‹ Le choléra, ou, La peste noire [electronic resource]Chapitre 11 sur 30 · D. du · texte numérisé non relu

D. du

Virlon . .

Suite du Périgée.

8 octob.

N. du 8.

Gembloox .

A. H. du 6-7.

15 octob.

Florenville.

Début A. U. du 14.

Pour apprécier toute la portée probante du tableau VI, il convient de l’examiner avec le tableau IV et ses conséquences,

ainsi qu’avec le tableau de la page 24 du Manifeste sous les yeux (page 17 de ce travail).

On remarquera tout d’abord que les premières et les dernières explosions épidémiques ont lieu, à très peu près, exclusivement dans le mouvement A. H. des accélérations magnétoélectriques hebdomadaires ordinaires.

Dans les cinq premières semaines de l’épidémie, du 1®" mai au 6 juin inclus, les quelques rares explosions précoces du mal dessinent le mouvement A. H. de mai et du commencement de juin : 1, 8-9, 15-16, 22-23, 30-31 mai et 6-7 juin de la page 24 du Manifeste exactement.

Les débuts de l’influence épidémique obéissent donc pendant les cinq premières semaines exclusivement au mouvement magnétique A. H.

Les 11 et 12 juin, eurent lieu deux invasions aux deux extrémités du pays, à Arlon (J) et à Merxem, sous l’influence de la P. L. du 12 ; influence prédite et dont j’ai annoncé et constaté les effets le jour même dans mes lettres.

Au delà de la nouvelle lune du 12 juin qui incidente le mouvement A. H., celui-ci reprend la direction du développement épidémique le 14-15 juin.

Vient ensuite un mouvement d’extension considérable qui a pour centre le 17 juin, jour d’arrêt de la circulation avant la transformation de juin et avant le début du déchargement estival. •

Il est produit, comme il a déjà été dit, par les fortes variations magnétiques accusées par une hausse de 4® de température dans la nuit du 15 au 16, suivie de la chute énorme de 7® dans la nuit du 16 au 17, qui amena le minimum^extraordinaire absolu du mois de7®4. Ce minimum accuse une stagnation rela-

(1) Il n’y eut à Arlon qu’un cas isolé, très isolé, qui ne fut suivi du début réel que le 27 juin.

live dans la circulation ; et cette stagnation donna lieu à une première extension générale de l’épidémie qui ne le cède qu’à celle de l’A. H. prédite du 27 juin.

Le début A. H. du déchargement estival, ou la transformation du 20-21 juin, continue le mouvement d’extension, mais faiblement.

Il est suivi, à 8 jours de distance, du début le plus général du 26-27 juin, déjà si fortement en relief dans les tableaux I, II, III et IV. Aucun de ces tableaux ne dessine cependant ce relief aussi fortement que le tableau VI par les débuts réels du mal à Liège, Arlon, Mussy-la-Ville et Marchienne-au-Pont, et par ses débuts brusques dans la période intense à Gand et à Mons.

Je ne continuerai pas à suivre le tableau VI pas à pas. Je n’entrerai même pas à propos de ce tableau dans des détails au sujet des autres dates fondamentales déjà établies ; bien qu’elles en offrent de non moins intéressants.

Bien certainement le rôle joué .par les A. H. de juillet, allant en grandissant à partir du 26-27 juin, et atteignant les points culminants dans la dernière quinzaine de juillet, est plus considérable que celui' de l’A. H. du 26-27 juin. Il en est ainsi surtout de la date fondamentale du 17-19 juillet; mais cette dernière date occupe dès à présent la première place, et les nombreuses extensions du mal la lui maintiennent à première vue.

Il n’est pas nécessaire de recourir à beaucoup de raisonnements pour mettre en relief les dates réellement marquantes du tableau VI.

Ce dernier contient les débuts dans environ 100 localités depuis le 1" mai jusqu’au 13 septembre, ce qui ne ferait pas un début moyennement par jour.

Dans la période intense du 26 juin au 13 septembre, on ne trouvera guère encore que 80 débuts ; donc encore un par jour.

Deux débuts signalent donc un jour d’extension du mal, trois

débuts fournissent les dates marquantes et quatre désignent les dates marquantes extraordinaires. Nous laissons de côté le hasard et les probabilités avec lesquels je ne veux rien avoir à démêler.

Le vingt-six juin écarté, parce que plusieurs des débuts qui mettent cette date en relief sont des entrées dans la période intense ou de fortes recrudescences, il ne reste dans le tableau VI de jour d’extension épidémique extraordinairement marquant que le \V]m\\Çii, principale date magnétique, et météorologique de l’année, ouvrant l’A. H. culminante du 18-19 juillet.

Laissant au mouvement magnéto-électrique et épidémique de l’A. H. du 18-19 juillet toutes ses extensions des 16, 17 et 19 au nombre de dix ou seulement celle des 17 et 19 au nombre de sept; il se dessine avec un relief dont aucun autre n’approcbe.

Les dates épidémiques simplement marquantes dans le mouvement d’extension désignées dans le tableau VI par les débuts dans trois localités sont plus nombreuses, les voici : 8 juillet {pé.) \ 10 juillet (A. H.); 16 juillet; 19 juillet (A. H.); 27 juillet (P.); 2 août (A. H. du 1®'), 8 août (A. H. du 8), 22 août (A. H. du 22) et 30 août (A. H. du 29-30).

Les 16 et 19 juillet, comme je l’ai dit, appartiennent à l’A. H. extraordinairement marquante et culminante du 18-19. Ces jours écartés, il en reste sept marquants, dont cinq A. H. rigoureux et deuxôes deux principales positions accélératrices lunaires de juillet, le périgé du 7-8 et la P. L. du 27 juillet. Toutes ces dates sont également signalées avec les mêmes importances relatives par les mortalités du tableau VI. Ce sont là des faits qui feront réfléchir, je pense, le pécheur le plus endurci.

Le tableau VI donne son véritable relief à la date incidente du 7-8 juillet; car il est évident qu’il faut comprendre dans le mouvement du 7-8 juillet les extensions du 7, ce qui porte le nombre des extensions du 7-8 à cinq, et en fait un mouvement

extraordinairement marquant qui, s’il n’atteint pas celui du 18-19 juillet, se place immédiatement après lui, et n’est égalé que par ceux des 26-28 juillet (P. du 27), 6-8 août et 21-22 août {les deux A. H avec transformation d’août).

Je rappellerai à ce propos que, le mouvement de détension de l’A. H. du 4 juillet continuant extraordinairement jusqu’au 7-8 juillet, amène dans la nuit du 7-8 une température extrêmement basse de 10°, la moindre de tout le mois de juillet; et que c’est cette moindre tension qui, soit par elle-même, soit par le déversement qu’elle provoque, fournit la deuxième date par ordre d’importance dans le mouvement d’extension de l’épidémie. En face de ce fait et de ses semblables, des 16-17 juin, 21-22 juillet {ap.), 1-2 août (A. H.), 5-6 août, 30 août (A. H. etpé.), dont l’importance ressort aussi rigoureusement du mouvement extensif du tableau VI que de celui de la mortalité du tableau IV, on ne récusera pas l’influence funeste des détensions accusées par des chutes brusques et des minima de la température.

Parmi les dates rivales de celle du 7-8 juillet par leur importance dans le mouvement extensif de l’épidémie d’après le tableau VI, celle du 27 juillet (P. L. et A. H.) qui fournit les extensions du 26 et du 28, a la même importance exactement, et est aussi extraordinairement marquante que celle du 7-8 juillet.

Ainsi les deux dates incidentelles lunaires ; le périgée du 7-8 et la P. L. du 27 juillet suivent immédiatement par ordre d’importance dans les extensions de l’épidémie, celle de l’A. H. culminante du 17-19 juillet. Cette dernière date fournit dix débuts de l’épidémie, et les deux autres chacune cinq au moins.

Les A. H. des 8 août et 22 août, en y comprenant leurs dépendances des 6, 21 et 23 août, ont exactement la même importance que les incidences lunaires des 7-8 et 27 juillet.

L’A. H. du 8 août, en supposant le mouvement étendu jus-

qu’au 9, prend même la première place après TA. H. culminante du 17-19 juillet.

Tel est le principal mouvement magnéto-électrique et épidémique coïncidant régulier et incidentel de Tannée 1866, fourni à la fois par les mortalités du tableau IV et par le mouvement extensif du tableau VI. On voit que le périgée lunaire joue le rôle principal dans les incidences (1). Les détensions magnétoélectriques et les chutes de température qu’il provoque, sont en effet telles qu’elles peuvent servir à le déterminer.

L’importance de la plupart des dates régulières extraordinairement marquantes, ressort immédiatement du déchargement estival. Page 209 du Manifeste, vous verrez comment la fréquence des maxima absolus de la température estivale s’est montrée à Bruxelles depuis 1763 jusqu’en 1852. Les chiffres de cette fréquence inscrits sous les dates donnent à celle-ci leur importance relative dans la circulation intense du déchargement estival, et les classe comme suit :

18 juillet 1*' août 15 juillet

8 août

1" juillet

15 août

(1) Il a continué à jouer ce rôle depuis et jusqu’à ce jour, en provoquant les principaux incidents climatériques, orageux et volcaniques.

(2) Ainsi ressort l’importance épidémique du 29 juillet, qui semblait n’avoir guère de raison d’être. On voit que c’est comme milieu de la semaine précédant le l"août, que le 29 juillet est marquant, de même que le 15 l’est comme milieu de semaine précédant le 18 juillet. ,

Ce classement signale les mêmes dates extraordinaires que le mouvement de la mortalité et des extensions de l’épidémie cholérique avec des importances relatives semblables.

Il donne sa véritable importance à la date du 15 juillet sur laquelle j’ai d’ailleurs eu déjà à appuyer. Elle autorise à considérer les extensions du 16 juillet comme des suites de celles du 15, qui fournit ainsi cinq débuts, et se trouve placée sur la môme ligne que les 7-8 et 27 juillet, 8 et 22 août.

Cette dernière date A. H. a pris dans le mouvement extensif de l’épidémie la place du 19 du classement précédent ; de même que l’A. H. du 30 a pris la place du 26; de même que généralement l’A. H. du 18-19 juillet est absolument culminante, bien que le 15 soit par position le milieu, le centre ou le point culminant du déchargement estival.

Si les 19 et 26 août du classement précédent n’ont pas marqué dans le mouvement épidémique extensif, elles ont, au contraire,

très nettement marqué dans celui des mortalités, surtout le 26, jour de P. L.

.. Parmi les dates extraordinairement marquantes dans le mouvement extensif de l’épidémie, il faut aussi comprendre les deux dates principales de juin du 17 et du 26-27 de ce mois.

L’on doit y comprendre aussi celle du 1®*‘ août; parce que le mouvement A. H commençant le 31 juillet, l’extension de cette •date y appartient.

Comme dates simplement marquantes classées par le tableau VI des extensions de l’épidémie, nous trouverons toutes celles classées de la même manière à très peu près par le tableau IV des mortalités; ce sont aussi les dates classées de même par ordre d’importance dans le déchargement estival, ce sont les A. H. de juillet et d’août non compris dans les dates extraordinaires, ce sont celles des 4 juillet et 15 août.

La transformation de juillet avec ap. lunaire du 21, est simplement marquante.

Les A. H. et les incidences lunaires du mois de juin, les A. H. des 7, 15 et 20 juin, la N. L. du 12 et la P. L. du 29 juin sont simplement signalées par le mouvement d’extension de l’épidémie comme par celui des mortalités.

On voit que le mouvement des extensions a grandi graduellement comme celui des mortalités, et que, comme ce dernier, il prend brusquement des proportions considérables à la date A. H. signalée d’avance avec instance du 26-27 juin.

Les dates signalées cessent en même temps que les dates marquantes à l’A. H. du 29-30 août, celle du deuxième maximum de la mortalité prédite dans mes lettres comme date finale de la deuxième période intense.

Après le 30 août il ne reste que quatre débuts du choléra, dont deux des et 2 septembre, proviennent encore d’un périgée lunaire, et complètent l’influence extraordinaire et dominante de cette position lunaire dans les mois de juillet et d’août.

Les deux autres extensions postérieures au 30 août continuent le mouvement A. H. de septembre, les 8 et 13 de ce mois.

Le huit septembre est signalé dans le tableau IV par des maxima de mortalité dus à la chute brusque et considérable de la température dans la nuit du 7-8.

Le treize septembre est également signalé dans le tableau IV par les mortalités du début du mouvement A. H. du 14 septembre.

Ainsi, dans la phase de sortie de la période épidémique au mois de septembre, comme dans la phase d’entrée au mois de mai, les dernières comme les premières extensions peu nombreuses et réduites à des cas isolés, tracent le mouvement magnéto-électrique terrestre A. H. ou hebdomadaire ordinaire des 1, 15, 22-23, et 30 mai au début, 8 et 13 septembre à la fin des extensions.

Les extensions cessent dans l’A. H. prédite dans mes lettres comme fin du système épidémique.

Dans la double phase centrale intense des mois de juillet et d’août, depuis le 26 juin jusqu’au 30 août, le mouvement d’extension de l’épidémie du tableau VI est extraordinaire et intense comme celui des mortalités du tableau IV,

J’aime à croire que les preuves surabondantes et nettes qui précèdent concernant la coïncidence des mouvements magnétoélectriques terrestres tels que je les ai établis antérieurement, et ceux de l’épidémie cholérique dessinés postérieurement par les extensions successives du mal, aussi bien que par les fortes mortalités, sont de nature à dissiper les derniers doutes chez les esprits les moins novateurs.

Des preuves analogues, bien que moins précises, ressortiraient également de l’analyse des extinctions successives du mal. Je me bornerai à faire quelques remarques à leur sujet.

Dans quarante et une des cent localités du tableau VI, l’épidémie s’éteint aux dates A. H.

Les deux dates finales A. H. des 4 et H octobre, si bien accusées dans le table IV, ressortent avec non moins d’évidence du tableau VI. Ces deux dates dominent évidemment le mouvement d’extinction, surtout dans les régions où le fléau est en retard.

Ainsi, ù partir du 1®" août et jusqu’au 13 septembre, dans l’espace de 44 jours, la maladie débute dans trente localités.

Elle s’éteint dans ces localités du 6 septembre au 18 octobre, dans l’espace de 39 jours; elle ne doit pas même s’éteindre moyennement dans une localité par jour, et le mal finit dans quatre localités le 11 et dans deux le jour suivant, 12 octobre.

Le 4 octobre éteint peu de mal développé dans la période finale du 1®*' août au 13 septembre. Cette dernière date A. H. en éteint davantage. L’A. H. du 14 septembre le cède peu en importance h celle du 11 octobre dans le mouvement d’extinction. Nouvelle vérification de mes prévisions.

Les A. H. des 14 septembre et 11 octobre éteignent l’épidé-

mie dans onze localités, donc dans plus du tiers des localités infectées pendant les 44 derniers jours d’extension où le mal disparaît en 39 jours.

L’influence salutaire de l’A. H. du 4 octobre s’est signalée plus particulièrement dans les localités où le fléau a débuté du l®*' juillet au 1®'' août. Il a, durant cet espace, débuté dans 39 localités, et s’est éteint dans quatre de ces localités le 4 octobre. Cette date A. H. a donc la même importance que l’A. H. du 11 octobre qui la suit.

Une date plus remarquable, qui joue un rôle important dans les extensions, est celle A. H. si extraordinairement marquante au point de vue de la mortalité et des extensions du 30 août, du 2”® maximum ou de la deuxième date culminante magnétique et épidémique de l’année. Son rôle dans les extensions présente un cachet particulier.

Les dates des explosions sont aussi celles des extinctions, attendu que les explosions enlèvent les sous-charges et les surcharges.

Les déversements se font par les thalwegs des cours d’eau et par les faîtes qui séparent ces cours d’eau. Les rencontres de ces lignes forment aux embouchures et aux sources des cours d’eau des régions nodales, fluviales et faîtales de plus facile et de plus abondant déversement. Les principaux faîtes belges séparent la Meuse et le Rhin (faîte ardennais), et la Meuse et l’Escaut (faîte nervien).

L’une des principales régions nodales faîtales des Ardennes est celle de Marche ; les principales régions nodales du faîte nervien sont celles de Gosselies et de Tongres; le mouvement épidémique s’éteint dans les trois localités dans TA. H. principale, 2“® date épidémique culminante du 29 ou 28-30 août : à Marche le 28, à Tongres le 29 et à Gosselies les 28-30 août.

Hasard voilà de tes coups!

L’épidémie cholérique de 1866 en Belgique s’éteint dans trois des quatre régions nodales faîtales principales de ce pays, dans le mouvement magnéto-électrique A. H. principale du déchargement estival final du 28-30 août, renseigné comme tel dans vingt endroits du Magnétisme du globe et du Manifeste, bien des années avant l’apparition du choléra.

Le 28 août, le dernier déversement important dégage définitivement le faîte supérieur ardennais ; le lendemain et le surlendemain, le mouvement de dégagement définitif suit dans le 2'"® faîte, dans le faîte nervien. Le déversement actif, intense et dangereux cesse dans tout le système faîtal belge dans le mouvement A, H. fondamental du 29 août, qui suit la P. L. importante du 26 août. Il avait pris toute son extension dans le mouvement A. H. du 25-26 juillet, suivie par la P. L. du 27, et continué par elle. Il avait commencé à prendre son extension principale dans le mouvement A. H. culminant précédent du 18-19 juillet, de la plus grande intensité épidémique, qui affecta plus particulièrement le système faîtal nervien, et surtout la région nodale principale de Gosselies, Nivelles, Ligny, et Houdeng-Aimeries ou de Seneffe.

Le mouvement d’extension plus général du 27 juillet avait affecté les deux autres centres faîtaux ci-dessus de Tongres et de Marche et plus particulièrement le faîte ardennais, ses prolongements et ses dépendances.

PropagatiosB

Si le lecteur veut bien maintenant me suivre avec un peu d’attention, je lui exposerai la question passablement épineuse de la propagation de proche en proche, ou des explosions successives de la peste noire de 1866 dans toutes les parties de la Belgique; question dans laquelle les premiers pas sont faits dans le chapitre précédent.

Dans mes différentes publications antérieures, et dès 1851 dans le premier volume du Magnétisme, établi que les crêtes des montagnes et les thalwegs des cours d’eau étaient les lignes de plus grande activité de la circulation magnéto-électrique terrestre, de même que les côtes étaient celles des échanges les plus actifs du fluide, et que pour cette raison toutes ces lignes servaient de préférence comme distributrices du fluide dans les couches superficielles; en même temps que leurs sections verticales amenaient le plus facilement les surcharges magnéto-électriques des couches terrestres inférieures, vers celles de la surface.

On trouvera dans mon dernier travail intitulé VHumanité des détails concernant la distribution de la magnéto-électricité par les fleuves et les côtes (veines et artères), et par les faîtes (nerfs) de la surface du globe, soit que cette magnéto-électricité versée à la surface y circule, soit qu’elle afflue des couches inférieures par les sections verticales des faîtes ou des thalwegs.

C’est le géologo-magnétisme qui distribue la magnéto-électricité terrestre ; la vitalité propre géographique, continentale, régionale ou locale en est le résultat.

Les conséquences épidémiques des déversements magnétoélectriques généraux séculaires et seizennaux doivent donc se développer de préférence le long des lignes de déversement, le long des faîtes, des thalwegs et des côtes.

Ces conséquences sont les plus considérables dans les régions et dans des localités où les déversements sont en tout temps les plus abondants et les plus faciles, et où les surcharges préexistantes sont les plus grandes ; là où régnent l’activité physique et morale la plus grande.

Les pestes noires et les épidémies, en général, frappent plus fort les populations naturellement les plus favorisées. Cela est d’autant plus vrai que les régions où règne la plus grande activité physique et morale, appellent les populations, qui y établissent leurs centres principaux d’action, dans les endroits les plus favorisés, où elles prospèrent et se développent rapidement.

Que les localités choisies comme victimes préférées par la peste noire et les épidémies ne se plaignent donc pas trop de la contribution forcée qu’elles leur paient.

La propagation des conséquences épidémiques des déversements magnéto-électriques terrestres suivant les lignes du plus facile déversement n’a pas échappé à l’observation. Celleci au moins a pu facilement constater une tendance dans ce sens en ce qui concerne les voies fluviales des thalwegs. Leur tendance à se propager par les voies faîtales étant moins apparente pourrait bien n’avoir été mise en avant qu'à la suite des révélations du Magnétisme.

Quoi qu’il en soit, et bien que dans certains cas la propagation fluviale soit évidente, cette propagation est en général si accidentée et si bouleversée, que la science la plus saine et la

plus intelligente a été obligée de renoncer à la croyance dans cette propagation, et de déclarer que le choléra, dans sa marche, plus encore que dans son action, déroutait toutes les idées scientifiques, et détruisait toutes les hypothèses, quelque apparence de probabilité qu’elles pussent présenter tout d’abord.

Et cependant le choléra se propage suivant les voies fluviales et faîtales; il suit [les veines, les artères et les nerfs de la surface du globe. Si sa propagation présente des accidents, il ne manque pas de raisons pour cela, qu’il suffira de connaître pour se rendre compte des accidents.

Ces raisons se présenteront au fur et à mesure que nous entrerons plus avant dans ce chapitre, qui n’en est en quelque sorte que le développement. Nous les trouverons principalement dans les situations géographiques, topographiques et géologo-magnétiques des contrées et surtout dans celles de leurs régions nodales.

En Belgique les plaines de l’Escaut et du Rupel sont exclusivement fluviales, ou peuvent être considérées comme telles ; car elles se sont comportées comme telles durant la dernière épidémie.

Les Ardennes sont des régions faîtales. Tout le restant du pays ; les bords de la Meuse, de la Sambre, de la Haine, de la Dendre, de la Senne, de la Dyle, des Geetes, du Berner, des Nethes, du Geer, de la Méhaigne, de fOrneau, etc. sont mixtes.

La Belgique se partage ainsi naturellement en ;

1° Région basse fluviale et maritime comprise entre la côte de la mer du Nord et l’Escaut, et qui a pour axe le faîte morin.

Cette région, en 1866, a participé tout entière au mouvement fluvial; aussi la propagation y fut-elle nette et simple.

. 2“ Région mixte, moyennement élevée, entre l’Escaut et la

Meuse ; ayant pour axe le faîte nervien.

Participant, en 1866, aux mouvements fluviaux de l’Escaut

et au mouvement faîtal nervien, la propagation y fut plus compliquée et la marche de l’épidémie en apparence plus bouleversée.

3° Région élevée faîtale ardennaise entre la Meuse et le Rhin ; ayant pour axe le faîte qui sépare ces deux fleuves.

Le mouvement de propagation de l’épidémie y fut, en 1866, exclusivement faîtal, sauf aux bords de la Meuse, et se présenta, comme dans le système nervien, très simplement.

Aux limites des régions ci-dessus, aux limites des régions fluviales et faîtales surtout, les surcharges magnéto-électriques et leurs conséquences épidémiques ne sont pas seulement les plus variées ; mais', à cause des influences de diverses espèces qui s’y rencontrent, elles y sont aussi les plus fortes et les plus funestes.

Les points de rencontre, de croisement et de concours des faîtes et des thalwegs des cours d’eau, c’est à dire les embouchures de ceux-ci et leurs sources sont les régions nodales , comme il a été dit.

Les extrêmes ramifications faîtales s’arrêtent et s'épanouissent aux embouchures, dans les angles qu’y forment les cours d’eau, non loin du point de rencontre des thalwegs de ces derniers, point qui est le centre de la région nodale fluviale et mixte.

Ces extrémités faîtales, très remarquables et très importantes, pénètrent dans les régions nodales fluviales, en font partie et les rendent mixtes.

Les extrêmes ramifications fluviales, les ruisseaux ou les cours d’eau à leurs sources, s’arrêtent et s’épanouissent dans les régions nodales faîtales, dans les angles non loin du centre ou du point de rencontre des faîtes.

Le centre de la région nodale fluviale est toujours bien déterminé par la rencontre des thalwegs; celui de la région faîtale

généralement assez bien déterminé par la rencontre des faîtes, l’est souvent mieux par les nombreuses sources des cours d’eau différents dont il est également éloigné.

L’étendue de la région nodale faîtale, à part une certaine latitude qui dépend du point de vue auquel on se place, est généralement assez facile à déterminer.

En remontant les cours d’eau vers leurs sources , on arrive successivement à des embouchures où les affluents se multiplient et prennent de plus en plus la direction perpendiculaire au cours principal. Dès que les affluents prennent cette direction, on arrive sur le plateau et dans la région nodale. On y est déjà dès que les affluents se rapprochent de la perpendiculaire au cours principal. On y est à plus forte raison, quand l’affluent, se repliant sur lui-même, ses épanouissements reviennent en arrière en sens opposé de la direction première et principale.

Dès qu’en remontant un cours d’eau on a dépassé un premier embranchement d’épanouissement, les embouchures et les embranchements se multiplient, et les points de ramifications prennent de plus en plus les caractères du point d’épanouissement et de point limite de la région nodale. C’est dans le choix de ce point d’épanouissement que se trouve la latitude de la fixation de l’étendue de la région nodale faîtale.

Plus on restreint l’étendue de la région nodale, plus celleci devient remarquable au point de vue géologo-magnétique et volcanique, etc.

Dans sa moindre étendue, la région nodale faîtale ne dépasse guère les derniers vestiges des ramifications fluviales, ou les sources. Dans cette étendue elle est extrêmement remarquable ; elle est généralement couverte de mamelons irrupteurs, isolés, multiples, qui la dessinent assez bien. C’est ordinairement le mamelon principal qui est le centre même de la région.

