là où la période épidémique était avancée, et fortement propagatrices ou provocatrices des derniers déversements à effectuer, rendentjtous ces mouvements extrêmement intéressants et m’engagent à leur consacrer encore quelques lignes.

La détension qui sépare les deux périodes estivales du déchargement magnéto-électrique, détension qui a pour semaine magnétique centrale celle du 8-15 août et pour centre les 11-12 août, date ordinaire du déchargement des hautes régions atmosphériques par les traînées appelées par les savants pierres cosmiques ou étoiles filantes; cette détension avait été pluvieuse, comme cela lui arrive très souvent et très naturellement , par la raison très simple que toutes les détensions provoquent les pluies, et que la principale détension de l’été doit les provoquer plus qu’aucune autre. Cela est non seulement naturel; mais comme les détensions principales, et entre autres celles des 11-12 août et 11-12 novembre, sont souvent brusques autant

que fortes, elles ne se contentent pas seulement de provoquer la pluie, mais elles veulent que cette pluie soit tempétueuse.

Les pierres cosmiques ont assez l’habitude de bouleverser l’atmosphère, surtout au mois de novembre, et de se dérober ainsi à l’admiration de leurs sagaces inventeurs.

Les pluies de la période de détension estivale de 1866 rendirent plus actives les surcharges de la circulation terrestre dans la deuxième période de déchargement, surcharges d’ailleurs abondantes et renforcées par de fortes affluences méridionales et par des déversements en quelque sorte incessants.

Le sol imbibé facilita les dégagements et les rendit très abondants et très aqueux. A part le dégagement général sous forme de brouillard du 25 août, les vapeurs dégagées se formèrent généralement assez vite en grosses masses nuageuses plus ou moins chargées et orageuses. Quelques-unes d’entre elles se distinguèrent extraordinairement, d’autres passèrent inaperçues.

Les vapeurs les plus chargées d’électricité forment le plus promptement les masses nuageuses.

Les plus grosses gouttes de pluie appartiennent aux nuages les plus chargés d’électricité.

Les plus fortes charges électriques fournissent les plus fortes grêles et les plus gros grêlons.

Les plus fortes charges électriques font bien le plus de tapage orageux, mais le bruit n’est pas absolument proportionné à la charge. Ce sont les charges orageuses les plus libres du mois de juin qui font le plus de bruit. Les charges de juillet sont plus fortes et moins bruyantes, celles d’août sont moins fortes et moins bruyantes à la fois.

Aussi, les dégagements si aqueux des A. H. des 14, 21 et 28 août, durent-ils être exceptionnellement chargés, pour former si régulièrement dans les régions nodales du méridien de Charleroi, dans les régions brabançonne, nervienne et chimay-

sienne, ces énormes masses nuageuses qui, conduites par la voie méridienne elle-même, sont allées, les 14, 21 et 28 août même, fondre sur Bruxelles avec grand bruit et pluies diluviennes.

Les dégagements aqueux et vaporeux du 21 dans les régions nodales ardennaises et surtout condrusiennes, qui sont allés, ce jour même, fondre sur Liège comme sur Bruxelles, avec grand bruit et pluies diluviennes, durent être exceptionnellement chargés également.

Les dégagements aqueux et vaporeux du 27 août avaient dû être également chargés dans les régions nodales supérieures montoises, car elles ont fait assez de bruit ici dans un triple passage, à peu près identique dans sa marche et dans ses conséquences au triple passage du 27 juin.

Serait-ce bien le hasard qui a ouvert bruyamment, ici à Mons même, par une triple salve de coups de tonnerre, la première période intense du déchargement magnétique estival et le début général de la première période épidémique intense, et qui a clôturé identiquement de la même manière la deuxième période intense du déchargement et de l’épidémie?

Serait-ce bien réellement par hasard que ces deux triples salves d’ouverture et de clôture solennelles de tout le système épidémique intense furent, avec une trompe violente mais peu bruyante du 27 juillet (1), jour culminant de ce système, les seules manifestations orageuses ici durant tout l’été?

Serait-ce par hasard que, dans chaque mouvement, le début, le dégagement et la formation des masses nuageuses furent accompagnés de la première mortalité considérable; que l’épidémie

(1) Le 17 juillet, au lendemain de la plus forte manifestation orageuse à la fois bruyante et diluvienne à Paris, jour de clôture de la quinzaine du déchargement le plus intense à Paris , jour du début de la quinzaine la plus chargée en Belgique, jour anniversaire de la grêle séculaire de 1863 et des mouvements orageux cl volcaniques de 1863, 1864 cl de 1865.

rentra ses cornes au moment des passages des masses orageuses, pour sévir avec plus d’intensité après leur passage.

Les déluges orageux simultanés de Liège et de Bruxelles de l’A. H. du 21 et ceux de Mons et de Bruxelles du 27-28 août encadrent la semaine magnétique généralement la plus funeste de la deuxième période. La circulation de la semaine, 14-21 août, du début de la deuxième période de déchargement, fut naturellement moins chargée, et ses effets furent moins généraux ; ses effets furent les plus apparents suivant le méridien central de Gharleroi. La circulation de la semaine 28 août-5 septembre fut très chargée, comme celle 21-28, mais ses effets furent moins généraux. Dans tous les cas, comme je l’ai déjà dit, la circulation magnétique de toute la quinzaine, 21 août-5 septembre, fut extrêmement chargée et extraordinairement funeste. Elle vérifia, et au delà, tout ce que j’avais pu prévoir dans ma lettre du 2o août au sujet de la semaine 22-29 et de sa clôture du 29 (1).

Il me suffira, pour mettre fortement en relief toutes les assertions de cette lettre, de vous montrer la mortalité épidémique de Gosselies, du centre le plus éprouvé de la région nodale nervienne, du centre du déversement et des dégagements de cette région nodale.

Voici ces mortalités :

Page 1