Ces mamelons, cônes ou cratères gagnent nécessairement en

importance avec l’altitude du plateau nodal, mais n’en manquent pas même sur les plateaux les moins élevés.

Le mamelonnage faîtal central le plus remarquable de la Belgique est naturellement et nécessairement celui de la région nodale ardennaise supérieure d’Arlon, du Hirschberg, du mont Athus, etc. C’est autour des pieds de ces mamelons qu’a débuté le système épidémique belge , c’est là que s’est développé le groupe épidémique principal, le groupe volcano-épidémique d’Arlon, Messançy, Aubange , Athus, Solange, Wolkrange, Buvange, Halanzy, Musson, Rachecourt , Habergy , Couvreux, etc., sans compter les villages français et luxembourgeois grand-ducaux de Gorcy, de Hobscheid, etc., du même mamelonnage faîtal central. C’est celui-ci qui a fourni les plus puissants déversements magnéto-électriques et les plus funestes et les plus violentes conséquences épidémiques en 1866 dans toute la Belgique. Pas un hameau situé dans l’intérieur de ce mamelonnage, qui n’a guère plus de cinq à six kilomètres de rayon, n’a échappé à l’action épidémique violente.

L’étendue de la région nodale fluviale se limite de la même manière aux points d’épanouissement des dernières ramifications faîtales.

Assez généralement les phénomènes épidémiques limitent beaucoup mieux les régions nodales fluviales et faîtales que ne pourraient le faire les conditions géologo-magnétiques ; mais si ces dernières fournissent des régions plus ou moins étendues, il en est de même des phénomènes épidémiques, qui s’étendront naturellement d’autant plus que le mouvement de déversement sera plus considérable.

Les extrémités faîtales dans les régions nodales fluviales et mixtes, ou les arrêts des sous-ramifications faîtales dans les angles des cours d’eau à leurs embouchures sont, ai-je dit, très remarquables, et jouent des rôles importants dans la distribution de la magnéto-électricité terrestre à la surface du globe.

L’expansion magnéto-électrique souterraine productrice du faîte étant arrêtée pour une cause quelconque, se concentre et fait brusquement irruption. Ce sont des irruptions brusques de ce genre qui ont produit le mamelonnage central dans les régions nodales faîtales, où les expansions faîtales devaient se croiser ou changer de direction, en arrêtant les expansions fluviales. Des irruptions brusques de ce genre ont produit des extrémités faîtales mamelonnées dans les régions nodales fluviales.

Aux extrémités des ramifications faîtales, celles-ci se renforcent généralement et se redressent souvent verticalement, comme c’est le cas à Namur, à l’extrémité du rameau d’entre Sambre et Meuse ; comme c’est le cas pour les rochers surmontés des châteaux de Huy et de Dinant, et de la plupart des châteaux des bords de tous les fleuves et de toutes les rivières dont les rives sont rocheuses.

Souvent les effets de ces arrêts brusques sont complètement isolés et séparés des derniers vertiges faîtaux, et forment des mamelons isolés; quelques-uns même forment des masses rocheuses isolées sous forme de monolithes.

LHrruption termimlepToàüit généralementle mamelon terminal relevé et exhaussé. Celui-ci est plus ou moins détaché ou isolé.

Parmi les mamelons irrupteurs terminaux isolés de la Belgique comptent incontestablement celui exactement occupé par la ville de Mons, autrefois couronné par le château, au pied duquel se joignent la Haine et la Trouille et celui de Saint-Pierre à Gand, couronné par la citadelle, au pied duquel se joignent la Lys et l’Escaut.

C’est autour du pied du mamelon terminal dans la région nodale fluviale ou mixte, comme autour du pied du mamelon central dans la région nodale faîtale, que se déversent le plus facilement les plus grandes quantités du fluide, et que s’établissent le plus promptement les plus. fortes surcharges magnéto-électriques dangereuses et funestes. .

C’est autour du pied du mamelon irrupteur terminal ou central que se manifesteront tout d’abord épidémiquement les déversements.

C’est à Arlon même, c’est à Messancy, à Athus, c’est au pied du château à Namur, c’est au pied de Saint-Gilles à Liège, c’est au pied du mamelon montois, que débutera l’épidémie d’abord ; c’est là qu’elle sévira et produira ses ravages.

C’est autour du mamelon terminal, au pied de ce mamelon, entre ce pied et les rives des cours d’eau que se trouvent surtout les lieux de prédilection de l’épidémie. Elle s’y montrera avant qu’elle ait pu y arriver régulièrement et successivement par les voies fluviales et faîtales des sommets, plateaux ou sources ; c’est là la cause principale du bouleversement apparent ou des anomalies dans la propagation régulière successive du mouvement épidémique des sommets des faîtes vers les extrémités abaissées.

Le choléra fera invasion par le pied du mamelon dans la population montoise, fera le tour du mamelon par ce pied, affectionnera particulièrement les bords de la Haine et de la Trouille ; mais respectera le plateau et plus encore la mi-côte généralement moins exposée que le plateau même.

Un déversement et une invasion épidémique prématurée dans une région mixte par le pied du mamelon terminal, du chef de ce mamelon comme irrupteur, se propagera dans le système faîtal par les arêtes en sens inverse du mouvement faîtal ordinaire.

Le déversement dans les régions nodales faîtales se fera de préférence aux sources, qui sont dans ces régions les points d’arrêt des voies d’expansion fluviales. Des sources le déversement et ses conséquences épidémiques se propageront successivement vers les embouchures.

La propagation descendante des sources vers les embouchures et celle ascendante des extrémités vers les sommets

faîtaux, se font par les deux voies fluviales et faîtales à la fois. La rencontre des expansions ascendantes et descendantes a lieu sur les deux voies. La rencontre des expansions ascendantes et descendantes a lieu également sur les deux voies, et y crée les régions épidémiquement les plus dangereuses.

Je le répète, avant que le mouvement ascendant fluvial et faîtal partant des embouchures et remontant vers les sources atteigne celles-ci, il y aura explosion épidémique dans la région nodale faîtale près de ces sources, qui en occupent la partie centrale. Cette explosion, en apparence prématurée, dérangera la succession dans la propagation ascendante.

Ce qui précède s’applique avec plus de force et plus visiblement à tous les mouvements descendants. Avant que ceux-ci, partant des sources, atteignent bien loin sur les deux voies fluviales et faîtales vers les extrémités de celles-ci ou vers les embouchures, ils s’y seront manifestés assez généralement.

Les explosions en apparence prématurées des mouvements ascendants autour des sources, aux pieds des mamelons irrupteurs centraux au cœur des régions nodales faîtales, et celles des mouvements descendants aux extrémités faîtales, aux pieds des mamelons irrupteurs terminaux, dans les régions nodales restreintes fluviales et mixtes, constituent les seuls dérangements importants dans la propagation successive des déversements et de leurs effets épidémiques.

Ces explosions prématurées sont non seulement fréquentes, mais se présentent dans presque tous les mouvements ; si bien que dans les systèmes faîtaux, les premiers déversements importants et dangereux auront plus souvent lieu aux extrémités faîtales, dans les régions nodales mixtes, aux bords des cours d’eau, aux embouchures de leurs affluents, que près des sources dans les régions nodales faîtales.

Ainsi, tout le système épidémique belge débuta en 1866 dans la région nodale faîtale supérieure de tout le système

faîtal, dans celle d’Arlon ; mais le début n’eut pas lieu au centre du groupe de Messancy si vigoureusement dessiné peu de temps après ; mais bien à l’extrémité de l’un des rameaux qui s’en détachent dans la partie sud, rameau qui va, en longeant la rive droite de l’Alzette, s’épanouir 'sur les bords de la Sure, entre l’embouchure de l’Alzette à Ingeldorff et celle de l’Erns à Ernsdorff. C’est là qu’eurent lieu les premières explosions volcano-épidémiques, un mois avant la première manifestation à Messancy, au centre du principal groupe faîtal de tout le système épidémique belge.

C’est donc à Diekirch’aux bords de la Sure, dans une région mixte, et non dans la région faîtale supérieure, dont la région mixte dépend, qu’eut lieu la première explosion dans le système d’entre Meuse et Rhin.

Le même fait se produisit dans le système faîtal d’entre Escaut et Meuse. Là, c’est aux bords de la Meuse, dans un des sites les plus volcaniques, à Marche-les-Dames, qu’eut lieu la première explosion épidémique, et non dans la région faîtale principale supérieure d’entre Escaut et Meuse dont la région mixte de Marche les Dames dépend.

Le mouvement mixte continua à naître et à s’étendre aux bords de la Meuse et de la Sambre en divers endroits; il y était presque entièrement développé avant les premières manifestations dans les régions faîtales. Le mouvement mixte des bords de la Meuse (rive gauche) s’était étendu de ces bords vers les régions faîtales avant que l’épidémie fît explosion dans celle-ci.

Sur la rive droite les mouvements dans les régions mixtes se contentèrent de faire prématurément explosion aux extrémités du rameau condrusien d’entre Lesse et Ourthe d’abord, et entre Ourthe et Meuse après, depuis Namur jusqu’à Liège, avant que la propagation jfaîtale de Messancy par Marche y fût arrivée.

Toutes les régions nodales sont mixtes, en ce sens qu’elles

résultent toutes de la rencontre ou du concours de lignes fluviales et faîtales; il convient néanmoins de leur laisser les noms des voies les plus importantes qui s’y rencontrent, et de n’appeler mixtes que celles où les deux espèces de voies produisent des effets à peu près également importants, comme c’est le cas aux bords de la Meuse, et, comme je l’ai dit, dans presque toute l’étendue du système faîtal belge moyen d’entre Escaut et Meuse.

Les régions nodales sont donc fluviales dans les plaines larges et basses des fleuves qui approchent de leurs embouchures, à Rupelmonde (Niel, Boom), à Anvers (Merxem, etc.,) et à Santvliet (Kieldrecht, Saeftingen) ; elles sont faîtales sur les plateaux ardennais et nerviens à Arlon-Messancy, à Neufchateau, à Marche-Havelange, à Gosselies, etc., aux sources et aux bords des ruisseaux près de leurs sources ; elles sont mixtes dans les régions intermédiaires moyennement élevées, aux bords des rivières et des fleuves éloignés de leurs embouchures, à Mons, Gharleroi, Liège, Veryiers, etc.

Les grands coudes des fleuves et des rivières, de même que ceux des faîtes, sont généralement, sinon des centres de régions nodales, au moins des points nodaux très importants.

Les centres nodaux des deux systèmes faîtaux d’entre Escaut et Meuse et d’entre Meuse et Rhin font deux coudes. Entre Escaut et Meuse le centre nodal principal est celui du coude que fait à Seneffe le faîte redressé d’Andrelues vers Senelîe, et se dirigeant de là vers Ligny, pour y reprendre sa direction première générale abandonnée à Andrelues. Entre Meuse et Rhin le centre de tout le système ardennais èst le coude de Sainte-Marie près de Neufchateau , où le faîte d’entre Meuse et Rhin quitte sa direction pour prendre celle du système ardennais, presque à angle droit avec sa première direction, qui se prolonge par le rameau condrusien vers la Meuse.

Dans le système fluvial belge de l’Escaut les régions nodales

principales sont également celles des trois coudes de Rupelmonde, d’Anvers et de Saeftingen.

Gela est d’ailleurs naturel : les coudes faîtaux sont en général les points d’attache des rameaux qui prolongent les branches du coude. Il en est ainsi des deux points principaux de Senefife entre Escaut et Meuse et de Sainte-Marie entre Meuse et Rhin, où les branches des coudes se prolongent par les rameaux principaux en formant des croix desquelles dépendent les deux systèmes faîtaux,

Aux coudes fluviaux se trouvent aussi généralement les embouchures ou centres nodaux, tel est le cas également pour les trois coudes principaux déjà cités de l’Escaut.

Souvent un cours d’eau remontant vers le faîte, et arrivé à quelque distance de celui-ci, change de direction pour couler parallèlement au faîte. A partir de ce changement de direction le cours d’eau coule tout entier sur le plateau ; comme c’est le cas pour le Geer à Tongres.

Une région nodale fluviale ou mixte est généralement composée de plusieurs mamelons terminaux, de même qu’une région nodale faîtale renferme plusieurs mamelons centraux s’élevant au milieu des sources des divers cours d’eau qui y prennent leurs origines.

Les mamelons terminaux des mêmes régions nodales , fluviales et mixtes et les sources des mêmes régions faîtales, pouvant appartenir à des systèmes différents, conserveront une certaine indépendance relative d’action dans les mouvements auxquels participent les diff'érenls systèmes. Ils participeront dans tous les cas avec des activités diflTérentes à tous les mouvements fluviaux et faîtaux.

Ainsi, la maladie se déploiera indépendamment et successivement en avance ou en retard aux pieds des mamelons irrupteurs terminaux de la région nodale liégeoise de Sainte- Walburge, de Saint-Laurent, de Saint-Gilles et du Val-Benoît,

épanouissements terminaux du rameau liégeois, hesbayen du système d’entre Escaut et Meuse. Le mouvement sera fluvial et se propagera des bords de la Meuse vers les pieds des mamelons, ou il sera faîtal et s’étendra des pieds des mamelons vers la rive.

Si le déploiement de l’épidémie peut être successif et plus ou moins indépendant aux pieds des mamelons d’une même rive d’un fleuve, il le sera à plus forte raison aux pieds des mamelons des rives différentes du fleuve et de ses affluents. A Liège, par exemple, il sera en avance ou en retard sur la rive droite, à Amercœur, à Grivegnée, Jupille et Angleur, selon que les mouvements seront en avance ou en retard dans le système faîtal ardennais. L’on comprend aussi que dans ce dernier système, très étendu, les mouvements dans le rameau de Herve, de la rive droite delà Vesdre, qui s’épanouit à Grivegnée, Amercœur et Jupille, ne soient pas absolument simultanés et concordants avec ceux dans le rameau condrusien (1), qui s’épanouit h Seraing, Ougrée et Angleur.

Il va de soi que la maladie s’étendra plus ou moins indépendamment le long de la rive droite de la Meuse, aux extrémités faîtales ardenriaises de Namur à Ougrée, comme cela eut lieu du 8 au 11 juillet; alors quelle s’était (2) propagée deux semaines magnétiques plus tôt, de Tilleur, le 23 juin, par Liège, le 26 juin, à Herstal, le 17 juillet; alors qu’un mouvement analogue simultané, également en avance, avait eu lieu le long de la Sambre, de Tbuin, le 15 juin, par Marcbienne, le 27 juin, Cbarleroi, le 29 juin, jusqu’à Pont et Loup, le 20 juillet et plus tard à Cbatelet et plus loin.

Un mouvement analogue simultané avait eu lieu dans les

(1) Entre Ourthe et Meuse.

(2) Sauf l’explosion volcano-épidémique absolument prématurée et isolée de Marche-les-Dames, du lS-22 mai.

régions mixtes des bords de la Haine, dépendantes comme celles des bords de la Sambre et de la Meuse (rives gauches) du système faîtal d’entre Escaut et Meuse. Ce mouvement, ayant constitué le groupe montois, comme ceux de Charleroi et de Liège ont constitué les groupes des régions nodales de ces endroits, a commencé, comme dans le groupe de la Sambre, dans l’A. H. du 14 juin à Mons, et fut descendant le long de la Haine, comme l’avaient été ceux de la Sambre et de la Meuse le long de ces cours d’eau; il atteignit Cuesmes le 17 juin, Jemappes le 20 et Quaregnon le 25 juin. Il se fortifia généralement le 27 juin, jour d’explosion même à Marchienne et à Liège, au centre des groupes de la Sambre et de la Meuse, comme il se fortifia généralement dans ces groupes.

Dans la journée A. H. du 27 juin, prédite dans mes lettres comme début sérieux du système épidémique belge, dans des mouvements généraux magnéto-électriques ?LUSsi orageux qu épidémiques, la maladie éclata ou se fortifia dans les trois régions mixtes principales du système d’entre Escaut et Meuse aux bords de ce dernier fleuve, de la Sambre et de la Haine, sur le revers méridional du seuil belge intérieur qui longe ces cours d’eau, depuis Gand et Tournay jusqu’à Tongres et Liège, au point où ce seuil et les cours d’eau sont traversés par les lignes faîtales et fluviales, méridiennes principales. En ces points se développèrent et se formèrent définitivement, le 27 juin , les trois groupes épidémiques principaux d’entre Escaut et Meuse, au bruit du tonnerre, des plus violents orages généraux simultanés, qui éclatèrent Je jour même, à plusieurs reprises, sur les trois groupes eux-mêmes, à Mons, à Charleroi et à Liège (1).

Les mouvements généraux orageux et épidémiques du 27 juin

(1) Voir ma lellre du 3 juillet.

firent éclater, développèrent ou renforcèrent le mal cholérique depuis Gand jusqu’à Liège, dans toute l’étendue du seuil belge intérieur qui longe sans interruption la Haine, la Sambre et la Meuse, en courant à peu près dans la direction d’un parallèle géographique

Si les épanouissements faîtaux et fluviaux dans les régions nodales conservent une certaine indépendance d’action, iis n’en contribuent pas moins tous à la tension générale de la région nodale, et n’en participent pas moins tous à cette tension générale.

Les appels simultanés du fluide des déversements aux extrémités de toutes les ramifications fluviales et faîtales qui aboutissent à un même centre, se fortifient les uns les autres, à quelque système qu’ils appartiennent. Ils établissent une tension générale, à laquelle chacun participera avec sa puissance propre.

C’est ainsi, par exemple, que le mal fera irruption à Amercœur, Grivegnée et Jupille sous l’influence des sous-charges arrivées par le pied de Saint-Gilles (1) et de Kinkempoix (2) avant qu’il y soit arrivé par le pied de la Chartreuse (3).

Cela est si vrai que le mal se propagea plutôt de Liège vers Verviers, et fut plutôt ascendant que descendant le long de la Vesdre sur le flanc méridional du rameau de Herve.

L’épidémie avait déjà antérieurement remonté du centre mixte liégeois vers le faîte d’entre Escaut et Meuse, vers Hanut, par Montegnée le 4 juillet, vers Hologne-aux-Pierres le 10 juillet (4), comme elle le fit postérieurement de Grivegnée vers Limbourg et Baelen par Dison.

(1) Extrémité du rameau hesbayen d’entre Meuse et Geer.

‘(2) Extrémité du rameau condrusien d’entre Ourthe et Meuse.

(3) Extrémité du rameau de Herve.

(4) Les trois étapes Liège ^Saint-Gilles), Montegnée etHollogne-aux-Pierres sont des trois A. H. consécutives des 27 juin, 4 et 11 juillet. Une sucoession

En résumé, le fluide magnéto-électrique arrivant en tout temps plus facilement et plus abondamment vers les couches superficielles par les voies fluviales et faîtales, les points de croisement et de concours de ces voies deviennent des points de concentration et d’expansion intérieures, de déversement abondant de surcharge et d’expansion extérieures.

Les déversements généraux se font simultanément par toute la surface d’une contrée, mais de préférence et plus abondamment par les régions nodales dans lesquelles les surcharges dominent durant le mouvement d’expansion et de propagation intérieur et extérieur.

Les régions nodales participent plus ou moins aux mouvements généraux. Leur participation est plus ou moins indépendante ; elle reste subordonnée en ce que les expansions les plus puissantes, se communiquant, atteignent et dominent les autres.

Il convient donc d’analyser séparément les faits tels qu’ils se présentent dans chaque système faîtal ou fluvial, d’examiner et de traiter d’abord ces systèmes, sauf à voir ensuite quelles influences réciproques ils peuvent exercer les uns sur les autres.

Les régions nodales les plus importantes sont celles où concourent le plus grand nombre des voies les plus importantes. Les régions nodales fluviales les plus importantes sont les plus rapprochées des embouchures des fleuves, les principales régions faîtales sont les plus rapprochées des faîtes supérieurs.

Il ne faudrait pas croire que dans les régions nodales fluviales basses les derniers vestiges des ramifications faîtales, les mamelons terminaux à peine apparents, soient sans influence sur les grands mouvements de déversement.

analogue el beaucoup plus remarquable et descendante eut lieu dans les A. H. des 8, lü, 22 et 29 août sur le rameau central brabançon d’entre Senne et Dyle.

Le mamelonnage de Ruppelmonde, Niel el Boom, d’Anvers et de Saeftingen, Santvliet etKiIddrecht fut pour beaucoup dans les explosions fluviales et dans leur propagation.

Les mouvements d’expansion souterrains et superficiels se communiquent de proche en proche de région nOdale en région nodale, des plus élevées vers les plus basses dans le système faîtal, et des plus basses vers les plus élevées dans le système fluvial et mixte.

L’expansion arrêtée aux extrémités faîtales et fluviales y donne lieu à des concentrations plus grandes, qui font explosion et se manifestent prématurément. Ces concentrations refluent vers l’origine de l’expansion en sens contraire du mouvement et à sa rencontre. C’est cette rencontre qui fournit les plus forts déversements et les plus funestes conséquences épidémiques, elle est facile à établir, elle saute aux yeux dans les faits.

Le mouvement de reflux des extrémités faîtales et fluviales vers l’origine de l’expansion, arrêtant celle-ci ainsi que ses effets, détruit la succession dans la propagation de ceux-ci, et produit souvent des inversions et des anomalies.

Il existe une autre cause générale d’inversion et d’anomalie dans la succession de la propagation des phénomènes épidémiques dont je dois également dire quelques mots ; cette cause gît dans la nature du sol et du sous-sol.

Le plus ou le moins de capacité et de conductibilité du soi et du sous-sol pour le fluidë magnéto-électrique, jusqu’à d’assez grandes profondeurs, exercent évidemment une influence capitale sur la marche des déversements et de leurs conséquences épidémiques, qu’ils avancent ou retardent.

Cette influence peut s’exercer sur une étendue plus ou moins grande de la surface du globe, sur un pays, une contrée, une région plus restreinte ou même une localité. Il doit déjà résulter de là une grande complication dans la marche des déverse-

ments; mais cette complication sera plus grande dans le développement des conséquences épidémiques des déversements, conséquences qui ne seront plus en rapport direct avec la facilité et l’abondance du déversement.

Ainsi, il va de soi que, si dans un déversement général le fluide afflue avec une égale intensité et une égale activité, en égale quantité dans toute l’étendue d’une contrée, si dans cette contrée il existe des endroits, régions ou localités où le sol plus capable absorbe plus de fluide, la surcharge y croîtra plus rapidement; cette surcharge y croîtra d’autant plus rapidement que l’activité de la circulation y sera moindre et enlèvera le moins de fluide de la surcharge en un temps donné.

Toute cause qui augmente l’intensité et diminue l’activité de la circulation magnéto-électrique superficielle ordinaire dans une contrée, dans une région, ou dans une localité, y hâte et avance rétablissement de la surcharge dangereuse; toute cause, au contraire, qui diminue l’intensité et augmente l’activité magnéto-électrique préétablie, retarde l’établissement de la surcharge dangereuse dans les déversements.

Ces conditions amènent des développements et des propagations d’autant plus variées de l’épidémie qu’elles sont généralement en sens contraire de la facilité et de l’abondance des déversements.

Sur les plateaux élevés, dans les régions faîtales, où la facilité et l’abondance du déversement grandissent avec l’altitude, l’activité magnéto-électrique, augmentant également avec cette altitude, tend à enlever plus rapidement les quantités plus grandes de fluide déversé. Elle y parvient d’autant plus facilement, que sur les plateaux élevés, le sol rocheux, plus conducteur que capable, facilite l’activation et contrarie l’établissement de la surcharge, qui, ainsi, parvient difficilement à s’établir de façon à devenir dangereuse.

Dans le sous-sol, jusqu’à d’assez grandes profondeurs, les

couches terrestres, diversement stratifiées, ont des compositions bien différentes. Les couches conductrices y alternent avec des couches non conductrices ; les unes, capables, retiennent le fluide, les autres, non capables, le laissent filtrer plus abondamment. Ici encore les conditions qui hâtent ou retardent la marche ascendante des masses de fluide des couches inférieures vers les couches superficielles se compensent ou se neutralisent, en ce sens, que les couches capables qui absorbent et retiennent le fluide, sont généralement plus conductrices et fournissent des circulations plus actives, tandis que les couches non capables sont généralement moins conductrices. L’alternance des couches capables ou non, et conductrices ou non, rend dans tous les cas les déversements successifs. Ce sont les couches éminemment non conductrices qui jouent le rôle essentiel dans les avances et dans les retards des déversements partiels régionaux ou locaux.

Sous les couches non conductrices le fluide se concentre. La concentration peut simplement retarder le mouvement; elle peut l’arrêter jusqu’à un nouveau déversement; dans tous les cas elle donnera lieu aux déversements superficiels très avancés ou très retardés, explosifs, volcaniques, volcano-orageux et volcano-épidémiques.

Mes travaux antérieurs contiennent à ce sujet assez de données générales, et il ne convient guère d’entrer ici dans des détails à ce sujet.

Les facultés concentrantes et conductrices du sol et du soussol dépendent peut-être plus de la structure que de la nature des corps qui les composent.

Ce sont les facultés de concentration et de conductibilité du sol qui nous intéressent le plus, car ce sont elles qui se dessinent le mieux dans la propagation des conséquences épidémiques des déversements.

Les roches pierreuses compactes homogènes, à structure

continue cristalline, fibreuse et lamellaire, sont généralement conductrices par structure et capables de fluide par nature ; les argiles sont plus capables, mais faiblement conductrices ; elles le deviennent davantage quand elles sont humides; les sables ne sont ni capables ni conducteurs; telles sont les grandes subdivisions des roches au point de vue des facultés concentrante et conductrice de la magnéto-électricité terrestre, comme à tous les points de vue.

Cette subdivision suffira généralement pour apprécier et caractériser l’influence du sol et du sous-sol dans les mouvements magnéto-électriques et dans leurs conséquences.

Cette influence deviendra peut-être un peu plus difficile à apprécier dans le sous-sol où les couches de differentes espèces alternent; mais elle le sera certainement davantage là où les couches sont mélangées.

L’appréciation ne deviendra réellement difficile cependant que quand il s’agira d’entrer dans des détails que le sujet ne comportera peut-être jamais.

L’influence des mélanges rocheux, en général, n’est pas si difficile à apprécier. Le mélange pierreux facilite la circulation, le mélange sableux la retarde. Si le mélange pierreux ne rend pas les terres moins capables, il en diminue la faculté concentrante, en favorisant l’activité de la circulation. Ainsi la mince couche de terre pierreuse et schisteuse des Ardennes, peu capable, à cause de son manque d’épaisseur, perd encore de sa force concentrante par l’activité magnétique qui règne dans les couches pierreuses et schisteuses continues sur lesquelles elle repose. Ainsi les déversements les plus abondants de 1866 ne sont-ils parvenus, pas plus que ceux antérieurs de 1832 et 1849, à établir, et surtout à maintenir, une surcharge magnéto-électrique épidémiquement dangereuse dans toute l’étendue du plateau ardennais proprement dit, du plateau central, où la couche terreuse du sol manque ou n’a qu’une très faible épaisseur. Ce

n’est qu’en s’éloignant du plateau central et à ses limites, où les terres du sol commencent à s’épaissir, que l’on rencontre les lieux visités par l’épidémie. Là les visites furent d’autant plus dangereuses.

En général, quand une région est mise plus ou moins à l’abri du danger des surcharges par manque de capacité ou par excès de conductibilité du sol et du sous-sol, le danger est reporté sur les limites, qui deviennent alors des lignes du plus grand danger. Ces lignes créent les influences locales les plus restreintes, ou les points particuliers d’explosion des surcharges et de leurs conséquences.

Le mélange sableux rend les terres moins conductrices. Si ce mélange diminue la capacité, il diminue aussi la conductibilité, et par conséquent, il augmente la faculté concentrante. Cette augmentation est d’autant plus importante que les argilessableuses constituent les couches les plus épaisses du sol, en formant les principaux réservoirs pour les surcharges magnétoélectriques terrestres anomales. Parmi ces réservoirs se distinguent surtout ceux formés de terrains d’alluvions ; non pas de ces terrains appelés ainsi en géologie, parce qu’ils ont été submergés durant les grandes formations géologiques des soulèvements qui se succédèrent rapidement et qui, en quelques périodes quinquaséculaires, débarrassèrent l’atmosphère et créèrent l’état superficiel ou le relief du globe ; mais de ces terrains qui, comme ceux des rives, de la vallée et des bouches du Nil, des bouches de l’Escaut, du Danube, du Rhône, etc., se formèrent réellement par alluvion mêlée de débris de végétation, depuis que le relief du globe est complété, depuis la fin des périodes des grandes formations (1).

(1) Une des plus grandes aberrations scientifiques de ces temps-ci, est cette confusion des géologues de baser leurs appréciations et leurs calculs des formations géologiques sur ce qu’ils voient se passer sous leurs yeux, ou sur ce qu’ils peuvent établir comme s’élant passé dans les temps histo-

C’est, à part le mélange de matières végétales et animales, à peu près la terre à brique de Niel, Boom, Rupelmonde, de la région nodale fluviale de l’embouchure du Rupel, qui exerce la plus grande faculté concentrante. Cette faculté suffit pour amener le plus promptement les surcharges épidémiquement dangereuses, outre qu’elle favorise et hâte le déversement, en appelant par absorption le fluide qui y afflue. Le sol a donc des caractères généraux qui se retrouvent assez généralement dans les différentes contrées ou régions d’un pays. Ces caractères se retrouvent au moins d’une façon remarquable dans les differentes contrées et subdivisions territoriales déjà établies dans ce travail pour la Belgique.

Dans les régions basses fluviales du bas Escaut et de leurs dépendances, une grande épaisseur de terres argileuses mélangées de sables, ou de sables mélangés d’argiles, constituent des réservoirs terrestres superficiels qui appellent, absorbent, et conservent les surcharges. Celles-ci s’y établissent et y deviennent promptement dangereuses; d’autant plus que les intensités magnétiques préétablies y sont grandes et surtout que l’activité y est moindre. L’établissement de la surcharge est graduel et continu. •

Dans les régions belges moyennes, entre Escaut et Meuse, de moindres épaisseurs de terres moins mélangées, plus capables, mais plus conductrices appellent peut-être le fluide avec autant d’énergie ; le déversement dans tous les cas y est plus

niques. Quand il pleuvait des cailloux roulés comme grêlons et qu'il tombait simultanément de l’argile et du fer, il ne fallait pas des milliers d’années pour former une couche terreuse de quelques mètres d’épaisseur. En ce temps-là l’Himalaya et tout le système méridien d’Asie prolongé sur l'hémisphère opposé par les Cordillères, sortirent de terre peut-être en moins de huit jours, en même temps que les grandes Alpes; si elles ne sortirent pas de terre en une fois, elles s’élevèrent au moins à leurs hauteurs considérables en un petit nombre de reprises très rapprochées.

favorisé par le relief et par les voies géologo-magnétiques souterraines; mais l’activité de la circulation, déjà plus grande, diminue la faculté concentrante, et les surcharges s’y établissent et y deviennent moins promptement dangereuses. La circulation y est à la fois intense et énergique.

Dans la région belge supérieure des Ardennes, où, comme je l’ai dit plusieurs fois déjà, les déversements sont les plus abondants et les plus faciles, règne en même temps la plus grande activité magnéto-électrique et la moindre faculté concentrante des surcharges. Les effets de celui-ci peuvent s’y montrer momentanément durant les déversements, au plus fort de ceux-ci, mais ne dureront pas. Ils s’y montreront dans tous les grands mouvements, aussi bien au début qu’au milieu et à la fin du déversement général, qui le plus souvent fera ses premiers débuts brusques dans ces régions.

En quelques mots, l’établissement de la surcharge dépend de la circulation préétablie. Là où celle-ci est intense et peu active la surcharge s’établit tout d’abord, facilement mais graduellement ; là ses effets se montreront en avance.

Dans les régions où la circulation est moins intense et plus active, les surcharges s’établiront et se maintiendront plus difficilement, et leurs effets seront en retard; à moins que les déversements ne soient considérables et capables de produire des effets momentanés, brusques et plus ou moins volcaniques. La composition et surtout la structure des roches qui composent le sol sont d’accord avec ce que j’ai établi dans l'Humanité au sujet des circulations magnéto-électriques dans les plaines et sur les plateaux. Pour d’autres raisons que la composition et la structure du sol la circulation magnéto-électrique est intense dans la plaine et active sur le plateau. Elle est d’autant plus active que le plateau est plus élevé; on peut ajouter, eu égard au sol , que la circulation est d’autant plus active sur le plateau, que celui-ci est plus dénudé ou plus rocheux.

Comme cause d’augmentation de la faculté concentrante locale, je dois citer dès à présent l’agglomération populeuse avec toutes ses conséquences, qui hâtera le développement de la surcharge, et avancera le début de ses conséquences funestes.

Dans l’agglomération règne toujours une intensité plus forte. Cette intensité plus forte agira durant le déversement pour le favoriser et hâter rétablissement des surcharges; mais celles-ci, si elles deviennent plus considérables, s’établiront graduellement comme partout ou régnent des surcharges préalables et normales, et ne produiront dans aucun cas les effets désastreux que l’habitant des grandes villes se plaît à leur attribuer. Les cloaques pestilentiels encombrés de nos grandes villes ont fourni à l'épidémie de 1866 proportionnellement beaucoup moins de victimes que les sites agrestes, paj'faitement cultivés, non encombrés, élevés et aérés, du mamelonnage boisé du centre de la région nodale du haut Luxembourg.

Dans tous les cas si un mouvement d’expansion ou de propagation magnéto-électrique et épidémique trouve sur ses voies une capitale ou une très grande agglomération populeuse, il fera une enjambée par dessus les localités intermédiaire, et atteindra prématurément et anomalement le grand centre, comme furent atteints ceux de Londres et de Paris le 26 octobre 1831 et le 22 mars 1832 ; comme fut atteint le centre bruxellois le 22 mai 1866, en même temps que le mal fit ses premiers débuts en son centre, fluvial anversois, origine du développement régulier de tout le système épidémique belge de 1866.

L’avant-début d’Anvers du 22 mai fut lui-même un peu dû à l’agglomération. Celle-ci pourrait bien avoir donné au centre anversois la prépondérance sur des autres centres fluviaux et surtout sur celui de l’embouchure du Rupel, où le développement épidémique fut moins influencé et malgré cela peutêtre plus considérable.

Dans tous les cas, le début naturel, réel, régulier des mani-

festations épidémiques des régions fluviales du bas Escaut est celui de TA. H. du 7 juin de Niel et de Boom; c’est celui de l’entrée sérieuse et brusque en matière de l’épidémie à Anvers ; c’est le début dans à peu près toute l’étendue du système fluvial de la rive droite de l’Escaut, qui comprend ainsi :

Anvers (6 juin), Niel (6 juin). Boom (8 juin), Molenbeek- Saint-Jean (7 juin) (1) et Louvain (9 juin).

Autour d’Anvers le début se compléta à Merxem à la N. L. du 12 juin, citée dans mes lettres. Le début de Molenbeek se compléta le même jour en s’étendant à l’agglomération bruxelloise.

J’ai dit plus haut que le centre mamelonné de la région nodale arlonaise avait été violemment éprouvé malgré les bois qui couronnent encore généralement les mamelons. Le mal a sévi en effet avec vigueur aux pieds des deux mamelons principaux du Hirschberg couronné par le bois d’Arlon et du mont d’Athus couvert du bois de la commune de ce nom; comme il a sévi le long du rameau d’entre Obiers et Semoy à partir de son point d’attache et jusqu’à hauteur de Virton, bien que cette contrée soit encore une des plus boisées de la Belgique.

Dans le premier volume du Magnétisme j’ai attribué à priori aux grands bois une influence suffisante sur la distribution de la magnéto-électricité terrestre et sur les déversements, pour qu’elle ait droit à une place ici parmi les grandes causes générales modificatrices du développement et de la propagation des conséquences épidémiques des déversements généraux magnéto-électriques.

Les forêts et les grands bois font dans les combinaisons végé-

(1) A Molenbeek-Sainl-Jean comme à Anvers il y eut des cas isolés dès l’A. H. du 30 mai ; mais le début sérieux, les cas journaliers multiples commencent le 7 juin.

taies et dans les accroissements par végétation d’énormes dépenses en fluide magnéto-électrique terrestre, et par cela même, attirent à eux le fluide dans les déversements et dans tous les échanges, soit de la circulation intérieure avec la circulation superficielle, soit de celle-ci avec l’atmosphère. Les bois facilitent considérablement les dégagements dans l’atmosphère. Ces dégagements mêmes accroissent considérablement les affluents des courants intérieurs vers ceux de la surface dans les déversements. Ces effets sont d’autant plus considérables que les forêts et les grands bois expulsés de la plaine et des plateaux peu élevés n’ont pu se maintenir que dans les régions faîtales les plus élevées et surtout dans les régions nodales, c’est à dire sur les lignes et dans les régions des déversements les plus faciles et les plus abondants et des dégagements les plus considérables; si bien, qu’il n’existe plus guère de forêt ou de grand bois que dans les régions nodales faîtales, et que les principales d’entre celles-ci, occupées à peu près tout entières par les dernières forêts, sont encore désignées par cela même.

Les dernières forêts et les derniers grands bois, encore existants dans nos pays, favorisent donc généralement et rendent plus abondants les déversements dans les régions déjà naturellement favorisées. Elles pourraient y rendre les déversements plus brusques et plus volcano-épidémiques en même temps que plus considérables, si le dégagement constant et non moins abondant n’amoindrissait le danger, en diminuant sans cesse la surcharge au fur et à mesure qu’elle tend à se constituer. Mais si le dégagement amoindrit le danger dans la région du dégagement et dans le rayon d’action de celui-ci, il ne l’amoindrit pas au delà, et si l’action qui favorise le déversement s’étend plus loin que celle du dégagement, la première devient très dangereuse au delà de la dernière, c’est à dire aux limites des régions boisées. Tel est en effet le cas.

En quelques mots, la forêt placée généralement dans les lieux

les plus favorables aux déversements, appelle le fluide des couches inférieures jusqu’à d’assez grandes profondeurs vers celles de la surface, en même temps que celui des couches superficielles jusqu’à d’assez grandes distances. L’espace occupé par la forêt devient un champ de concentration par excellence. Dans l’intérieur de ce champ la végétation de la forêt, par sa dépense de fluide, mais bien plus par la facilitation des dégagements et la formation des nuages et surtout des orages ou nuages orageux, détruit, si non en entier, au moins en partie les effets de la concentration. Vers les bords, aux limites et à l’extérieur de la forêt, jusqu’à une assez grande distance, tes quantités de fluide affluentes vers la forêt , étant moins dispersées par dégagement, doivent y constituer des surcharges extraordinaires avec toutes leurs conséquences.

Ces objets se sont produits tout entiers d’une façon extraordinairement remarquable et concluante, dans deux des principales régions nodales de la Belgique, où ils ont constitué les deux principaux groupes épidémiques faîtaux, celui de la grande région nodale du haut Luxembourg, d’Arlon-Messancy, des sources de la Semoy, de la Ghiers et de la Sure (Attert et Alzette) et celui de la région nodale brabançonne centrale de Waterloo, entre Senne et Dyle, aux sources de la Woluwe, de l’Ysche, de la Voer, de la Lasne du ruisseau de Huysinghen.

Dans la région nodale du haut Luxembourg il subsiste beaucoup de forêts et de grands bois. Au centre même, au cœur de la région, les mamelons expirateurs en sont encore couronnés. De ce fait l’appel du fluide par ces mamelons est considérablement augmenté, et la concentration à leurs pieds, et circulairement autour de ces pieds, doit en être d’autant plus favorisée, que là se trouvent le plus généralement les limites des bois. Il en est ainsi pour les bois d’Arlon, de Messancy et d’Athus qui couronnent les mamelons culminants les plus centraux. Peu éloignés les uns des autres, leurs influences s’étendent de l’un

à l’autre, dans leurs intervalles, sur tout l’espace découvert, cultivé et habité, donc disposé à recevoir et à conserver les surcharges. C’est dans cet espace que les surcharges établies par le concours de toutes les influences sont devenues considérables et se sont manifestées telles dans leurs effets. C’est aux limites du plateau dénudé des Ardennes, première condition générale d’accroissement rapide de surcharge magnétoélectrique ; c’est au centre de la région nodale supérieure et principale et aux pieds de ses mamelons irrupteurs culminants boisés ; c’est aux limites de ces bois, c’est dans leurs intervalles, dans les gorges, aux extrêmes ramifications, aux sources de la Semoy, de la Sure et de la Chiers et de celle-ci surtout; c’est en grande partie sous la puissance aspiratrice et expiratrice des mamelons des bois d’Arlon (Hirschberg), de Messancy (Jungenbesch) et d’Athus que naquit le système épidémique belge. C’est là, c’est à la limite des grands bois continus d’Arlon, de Châtillon, de Saint-Léger, d’Èthe et d’Étalle qui couronnent encore le faîte du rameau d’entre Semoy et Chiers ; c’est à la limite des bois parallèles aux premiers sur la rive gauche de la Vire, affluent de la Chiers; c’est dans la gorge découverte, cultivée et habitée que suit la route d’Aubange à Virton, tracée entre ces deux masses de bois, que se développa, dans les conditions les plus favorables, le principal groupe épidémique belge. C’est là que le mal cholérique sévit avec le plus de persistance et le plus d’intensité. Il ne ménagea aucun coin habité vers le centre de la région et dans le rayon d’action immédiat de ce centre. Le groupe s’étendit aussi bien dans les fractions grand-ducale et française de la région nodale que dans la fraction belge.

Dans la deuxième région nodale dont il est question plus haut, les faits se présentent d’une façon plus remarquable encore, ils sont plus simples, plus explicites et plus concluants.

La région nodale brabançonne centrale aux sources de la

Woluwe, de la Voer, de TYsche et du ruisseau de Huysinglieii, région qui commande la capitale de la Belgique et comprend cette capitale comme sa principale dépendance; la région nodale de Waterloo, jadis entièrement occupée par la forêt de Soignes, l’est encore aujourd’hui en majeure partie.

C’est dans cette région nodale que l’épidémie cholérique a élu en 1866 son deuxième domicile favori, c’est là qu’elle constitua son deuxième groupe principal faîtal des localités les plus éprouvées. Ce groupe, en dehors même de Bruxelles, comprend: Woluwe-Saint-Pierre, Rhode-Saint-Genèse, Watermael-Boitsfort, Tourneppe, Hoeylaert et Tervueren.

Toutes ces localités se trouvent aux limites actuelles de la forêt de Soignes, ou très près de ces limites, et par conséquent dans la zone enveloppante de l’influence concentrante de la forêt. Les localités de Watermael-Boitsfort, Hoeylaert et Tervueren se trouvent si exactement dans cette zone, qu’elles touchent aux bois et s’y engagent en partie : Woluwe Saint-Pierre et Rhode-Saint-Genèse n’en sont pas éloignés de plus de 1,500 à 2,000 mètres.

Serait-ce le hasard qui aurait choisi, pour les faire ravager de préférence par le choléra, précisément les cinq ou six localités toutes assises aux extrémités ramifiées des cours d’eau qui viennent s’épanouir sur le plateau central brabançon pour y former et dessiner ce plateau ?

Serait-ce le hasard qui a désigné les sources mêmes de ces cours d’eau pour sièges principaux du mal épidémique; qui a désigné pour ces sièges Watermael-Boitsfort, aux sources de la Woluwe; Hoeylaert, aux sources de l’Ysche; Tervueren aux sources de la Voer et Rhode-Saint-Genèse, aux sources mêmes du ruisseau de Huysinghen? Serait-ce le hasard qui a placé ainsi les localités les plus éprouvées à toutes les sources iudistinctement qui constituent la région nodale brabançonne restreinte ou le noyau de celte région, plus régulièrement et plus

exactement encore qu’il ne l’avait fait dans le groupe luxembourgeois aux sources mêmes de la Cliiers, de la Semoy et des affluents de la Sure (Eischen et Altert)?

Hoeylaert-Walermael est le petit axe, et Tervueren-Rhode- Saint-Genèse le grand axe du losange central du plateau nodal brabançon. Le centre du losange est le centre du plateau. L’étendue de la forêt de Soignes est réduite à celle du losange nodal central. Serait-ce pour celte raison exclusivement que toutes les localités les plus éprouvées du plateau nodal brabançon se trouvent à la limite du bois, engagé dans celui-ci, ou dans sa zone d’action immédiate?

Serait-ce le hasard qui a promené l’épidémie successivement autour de la forêt de Soignes, dans les localités placées à sa limite même, et engagées dans le bois ; à Watermael (8 août), à Hoeylaert (22 août) et à Tervueren (28 août), dans les accélérations hebdomadaires ordinaires des 8, 22 et 29 août?

Pour compléter la coïncidence de ses mouvements contournants d’extension avec ceux des accélérations hebdomadaires ordinaires, pour faire le tour complet du noyau central de la région nodale brabançonne, dans le mouvement magnéto-électrique hebdomadaire ordinaire complet du mois d’août, les 8, 16, 22 et 29, l’épidémie se manifesta le 16 août à Tourneppe, localité placée non loin de Rhode-Saint-Genèse, à très peu près dans les mêmes conditions que celle-ci, et la remplaçant évidemment dans ce cas.

En dehors des localités ci-dessus, atteintes successivement dans le mouvement A. H. du mois d’août, le groupe faîtal brabançon comprend Woluwe-Saint-Pierre, où le mal Ut irruption à la date A. H. culminante connue du 17 juillet, et Rhode- Saint-Genèse où il éclata dans les mouvements si considérables des 27, 28 et 29 juillet. Ces deux explosions avancées, étant parfaitement légitimées par l’énergie des mouvements généraux auxquelles elles sont dues, il ne reste que le mouvement régu-

lier successif du développement tournant partant de Waiermael, et faisant, par Tourneppe, Hoeylaert et Tervueren, le tour du noyau central de la région nodale brabançonne, le tour de la forêt de Soignes, par ses limites exactement, par les sources exactement des cours d’eau qui limitent le noyau central de la région nodale brabançonne ; par les sources exactement de la Woluwe, de la Voer, de l’Ysche et du ruisseau de Huysinghen, les quatre jours mêmes des accélérations magnétiques hebdomodaires ordinaires du mois d’août, indiquées page 24 du Manifeste, les 8, 16, 22 et 29 août. Si le hasard a pu jouer ce tour-là à la science stationnaire ou rétrograde, alors il a pu le jouer plus complet encore ; il a pu faire précéder les explosions épidémiques des 8, 16, 22 et 28 août des principaux dégagements orageux de l’année 1866, des 7, 14, 21 et 28 août qui, les 14, 21 et 28 août eurent surtout lieu sur le plateau brabançon et sur ses supérieurs de Seneffe, Nivelles, Ligny, Gosselies et de Chimay, placés sur le même méridien, et qui ces jours, en suivant le rameau méridien d’entre Senne et Dyie jusqu’à ses extrêmes sous-ramifications, vinrent éclater avec un fracas épouvantable au dessus de la capitale même, la noyant dans des averses diluviennes, et la fouettant épidémiquement avant et après le jour même, la veille et le lendemain, comme elle ne l’avait pas été et comme elle ne devait plus être. Ce sont les 14, 21 et 27-28 août, ce sont les déversements qui occasionnèrent les dégagements orageux de ces jours, qui produisirent les plus fortes mortalités épidémiques à Bruxelles, dépendance principale de la région nodale brabançonne. Ce sont les efforts de dispersion exercés par les orages sortis les 14, 21 et 27-28, même des régions nodales, et allant éclater avec fracas sur la capitale, qui ont débarrassé celles-ci, en partie au moins, des excès déversés. Ce sont les efforts concentrants par appel et par aspiration vers les noyaux nodaux durant et après le dégagement, surtout vers les noyaux nodaux couverts de bois et de

forêts, qui renforcèrent l’influence épidémique, et la firent éclater aux quatre coins de la région nodale brabançonne dans les temps et les lieux les mieux choisis.

Serait-ce le hasard qui fit les choses ainsi? Alors c’est aussi lui qui choisit précisément pour le principal des jours ci-dessus celui de clôture du 28, celui du coup de poing final prédit dans mes lettres à la suite même des mouvements des 44 et 21 comme conséquence de ces mouvements, que je connaissais parfaitement le 24, avant d’avoir vu un seul chiffre de la mortalité épidémique du Brabant.

Le coup de poing final fut double, celui du 21 fut presque aussi important que celui du 28, à Mons aussi bien qu’à Bruxelles.

Les 7, 14, 21 et 28 août, et toutes leurs conséquences, furent aussi marquantes dans le groupe principal supérieur arlonais et dans celui de Liège, leur égal en importance, que dans le groupe brabançon.

Le 21 août fut aussi orageux à Liège qu’à Bruxelles. Les deux grands centres furent gratifiés du même fracas et du même déluge le même jour.

Le mouvement orageux fut plus remarquable à Mous qu’à Bruxelles, aussi bien les 27-28 août que le 27 juin.

Si le hasard a réuni toutes ces conditions, il s’y est d’autant mieux pris que, sauf celles peut-être plus remarquables encore du 27 juin, il ne les a guère réunies que les 7 et surtout 14, 21 et 28 août. 11 ne faudrait pas croire que les grands orages qui ont éclaté sur Bruxelles aient été si abondants en 1866, pour que quelques-uns d’entre eux coïncidassent facilement avec les grands mouvements magnétiques et épidémiques à jour fixes ou prédits des 27 juin, 14, 21 et 28 août. Non; il n’y en eut pas d’autres, ou, au moins, il n’y en eut pas d’autres sufiisamment importants pour être annotés ou relatés. Celui du 27 juin même ne fut pas très important à Bruxelles. La capitale ne compte que faiblement parmi les localités où les orages du 27

firent bruyamment l’ouverture de la période épidémique intense. J’ai cité ces localités. La capitale, comme toute la Belgique orientale et comme le sud-est, participèrent davantage aux grands mouvements de la deuxième période intense estivale du mois d’août, et surtout aux principaux mouvements de cette deuxième période, aux mouvements de clôture des 21 et 28 de tout le système intense, au coup de poing final du 28-29.

Sur le plateau brabançon comme sur le plateau arlonais, le mal épidémique éclata plus tôt et fit plus de ravages à quelque distance de la limite de la forêt et du bois, mais dans sa zone extérieure d’action immédiate, qu’à la limite même. Le danger, minimum au centre même du dégagement, grandit en s’éloignant de ce point jusqu’à quelque distance des limites de l’espace de dégagement où il devient maximum, et au delà de laquelle il diminue graduellement.

Si les appels de fluide vers les lieux principaux des déversements par les dégagements favorisés exposent davantage ces lieux, ils en préservent souvent beaucoup d’autres. Tout le fluide enlevé aux sols par les dégagements, l’est non seulement au détriment du mal général ; mais exerce aussi dans les grands mouvements orageux qui en résultent, une action de dispersion considérable, qui tourne bien plus encore contre l’influence épidémique.

Les régions nodales de dégagement sont des dérivatifs en terme de médecine. Ce que la région nodale rejette dans l’atmosphère, en le soutirant à de grades profondeurs, ne peut pas s’épanouir dans les grands centres aux limites des régions nodales faîtales, dans leurs rayons d’action immédiate, aux extrémités des ramifications faîtales qui partent de leur centre.

Les quelques petites localités de la région nodale brabançonne ont payé la majeure partie du tribut de la capitale. Dans son jour de maximum d’épreuve, le 27 août, Rhode-Saint- Genèse perdit 13 habitants sur 3,000, donc 430 sur cent mille.

Dans les mêmes proportions la ville de Bruxelles en eût perdu 700 au lieu de 70 h 80, et la mortalité y eût été décuplée. L’agglomération bruxelloise en eût perdu douze h quinze cents. Le groupe faîtal brabançon composé de Hoeylaert, Tervueren, Woluwe- Saint-Pierre, Watermael-Boitsfort , Rbode-Saint- Genèse et Tourneppe, a fait une perte totale de 500 habitants sur 15,000, ou de 1 sur 30 ou de 33 p. m.; dans les mêmes proportions la perte de Bruxelles eût été de 5,000 et celle de l’agglomération bruxelloise de plus du double, alors que Bruxelles n’en perdit pas le tiers, et que l’agglomération fut éprouvée dans des proportions moindres encore.

Cinq cents habitants des bords de la forêt de Soignes, payèrent à l’épidémie le tribut pour la capitale, et y conservèrent plus que le décuple de ce nombre d’habitants.

La capitale, je le répété, ne participa énergiquement aux grands mouvements de déversement du mois d’août qu’à leurs débuts. Les dégagements orageux simultanés dans la région faîtale ne tardèrent pas à affaiblir cette participation, et quand à la suite de ces dégagements les déversements furent activés vers la région nodale, au point d’y faire éclater l’épidémie, les excès de celle-ci avaient cessé ou cessèrent dans la capitale.

La région nodale centrale du haut Luxembourg paya de même la majeure partie du tribut pour tout le Luxembourg. Les mouvements volcano-épidémiques qui firent irruption dans le mamelonnage central de la région arlonaise amoindrirent ceux qui devaient se manifester dans tout le système faîtal et fluvial qui dépend de cette région , et préservèrent des ravages épidémiques une grande partie des bords de la Semoy, de la Chiers , de l’Eiscben , de l’Attert , de l’Alzette et de la Sure. Les localités placées aux sources de ces cours d’eau payèrent en majeure partie à l’épidémie le tribut pour celles de leurs rives éloignées de ces sources. Les explosions violentes volcano-épidémiques qui avaient eu lieu prématurément sur quel-

ques-unes de ces rives avant que celles de la région nodale eussent pris toute leur importance, s’amoindrirent rapidement après, et ne tardèrent pas à cesser complètement.

Si la région nodale liégeoise de la Hesbaie, qui a pour centre Hanut, et communique avec Liège par le rameau faîtal liesbayen d’entre Geer et Méhaigne et d’entre Geer et Meuse, avait fonctionné avec la même activité que les régions brabançonne et arlonaise, la ville de Liège eût été ménagée comme la capitale. La région besbayenne eût fonctionnée avec la même énergie que les autres, si elle avait été comme elles en partie boisée, au lieu d’être entièrement dénudée.

Hanut et ses dépendances eussent dans ce cas payé une partie du tribut que Liège a payé pour elles.

Les bois conservés en grandes quantités et étendus sur la rive droite de la Meuse dans les régions condrusiennes, sur les faîtes et dans les régions nodales d’entre Ourlhe et Meuse, amoindrirent fort heureusement le contingent que le rameau condrusien devait amener à Liège, sans quoi ce centre populeux eût été plus vivement éprouvé encore. Dans les régions condrusiennes, aux sources des affluents de la Meuse, de rOurthe et de la Lesse; aux sources de la Wamme du Bocq et du Hoyoux, autour des centres nodaux et à cheval sur le plateau faîtal du rameau condrusien à Marche-Havelange et à Fraineux, localités qui dessinent ce plateau, les choses se passèrent à peu près comme dans les régions nodales du Brabant central et du Luxembourg méridional : les localités condrusiennes citées payèrent leur propre tribut, et peut-être bien un peu le soulagement du centre liégeois.

Un troisième rameau ardennais ou eiffelien aboutit à ce centre par le pays de Herve et par la rive droite de la Vesdre. Ce rameau est dans des conditions analogues à celui du Condroz. Le groupe verviétois se développe le long de son flanc méridional aux limites de forêts et de grands bois, aux pieds des mamelons

irrupteurs terminaux extrêmement remarquables des bords de la Vesdre, encore aujourd’hui généralement couronnés de bois qui activent leurs facultés d’appel et de dégagement du fluide.

.Le rameau de Herve chargea donc peu le centre liégeois, il ne le chargea pas plus que ne le fit le rameau condrusien, et, comme celui-ci, il paya son propre tribut, assez heureusement pour le grand centre liégeois, suffisamment chargé par la rive gauche de la Meuse et par les affiuents hesbayens.

Avant d’entrer dans quelques détails au sujet du système faî* tal et fluvial belge, je spécifierai et résumerai les différentes espèces de déversements et de dégagements.

Tous les mouvements magnétiques qui amènent le fluide des couches terrestres inférieures dans celles de la surface sont des déversements; tous ceux par lesquels le fluide passe dans l’atmosphère sont des dégagements.

Les déversements lents et successifs qui modifient la charge de la circulation magnétique terrestre d’une façon permanente ou pendant un temps prolongé, sont climatériques et épidémiques.

Les déversements brusques produisent les tremblements de terre et les éruptions volcaniques et sont volcaniques.

Le tremblement de terre est un orage souterrain.

Le déversement pouvant être plus ou moins lent et successif ou épidémique, et plus ou moins brusque ou volcanique peut être volcano-épidémique.

Le dégagement est sec ou humide, il peut être général ou partiel.

Le dégagement humide général se présente sous forme d’épais brouillard.

Le dégagement humide partiel ou celui plus abondant et plus épais des régions nodales dans les dégagements généraux, se présente plus souvent sous forme de nuages orageux.

Les principaux dégagements généraux humides, sous forme

d’épais brouillards, en 1866, furent ceux des 25 avril, 29 juin et 25 juillet, signalés dans mes lettres. Le premier annonça et accompagna les premiers déversements et l’établissement des premières surcharges. Le second fut le résultat des premières charges et déversements considérables de la circulation ralentie de juillet qui ouvrent la période épidémique intense ; le troisième signale le début des dernières charges et déversements à l’approche de la fin de la période intense.

Aux époques des fortes charges terrestres le dégagement humide amène toujours l’orage. Ï1 l’amène cependant plus souvent dans les mois de juin et d’août, quand la circulation est active, que dans le mois de juillet, quand la circulation est plus ralentie. Les circulations les plus actives fournissent les plus grandes et les plus faciles concentrations aux points d’engorgement des passages difficiles et se dégagent le plus facilement, le plus brusquement et le plus abondamment. Les orages, plus fréquents dans les mois de juin et d’août, sont plus violents et plus électriques en juin, et plus diluviens au mois d’août; ceux plus rares de juillet sont les plus chargés.

Le dégagement général amène les orages généraux, comme l’étaient ceux du 27 juin d’ouverture et ceux des 21 et 28 août 1866 de clôture de la période épidémique.

Le dégagement orageux est plus ou moins brusque. Il peut se réduire à une ou à plusieurs décharges électriques, à un ou à plusieurs coups de tonnerre qui ressemblent beaucoup à des coups de canon. Tels furent ceux des 14 et 27 décembre 1866 à Bruxelles , à Mons et ailleurs. Le dégagement orageux est ascendant, tandis que le coup de tonnerre ordinaire est descendant.

Le dégagement orageux se présente souvent simultanément sur une grande étendue de pays. C’est une irruption brusque de masses de fluide terrestre dans l’atmosphère par les saillies naturelles et artificielles du relief terrestre.

Le dégagement orageux brusque peut être accompagné de tremblement de terre; le mouvement orageux peut être simultanément terrestre et atmosphérique. Le dégagement orageux et brusque a beaucoup de ressemblance avec l’éruption pure et simple par les cratères des volcans ; il est volcano-orageux.

L’éruption volcanique peut être sèche ou humide.

Le dégagementgénéral, secet abondant peutfournirdegrandes quantités de fluide qui s’élèvent vers les hautes régions atmosphériques. Il devient alors auroral. Ce dégagement peut provenir d’une irruption brusque ayant provoqué un tremblement de terre; il est alors volcano-auroral ; comme le fut celui qui, le 14 septembre, ébranla les régions centrales de la France, et débarrassa ces régions des surcharges dangereuses et de leurs conséquences épidémiques.

Le déversement et le dégagement peuvent être simultanés. Ils le sont généralement. Il est bien rare qu’un déversement ne rejette pas une bonne partie du fluide de la circulation active superficielle dans l’atmosphère sous forme de brouillard général, comme celui du 25 avril (1), ou de gros bouillons ou cumulus nuageux sortant des régions faîtales et surtout de leurs nœuds, comme ce fut le cas les 14, 21 et 27-28 août (2).

Les phénomènes appartenant les uns aux déversements, les autres aux dégagements, peuvent donc se présenter ensemble, comme ils le firent constamment en 1866.

En résumé, ces déversements sont donc :

1® Épidémiques;

2° Volcano-épidémiques;

3° Volcaniques.

Les dégagements sont :

1“ Humides et brumeux ;

(1) Voir ma leltrc du 27 avril.

(2) Voir ma lellre du 25 août.

2° Orageux;

3® Volcaniques;

4® Volcano-orageux;

5° Auroraux;

6° Volcano-auroraux.

Tous ces mouvements se sont présentés fréquemment ensemble ou séparément en 1866. A part quelques explosions volcano-épidémiques qui précédèrent et annoncèrent le mouvement général dans les régions volcaniques hautes, ce mouvement commença à se manifester épidémiquement dans les régions basses ; continuant à se développer lentement et successivement, c’est à dire épidémiquement, il devint plus ou moins orageux en s’élevant. J’ai montré combien il le fut dans les régions moyennes. Dans les régions supérieures, où il se manifesta généralement le plus en retard, il prit les allures les plus brusques et les plus volcaniques. Le mouvement de déversement et de dégagement se prolongeant au delà de la période épidémique, se modifia dans ses manifestations, devint auroral, volcano-auroral et enfin volcanique; il est tel encore aujourd’hui et d’une façon remarquable à la fin de mars 1867.

Jetons maintenant un coup d’œil sur le relief de la Belgique, sur son système faîtal et fluvial ou géologo-magnétique et vital.

Il existe à la surface du globe plusieurs arêtes qui en font le tour complet. Les unes de ces arêtes ont pour direction moyennes des méridiens, les autres des parallèles géographiques. Cés derniers se trouvent moyennement par 40° et 50° de latitude sur l’hémisphère boréal.

Les arêtes méridiennes et parallèles séparent les races humaines sur toute la surface du globe.

L’une des arêtes parallèles aujourd’hui les plus importantes

est celle du 50* degré de latitude boréale. Partant de l’extrémité sud-ouest de l’Angleterre, du cap de Landsend, elle s’étend de là jusqu’à Constantinople, en coupant l’Europe en deux, et en séparant les races teutoniques ou germaniques du nord des races celtiques ou latines du sud; c’est le seuil cclto-teutonique, prolongement ou extrémité occidentale du seuil indo-européen.

Le seuil celto-teutonique pénètre sur le continent par la pointe du Gris-Nez, entre Boulogne et Calais, suit l’axe du plateau boulonnais, puis passe par Dèvres, Frugès (Azincôurt), Saiîit-Pol, Aubygny, Arras, Bapaume, Bohain, Lacapelle, Chimay et Rocroi. Après avoir suivi à peu près la direction du parallèle géographique jusqu’en ces deux derniers endroits, il y forme un grand coude pour descendre ensuite vers le midi, en longeant de près la rive gauche de la I\Jeûse jusqu’aux sources de ce fleuve, où le seuil va joindre l’arête méridienne des Vosges et former le plateau nodal celto-teutonique d’Épinal et des ballons d’Alsace.

Trois faîtes belges et deux rameaux principaux (1) partent de l’arête parallèle celto-teutonique; ce sont : 1° le faîte monn d’entre mer et Escaut; 2° le faîte nervien d’entre Escaut et Meuse et 3° le faîte trévirim ou ardennais d’entre Meuse et Rhin.

Les deux rameaux principaux belges sont : 1“ celui d’entre Lys et Escaut et 2* celui d’entre Sambre et Meuse.

Les points d’attache des faîtes belges au seuil celto-teutonique sont les centres de régions nodales principales ou de plateaux nodaux mixtes.

Ces points d’attache se trouvent : 1“ pour le faîte morin, près

(1) J’appelle rameaux principaux ceux qui, comme les faîtes, s’attachent directement à l’arête parallèle. Je les distingue des faites qui séparent les fleuves djins toute leur étendue, tandis que les rameaux ne séparant que des rivières, s’arrêtent à leurs embouchures.

de Frugès; 2« pour le faîte nervien, près de Bohain et 3° pour le faîte ardennais, près d’Épinal.

Les points d’attache des rameaux principaux, centres de régions nodales de moindre importance que les précédentes, mais toujours très importantes, se trouvent : l°pour le rameau d’entre Lys et Escaut, près de Saint-Pol; 2° pour le rameau d’entre Sambre et Meuse, près de Chimay.

Le point d’attache du faîte Morin, près de Frugès et celui du rameau principal d’entre Lys et Escaut, près de Saint-Pol, se trouvant rapprochés, appartiennent au même plateau nodal, décrit autour des deux points comme centres, ou autour d’un même centre pris au milieu d’entre eux (près de Saint-Pol). Avec un rayon de 45 kilomètres (1), la limite circulaire de ce plateau passe exactement à Cassel, Saint-Omer et elle

approche de Montreuil, à'Amiens, de Bapaume, de Douai et de Lille. A l’intérieur, vers ses bords se trouvent : Arras, Lens, Hazebrouck, Hesdin et Doulens.

Le plateau nodal de Saint-Pol, le plateau artésien ou des Atrébates, a joué un rôle considérable dans l’histoire de la France; son influence est beaucoup diminuée aujourd’hui.

La région nodale Vermandoise ou des Yeromandues, décrite avec le même rayon de 45 kilomètres autour de Bohain, point d'attache du faîte nervien au seuil celto-teutonique, a conservé une importance plus grande. Elle a joué un rôle historique plus considérable dans les périodes romaine et franke.

La région nodale vermandoise s’étend exactement jusqu’à Vervins, Avesnes, Bavay, Valenciennes, Péronne et La Fère. Son cercle limite passe près de Laon, Maubeuge, Douai, Bapaume et Ham. Dans la région restreinte ou centrale se trouvent : Cambrai, Saint -Quentin et Landrécies.

(1) Facile à établir par les épanouissements des cours d’eau.

La région nodale de Chimay qui se développe autour du point d’attache du rameau principal d’entre Sambre et Meuse, a son centre aux sources de l’Oise, près de Forges (1). Avec un rayon de 25 kilomètres, sa limite circulaire passe à Philippeville, Beaumont, Solre, etc.; elle touche à* celle du Vermandois vers Lacapelle.

La branche orientale du seuil celto-teutonique au delà de Chimay et de Rocroi intéresse peu le géologo-magnétisme de la Belgique actuelle.

Le faîte morin ou maritime d’entre Mer et Escaut, partant de son point d’attache, près de Frugès, passe à Saint-Venant, Hazebrouck, quitte la région nodale à Gaester, pénètre en Belgique par le village de Dranoutre, passe par le mont Kemmel, un de ses principaux signaux, par Wytschaete; puis se dirige entre Hollebeke et Zillebeke, près &’Ypres, vers Zonnebeke, suit la grande route de ce dernier endroit à Passchendaele, Westroosebeke, Hooghlede (près de Roulers) ; passe ensuite à Coolscamp, à Eeghem (près de Thielt), à Aeltre, Knesselaere, Waerschoot et Wachtebeke, et puis va s’arrêter et s’épanouir dans les trois coudes de l’Escaut de Saeftingen par Stekene et Kieldreclit ; d’Anvers par Saint-Nicolas , Beveren et Z\vyndrecht, et de Rupelmonde par Saint-Nicolas.

Divers rameaux se détachent de ce faîte. Les plus importants de ces rameaux sont ceux qui vont s’épanouir près de Rrnges et de Gand. Le premier partant de Lichtervelde, se termine près de Bruges, dans le mamelon d’Oostcamp; le second, partant d’Eeghem, près de Thielt, longe de près la Lys en passant par le mamelon de Thielt, d’Aerseele et de Vynckt, par Meyghem et Vosselaere vers Mariakerke. Ces points de départ sont

(1) Dans le bois de la Tliieraclie; enire les hameaux de la Bouverie et de les Riezes qui en couronnent le mamelon principal; au centre du plateau de ce mamelon.

les centres du double plateau nodal de la Flandre occidentale, que l’on peut décrire autour des deux centres avec un rayon de 15 kilomètres.

Les limites de ce plateau passent à Ingelmunster, Denterghem, Aeltre, Bloemendael, Couckelaere, Woumen, Langhemarcq et Dadizeele. Les villes de Bruges, de Dixmude, d'Ypres, de Menin, de Goùrtrai et de Deynze en sont peu éloignées. Liclitervelde et Thourout se trouvent au centre du plateau sur le rameau brugeois et sur les bifurcations vers Ostende et Middelkerke (Thourout est le centre nodal de bifurcation).

Le point d’épanouissement du faîte morin, le point où ce faîte se divise dans ses trois branches vers Rieldrecht, Anvers et Rupelmonde, a une plus grande importance. Ce point, près de Saint-Nicolas, est un centre nodal terminal. Les régions nodales terminales ont, comme les mamelons terminaux, et pour les mêmes raisons, une importance particulière. Celle de Saint-Nicolas, ayant pour centre Nieuwkerken, et pour rayon 10 kilomètres, passe exactement à Rieldrecht et à Rupelmonde.

Dans la description succincte que je viens de faire du système faîtal d’entre Mer et Escaut, je n’ai eu qu’à marquer en caractère italique les endroits éprouvés par l’épidémie, pour établir tout le système épidémique d’entre Mer et Escaut, où nous trouvons comme localités éprouvées les centres nodaux faîteux de Saint-Nicolas, de Thielt et de Roulers ; Ypres achevai sur le faîte aux épanouissements du Remmelbeke ; Rieldrecht et Rupelmonde aux extrémités fluviales des branches du faîte lui-même dans les coudes de l’Escaut; Bruges et Ostende aux extrémités maritimes des rameaux qui partent du plateau nodal principal de Hooghlede (Roulers) vers la côte.

Le rameau d’Ostende se séparant de celui de Bruges vers Thourout, se dirige par Wynendaele, Aertrycke, Beckeghem, Westkerke et Zantvoorde vers Ostende et Breedene, où il s’arrête.

Non seulement la description du système faî.lal d’entre Mer et Escaut comprend toutes les localités éprouvées par l’épidémie dans cette contrée, non seulement toutes ces localités sont les centres populeux qui occupent absolument les premières places géologo-magnéliques ; mais elles ont aussi été éprouvées successivement et dans l’ordre voulu par le géologo-magnétisme.

Le mouvement de propagation partit des extrémités faîlales, remonta sans anomalie ni inversion vers les points d’attache, et fut pour cette raison très simple et parfaitement concluant.

Les premières' manifestations eurent lieu dans les régions nodales fluviales et maritimes de la rive gauche de l’Escaut et de la mer du Nord.

Le mouvement de propagation fluviale partant de Kieldrecht le 29 juin, remonta vers Rupelmonde, et atteignit cet endroit dans les mouvements fluviaux extraordinaires du 17 juillet, après avoir marqué vigoureusement à Anvers dans la forte mortalité brusque du 4 juillet. Ce mouvement se propagea donc bien successivement.

Des extrémités de deux des branches du faîte de Kieldrecht et d’Anvers, ou de ce dernier endroit seulement, le mouvement d’extension et d’explosion s’est propagé par le faîte et a atteint Saint-Nicolas, le centre nodal d’épanouissement, le 10 juillet (A. H. du 11), Tbielt le 22 juillet (T. M. du 21), Roulers le 2 août (A. H. du l®" août) et Yprcs le 6 août (A. H. du 7 août). C’est là tout le mouvement fluvial propagé par le faîte d’entre Mer et Escaut.

Né le 29 juin à la suite de l’A. H. du 26-27 et de la P. L. du 28, c’est û dire dans le début général de la période intense, il se propagea dans les A. H. successives des 4, 11, 17 juillet, 1'^ et 7 août, et si l’on observe que l’explosion du 22 û Tbielt remplace celle manquante du 25 juillet, le mouvement de propagation marquera exactement par une seule explosion chacune

de toutes les accélérations hebdomadaires ordinaires de la période épidémique intense, fixée telle à priori dans mes lettres.

Le mouvement maritime, complétant celui qui précède, naquit aux extrémités des deux rameaux d’Ostende et de Bruges; dans la première localité, le 21 juin (A. H.), et dans la seconde le 13 juillet. Il se propagea suivant les rameaux, et vint coopérer avec celui du faîte à l’explosion de Roulers du 2 août.

A part ses ravages dans le principal centre populeux, dans la capitale de la Flandre occidentale à Bruges, où elle sévit avec assez d’énergie pendant toute la durée de la deuxième période intense; h part quelques coups vigoureux frappés h Breedene, à l’origine du mouvement maritime, dans l’A. H. du 7-8 août et à Kieldrecht, h l’origine du mouvement fluvial, dans la journée culminante du 17 juillet, la contrée entre mer et Escaut ne fut pas rudement éprouvée.

Aussi les documents ne fournissent-ils des détails statistiques satisfaisants que pour le centre populeux principal de cette contrée, pour Bruges. Ces détails établissent, comme on peut le voir dans le tableau IV, des fluctuations épidémiques des plus régulières.

Tout le mouvement entre Mer et Escaut fut, je le répète, exclusivement fluvial et maritime par son origine; il fut ascendant, d’une extrême simplicité, et ne présente aucune anomalie ni inversion dans la propagation. Il ne fut vif, brusque et puissant que les 17 et 19 juillet et surtout le 17 aux bords de l’Escaut à Kieldrecht, Anvers, Rupelmonde et Gand dans l’A. H. du premier maximum absolu. Il le fut plus généralement dans l’A. H. du deuxième maximum, les 27 août à Ostende, 27, 28 et 29 à Bruges, 28 à Thielt et 29 à Roulers. Les explosions du deuxième maximum furent donc encore bien et dûment successives.

Un jour d’explosion maritime remarquable fut l’A. H. du 8 août à Breedene et à Bruges.

Tel fut le mouvement épidémique d’entre Mer et Escaut, si concluant à tous les égards, et surtout au point de vue de la propagation.

Le faîte plus important d’entre Meuse et Escaut, partant de Bohain, passe par Lecateau, puis longe la Sambre de très près jusqu’à hauteur de Bavay, jusqu’au plateau nodal restreint de Bavay-Malplaquet, où il quitte la région nodale vermandoise pour entrer en Belgique par Grand-Reng et Mont-Sainte- Geneviève. A partir de son entrée en Belgique, le faîte d’entre Escaut et Meuse longe la rive gauche de la Sambre de très près, puis celle de la Meuse à un peu plus de distance. Il se dirige à peu près en ligne droite de Bavay vers Tongres par Mont- Sainte-Geneviève, Fontaine-l’Évêque, Gosselies, Ligny , Gembloux, IJaniit et Tongres (l).En ce dernier endroit cesse, à proprement parler, le faîte nervien. Ce faîte semble s’y terminer dans une région nodale terminale au delà de laquelle l’arête de séparation de l’Escaut et de la Meuse s’abaisse, en faisant un grand coude qui la redresse perpendiculairement à sa direction primitive à travers les bruyères ménapiennes de la Campine, dont il forme le dos d’âne, vers Turnhout (2), où, par un mouvement moins prononcé, il se dirige vers son extrémité principale à Santvliet, en face de Saeftingen ou de Kieldrecht, extrémité du faîte morin,

, La branche ménapienne du faîte d’entre Escaut et Meuse se termine dans des mamelons aux extrémités de diverses branches dans les trois grands coudes de l’Escaut à Santvliet, à Anvers, à Niel-Boom, où, en face, s’épanouissent sur la rive gauche,

(1) J’ai ainsi nommé les localilés éprouvées sur le faite. Ce sont les localités en italique. Ce sont tous les centres nodaux,’

(2) Centre nodal ménapien.

les branches du faîte morin dans les mamelons de Kieldrecht. de Burght et de Rupelmonde, derniers vestiges des diverses branches de ce faîte.

Le faîte nervien fait un crochet remarquable entre Fontainel’Évêque et Ligny. Avant d’atteindre le premier endroit, et dès son passage au Mont-Sainte-Geneviève, il se redresse vers le nord, en s’éloignant de la Sambre et en passant par Anderlues et Chapelle-lez-Herlaimont (1). A hauteur de Seneffe il tourne à angle droit vers l’est, va rejoindre, à Ligny, sa direction générale, pour ne plus la quitter jusqu’à Tongres. Le coude de Seneffe est le point le plus remarquable du système d’entre Escaut et Meuse.

Les deux branches faîtales qui le forment se prolongeant, l’une vers le nord et l’autre vers l’ouest, en font le centre d’une croix droite, dont les branches sont l’une méridienne et l’autre parallèle.

Les prolongements de ces branches constituent les deux principaux rameaux du pays, le rameau brabançon central (méridien) et le rameau hennuyer (parallèle).

Le rameau hennuyer se détache de la branche faîtale méridienne du coude de Seneffe, un peu avant d’atteindre ce coude à hauteur de Chapelle-lez-Herlaimont, au hameau de Bascoup. Le plateau nodal central de Bascoup louche aux bois de Mariemont et de Morlanwelz, qui l’étendent; il a pour annexe les plateaux mamelons de Lahestre et de Morlanwelz.

Le rameau brabançon central ne quitte lui aussi la branche faîtale parallèle du coude de Seneffe, qu’un peu passé le coude, au delà de Buzet, entre cet endroit et Rêves et très près de Houtain-le-Mont.

Le mamelon central du nœud touche aux grands bois de Nivelles ; le hameau la Commune en est le plus rapproché. Le

(1) Le plateau qui couronne cette branche est remarquablement défini.

plateau des Quatre-Bras fait partie du mamelonnage central si remarquable du nœud de Buzet.

La direction générale du rameau hennuyer court de son point d’attache vers Fayt-lez-Seneffe, Rœulx, Belœil, Bary et Tournay. C’est le dos d’âne du Hainaut. Il sépare les eaux de la Haine de celles de la Dendre et de la Senne.

La direction générale du rameau brabançon central, dos d’âne du Brabant, et séparation des eaux de la Senne et de la Dyle, est celle de Buzet à Waterloo.

Des points d’attache des rameaux hennuyer et brabançon au faîte nervien à Bascoup et au centre du triangle Buzet-Rèves- Houtain et avec un rayon de 15 kilomètres (1), tracez deux cercles, et vous obtiendrez la région nodale nervienne; la principale région nodale faîtale d’entre Escaut et Meuse, le cœur de la Belgique, dont les pulsationsgéologo-magnétiques jouent les premiers rôles dans la physique, dans la météorologie et dans la physiologie de ce pays.

Cette région a pour dépendances immédiates les régions nodales provinciales du Hainaut, du Brabant et de la province de Namur, qui n’en sont que des annexes, et ne font que l’étendre.

. La limite de la région nodale nervienne décrite plus haut passant au delà de Charleroi et de Marchienne-au-Po7it, coupela Sambre à Thum, passe au delà de Mont-Sainte-Geneviève, Binche, Rœulx, Écaussines, Ronquières, Nivelles, Braine-l’Alleud, Gen2ip\^e,Ligny, Fleurus et Gosselies. Cette limite passe à très peu distance de Soignies, de Waterloo et de Gemhloux, localités centrales des régions nodales provinciales du Hainaut, du Brabaut et de la province de Namur. Les cercles limites des régions nodales provinciales décrites autour de ces localités centrales

(1) L’épanouissemenl de la Seanelle à Ronquières détermine assez bien ce rayon.

pénètrent donc dans la région nervienne, ont une partie commune avec elle, et ne font, comme je l’ai dit, que l’étendre.

La région nodale du Hainaut a son centre sur le rameau liennuyer, au point où le sous -rameau d’entre Dendre et Senne s’en détache.

Partant du champ de bataille de Fayt-lez-Seneffe qui occupe son plateau nodal d’attache, le rameau hennuyer se dirige par Bois d’Haine, passe entre Rœulx et Mignault vers Thieusies. Jusque-là son plateau est encore couronné de bois. Il passe à travers les bois de Rœulx et de Naast, dans les premiers, aux mamelons du hameau de l’Enfer, il se relève vers Soignies autour du ruisseau de Saint-Denis, jusqu’au hameau de Goulbris près de Naast et de Neuville. En ce dernier endroit se détache le sous-rameau d’entre Dendre et Senne. C’est au hameau de Goulbris que se trouve le centre de la région nodale Hennuyère ou de Soignies.

Le plateau central qui s'étend entre Naast, Thieusie, Neuvilles est très bien dessiné par les annexes mamelonnées de ces endroits. Les plateaux mamelons de Thieusies, de Neuville et du bois de Naast en sont les bornes.

Si du centre de Goulbris et avec un rayon de 12 kilomètres (1), on décrit un cercle, on obtient la limite de la région nodale du» Hainaut. Cette limite passe à Mons, Houdeng-Aimeries, Écaussines, Braine le Comte, Steenkercke, Cambron et dépasse Lens et Rœulx. Elle a avec la région nervienne une partie commune qui s’étend de Houdeng-Aimeries à Écaussines, en hauteur, et de Naast à Famillereux en largeur.

L’annexe hennuyère de la région nodale nervienne, qui s’attache à celle-ci par la ligne Houdeng-Écaussines, étend cette région dans la direction du rameau hennuyer jusqu’à

(1) L’épanouissement de la Senne près de Sleenkerke fixe assez bien ce rayon.

Lens et jusqu’à Mous et Braine le Comte. Soignies et le champ de bataille de. Saint-Denis se trouvent près du centre nodal de l’annexe.

Aux sources de l’Yssche et de la Woluwe, au centre du triangle JRhode Saint-Genèse, Iloeylaert et Watei'mael- Bois fort, près de Groenendael, en pleine forêt de Soignes, se trouve le centre de la région nodale brabançonne, à cheval sur le rameau brabançon central d’entre Senne et Dyle. Si de ce centre et avec le même rayon de douze kilomètres que précédemment, vous tracez un cercle, vous obtiendrez la région nodale brabançonne, annexe principale de la région nervienne, qui s’attache à celle-ci par une partie commune entre Wauthier-Braine et Couture-Saint-Germain, en largeur, et entre Mont Saint-Jean et Plancenoit en hauteur ; le lion de Waterloo se trouve au centre de la partie commune qui est à très peu près le champ de bataille de Waterloo.

L’annexe brabançonne de la région nervienne étend celle-ci dans le sens du rameau brabançon central. Elle l’étend au delà de Halle, de Bruxelles et de Tervueren et jusqu’à près de Wavre.

Sur le faîte nervien même, près de Gembloux, au point où se détachent les rameaux d’entre Dyle et Geete et d’entre Orneau et Méhaigne, aux sources de ces différents cours d’eau,, se trouve le centre de la région nodale namuroise. Si de ce centre, très près d’Ernage (1), et avec le rayon de 12 kilomètres vous tracez un cercle, vous aurez la troisième annexe de la région nodale nervienne qui s’attache à celle-ci par une partie commune entre Ligny et Court Saint-Étienne. Cette annexe étend la région nervienne jusqu’à liamillies, sur le faîte même, et jusqu’à Rhisne, à peu de distance de Namur.

(1) Le plateau du mamelon central s’étend entre Brnage, Sauvenière et Sart-lez-Walhain.

Tel est le système nodal, central, nervien avec ses annexes; dans toute l’étendue duquel l’action du centre nervien est immédiate.

Si vous avez, selon mon conseil, marqué d’une croix toutes les localités du tableau VI, fortement éprouvées par l’épidémie en Belgique en 1866, vous verrez ces localités former des groupes, et vous verrez que les principaux groupes de toute la contrée entre Escaut et Meuse se trouvent dans la région nodale nervienne avec ses annexes; si bien que, si vous supprimiez ces groupes (1), il ne resterait plus guère que celui de la formidable région nodale mixte de Liège et celui de la région faîtale limbourgeoise de Tongres.

Avant de montrer le système nodal nervien en action, j’essaierai de compléter le système faîlal d’entre Escaut et Meuse.

Si vous suivez le faîte vous arriverez au delà de Gembloux au centre nodal important de la Hesbaye, à Hanut, au point où le rameau liégeois d’entre Méhaigne et Geer se détache du faîte.

Si de ce point avec le rayon de 12 kilomètres vous décrivez un cercle, vous aurez la région nodale liégeoise ou hesbayenne, qui touchera à la région namuroise, h Ramillies, sur le faîte, et s’étendra jusqu’à Rosoux du côté opposé. Dans le sens perpendiculaire au faîte, elle s’étendra d’Otreppe, près de Huy, à Landen.

La région nodale hesbayenne emprunte une assez grande importance au rameau liégeois qui, lui, en a une très grande, en

(1) 1® De la Haine : Mons , Cuesme, Jemappes, Quaregnon, Boussu , Wasmes et Pâturages ;

2“ De la Sambre : Thuin , Marchienne-au-Pont, Charleroi, Pont-de-Loup, Cliatelet, etc. ;

3* Du plateau nodal nervien : Ligny, Gosselies, Houdeng-Ainieries, Nivelles; 4» Du plateau nodal brabançon : Rhode-Saint-Genèse, Tourneppe, Watermael-Boitsfort, Hoeylaerl, Tervueren, Woluwe-Saint-Pierre;

5“ Du centre nodal namurois : Gembloux ,

ce qu’il semble continuer le faîte mieux que ne le fait sa branche directe vers Tongres.

Les extrémités du rameau liégeois qui mamelonnent d’une façon si remarquable la rive gauche de la Meuse, depuis Flémalle Grande et au dessus, jusqu’à Herstal et au dessous, aux pieds desquelles sont situées Tïlleur , Jemeppe et Liège, comptent parmi les régions du plus facile déversement de tout le système d’entre Escaut et Meuse. Ce sont là les extrémités principales du rameau liégeois , bien que celui-ci se prolonge beaucoup au delà entre Geer et Meuse, en serrant celle-ci de près jusqu’à l’embouchure du Geer à Maestricht, où le rameau se termine dans le remarquable mamelon irrupteur couronné par le fort de Saint-Pierre.

Continuant à suivre le faîte d’entre Escaut et Meuse au delà de Hanut, on arrive, au centre nodal de Tongres. Ce centre est remarquable parce qu’il est le dernier de la branche nervienne du faîte, parce qu’au delà le plateau de celui-ci s’abaisse, et qu’ainsi le plateau tongrois est en quelque sorte terminal. Les régions nodales qui terminent un faîte ou un rameau gagnent en effet par cela même , comme je l’ai déjà fait remarquer , une importance majeure comme région de plus facile irruption ou déversement, et c’est à leurs limites que l’on doit s’attendre à trouver les principales conséquences des déversements, comme je l’ai déjà montré pour la région nodale de Saint-Nicolas et ses limites de Kieldrecht et de Rupelmonde.

Le centre de la région éburonne se trouve tout près de Tongres, entre Overepen etRixingen. La région éburonne est plus étendue que les précédentes; sa limite dépasse Hasselt et Saint- Trond,passeàWaremme, où elle touche à la région hesbayenne; elle touche aux portes de Maestricht et approche très près de Liège. La région éburonne comprend tout l’épanouissement du Démer et de son affluent, la Herck, aux sources de laquelle se trouve son centre. Elle comprend tout le cours du Geer et une

partie des afiluents de la Geete. Looz, Wdleii et Nederheim se trouvent vers son centre.

Sur la branche ménapienne du faîte d’entre Escaut et Meuse, on trouverait plusieurs centres nodaux; le principal d’entre eux, celui de Turnhout, celui de la région ménapienne ou de la province d’Anvers , mérite seul une mention ici. Il se trouve à Ravels. La région ménapienne est plus étendue encore que la région éburonne. Avec un rayon de 25 kilomètres , elle s’étend au delà de Moll, Gheel, Herenthals et Brecht, et comprend toute la grande région des marais dans laquelle la petite Nèthe et ses affluents, ainsi que les Aa, les Beers, etc., prennent leurs sources.

La région ménapienne de Turnhout est terminale, comme celle éburonne de Tongres. La région de Turnhout s’étend jusqu’au point où le faîte ménapien se bifurque vers les coudes de Niel et de Santvliet, tout en continuant par de nombreuses ramifications sa route directe vers le coude central d’Anvers.

Ce point de bifurcation ou d’épanouissement se trouve près

de Westmalle, entre cet endroit et Brecht. Il est le véritable centre nodal d’épanouissement du faîte ménapien. En décrivant autour de ce point un cercle nodal du rayon de 15 kilomètres, on obtient une annexe de la grande région nodale de Turnhout qui étend celle-ci jusqu’aux portes d’Anvers.

La branche ménapienne qui va s’épanouir dans les mamelons de Boom et de Niel, passe par Halle, Broechem, Yremde, Bouchout, Hove, Gonlich, Waerloose et Reeth. Elle se bifurque à Hove, vers Vieux-Dieu, Berchem et Anvers et vers Vieux-Dieu, Wilryck et Hoboken. Le mamelon terminal du Bourg à Anvers, centre et origine de cette ville, à l’extrémité de la ramification Hove-Berchem, est le centre de tout le système d’épanouissement de la branche ménapienne du faîte d’entre Escaut et Meuse. Il se trouve en face du centre du système d’épanouissement du faîte morin sur l’autre rive.

Les deux systèmes constituent la grande région nodale flu-

viale d’Anvers, que vous obtiendrez en traçant autour du mamelon du Bourg, ou du coude de l’Escaut, un cercle d’un rayon de 25 kilomètres , égal à celui de la région de Turnhout. Ce rayon est déterminé par la distance qui sépare le coude d’Anvers de Saint-Nicolas et de Brecht, c’est à dire des points d’épanouissement des faîtes morins et ménapiens. Le cercle s’étend jusqu’aux coudes de Saeftingen et de Rupelmonde.

La grande région nodale fluviale anversoise absorbe la majeure partie des régions nodales terminales de Brecht et de Saint-Nicolas, et celles plus restreintes des coudes de Saeflingen, Anvers et Rupelmonde. On peut laisser subsister toutes ces sous-divisions de la grande région fluviale.

Les sous-régions restreintes des coudes, décrites autour de la rencontre des thalwegs avec des rayons de cinq à sept kilomètres, ne comprennent que les mamelons irrupteurs terminaux qui, à Anvers, sont assez multiples et comprennent Merxem, Deurne, Borgerhout et Berchem, sur la rive droite, Burght et Swyndrecht, sur la rive gauche. Comme je l’ai dit, les mamelons irrupteurs terminaux qui enveloppent Anvers, bien que peu en relief, n’en exercent pas moins une puissante action dans les déversements fluviaux de la région anversoise.

Pour terminer le système faîtal d’entre Escaut et Meuse je jeterai maintenant un coup d’œil sur les rameaux.

J’ai abandonné le rameau hennuyer au centre de la région nodale du Hainaut ou de Soignies, au point où s’en détache le sous-rameau d’entre Dendre et Senne. En ce point le rameau descend vers Casteau, et à hauteur de cet endroit il reprend sa direction générale par Erbisœul, Neuf-Maisons, Belœil, Ellegnies, Willaupuis, Bary, Beclers et Mont-Saint-Aubert. De ce dernier endroit il va mamelonner la rive droite de l’Escaut dans le coude de Kain, Obigies et Hérinnes (1).

(1) Les principaux de ces mamelons terminaux sont le Monl-Sainl-Auberl el ceux près de Tombe, de Celles et d’Anserœul.

A Bary, une ramification continue directement le rameau hennuyer jusqu’à Tournay (1).

A Beclers, se détache le sous-rameau important de la Flandre orientale entre Escaut et Dendre. Ce sous-rameau passe à Herquignies, Buissenal (2), entre Ellezelles et Renaix (3), à Opbrakel, à Audenhove-Sainte-Marie et à Sotteghem; où il se bifurque vers le coude de l’Escaut à Gand et vers l’embouchure de la Dendre à Termonde, en formant autour du point de bifurcation le plateau nodal terminal de Sotteghem, ou de la Flandre haute, ou de la Flandre orientale; aujourd’hui peut-être le principal de cette province.

Le cercle nodal peut être décrit autour de Grootbergen près de Sotteghem, avec un rayon de dix-sept à dix-huit kilomètres, qui l’étend jusqu’à Grammont. A Sainte-Marie- Audenhove, assez près de Grammont, se trouve son point culminant et son centre principal de déversement.

Le sous-rameau d’entre Senne et Dendre, quittant le centre nodal de Soignies près de Neuville, passe par les hameaux de Louvignies, de Graty, entre Steenkerke et Hove, à Petit-Enghien, Haute-Croix, Herffelingen, Oetinghen, Goyck, Lennick- Saint-Quentin, Schepdael, Ilterbeek, Dilbeek, Grand-Bigard, Beckerzeel, Asche, Meldert, Opwyck, Buggenhout, Saint-Amand, Bornhem à Hingene et Nattenhaesdonck à l’embouchure du Rupel.

Oetinghen et Asche sont deux centres nodaux. De ces centres

(1 ) Se termine d’une façon remarquable dans le plateau terminal de Ramecroix. Le plateau nodal de Bary est très bien dessiné par ses plateaux et mamelons couverts des bois de Saint-Marc et d’Antoing. Sur l’un de ses plateaux-mamelons fut livrée la bataille de Fontenoi.

(2) Par les bois de Fétriaux près de Herquignies et du Carmois, etc., près de Buissenal.

(3) Au hameau de Heyde, à mi-chemin d’Ellezelles à Renaix, au coude do la grande route se trouve un de ses mamelons ou jalons principaux.

avec un rayon de 10 kilomètres tracez des cercles et vous aurez des régions nodales, dont celle d’Oetinghen, fort secondaire, exerce une assez grande action sur Grammont, Ninove et Hal. La région nodale terminale d’Asche, plus importante, comprenant le grand coude que fait le sous-rameau à partir de Lennick- Saint-Quentin vers Bruxelles, dont il approche jusqu’à Dilbeek et Grand-Bigard, exerce une action remarquable sur le côté occidental de la capitale : à Molenbeek-Saint-Jean et à Koekelberg.

Tel est le système hennuyer avec ses dépendances.

L’annexe brabançonne de la région nervienne s’étend jusqu’à Tervueren, où la quitte le rameau brabançon, pour aller, par Gortenberg et Bergh, finir en face de Rumpst à l’embouchure de la Senne dans la Dyle (1). Une de ses ramifications se dirige de Tervueren vers Louvain par la rive gauche de la Voer (2).

Un troisième rameau brabançon partant du centre nodal de Gembloux, se dirige, entre Dyle et Geete, par Roux-Miroir et Haute-Fleppe jusqu’à Bautersem, où commence son épanouissement vers Rotselaer à l’embouchure du Demer et de la Dyle, vers Aerschot, Sichem et Diest. G’est le mamelon .terminal de Montaigu, commandant le coude de Sichem, qui est l’extrémité la mieux marquée de la ramification.

De nombreuses ramifications se détachant des faîtes, des rameaux et des sous-rameaux dans toute leur étendue, vont plus ou moins directement s’arrêter aux bords des cours d’eau que les faîtes des rameaux séparent, y constituer des mamelons irrupteurs et des régions nodales mixtes plus restreintes géné-

(1) Les mamelons, derniers vestiges du rameau brabançon central, derniers irrupteurs apparents le dessinent très bien.

(2) Cette ramiûcation, de beaucoup la plus importante, constituant le dernier relief important entre Senne et Dyle, parfaitement dessiné par les mamelons de Moorscl, de Coyge et d’Everbergh, a pour mamelon irrupteur terminal la Montagne de fer.

râlement que les précédentes et en quelque sorte locales. Toutes les ramifications séparant des cours d’eau, toutes leurs extrémités s’arrêtent à des embouchures, et celles-ci sont, comme je l’ai dit, les centres nodaux mixtes, et l’importance de ces centres est en rapport avec celle des cours d’eau qui débouchent. Les principales d’entre elles sont celles déjà citées de Liège, de Gand, de Namur, où .se rencontrent les cours d’eau considérables aux principales extrémités faîtales.

Il serait trop long d’énumérer beaucoup de ces régions nodales mixtes. Il suffit d’ailleurs de suivre les rives d’un cours d’eau important pour remarquer qu’elles sont occupées par les localités les plus importantes, qui ainsi les désignent aussi bien que les embouchures.

Il serait également trop long d’entrer dans des détails au sujet des principales de ces régions nodales mixtes locales. Leurs centres sont bien déterminés, mais leurs étendues le sont peut-être moins bien. On doit y comprendre tous les mamelons irrupteurs terminaux; on peut les étendre jusqu’aux points d’épanouissement des dernières ramifications ; mais mieux vaut les prendre telles que les dessinent les phénomènes résultant des déversements, comme ce fut le cas dans le dernier déversement pour la principale d’entre elles, celle de Liège.

Cette dernière, géologo-magnétiquement, doit s’étendre jusqu’au delà des coudes du Val Benoit et de Saint-Lambert ou jusqu’à Jemeppe et Flémalle Grande d’un côté, et jusqu’à Herstal de l’autre côté. Si l’on examine attentivement la topographie, l’on voit que le rameau liégeois, venant de Hanut, a son point d’épanouissement à Hologne-aux-Pierres , aux sources du ruisseau de Jemeppe. L’épanouissement du rameau qui vient de Beine se terminer à la Chartreuse, et qui suit la route de Liège à Aix-la-Chapelle, est beaucoup mieux dessiné entre Fléron, Rétinne et Micheroux, à égale distance que Hologne-aux-Pierres

(lu centre liégeois, qui se trouve aux extrémités liégeoises du rameau liesbayen aux pieds de Saint-Gilles et de Saint-Laurent. Le centre nodal liégeois est l’ancienne ville de Liège, l’ancien quartier de l’iiôtel de ville.

Il y a là suffisamment d’indications pour terminer l’étendue de la région nodale mixte liégeoise ; mais cette région est bien mieux dessinée par les influences épidémiques.

Après avoir atteint, le 27 juin, l’extrémité du rameau liégeois, au centre nodal, au pied des irrupteurs terminaux de Saint- Gilles et de Saint-Laurent, l’épidémie cholérique remonta l’extrémité faîtale vers son point d’attache, atteignit Montegnée le 4 juillet et HoIogne-aux-Pierres le 10, elle fit donc ses trois étapes dans les trois A. H. consécutives des 27 juin, 4 et 10 juillet, et n'alla pas au delà. Elle fit ses étapes sous l’influence du centre nodal mixte liégeois, influence qui s’est donc étendue sur sa principale voie faîtale jusqu’à Hologne-aux-Pierres, à une distance de six kilomètres. Si avec ce rayon vous décrivez autour du centre le cercle nodal, ce cercle passera exactement à Flémalle^Grande et un peu au delà de Seraing, où commence le mouvement épidémique en amont, il coupera le rameau de Herve entre Beyne et Fléron, très près de Rétinne, et traversera v la Meuse en'aval, un peu au dessous de Jupille, à Herstal, où finit le mouvement d’aval (1).

Ce qui précède est explicite. Le mouvement a commencé sur la rive gauche à l’extrémité du rameau liégeois de la Hesbaye. Le mouvement de la rive gauche a continué à dominer, il est le plus important et s’étend le plus loin. Il s’étend exactemenî aussi loin le long des rives du fleuve que sur l’extrémité faîtale

(1) Le plateau terminal d’épanouissement du hameau de üerve s’étend entre Fléron, liélinne et Micheroux, son extrémité près de Fléron est couronnée du mamelon terminal de la chapelle de la Lisse, traversée par la route de üerve un peu au delà de la borne n» 9. Ce mamelon bien déterminé se trouve à la limite de la région nodale liégeoise.

du rameau. Cette étendue est de 6 kilomètres environ. L’épidémie cholérique de 1866, moins importante sur la rive droite, ne s’y est répandue qu’à la distance de cinq kilomètres en amont et en aval, et n’a pas continué le mouvement par l’extrémité faîtale du rameau de Herve; mais dès le début de 1867, l’influence typhique, si meurtrière pour la race bovine, influence qui n’est qu’une modification de l’influence cholérique, a débuté à la limite même de la région nodale liégeoise.

J'ai déterminé précédemment, par le mamelonnage terminal de Merxem, Deurne, Borgerhout, Berchem et Burght qui environne Anvers, le même rayon de cinq à six kilomètres pour la région nodale restreinte de cette localité quepourcelle de Liège.

A Anvers comme à Liège les mouvements épidémiques vérifient cette détermination.

La seule localité fortement éprouvée en 1866 dans la région nodale restreinte d’Anvers fut Merxem. Elle ne le fut pas seulement par l’épidémie cholérique, mais aussi par l’influence typhique. Merxem fut en effet en 1866 même, et dès 1865 déjà, visitée par cette influence, qui n’a jusqu’à ce jour fait que de rares apparitions çà et là.

La distance de Koekelberg au centre nodal bruxellois sur la Senne fournit un rayon moindre à la région bruxelloise sur la rive gauche de la Senne; mais sur la rive droite, les localités éprouvées de Woluwe Saint-Pierre et deWatermael lui donnent la même étendue qu’à celles de Liège et d’xVnvers.

On peut donner la même étendue également à celle de Gand.

Je pense que les épidémies antérieures ont déterminé approximativement les mêmes rayons. On comprendra que c’est l’étendue exacte expérimentale qui mesure le plus simplement l’intensité de l’action et du déversement, au moins dans la localité.

Les quelques pages qui précédent, qui paraîtront peut être aujourdhui trop développées, contiennent à peine les détails

suffisants h une appréciation convenable du système géologomagnétique nervien et de ses importantes conséquences physiques et physiologiques.

Quoi qu’il en soit, il me reste à en faire ressortir quelques traits saillants qui simplifieront peut-être la question , en mettant en relief certaines lignes, et en ramoindrissant l’importance de quelques autres de ces lignes.

De toutes les lignes géologo-magnétiques distributrices de la magnéto-électricité terrestre intérieure et extérieure, les plus importantes sont celles des méridiens magnétiques et des perpendiculaires à ces méridiens.

Les lignes géologo-magnétiques fluviales et faîtales les plus rapprochées de la direction des méridiens magnétiques, favorisent le plus la circulation magnétique méridienne, les voies fluviales activent cette circulation, et les voies faîtales la rendent profonde, intense et énergique (1).

Les lignes geologo-magnétiques fluviales et faîtales, approchant par position de la direction du parallèle magnétique ou géographique, forment obstacles ou barrières à la circulation méridienne , surtout en temps de déversement. Il est évident que le fluide qui afflue des couches inférieures vers la surface, dans la direction des parallèles ou perpendiculairement à la circulation méridienne , formera obstacle à celle-ci ; que devant cet obstacle il y aura obstruction et concentration extérieures et intérieures, déversement favorisé de l’intérieur vers la surface et dégagement de celle-ci dans l’atmosphère ; que les concentrations, déversements et dégagements, ainsi renforcés et favorisés , le seront le plus aux points où des circulations méridiennes géologo-magnétiques renforcées rencon-

(1) Les lignes fluviales et faîtales se prolongent très bien les unes les autres, et leurs prolongements méridiens donnent des lignes de plus grande activation dans toute leur étendue.

trent les obstacles les plus résistants ou les lignes de déversement les plus importantes. Bref, les régions nodales de toutes espèces sont d'autant plus importantes, que les voies fluviales etfaîtales qui s’y rencontrentsont plus importantes elles-mêmes, et ont des positions plus rapprochées de celles des méridiens et des parallèles.

Sous ce rapport, le système géologo-magnétique d’entre Escaut et Meuse offre des particularités extrêmement remarquables, qu’il est très facile de rendre palpables dans tous les phénomènes physiques et physiologiques, et, encore une fois, l’épidémie de 1866 les fait ressortir mieux que ne pourraient le faire des phénomènes de physique quelconques , excepté peutêtre les orages. Ceux-ci, en effet, désignent en tout temps les localités particulièrement magnéto-électriques, aussi bien que le font les phénomènes épidémiques.

Parmi les particularités ci-dessus, la croix nodale à branches méridienne et parallèle du coude central et principal de Seneffe occupe incontestablement le premier rang; d’autant plus que ses branches s’étendent et se prolongent d’une extrémité de la Belgique à l’autre ; dans la direction méridienne de Chimay à Anvers par Charleroi et Waterloo, et dans la direction parallèle de Gand et de Tournay par Seneffe, Hanut, Liège à Herve et à Baelen.

Ces branches, ainsi prolongées, constituent les deux lignes géologo-magnétiques principales , non seulement de la région d’entre Escaut et Meuse, mais aussi de toute la Belgique.

La branche parallèle du coude de Seneffe, allant de Ligny à Seneffe, se prolonge vers l’ouest par le rameau hennuyer jusqu’à Tournay; du côté opposé, vers l’est, elle se prolonge par le faîte nervien, depuis Ligny jusqu’à Hanut, de là jusqu’à Liège par le rameau hesbayen. Elle reprend au delà par le rameau de Herve jusqu’à la jonction de ce rameau avec le faîte ardennais, à Montjoie, dans la région nodale de Blankenheim.

Ce seuil parallèle belge intérieur, précédé des voies fluviales de la Haine, de la Sambre, de la Meuse et de la Vesdre, que les faîtes longent de près, est donc un double obstacle continu devant lequel toute la circulation méridienne belge se concentre, se déverse et se dégage sans cesse. Les déversements ont, naturellement, tout d’abord lieu dans les vallées qui précèdent les seuils. Ils ont lieu aux passages des pricipaux méridiens, points de passage qu’ils désignent ainsi ; ils s’étendent ensuite sur les versants vers les lignes faîtales. Ainsi se passèrent les choses en 1866 ; les principaux groupes épidémiques de cette année se trouvent aux points de passage des principales circulations méridiennes belges à travers le seuil parallèle intérieur, devant ce seuil, dans les vallées et aux bords des cours d’eau qui les précèdent et dont le thalweg est la première ligne d’arrêt et de déversement de la circulation méridienne concentrée par arrêt ou par obstruction. Enlevez les groupes épidémiques de Mons, de Cliarleroi et de Liège, et il ne restera de groupes épidémiques de localités fortement éprouvées entre l’Escaut et la Meuse , dans le système nervien , que celui de la région nervienne, comprenant Ligny, Gosselies, Houdeng- Aimeries et Nivelles ; celui de son annexe nodale méridienne brabançonne, composé de Bruxelles et de ses faubourgs, de Woluwe-Saint-Pierre, de Watermael-Boitsfort, de Tervueren, de Hoeylaert, de Rhode-Saint-Genèse et de Tourneppe; et enfin celui de la région nodale éburonne où limbourgeoise de Tongres, qui renferme eu son centre ou dans ses limites centrales restreintes, Wellen et Nederheim, et dans ses limites étendues Saint-Trond, Hasselt et Canne, et même tout le système liégeois (1).

(1) Les limites ^tendues do la région éburonne ne passent, en effet, pas seulement près dé Liège et de Maestricht, mais dépassent cette dernière et comprennent au moins une partie de la région nodale propre de la pre*

Tous les groupes épidémiques dessinant des régions fortement éprouvées entre Escaut et Meuse se trouvent donc dans les sites mixtes des cours d’eau qui précèdent le seuil belge intérieur parallèle, et sur les deux plateaux nodaux principaux nervien et éburon de ce seuil de Gosselies- Nivelles avec son annexe brabançonne, et de Tongres avec son annexe liégeoise.

Le mal épidémique se propageant de la région nodale liégeoise par le rameau hesbayen jusqu’à Hollogne-aux-Pierres, indiquant cet endroit comme centre d’épanouissement, en fait aussi un centre nodal terminal dont le rayon d’influence, s’étendant au delà de tout le système liégeois jusqu’à Herstal et Fléron-Rétinne, et par conséquent à dix et à douze kilomètres, passe très près du centre nodal tongrois et pénètre bien avant dans la région éburonne, dont, je le répète, elle ne forme qu’une annexe. Il en serait encore ainsi, quand même on ne donnerait à la région nodale d’épanouissement de Hollogneaux-Pierres que le diamètre réduit de 6 à 8 kilomètres des moindres régions nodales. Le cours du Geer, qui prend la direction du faîte nervien à Tongres pour le serrer de très près jusqu’au centre de la région nodale hesbayenne, et qui, avant d’atteindre cette région et avant de quitter celle de Tongres, dirige une de ses branches principales vers la Meuse, jusqu’à Saint-Georges, dessine nettement l’annexe liégeoise du plateau éburon tongrois.

La région nodale hesbayenne ayant une partie commune avec celle de Tongres, n’en est elle-même qu’une dépendance ou grande annexe faîtale, et forme système avec elle; c’est ce que les épanouissements du Geer disent très explicitement, en s’étendant sur tout le plateau de ce système. C’est de ce système tout

mière, et précisément la partie par laquelle le mal épidémique a fait invasion et s’est développé en 1866.

entier que participe, c’est des deux centres nodaux de Tongres et de Hanut, que participe immédiatement le centre nodal d’épanouissement de Hollogne-aux-Pierres et les extrémités des ramifications qui en partent ; c’est ce qui explique l’importance du groupe liégeois.

Le groupe du site mixte de Charleroi se trouvant tout entier dans la région nodale nervienne elle-même , celui de Mons étant de même situé dans l’annexe nodale hennuyère de la région nodale nervienne, celui de Liège étant compris dans l’annexe liégeoise de la région tongroise, tous les groupes épidémiques d'entre Escaut et Meuse appartiennent aux régions nodales nervienne et éhuronne, c’est à dire aux deux principales régions nodales du système, assises l’une au coude de Seneffe formé par les deux rameaux principaux qui se détachent du faîte nervien dans les directions perpendiculaires méridiennes et parallèles, et l’autre à l’extrémité de la branche nervienne du faîte d’entre Escaut et • Meuse.

C’est naturellement la région nervienne qui conserve de beaucoup la priorité ; elle comprend le groupe faîtal, central et principal aux quatre coins de la région elle-même de Gosselies, Ligny, etc.; celui de Charleroi (Thuin, Marchienne-au-Pont et Pont-de-Loup) également dans la région nodale ; et puis celui de Bruxelles de l’annexe méridienne brabançonne et celui de Mons de l’annexe parallèle hennuyère. On doit y ajouter l’explosion tardive isolée au centre de l’annexe parallèle namuroise à Gembloux. L’action . immédiate de la région nodale nervienne est donc bien vigoureuse et bien complète.

La région tongroise a pour centre le groupe de Tongres, Nederheim et ^Yellen. A ses limites se trouvent celui plus important de Liège et les localités isolées de Saint-Trond, de Hasselt et de Canne (sur le Geer près de Maestricht).

En aj' mt Turnhout, placée au centre de la région nodale ménapienne, troisième par importance des régions faîiales

d’entre Escaut et Meuse, et Florennes au centre de l’annexe nodale namuroise de la région supérieure chimaysienne d’entre Sambre et Meuse, on obtient tout le système faîtal et mixte supérieur.

Non seulement tous les groupes épidémiques appartiennent aux deux régions nodales principales, mais ils appartiennent aussi aux deux branches méridiennes et parallèles de la croix nodale centrale belge-nervienne de Seneffe ou plutôt de Gosselies. Sur et devant les branches parallèles se trouvent le plus grand nombre et les plus importants de ces groupes : ceux de Mons, de Charleroi et de Liège devant; ceux de Gosselies et de Tongres sur le faîte.

Sur la branche méridienne se trouvent les groupes centraux nodaux de Gosselies et de Charleroi et celui de la région nodale annexe brabançonne centrale.

Le seuil parallèle belge intérieur qui forme obstacle continu à la circulation méridienne, dont les passages par cette circulation renforcée constituent les régions et les localités magnétoélectriques les plus nombreuses et les plus importantes de la Belgique, à tous les points de vue, commence en effet à Tournay et finit à Tongres, si l’on ne veut le supposer prolongé ; ni à l’ouest par le sous-rameau d’entre Escaut et Dendre qui a ses extrémités à Gand et à Termonde; ni à l’est par les rameaux liégeois de la Hesbaie et du pays de Herve. Dans ce cas, il commencerait au plateau nodal terminal ou d’épanouissement de Bary, et finirait à celui plus important de Tongres. Dans le cas, au contraire, où l’on prendrait pour ses extrémités celles de son sous-rameau flamand et des rameaux liégeois de la Hesbaie, il commencerait à Gand et à Termonde, ou à la région nodale terminale de Sotteghem, et finirait à Liège ou à la région nodale terminale de Hollogne-aux-Pierres.

En réalité le seuil parallèle belge intérieur commence à ses extrémités à la fois : à Tournay, Gand et Termonde, et se ter-

mine à Tongres et à Liège dans les régions nodales terminales de Tongres et de Hologne-aux-Pierres.

Le seuil proprement dit qui forme obstacle à la circulation méridienne, et devant lequel ont lieu les concentrations du fluide, va de Tournay à Liège; mais l’effet des concentrations elles-mêmes dans les régions nodales principales de Soignies, de Seneflfe, de Gembloux et de Han ut, qui résultent des arrêts des principales circulations méridiennes, se produit évidemment avec une grande énergie jusqu’aux extrémités faîtales d’entre Escaut et Meuse et, à plus forte raison, jusqu’à l’extrémité de la branche nervienne du faîte, jusque dans la grande région nodale éburonne, deuxième par importance de tout le système, et qui termine cette branche. Telles les choses se passent en réalité ; telles elles résultent clairement et positivement des faits.

Les régions nodales faîtales de Gosselies, de Waterloo et de Tongres sont plus étendues ; celles mixtes de Mons, de Charleroi et de Liège sont plus concentrées. Les localités éprouvées sont moins nombreuses dans les premières que dans les secondes ; mî^'is c’est là un effet des agglomérations des populations^ X’épreuve maximum est bien plus vigoureuse dans la région nodale faitale que dans la région mixte ou fluviale. C’est un effet général. L’épreuve maximum vigoureuse dans la région faîtale dure moins, comme si le mal devait perdre en durée ce qu’il gagne en énergie, ou comme si la quantité de fluide à déverser était à peu près la même dans toutes les régions. Ce sont là, dans tous les cas, des observations générales qui résultent de tous les faits dans toutes les contrées de la Belgique.

En définitive, le plus grand nombre et les plus importants groupes de localités éprouvées par l’épidémie, en Belgique, en 1866, se trouvent dans le système géologo-magnétique central et moyennement élevé d’entre Meuse et Escaut. Tous les groupes de ce système se trouvent sur deux lignes : l’une à peu près

parallèle, l’autre méridienne. Le point de croisement de ces lignes constituant le double plateau nodal de Seneflfe et de Nivelles ou de Gosselies, le plus important de la contrée d’entre Escaut et Meuse et de toute la Belgique, renferme le groupe faîtal de Gosselies et celui mixte de Charleroi.

La ligne parallèle est double; elle comprend un faîte précédé d’un thalweg. Dans le thalweg, à droite et à gauche, ou à l’est et à l’ouest du groupe mixte de Charleroi de la région nodale principale et centrale, se trouvent les deux groupes mixtes de Liège et de Mons; sur le faîte, à l’est du groupe faîtal central, dans la région nodale faîtale deuxième par importance, se trouve le groupe de Tongres. Quatre groupes importants se trouvent, outre le groupe central, sur la double ligne parallèle.

Un seul groupe faîtal en dehors du groupe central de Gosselies se trouve placé sur la ligne méridienne; c’est celui du Brabant, de Bruxelles ou de Rhode Saint-Génèse, qui dessine si admirablement la région nodale brabançonne de Waterloo.

Tous les groupes épidémiques dessinent les régions nodales; dans toutes celles-ci la propagation est successive. Le long des voies fluviales, parallèles de la Haine, de la Sambre et de la Meuse, elle est descendante.

Toutes les localités éprouvées dans les régions faîtales se trouvent, comme je l’ai dit, aux sources. Elles sont distribuées ainsi : douze dans la région centrale nervienne avec ses annexes; dans la région éburonne étendue (Tongres), wne dans la région ménapienne (Turnhout).

Dans la région nodale nervienne le groupe central faîtal comprend cinq localités ; l’annexe brabançonne six et l’annexe namuroise une.

Dans la région éburonne le groupe central comprend trois localités; et ïunique localité de la région ménapienne est centrale.

Tous les groupes précédents sont exclusivement faîtaux; ils comprennent toutes les localités faîtales éprouvées.

Que Ton prenne les groupes complets des régions nodales avecleurs annexes, ou que l’on ne considère que ceux du centre de ces régions, la distribution des localités éprouvées est en rapport avec l’importance géologo-magnétique des régions et, de plus, la propagation est successive et descendante des hauteurs vers les plaines, des régions les plus importantes vers celles qui le sont le moins.

L’action débuta vigoureusement aux quatre coins de la région centrale nervienne dans l’A. H. culminante du 18-19 juillet; dans la région éburonne dans l’A. H. du 25 continuée par la P. L. du 27, et au centre de la région ménapienne le 2 août.

Jusqu’ici la ligne géologo-raagnétique la plus importante de la Belgique est à tous les points de vue la double ligne du seuil parallèle intérieur. L’examen ultérieur lui laissera peut-être cette plus grande importance, mais grandira dans tous les cas celle des circulations méridiennes principales.

La plus importante de ces circulations est celle de la croix centrale de la région nodale nervienne. La partie principale de la branche méridienne de cette croix est le rameau brabançon d’entre Senne et Dyle, qui, commençant à son point d’attache près de Nivelles, s’étend jusqu’à l’embouchure de la Dyle en face de Rumpst. Ce rameau se prolonge vers le nord dans la direction méridienne, à partir de Rumpst, parles voies fluviales du Rupel et de TEscaut, jusqu’à Anvers et à Santvliet, à travers la région nodale fluviale anversoise étendue, et à travers les régions restreintes de chacun des trois coudes de Niel, d’Anvers et de Santvliet (Saeftingen) ou des trois embouchures du Rupel, du Schyn et du canal de Berg-op-Zoom.

Non seulement l’extrémité faîtale du principal rameau brabançon continue vers le nord jusqu’à Anvers et Santvliet par es grandes voies fluviales, mais il continue également et plus

directement par une extrémité faîtale qui vient de Reeth se terminer dans le coude de Rumpst, et qui court de ce coude par Reeth, Waerloos, Contich, Hove, Moortsel et Berchem droit au mamelon terminal central du Bourg à Anvers.

Le rameau méridien brabançon traverse la région nodale centrale nervienne par le Piéton, depuis sa source à Rêves, au centre nodal brabançon jusqu’à son embouchure, par ses deux rives et surtout par la rive gauche, par Frasnes, Gosselies et Charleroi. Il continue sur la rive droite de la Sambre au delà de la région nodale nervienne vers celle supérieure de Ghimay, qui sert en quelque sorte de réservoir à la région nervienne, par l’Heure et ses rives et surtout par la rive droite en communication directe, non seulement avec le centre chimaysien, mais aussi avec celui de son annexe de Florennes.

Les quatre principales régions nodales de tout genre de la contrée entre Escaut et Meuse, étagées sur le méridien central belge de Ghimay, Charleroi, Gosselies, Waterloo, Tervueren, Rumpst, Anvers, ou de Ghimay-Anvers, font de ce méridien le principal de la Belgique, et une des premières et principales, si pas la principale ligne géologo-magnétique de ce pays.

Les quatre régions nodales dont les centres tracent le méridien Ghimay-Anvers s’élèvent, s’étendent graduellement et gagnent en importance géologo-magnétique, depuis l’extrémité fluviale septentrionale et la plaine basse de l’Escaut, jusqu’au plateau nodal le plus élevé de Ghimay.

Sur le mériden belge central ainsi prolongé, les groupes des localités éprouvées par l’épidémie sont plus nombreux; mais leur ensemble ne gagne pas encore l’importance de celui de la double ligne du seuil parallèle.

En y comprenant les groupes de Niel-Boom et d’Anvers- Merxem, il se trouve di^-new/’ localités éprouvées sur le plateau méridien central; tandis qu’il en existe trente-sept sur la double ligne du seuil parallèle, depuis son origine occidentale à

Tournay, jusqu’à son extrémité orientale à Limbourg et à, Baelen.

Ces deux lignes forment tout le système exclusivement faîtal, tout le système exclusivement fluvial et la plus grande partie du système mixte d’entre Escaut et Meuse; elles forment la majeure partie du système épidémique complet de toute la Belgique.

La propagation fut extrêmement remarquable et concluante sur l’une comme sur l’autre de ces lignes. Je reviendrai tantôt sur cette propagation, surtout en ce qui concerne la ligne méridienne, quand j’aurai ajouté quelques mots encore sur celle-ci, ainsi que sur quelques autres lignes.

La ligne méridienne Chimay-Anvers se prolonge à travers la région nodale nervienne, et au delà, par le faîte nervien luimême, en passant par Thines, Petit-Rœulx et Anderlues, jusque dans la région nodale restreinte de Bavay, Malplaquet et Grand- Reng, qui a pour centre Feignies, et forme aux limites de la grande région vermandoise une annexe de celle-ci. Cependant cette dernière région, et le faîte au dessus de Grand- Reng vers Bohain, sont dégagés par le méridien de Mons, dont je vais dire quelques mots. Le méridien central Chimay-Anvers ne participe donc aux mouvements du faîte d’entre Escaut et Meuse que jusqu’au Mont Sainte-Geneviève ; mais d’un autre côté il participe, comme je l’ai dit, aux mouvements de l’annexe chimaysienne de Florennes par Quatre-Bras, Ligny, Fleurus et les coudes de Châtelet-Pont-de-Loup etd’Oignies-Auvelais.

On voit que la région nervienne et son annexe brabançonne sont largement alimentées par une triple et quadruple voie faîtale des plus importantes, et par conséquent par des circulations profondes, mais en même temps très actives. Dans la région nervienne et son annexe brabançonne , et dans tout le système brabançon central , la profondeur de la circulation diminue un peu; mais l’activité diminue également, et la large

alimentation aidant, la circulation y est plus concentrée, plus intense et plus énergique ; par les voies fluviales et mêmes faîtales basses, la circulation méridienne de Chimay-Anvers est tout entière fortement activée. Telle est la circulation méridienne la plus remarquable de toute la Belgique, circulation très active sur le plateau élevé et dans la plaine, c’est à dire à ses deux extrémités , et très énergique ou active et intense à la fois dans sa partie centrale.

De Feignies, centre de la région restreinte de Bavay, région qui comprend toutes les sources de la Trouille et s’étend presque jusqu’aux portes deMons, part du faîte d’entre Escaut et Meuse un bout de rameau qui emprunte une assez grande importance à sa position méridienne ; c’est le rameau Malplaquet-PâturageS’Jemappes , à l’extrémité duquel se déploie, devant le seuil parallèle, le groupe montois.

La circulation extérieure et intérieure de ce rameau est augmentée parce qu’elle se prolonge également vers Anvers, plus directement peut-être que celle de Chimay-Charleroi. Par Ghlin, le prolongement du rameau Malplaquet-Jemappes atteint bientôt le rameau hennuyer et son sous-rameau d’entre Dendre et Senne. Celui-ci, à peu près méridien, conduit par Enghien, Oetinghen et Asche, vers l’embouchure du Rupel, d’où le méridien de Mons est continué directement par l’Escaut jusqu’à Anvers et à Santvliet.

Après le méridien de Chimay-Anvers ou de Cliarleroi, c’est celui de Mons qui a joué le rôle le plus important dans la Belgique centrale, entre l’Escaut et la Meuse. Son rôle fut de beaucoup inférieur cependant, en 1866, à celui du méridien de Charleroi; car il n’y eut pas un aussi grand déploiement épidémique dans les régions nodales de Soignies , d’Enghien , d’Oetingen et d’ Asche , que dans celles de Seneffe et de Waterloo.

Ce déploiement ne fut pas aussi nul cependant que l’absence dans mes documents de notes à leur sujet, pourrait le faire croire (1). Dans tous les cas, l’action principale du méridien de Mons fut mixte, et eut lieu dans les villes voisines, aux extrémités des ramifications faîtales latérales, à Grammont, Ninove, Koekelberg et Molenbeek-Saint-Jean. La simultanéité des grands coups portés, les 18 et 19 juillet, à Mons et dans les quatre localités précédentes, établit la solidarité entre ces mouvements par le rameau d’entre Dendre-Senne et le méridien montois, qui résulte de son prolongement au sud jusque dans la région vermandoise , et au nord dans celles d’Anvers et du bas Escaut.

La simultanéité des grands coups frappés par l’épidémie dans ces jours funestes, due à la solidarité des mouvements magnétoélectriques souterrains et superficiels, montre mieux les lignes de propagation, les points et les régions d’arrêt et d’éruption, que ne pourrait le faire la succession des explosions épidémiques sur ces lignes et sur ces régions.

Ainsi, dans les grands mouvements des 17, 18 et 19 juillet, la plus simple analyse des documents montre que les mouvements du 17 n’affectent vivement que les régions fluviales de l’Escaut. Dans la région nodale de l’embouchure du canal de Bergop-Zoom, à Kieldrecht, une seule forte mortalité (maximum absolu) accuse vivement l’origine du mouvement du 17. Le tableau IV montre par quelle recrudescence épidémique la journée du 17 se signale à Anvers et à Gand.

Dans la région de l’embouchure du Rupel, il y a recrudescence vive à Niel et Boom, et le mal éclate à Rupelmonde. Termonde etGand, sur l’Escaut; Alost, surla Dendre, Molenbeek-Saint-Jean sur la Senne et Louvain sur la Dyle participent au mouvement.

Le 18 juillet n’appartient guère qu’au méridien de Mons; le

(1) Braine-le-Comlc et ses environs payèrent un assez beau tribut.

mal frappe vigoureusement ce jour dans le groupe montois, et bien plus encore à droite et à gauche du méridien montois, à Koekelberg, à Ninove et à Grammont.

Il frappe également dans les dépendances occidentales de ce méridien jusqu’à l’extrémité du sous-rameau d’entre Escaut et Dendre, dans le rayon d’action de la région de Sotteghem, par conséquent à Gand,à Grammont et à Ninove, et c’est parce que ces dernières localités sont prises entre les sous rameaux des deux rives de la Dendre, qu’elles sont si rudement éprouvées; surtout Grammont, à cause de son site.

Il y eut aussi le 18 un mouvement précurseur à Bruges, dans les régions littorales.

Le 19 frappe de même, un peu plus fort encore , aux points faibles du méridien de Moris et de ses dépendances ; mais l’action est reprise également avec la même vigueur dans le système fluvial et dans ses dépendances. Aussi la ville de Gand, qui participe aux deux actions , de même que les localités de Grammont, de Ninove, de Koekelberg et de Molenbeek-Saint- Jean, sont-elles frappées avec la plus grande violence. Le 19 juillet, les expansions magnéto-électriques et leurs conséquences épidémiques deviennent vives et générales; celles fluviales du 17, reprises le 19, s’étendent et se manifestent ce jour entre Escaut et mer, et surtout dans les régions littorales, à Ostende et à Breedene, où le mal éclate.

Dans la région nervienne centrale et dans tout le système du méridien central, Ghimay-Anvers , et dans toutes leurs dépendances occidentales, liégeoises et tongroises, il y a eu des manifestations tous les jours, depuis le 15 juillet, mais ces manifestations ont lieu isolément et ne présentent pas de caractère de gravité ; ce caractère se montre subitement le 19 , à Bruxelles tout d’abord.

Le mal éclate aussi ce jour, avec son énergie maximum, au centre de la région nodale supérieure ardennaise d’Arlon.

Après le 19, le mouvement cesse dans le système du méridien montois et dans celui fluvial de l’Escaut et de leurs dépendances; il continue et se fortifie dans le système du méridien nervien central de Charleroi, et plus encore dans ses dépendances éburonnes, tongroises et liégeoises d’orient, les 20 et 21 juillet. Le mouvement est d’autant plus en retard qu’il se manifeste plus loin vers l’est.

Dans la région arlonaise, le mouvement continue avec la même vigueur que dans la région nervienne, les 20 et 21 juillet.

Tel fut globalement le mouvement magnéto-électrique et épidémique culminant des 17, 18, 19, 20 et 21 juillet 1866, dont je viens de donner un aperçu pour montrer comment la comparaison des mortalités épidémiques extraordinaires et la simultanéité de ces mortalités, conduisaient aux régions solidaires et aux lignes qui établissent la solidarité. Tous les grands mouvements établissent les mêmes régions solidaires et les mêmes lignes de propagation.

Les grands mouvements des 17-21, ou mieux, lo-21 juillet, commencent à l’ouest dans la vallée de l’Escaut, et finissent à l’est dans les régions faîtales et mixtes les plus élevées et les plus éloignées.

Je le répète, le mouvement du 17 est particulièrement fluvial et affecte vivement tous les centres importants qui participent au mouvement fluvial. Celui du 18 ne s’étend guère que dans la région entre Escaut et Senne; il est faîtal et a pour ligne principale d’action le méridien de Mons et ses dépendances occidentales. Le 19 juillet, les deux mouvements précédents se combinant, rendent l’action simultanée et vigoureuse depuis la Senne jusqu’à la mer; c’est h dire, dans toute la contrée soumise à l’influence de la mer, de l’Escaut et du méridien de Mons et de toutes leurs dépendances. En même temps l’action devient énergique dans les méridiens de Charleroi et d’xVr-

Ion (i), et s’étend à l’est jusqu’aux extrémités du système nervien proprement dit. Les actions maritimes, fluviales et faîtales de la moitié occidentale du pays cessent le 19 ; celles faîtales de la partie orientale, y compris le méridien central et ses dépendances, continuent et se fortifient jusqu’au 21 .

Les méridiens de Mons et de Charleroi concourent dans le nord, et se rencontrent dans les régions fluviales de Niel et d’Anvers, surtout dans celle-ci.

Leurs points de concours sont les régions fluviales les plus remarquables .

Leurs points de passage à travers la double ligne du seuil parallèle belge intérieur comptent parmi les régions mixtes les plus importantes du pays. La rencontre forcée de l’influence fluviale qui remonte du nord vers le midi, d’Anvers vers Mons et Charleroi, et de l’influence faîtale qui descend en sens inverse de Feignies et de Gliimay vers Anvers par Mons et Charleroi, rencontre qui se fait surtout à droite et à gauche du méridien dans les vallées de la Dyle, de la Senne et de la Dendre et même de l’Escaut : à Louvain, Bruxelles, Molenbeek-Saint- Jean, Koekelberg, Grammont, Ninove et Gand, dans les grands mouvements des 18-19 juillet et 29-30 août, crée les localités les plus éprouvées de la Belgique. Ces localités sont surtout le plus rigoureusement éprouvées à droite et à gauche du méridien le plus direct, celui de Mons.

La voie fluviale de la Senne, serrée entre les deux méridiens de Mons et de Charleroi, est celle de la plus grande activité magnéto-électrique et de la plus rapide propagation de l’influence épidémique.

Les premiers cas isolés se présentent, à Bruxelles comme à

(1) Que j’établirai plus loin.

Anvers, sous l’influence fluviale des 22-23 mai. La maladie commence sérieusement dans les deux localités et dans toutes les dépendances exclusivement fluviales de la rive droite de l’Escaut : à Niel, Boom, Bruxelles, Molenbeek-Saint-Jean et Louvain dans TA. H. du 7 juin.

Ainsi l’influence fluviale s’étendit simultanément fort loin sur les bords de la Senne, où elle atteignit Lembeek dès le dS juin, presque en même temps qu’elle atteignit Termondesur l’Escaut et Malines sur la Dyle.

Le mouvement fluvial sérieux débutant simultanément à Anvers, Niel, Boom, Bruxelles et Louvain dans l’A. H. du

7 juin, remonta l’Escaut par Termonde le 15 juin, Gand le 20 juin, Audenarde le 23 juillet pour atteindre Tournay le 2 août.

Par la Dendre, il partit de Termonde le 45, atteignit Alost le 17 juin, et rencontra le mouvement faîtal du méridien de Mons et du système hennuyer à Ninove le 7, à Grammont et à Ath le

8 juillet; c’est à dire dans les expansions extraordinaires provoquées par le périgée lunaire tombant au milieu 7-8 de la semaine 4-11 juillet.

L’intervalle qui sépare l’explosion fluviale d’Alost de celles de Ninove, de Grammont et d’Atb, et la simultanéité des explosions dans ces derniers endroits, prouve que ces explosions étaient mixtes et provenaient de la rencontre des deux influences. Sur le haut Démer l’influence fluviale rencontra celle de la région nodale éburonne avec ses annexes : à Sichem (1) le 26 juillet, et à Hasselt le 27 juillet, dans le deuxième mouvement général d’expansion qui, comme celui des 17-19 juillet, affecta à peu près toute la Belgique, et fit entrer en ligne la région nodale tongroise, deuxième par importance du système

(1) Au pied du mamelon terminal de Montaigne, extrémité faîtale du sousrameau d’entre Dyle et Geete.

d’entre Meuse et Escaut, comme elle y fit entrer la deuxième région d’entre Meuse et Rhin, celle de Marche et du Condroz.

J’ajouterai quelques mots au sujet du système ardennais. Je tâcherai d’abréger ce que j’ai à en dire. Je le pourrai d’autant mieux que les choses s’y présentent plus simplement, et, par conséquent, d’une façon plus immédiatement concluante.

Régions les plus élevées de la Belgique, les Ardennes sont celles des déversements les plus faciles et les plus abondants.

Le fluide le plus facilement et le plus abondamment déversé sur les plateaux ardennais, y est, à cause de la très grande activité de la circulation qui y règne et y domine généralement les déversements, enlevé au fur et à mesure qu’il est déversé, avec d’autant plus de facilité que le fluide déversé ne trouve pas à la surface un sol terreux suffisamment épais pour conserver des surcharges de quelque importance et capables d’effets épidémiques prolongés. Cela est si vrai, qu’au centre des Ardennes où l’épaisseur terreuse du sol est la moindre, l’influence épidémique ne parvient guère à se montrer d’aucune façon; pas plus par explosion, au moment du déversement brusque et considérable et pendant la durée de ce déversement, qu’à la suite d’une succession de déversements.

Ce n’est qu’en s’éloignant du centre, en approchant des bords du plateau, où les épaisseurs des terres augmentent avec l’éloignement du centre, que commencent les régions épidémiques.

Je n’ai pas à développer les considérations qui font des régions faîtales celles des plus actives circulations, pas plus que je n’ai à m’étendre sur leur volcanicité. Le Magnétisme et V Humanité abondent en considérations de ce genre.

Je n’ai pas davantage à établir pourquoi, parmi les régions de même altitude, les Ardennes sont exceptionnellement volca-

niques, et pourquoi la circulation y est exceptionnellement vive et la tension relativement faible.

Les faits sont là : l’aspect du sol montre la volcanicité du sous-sol; le froid relativement exceptionnel accuse l’activité de la circulation aussi bien que la faiblesse de la tension, et cette dernière résulte bien mieux encore de la faiblesse de la végétation et de l’animalisation.

Les conditions magnétiques et géologo-magnétiques du plateau ardennais et de ses dépendances d’entre Meuse’et Rhin, se montrent d’emblée dans le déploiement de l’épidémie sur ce plateau. L’épidémie n’y éclate qu’au moment des plus puissants déversements, ne dure qu’autant que ces déversements et frappe brusquement et violemment. Ayant de la peine à s’y établir, elle ne parvient à s’y maintenir que dans les déversements généraux bien conditionnés. Ses apparitions brusques, courtes, à des reprises différentes y sont volcano -épidémiques. Ce sont des éruptions précoces avant-coureurs du déversement général (1), ou bien des éruptions finales généralement plus volcaniques qu’épidémiques des surcharges arriérées (2) ; il ne se produit des effets quelque peu prolongés qu’au milieu de la période épidémique intense.

Le faîte d’entre Meuse et Rhin longe le premier de ces fleuves, depuis ses sources sur le plateau d’Épinal, jusqu’à hauteur de Verdun, où, par un coude droit, il se dirige vers l’est, vers Thionville. Avant d’atteindre cet endroit, il se redresse parallèlement à sa direction première, qui est celle du méridien magnétique actuel décliné vers l’ouest. Celte direction qu’il prend vers Aumetz sur la route, à mi-chemin à peu près, de Longwy à Thionville, est la plus importante des branches du faîte. Celui-ci ne commence pour les Ardennes belges qu’au coude

(1) Comme à Diekirch el à Messancy.

(2) Commeà Spa le 3 janvier 18G7.

nodal d’Aumetz ou, mieux encore, à celui un peu plus septentrional de Messancy (Selange). Du coude nodal d’Aumetz le faîte d’entre Meuse et Escaut atteint rapidement la frontière du grand-duché de Luxembourg à Redange, traverse le grand duché par Differdange, Monderkange, Bas-Charage et Clemancy, entre en Belgique par Selange et va droit sur Arlon par Hondelange. Le mamelon d’Arlon (1), absolument sur le faîte, en forme un jalon.

D’Arlon le faîte d’entre Meuse et Rhin se dirige vers. Habay, puis vers Martelange et enfin vers Neufchâteau. Près de cette ville il se redresse vers le nord jusqu’au coude nodal central, où il tourne brusquement vers le nord-est à angle droit avec sa direction première. Après ce changement principal de direction, il court, droit par Sibret et Bastogne, vers l’Eifel, vers le nœud de Blankenheim.

Le coude nodal central du plateau ardennais, ou le centre de la région nodale centrale de ce plateau, se trouve près du village de Sainte-Marie, entre les hameaux de Bercheux, Bernimont, Tronquoy, Respelt et Molinfaing, placés aux limites du bois de la Haye-Ghenit, au centre de ce bois, au milieu d’un mamelonnage central des plus remarquables; moins remarquable cependant que celui de la région nodale d’ArJon.

Cette dernière région est double ; elle a deux centres comme celle de Seneffe.

L’un de ces centres, celui qui nous intéresse davantage, est celui du mamelon arlonais lui-même, ou' mieux de son voisin dans le bois d’Arlon, du Hirschberg, surmonté du signal géodésique. C’est le centre du plateau nodal d’attache du rameau d’entre Ghiers et Semoy au faîte. C’est sur ce plateau d’attache (Arlon, Messancy), le long du rameau, mais toujours dans la région nodale arlonaise , que s’est développé successivement

(1) Et \eHirschberg.

le principal groupe épidémique ardennais, groupe qui est en même temps l’un des plus importants de toute la Belgique; c’est celui d’Aubange (15 juin), Mussy-la-Ville (26 juin), Bleid (15 juillet), Ruette (22 juillet), et Virton (2 septembre)).

Le rameau d’entre Chiers et Semoy, comme celui de Herve, comme celui du Hainaut, suit la direction d’un parallèle géographique. Le groupe d’Aubange-Virton occupe devant ce rameau, aux sources et dans les vallées des affluents du Chiers, une position parfaitement analogue à ceux des groupes de Verviers et de Mons devant les rameaux parallèles de Herve et du Hainaut. Les conditions de développement de ces groupes, ainsi que de ceux de Charleroi et de Liège devant le seuil parallèle intérieur, sont identiques. Ce sont là, comme je l’ai dit, non seulement les principaux groupes, mais ce sont aussi les seuls groupes de localités éprouvées multiples et rapprochées de la Belgique.

Le groupe d’Aubange-Virton, parfaitement en règle sous tous les rapports, se trouve, comme celui de Charleroi, tout entier dans la région nodale, et comprend ainsi Arlon et Messancy placés plus exactement sur le faîte et plus près du centre nodal d’attache arlonais.

Entre l’explosion du mal à Ruette, le 22 juillet, et celle de Virton, du 2 septembre, il existe un grand intervalle, ce qui signifie que l’action de la région nodale cesse entre ces endroits, et lui assigne un rayon d’environ 25 kilomètres. C’est le rayon que les épanouissements des cours d’eau assignent à toutes les régions nodales ardennaises. Avec ce rayon, la région arlonaise s’étend jusqu'au delà d’Étalle, à Tintigny sur la Semoy, à Martelange sur la Sure, à Mersch et à Luxembourg sur l’Alzette.

Deux rameaux importants se détachent du coude du faîte ardennais à Sainte-Marie, ét prolongent les branches de ce coude dans la direction du méridien magnétique d’Arlon et dans la direction perpendiculaire.

La région nodale centrale des Ardennes est donc divisée en quadrants par une croix faîtale semblable à celle de Seneffe et a, pour cette raison, beaucoup d’analogie avec cette dernière. Cette analogie s’étend aux branches des croix de ces régions nodales. La branche méridienne de la croix de Sainte-Marie est centrale comme celle de la croix de Gosselies; des deux côtés, cette branche est le méridien magnétique principal de tout le système faîtal; les deux méridiens sont les plus importants de la Belgique.

La branche faîtale méridienne de Sainte-Marie joue le principal rôle dans les systèmes physique, climatérique et physiologique d’entre Meuse et Rhin, ou au moins dans les Ardennes, comme celle de Gosselies joue le principal rôle entre l’Escaut et la Meuse. Les rares ravages épidémiques exercés sur le plateau ardennais sont encore plus complètement groupés sur le méridien de Sainte-Marie et Arlon que ceux d’entre Escaut et Meuse ne le sont sur celui de Gharleroi et Waterloo.

Tous les groupes épidémiques faîtaux de la Belgique se trouvent sur les deux lignes méridiennes principales de Gharleroi et d' Arlon. Le méridien montois n’est que le troisième par importance.

Le rameau parallèle qui se détache de Sainte-Marie est celui d'un ancien faîte ardennais antérieur au dernier soulèvement. Il passe entre Lesse et Semoy vers Recogne et Paliseul.

Le rameau méridien se détache du rameau parallèle près de Recogne, se dirige par Saint-Hubert vers Marche si Ciney ; là il oblique fortement à droite vers Havelange et vers son épanouissement à Liège, à l’embouchure de l’Ourthe. Il traverse cependant la région nodale de Liège, ou, au moins, il part au delà de Liège une branche méridienne qui reprend la direction parallèle à celle d’Arlon-Marche. Cette branche méridienne va droit à Nederheim et Tongres dans le coude du Geer, traverse ce coude, puis, au delà, passe près de Wellen vers Hasselt. Cette

dernière branche est tout entière dans la région nodale tongroise. Elle participa aux mouvements généraux du 27 juillet qui affectèrent particulièrement le système ardennais et condrusien.

La région nodale centrale ardennaise a donc deux centres : l’un près de Sainte-Marie (1) et l’autre près de Recogne (2). Les cercles limites tracés autour de ces deux centres, avec un rayon de 25 kilomètres, l’étendent dans le sens parallèle, ou de son grand axe, de Paliseul à Bastogne et dans le sens perpendiculaire, de Martelange à Champion. Elle touche à la région arlonaise dans le grand coude de Martelange, que les deux régions se partagent.

Le rameau qui prolonge la branche faîtale méridienne arlonaise passe d’abord entre Ourthe et Lesse, et au coude de Pessoux, près de Ciney, il devient arête de séparation de la Meuse et de rOurthe.

Au coude de Pessoux se trouve un premier centre nodal duquel se détache le rameau d’entre Bocq et Lesse. A Porcheresse, près de Havelange, se trouve un second centre, duquel se détache le rameau d’entre Hoyoux et Bocq, très important comme prolongement direct du méridien faîtal de Arlon-Marche- Havelange, vers Andennes et Huy.

Des deux centres précédents , et avec le rayon de ving-cinq kilomètres, onitracera la région nodale condrusienne, troisième grande région nodale ardennaise. C’est le plateau de Marche, Ciney et Havelange. Ses limites passent à Tohogne et à Hotton , et approchent très près de Binant, d’Andenne et de Huy. C’est le plateau d’épanouissement des ramifications faîtales dont les extrémités bordent la rive droite de la Meuse de mamelons ir-

(1) Au coude du faîte.

(2) Au point où se séparent les deux rameaux qui prolongent lc5 brandies du coude du faîte.

rupteurs des plus remarquables, tels que ceux du château et de la Sarthe, h Huy, ces deux gardiens des bouches du Hoyoux et de la Mehaigne, centre de la principale région nodale mixte de la Meuse, après celle de Namur et de Liège.

Les ramifications faîtales qui partent de la région nodale condrusienne s’épanouissent et se terminent dans les coudes de la Meuse, depuis l’embouchure de la Lesse, un peu au dessus de Dinant, jusqu’à l’embouchure de l’Ourthe, à Liège. Les principaux de ces coudes sont ceux : de Namur, Marche-les-Dames, Sclain, le double coude de Huy et le triple coude de Liège (Seraing, Val Benoît, Liège et Herstal).

Ce dernier tout entier constitue, comme je l’ai montré, la principale région nodale mixte de la Belgique.

Le méridien géologo-magnétique et magnétique principal central ardennais passe par Messancy, Marche eiHavelange; c’ést à dire par les trois centres épidémiques nodaux principaux du système ardennais. Prolongé, il aboutit à la Meuse entre Andenne et Huy; ce qui donne aux ramifications directes vers ces deux endroits, et surtout à celles vers le double coude de Huy, une importance plus grande; raison pour laquelle l’épidémie commença ses débuts dans les régions mixtes des bords de la rive droite de la Meuse, le 6 juillet, à Huy, tandis qu’elle ne débuta à Namur que le 8 juillet, et arriva, en descendant, à Ougrée le 11 juillet.

On voit que les débuts le long de la rive droite de la Meuse furent à peu près simultanés, comme ils le furent sur les bords de la Dendre, à Ninove, Grammont et Ath; de plus, ils appartiennent, de part et d’autre, aux mêmes mouvements importants qui ont commencé au périgée lunaire du milieu de la semaine 4-11 et ont fini dans l’A. H. du 10-11 juillet.

Le cours si remarquable du Hoyoux, serré entre les ramifications condrusiennes méridiennes directes, est une ligne méridienne d’activation considérable. Prolongée, par la Mehaigne,

vers le centre nodal hesbayen et le faîte nervien , cette ligne crée à Huy un passage méridien des plus remarquables à travers le seuil parallèle belge intérieur.

Ce passage est moins important cependant que celui de Liège ou de Seraing, résultant du prolongement de la branche principale du rameau condrusien à travers les coudes de Seraing et de Liège, et qui reprend par Tilleur, Saint-Nicolas, Glain et Ans, vers le coude du Geer à Tongres et au delà. Là est réellement le passage du troisième méridien principal à travers le seuil parallèle belge.

Le rameau condrusien qui va droit vers Namur, se terminer dans les hauteurs de Sainte-Barbe au dessus de Jambes , sans avoir l’importance de ceux de Liège et de Huy, en conserve beaucoup cependant, il est le troisième par importance. Mais le passage namurois ne s’effectue pas seulement par un sousrameau condrusien, il s’effectue aussi, bien que obliquement, par le rameau principal chimaysien d’entre Sambre et Meuse.

Les voies faîtales méridiennes apportent en tout temps les plus grandes charges intérieures vers les régions nodales mixtes; les voies fluviales et faîtales méridiennes qui traversent les voies parallèles, activant la circulation superficielle aux points de passage, font de ces points et de leurs environs des régions de plus prompts, de plus faciles et de plus abondants déversements. C’est ce que disent admirablement tous les phénomènes de physique, de météorologie et de physiologie. Parmi ces phénomènes, les plus explicites sont incontestablement les phénomènes épidémiques. Ceux-ci ont pour rivaux les phénomènes orageux. Leur rivalité ne consiste cependant qu’à déterminer, à qui mieux mieux, les lignes de circulation et les régions de déversements. Les orages sortent des régions nodales et des faîtes, ils suivent les faîtes méridiens et éclatent devant les obstacles parallèles, généralement aux points de passage méridien principaux, aux extrémités des rameaux où

la circulation faîtale méridienne n’est qu’interrompue, comme à Mons, Charleroi, Huy et Liège. Les gros orages éclatent devant les obstacles avec un fracas épouvantable. Comme je l’ai dit, page 224 du Manifeste {l)y les orages cherchent les passages faciles, ou s’élèvent pour franchir les obstacles. Pour s’élever ils doivent se décharger. Le fluide accumulé devant les obstacles les force d’ailleurs à s’élever et à se décharger.

Si les obstacles forcent la décharge orageuse, la décharge, à son tour, force l’obstacle; mais celui-ci, dès que l’orage est passé, la cause persistant, se rétablit plus fort que jamais.

Si donc le déversement constitue de fortes surcharges terrestres et atmosphériques aux points de passage des faîtes méridiens à travers les faîtes parallèles durant le dégagement orageux, ces surcharges diminuent et sont balayées ou emportées aumomentdu passage de l’orage, mais se reconstituent plus fortes et exceptionnelles après le passage. Ainsi parlent les phénomènes épidémiques, conséquences des déversements. Si les phénomènes orageux tracent les principales circulations méridiennes et leurs points de passage difficiles , les phénomènes épidémiques dessinent les régions nodales constituées autour des points de passage. J’ai déjà appelé sommairement l’atten- I tion sur la simultanéité des deux espèces de phénomènes, quelques extensions données aux indications déjà fournies, ne laisseront pas, dans l’esprit du lecteur, place à un doute à ce sujet ; pas plus qu’au sujet de la provenance directe magnétoélectrique des phénomènes orageux et épidémiques et de la corrélation de ces phénomènes entre eux. Je reviendrai sur cette question un peu plus loin.

Quatre grands cours d’eau, trois affluents de la Meuse ; La Semoy, la Lesse, l’Ourthe, et la Sure affluent de la Moselle et

(1) Je recommande au lecteur tout ce que j’ai dit des orages, pag. 223 et 224 du Manifeste.

du Rhin, prennent leurs sources dans les quatre quadrants de la croix nodale ardennaise de Sainte-Marie et de Recogne. Ces cours d’eau coulant plus ou moins dans les directions bissectrices, se rattachent par de nombreuses ramifications aux faîtes qui forment la croix ardennaise. L’activité magnéto-électrique qui règne sur les faîtes ardennais, se communique donc aux vallées des cours d’eau par toutes leurs ramifications, qui sont les lignes de plus facile conduite superficielle vers les grandes voies faîtales.

L’activation précédente ne s’applique pas seulement aux cours d’eaux qui se ramifient dans les quadrants faîtaux du plateau ardennais; elle est générale; elle est une des causes du déversement plus facile et plus abondant vers les thalwegs et leurs points nodaux les embouchures; mais cette activation est plus grandes et ses résultats sont plus considérables pour les cours d’eau qui s’épanouissentsur le plateauardennaisversles grandes artères magnéto-électriques faîtales de ce plateau.

Le mouvement d’activation est généralement ascendant des embouchures vers les sources. Il peut devenir momentanément descendant dans les déversements et pendant la durée de ceux-ci. Les artères fluviales peuvent en effet débarrasser les plateaux de leurs surcharges momentanées, comme elles con- t tribuent généralement à l’amoindrissement des surcharges de la plaine. Il s’établira ainsi un échange entre le plateau et la plaine, comme entre la surface océanique et la surface continentale. Si le plateau est dans des conditions particulières, s’il a un sol particulier peu capable et conducteur, s’il est limité, comme c’est le cas pour les Ardennes, l’échange de fluide se fera par les limites mêmes, comme il se fait par les côtes. Aux limites mêmes régnera en tout temps une grande activité magnéto-électrique, en même temps qu’une grande surcharge. Ces limites seront des lignes de plus facile déversement; mais celui-ci y deviendra diflîcilement dangereux parce que le fluide

deversé sera facilement enlevé. Soit que le plateau fournisse du fluide déversé à ses limites, soit qu’il en enlève, il y a concentration à ces limites; attendu que, si le plateau est absorbant, le fluide affluera de loin vers ses limites par des courants plus intenses que ceux qui enlèvent le fluide.

La limite d’un plateau faîtal sur lequel règne une grande activité magnétique est donc une ligne géologo-magnétique remarquable. Les points où cette ligne est traversée par des voies faîtales et fluviales sont des points nodaux extrêmement remarquables. Il va de soi que la ligne qui limite un plateau est généralement une zone; que le changement de terrain ou de sol qui forme la limite du plateau n’est pas brusque. Il va de soi également que les points nodaux fluviaux, faîtaux ou mixtes qui se trouvent rapprochés à l’intérieur ou à l’extérieur de la zone limite, gagnent une importance extraordinaire, comme si elles appartenaient aux côtes ou au littoral, comme c’est le cas pour Ostende, Bruges ou Kieldrecht.

Les considérations qui précèdent et leurs conséquences se vérifient admirablement par l’analyse du système épidémique ardennais, tel qu’il s’est développé en 1866.

On peut établir les limites du plateau ardennais géologiquement ou topographiquement ; mais il sera tout aussi exactement déterminé épidémiquement.

Les deux branches les plus importantes de la croix nodale de Sainte-Marie sont incontestablement celles du faîte lui-même: d’Arlon-Sainte-Marie et de Sainte-Marie-Bastogne. Le quadrant le plus important est donc celui de la Sure; cette dernière est donc le cours d’eau principal. La maîtresse branche de ce cours d’eau est bissectrice du quadrant. La Sure forme le plus bel arbre branchu fluvial que l’on puisse dessiner. La Sure tout entière n’est qu’un arbre branchu d’épanouissement. Cet arbre constitue exactement le grand-duché de Luxembourg.

Les deux branches principales de la Sure sont le cours d’eau

lui-même et l’Alzetle. Leur confluent à Ingeldorff entre Ettelbrück et Diekirch est le premier point d’épanouissement dans le quadrant des deux branches principales de la croix faîtale de Sainte-Marie et sur le plateau ardennais. Ce point, limite du plateau ou de la région nodale ardennaise étendue, est un des mieux dessinés de tous les points analogues dans toute l’Europe. Il est aussi bien dessiné que le deuxième point d’épanouissement qui, au dessus de Martelange, accuse là pénétration sur le plateau central réduit ou dans la région nodale.

Si, du centre de Sainte-Marie, avec un rayondeGO kilomètres, distance de Sainte-Marie au confluent de l’Alzette et de la Sure, on décrit un cercle, on obtiendra, sinon absolument le plateau ardennais, au moins à très peu près ce plateau, et dans tous les cas la limite de son action efficace activante à la surface, concentrante et par conséquent expansive par réaction à l’intérieur.

Les expansions faîtales et les déversements de 1866 sont arrivées du midi. Les régions nodales faîtales méridionales, plus rapprochées des origines des expansions, fonctionnent avec plus d’énergie et d’abondance. La région arlonaise est donc supérieure à la région ardennaise centrale de Sainte-Marie; mais celle-ci est plus ancienne, elle a un relief plus considérable, et fonctionne plus facilement parce que ses couches souterraines ont été remuées plus souvent et plus anciennement. L’éruption y est facilitée par la rapidité avec laquelle le fluide déversé est enlevé; elle est facilitée parce que les dégagements y sont favorisés par les forêts qui couvrent aujourd’hui encore presque tout le plateau, qui en occupent dans tous les cas une très grande partie, surtout vers le centre. Celui-ci est le point du plus facile déversement et dégagement ; il appelle à lui avec une grande vivacité le fluide des courants inférieurs. Dans ces courants il est donc point principal de concentration et d’expansion par réaction lorsque, dans les déversements, l’appel est fait à de grandes profondeurs et que de grandes quantités de

fluide affluent de ces profondeurs vers le point d’appel. Ces affluences réagissent au loin dans les courants inférieurs , en même temps qu’elles continuent en partie leur mouvement ascensionnel vers la surface pour s’y déverser. Les parties déversées se dégagent ou s’échappent vers les bords du plateau dénudé, où elles trouvent des terres capables de surcharges. Or ces bords sont précisément les limites de la réaction expansive souterraine qui y renforce les déversements. Ils sont donc exposés à la surcharge par double affluence intérieure et extérieure du chef de l’action du centre ardennais , lorsque l’appel de ce centre se fait au moment d’un déversement général profond. Dans les circonstances ordinaires, l’action du centre ardennais s’exercera en sens contraire. Dans tous les cas, cette action s’exercera jusqu’à la limite précédemment indiquée, et qui, sauf quelques modifications, résulte de la géodésie comme de la géologie et du géologo-magnétisme.

L'épidémie trace également le plateau ardennais ou au moins le rayon d'action du centre de ce plateau beaucoup mieux que ne le font la géodésie et la géologie.

Celles-ci, par exemple, doivent être examinées de près pour montrer que l’action du centre ardennais ne s’étend pas également partout. Les localités groupées ou isolées rudement éprouvées par l’épidémie assignent d’emblée la limite de l’influence du centre ardennais dans toutes les directions.

En ce centre , pour des raisons que je n’ai pas à répéter encore , la surcharge par déversement est la moindre ; elle augmente concentriquement autour de lui avec le rayon , croît brusquement et atteint les maxima anomaux à une certaine distance, qui est généralement celle du plateau des Ardennes proprement dit, dont le sol se compose d’une très mince couche de terre reposant sur du chiste.

II est évident qu il y a des raisons pour lesquelles dans les soulèvements successifs, les pluies de terres qui ont accompagné ou

produit ces soulèvements, se sont arretées dans le rayon d'action expansif du centre ardennais, point de croisement des deux lignes d'expansion souterraines principales du système. Ces raisons, vous les retrouverez dans les ramifications fluviales qui dessinent les ramifications faîtales qui rayonnent du plateau central dans toutes les directions.

Il est tout aussi évident que je ne puis guère m’étendre ici sur ces raisons. •

Je puis montrer, et cela m’est facile, que les localités, groupées ou non, éprouvées par le choléra, en 1866, dans le système ardennais belge, se trouvent aux limites du plateau ardennais sur ses lignes faîtales et fluviales principales, dans les positions les plus favorisées , dans les situations géologomagnétiques les plus marquantes à priori.

Il y eut trois groupes épidémiques dans le système ardennais belge : ceux de Diekirch, d’Arlon-Messancy et de Marche.

Je n’ai plus guère à m’appesantir sur les conditions qui les ont créés. Les trois groupes se trouvent aux trois points géologomagnétiques absolument principaux qui résultent de l’intersection de la limite du plateau ardennais avec la voie fluviale principale et avec la voie faîtale principale du système. La voie fluviale principale de la Sure est parallèle. La voie faîtale est méridienne; c’est la branche méridienne faîtale principale d’Arlon à Sainte-Marie, prolongée par Saint-Hubert, vers Marche, Giney, Havelange , à travers la région nodale condrusienne et ensuite jusqu’à Liège et au delà.

Le groupe de Diekirch s’étend de l’embouchure de l’Alzette à celles des affluents et des points d’épanouissement plus bas dans toute l’étendue de la zone limite des Ardennes. Il occupe la région nodale mixte la plus importante du système. 11 s’est formé principalement aux extrémités des ramifications faîtales de la rive droite de l’Alzette qui ont leur origine dans la partie

méridionale de la région nodale arlonaise. Le groupe de Diekirch n’est donc qu’une dépendance de celui de Messancy.

L’explosion volcano-épidémique dans la région mixte de Diekirch est un prélude, un avertissement de ce qui ne tardera pas à arriver autour du centre faîtal.

Le groupe volcano-épidémique de Diekirch fut le premier et le principal.

Le groupe de Messancy occupe toute la partie centrale de la région nodale arlonaise. Il ne le cède guère en importance à celui de Diekirch, s’il n’est pas plus important. Je n’ai plus à revenir ni sur son importance, ni sur sa situation exceptionnellement remarquable.

Le groupe de Marche comprend cet endroit et Waha au centre, Hotton non loin de là aux bords de l’Ourthe, On et Jemelle (1) au point principal d’épanouissement de l’Homme. Ce groupe est loin d’avoir l’importance de ceux de Diekirch et de Messancy. Le sol est pour beaucoup dans cette moindre importance. La première cause de celle-ci n’en restera pas moins le plus grand éloignement de l’origine du mouvement et l’amoindrissement de la voie faîtale méridienne, sur laquelle le groupe de Marche est exactement assis, tout comme celui d’Arlon.

Le centre nodal méridional de la région nodale condrusienne de Pessoux n’est pas éloigné de Marche. Avant d’atteindre ce dernier point, le faîte méridien arlonais fait un grand coude autour des sources de la Wamme, c’est à l’extrémité de ce coude, où commence l’épanouissement du f^îte méridien, que se trouve le groupe de Marche.

Tels sont les groupes épidémiques développés exactement aux limites du plateau ardennais sur les deux voies principales ;

(1) Ces deux dernières localités ne se trouvent pas dans les documents ministériels.

l’une faîtale méridienne et l’autre fluviale parallèle qui aboutissent au centre du plateau.

Les localités isolées marquantes où l’épidémie a sévi avec intensité et de façon à signaler exceptionnellement ces localités, comprennent d’abord laRocbe également aux limites du plateau précédemment indiqué, et occupant sur la voie fluviale de l’Ourthe, deuxième par importance, une situation analogue à celle que Diekircb occupe sur la Sure.

L’influence faîtale qui vint faire éclater, et faire sévir le mal à la Roche est des plus remarquables; c’est celle d’un des rameaux parallèles les plus importants des Ardennes. Partant des sources de l’Ourthe orientale de près de Beho, ce rameau court droit vers les Tailles et Samrée, se bifurque en ce dernier endroit pour aller s’épanouir à la Roche, à Hotton et à Grand Han ; et ces épanouissements ont amené l’influence faîtale à la Roche et à Hotton. Les Tailles ou plutôt la Baraque de Fraiture est le centre nodal d’une annexe du plateau ardennais. Cette annexe est le plateau d’épanouissement du rameau de Les Tailles. Elle s’étend exactement jusqu’à la Roche, Houlîalize et Vieil-Salm. Sur le plateau s’est présentée la localisation épidémique la plus apparemment anormale qui ait été signalée en 1866. C’est celle du hameau de Berimesnil, de la commune de Samrée, à égale distance du point de bifurcation faîtal de Samrée et du point fluvial où rOurthe se divise en deux branches pour couler dans des directions diamétralement opposées parallèlement au faîte ardennais; point qui limite l’étendue de l’expansion centrale ardennaise dans le cadran de l’Ourthe. Berimesnil se trouve à égale distance et sur la direction des deux points à la fois. Placée comme la Roche à la limite de l’expansion ardennaise centrale et de celle du centre annexe de la Baraque de Fraiture, Berimesnil se trouve d’ailleurs à l’extrémité de l’une des branches du rameau de Les Tailles.

La Roche, Hotton et Berimesnil forment donc groupe à la

limite du plateau ardennais, aux extrémités faîtales du rameau parallèle de Les Tailles, dans la région nodale mixte du principal point de ramification de l’Ourtlie, deuxième cours d’eau par importance de ceux qui s’épanouissent sur le plateau ardennais.

La localité de Hotton peut être, en effet, considérée comme faisant partie du groupe de Marche, dont elle est assez rapprochée pour se trouver dans la même partie de la région condrusienne; elle peut être considérée comme faisant partie du groupe de la Roche, parce qu’elle se trouve à l’une des extrémités du rameau de Les Tailles comme la Roche ; mais Hotton peut être également considérée comme localité isolée placée sur l’Ourthe à la limite exacte du plateau des Ardennes tracée comme il est dit plus haut.

Le déversement fluvial par le thalweg de l’Ourthe fut donc extraordinairement considérable depuis Hotton jusqu’à la grande bifurcation entre la Roche et Houffalize. La Roche se trouve au milieu de cet intervalle, comme Diekirch se trouve à peu près au milieu de l’intervalle des confluents qui comprennent l’étendue des plus grands déversements effectués sur les bords de la Sure.

La première localité rudement éprouvée du tableau VI succédant par ordre d’importance et de position aux groupes ou aux localités isolées précédentes, est celle de Havelange; elle occupe près du deuxième centre condrusien de Porcheresse, et plus près de ce centre, une position analogue à celle qu’occupe Marche près du premier centre de Pessoux.

Le centre faîtal de Havelange, dans l’une des fourches principales des sous-ramifications condrusiennes, enveloppé des dernières ramifications fluviales du Hoyoux, est un des points ou la circulation magnéto-électrique est exceptionnellement active. Ce point se trouve d’ailleurs exactement sur le méridien géologo-magnétique ou faîtal et central ardennais. Je le répète, prenez la moyenne direction du faîte d’entre Meuse et Rhin,

d’Arlon et de Messancy à Sainte-Marie, prolongée au delà par le rameau de Saint-Hubert, de Marche, Ciney et Havelange, et vous aurez exactement la ligne Messancy-Marche-Havelange passant par les trois points principaux des groupes faîtaux ardennais, par les centres de ces groupes situés dans les positions‘géologiquement et magnétiquement les plus remarquables de deux des trois principales régions nodales ardennaises belges.

La ligne faîtale méridienne principale qui précède est prolongée obliquement jusqu’à son épanouissement près de Liège. Sur ce prolongement se trouve le petit groupe de Fraineux et de Yernée, non renseigné dans le tableau VI, où la maladie a cependant fait d’assez grands ravages.

Ainsi, la ligne faîtale principale méridienne ardennaise est dessinée tout entière, depuis son entrée en Belgique par Selange ou Messancy jusqu’à Liège, par trois groupes et une localité principale tenant lieu de groupes, tous exactement assis à cheval sur le faîte méridien et sur son prolongement condrusien terminal oblique au delà de Havelange vers Liège.

Les trois groupes placés sur le faîte méridien prolongé entre Samson et Hoyoux vers la Meuse, Andenne et Huy, sont non seulement assis à cheval sur le faîte, mais jalonnent également le mériden magnétique ou la ligne moyenne du faîte et la rencontre de celui-ci avec cette ligne moyenne.

Les groupes diminuent d’importance et les phénomènes épidémiques deviennent moins intenses en descendant le faîte de région nodale en région nodale, de son origine à ses extrémités. La propagation est successive. Les explosions premières ont eu lieu dans la région nodale supérieure, àAubange le 15 juin, mais plus généralement à Arlon, Messancy et Mussy la Ville, dans l’explosion générale du 27 juin.

Le mouvement de propagation franchit la région nodale centrale pour des raisons longuement développées, et éclata à

Marche dans l’explosion du 27 juillet, non moins générale que celle du 27 juin.

Comme toujours, bien avant l’explosion dans les dernières régions nodales faîtales, il y avait eu des manifestations aux extrémités faîtales. A l’extrémité du principal rameau condrusien qui prolonge le faîte méridien jusqu’à Seraing, Ougrée et Liège, le mal éclata presqu’en même temps qu’à l’extrémité arlonaise de la principale ligne faîtale méridienne des Ardennes. L’explosion de Seraing du 30 juin n’est postérieure que de quelques jours à celle générale du 27 dans la région arlonaise. L’explosion de Seraing fut prématurée, elle appartenait à la région nodale mixte liégeoise plutôt qu’au mouvement ardennais, qui n’y fit que contribuer.

Les explosions ardennaises mixtes commencèrent à Huy le 6 juillet, à l'extrémité méridienne; se communiquèrent de là à Ougrée le 11 en aval, et remontèrent en amont par Andenne le 16 juillet à Jambes lez-Namur (1), au pied du mamelon irrupteur terminal de Sainte-Barbe le 23 juillet, où le mal fit explosion quatre jours seulement avant l’explosion générale ardennaise du 27. Celle-ci encore ne fit pas seulement éclater le mal à Marche, mais frappa le coup principal aux extrémités faîtales des bords de la Meuse qui dépendent immédiatement du centre de Marche, depuis Namur jusqu’à Liège et même au delà jusqu’à Hasselt.

Le 27 juillet fut un des jours des plus funestes à Namur (2), Andenne, Seraing, Ougrée, Liège et Grivegnée, aussi bien que

(1) A Namur même le mal éclata le 8 juillet, mais ce premier début appartenait à la région nodale mixte namuroise tout entière, tandis que Jambes participa plus particulièrement aux mouvements ardennais. Il y eut trois explosions dans la région namuroise.

(2) Namur reçoit son dernier et principal contingent, le mal y débute brusquement et vigoureusement dans la période intense. Les annotations jour par jour commencent.

dans tout le système ardennais, aussi bien que dans le sytème nervien à Mons, etc.

A Grivegnée, extrémité faîtale du rameau ardennais deHerve, la maladie ne débuta sérieusement que le 28 juillet. Elle débuta brusquement. Elle avait débuté à Verviers le juillet. Le rameau de Herve, apportait donc son contigent à Grivegnée dans la région nodale liégeoise le 28, le jour même ou le lendemain du jour, 27 juillet, où le contingent condrusien arrivait à Ougrée; car c’est le 27 que commença sérieusement le mal à Ougrée (1).

Ainsi les 25 et 27 juillet, ce dernier jour surtout, le système ardennais fut en travail actif et énergique partout ; car il frappa encore à Arlon etMessancy; et, bien que dans ces deux localités principales la plus grande partie des déversements fût effectuée, ils continuaient encore abondamment dans la région nodale. Les 25 et 27 juillet furent les deux derniers jours exceptionnellement et remarquablement funestes à Aubange, aussi bien que les 24 et 27 à Arlon, et le 26 à Messancy. C’est dans ce dernier endroit et à Aubange que les effets sont les plus accentués. A Bleid, la période sérieuse commence le 26 et à Mussy la Ville le 27 juillet. C’est à ces dates que commencent les annotations jour par jour des décès.

Ainsi, tandis que l’épidémie frappa ses derniers coups rudes les 25-27 juillet, surtout ce dernier jour, dans les centres volcaniques à peu près épuisés, au cœur de la région nodale supérieure arlonaise des Ardennes, tandis qu’elle y entra brusquement en période intense dans les centres à peine en travail; elle débuta, à Marche, au centre de la troisième région nodale ardennaise subordonnée faîtale méridienne directe de la région

(1) Liège reçut donc ses derniers contingents ardennais le même jour que Namur. Aussi est-ce dans TA. H. suivante que la mortalité y atteignit son maximum absolu les 31 juillet et 1" août.

supérieure aiionaise; et elle montra son action recrudescente et violente le même jour, non seulement dans toutes les dépendances condrusiennes du centre de Marche, mais encore dans les parties les plus orientales du système ardennais, sur les bords de la Vesdre et dans toute l’étendue du rameau de Herve. Liège et Namur, les deux centres mixtes principaux des bords de la Meuse, reçoivent leurs contingents définitifs, et ces contingents se manifestent d’une façon irrécusable. Le mal entre en période sérieuse à Namur et y frappe fort, le 27. 11 frappe très fort, les 25 et 27, et produit la mortalité maximum, le 31, à Liège où il est déjà en pleine action. Il entre en période intense à Ougrée et à Grivegnée, les deux extrémités faîtales les plus dangereuses du rameau du Condroz et de celui de Herve. Le jour même, 27 juillet, le mal fait son apparition à Hasselt dans la région nodale tongroise dont l’axe méridien prolonge celui de Liège. Il éclate à la limite de la région à l’extrémité du méridien dans la région fluviale la plus favorisée.

Le même jour, le coup le plus funeste de l’année est frappé^ à Canne, également à la limite de la région tongroise et de l’extrémité faîtale d’entre Geer et Meuse, à l’extrémité de ce rameau qui a joué un rôle si considérable dans tout le système épidémique et qui, le premier, manifesta vigoureusement les mouvements dans le système nervien.

Le mouvement du 27 juillet fut donc un des plus complets; il fut absolument complet dans le système ardennais, et affecta vivement et vigoureusement ce système dans toutes ses positions marquantes ; il affecta également le système de Mons et de son méridien, et s’étendit suivant le faîte nervien jusqu’à la région nodale éburonne.

Les mouvements des 25 et 27 juillet sont continués les 29 et 31 dans le système ardennais comme à Mons, comme ailleurs. Un violent dégagement orageux du 29 dans les Ardennes orientales, conduit par le rameau principal qui s’épanouit entre

Pepinster, Verviers etLimbourg, et aux extrémités ramifiées duquel s’est développé le système verviétois, éclatant au dessus de ce système, amoindrit brusquement et considérablement les surcharges au centre verviétois même. Le même soir le mal éclata au centre éburon, à Tongres.

Le 31 juillet eut lieu la deuxième explosion dans la région nodale condrusienne. Je ne m’étendrai pas sur les vigoureux icoups généraux des 31 juillet et l®"" août à Liège, Namur, déjà connus. Le mouvement des 31 juillet et l®*' août affecta Mussyla-Ville, Bleid (fort), et leurs environs dans la région arlonaise (Aubange, Arlon, Messancy, [faiblement]).

Le mouvement faîtal méridien ardennais et condrusien, continuant au delà de Havelange à partir du 31 juillet, atteignit les dernières bifurcations ou le centre nodal terminal de Fraineux vers l’A. H. du 8 août. La maladie s’est donc propagée suivant lie faîte méridien ardennais et dans toutes ses dépendances dans les grandes expansions générales des A. H. des 27 juin, 25-27 juillet, 31 juillet-l®'" août et 8 août. Une seule des grandes expansions n’a pas fourni d’explosions, c’est celle culminante du 19 juillet, si violente dans les centres nodaux du Haut- Luxembourg et durant laquelle le mouvement faîtal devait atteindre la région nodale centrale de Sainte-Marie où, pour les raisons suffisamment établies, il n’est pas parvenu à se manifester épidémiquement.

L’A. H. du 4 juillet, si violente également dans les centres nodaux du Haut-Luxembourg, n’avait pu, à plus forte raison, sévir que dans ces centres nodaux.

Le mouvement du 19 juillet cependant se faisait sentir vivement aux extrémités liégeoises de Seraing, d’Ougrée et de Grivegnée, et son influence s’y prolongeait, comme à Messancy, jusqu’au 21. Pendant que la surcharge grandissait dans la région liégeoise du chef des aflluents de la rive droite, elle continuait à augmenter par les aflluents du rameau hesbayen

suivant lequel le mouvement s’était manifesté jusqu’à ses extrémités de Herstal et de Canne, dès le 17, et dans lequel les mouvements nerviens accusés dans la région centrale par l’explosion du 20 à Nivelles, et par les manifestations bruxelloises des 20 et 21, devaient également continuer. Ce sont ces mouvements simultanément prolongés qui ont fourni cette recrudescence extraordinaire des 20 et 21 juillet, au delà de la date culminante du 19, à Liège. Le contingent dans la région liégeoise étant complété, l’expansion magnéto-électrique y était devenue considérable avant de se manifester épidémiquement; mais elle s’est bien rattrapée après. Le contingent était complété, comme je l’ai montré, par Grivegnée le 9, par Ougrée le 11 juillet, et l’expansion atteignit, le 10 même, à Hollogne -aux- Pierres, son maximum d’extension vers l’origine du rameau hesbayen.

La première mortalité un peu forte du début sérieux à Liège est de l’A. H. du 4 juillet. Ce début participa au mouvement arlonais. Il fortifia l’expansion de la région nodale liégeoise et l’étendit jusqu’à Montegnée. La première recrudescence un peu forte dans la région liégeoise est du 9, donc exactement due à l’arrivée des contingents ardennais par les rameaux de Herve et du Gondroz. Cette recrudescence est très bien en relief.

La région liégeoise est le point du passage méridien principal oriental à travers le seuil parallèle belge vers Tongres, Hasselt, Beeringen etTurnhout, vers la branche ménapienne du faîte d’entre Meuse et Escaut.

Le dernier passage oriental est celui de Verviers, dans le nord-est belge du système ardennais. Le deuxième rameau nord-est ardennais par ordre d’importance géologo-magnétique ou de relief est celui qui, partant du mamelon culminant de la baraque Michel, va se terminer entre Pepinster et Limbourg, dans le mamelonnage d’irruption terminale de Pepinster, Ensival, Verviers, Stembert et Limbourg, l’un des plus remarquables

de la Belgique. Ce mamelonnage des bords de la Vesdre, devant le rameau parallèle de Herve, est l’une des contrées les plus volcaniques de la Belgique. La situation est analogue à celles occupées par les groupes d’Aubange-Virton et de Mons-Boussu ; mais la volcanicité y est bien supérieure.

Les grands boisy occupent encore presque toutes les positions capables de favoriser les déversements et les dégagements. Ceux-ci et leurs conséquences s’y sont manifestés dans les positions les plus favorisées; comme chacun pourra s’en assurer par un coup d’œil jeté sur une carte topographique. Pepinster, Ensival, Hodimont, Verviers, Stembert et Limbourg ont évidemment des positions à tous les égards exceptionnelles.

Dans presque toutes les régions du système ardennais, il existe encore des forêts et de grands bois. Il en existe encore surtout dans les régions nodales des plus grands déversements et dégagements où se sont manifestés leurs conséquences épidémiques. Aussi les localités frappées occupent-elles dans toutes ces régions, comme dans celles d’Arlon et de Rhode Saint-Genèse, les positions les mieux choisies, aux limites et dans les rayons d’action des bois, où devait se concentrer le fluide dans la zone favorisée du déversement au delà du rayon d’action du dégagement. Telles sont particulièrement les positions de Waha, On et Jemelle, dans le groupe de Marche ; Havelange et Yernée, sur le faîte méridien ; la Roche, Hotton et Berimesnil, à l’extrémité du rameau parallèle élevé, si important et si vigoureusement dessiné, qui, partant des sources de rOurtbe, du hameau de Deyfeld, va par les puissants mamelons des bruyères Doutremont, du hameau de Courtil de Les Tailles et de Samrée se terminer dans les grands bois de la Roche, aux bords desquels se trouve le hameau de Berimesnil. Telles sont aussi, je le répète encore, toutes les positions dans le groupe verviétois.

En dehors du tracé de l’épidémie qui précède, il reste quel-

ques rares localités isolées, également toutes situées dans des positions de choix. Jusqu’à présent, la marche de l’épidémie ne nous a guère écarté de la grande voie faîtale méridienne, si complètement tracée, sauf en ce qui concerne les deux régions nodales mixtes de Diekirch et de la Roche, sur les deux cours d’eau principaux de la Sure et de l’Ourthe aux limites du plateau ardennais; sauf aussi les extrémités des grandes voies faîtales ardennaises aux bords de la Meuse, et celles si remarquables des bords de la Vesdre.

Les rameaux qui s’épanouissent à la Roche et à Verviers, partent des points nodaux ou culminants de la branche faîtale parallèle de la croix de Sainte-Marie. Il y eut donc de puissants mouvements dans cette branche dirigée de Sainte-Marie vers Bastogne. Ces mouvements ne restèrent pas absolument sans manifestation épidémique sur le faîte même, malgré la difficulté de cette manifestation. Il y eut une courte explosion volcanoépidémique très tardive à Bastogne, aux limites de la région nodale centrale ardennaise, à cheval sur le faîte d’entre Meuse et Rhin lui-même. Il y en eut une aux limites de la région centrale, aux bords du troisième cours d’eau principal, à Florenville sur la Semoy; elle fut également explosive et tardive.

Il y eut une explosion tardive également, mais de moindre importance, et non rapportée dans les documents officiels, à Beauraing, vers l’extrémité du rameau d’entre Lesse et Semoy qui prolonge la branché faîtale parallèle de Bastogne, comme le rameau de Marche et du Condroz prolonge la branche faîtale d’Arlon. Si je cite l’explosion de Beauraing, c’est à cause de la situation remarquable de la localité, placée à la fois à la limite du plateau ardennais et de la région condrusienne, et d’ailleurs dans toutes les conditions de plus grande volcanicité, aux sources du Biron affluent de la Lesse, à la limite de très grands bois et sur le plateau terminal de la branche du rameau d’entre Lesse et Semoy, qui s’arrête dans le remarquable coude de Hastière.

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