IJ
nov. — 1, — 7, — 15,-23,-30
déc. », — 12, — 19, — 28
Ces jours moyennement constants depuis des siècles, mais plus ou moins mobiles autour des positions moyennes, c’est à dire pouvant être en avance ou en retard d’un et même de deux jours, exercent des influences considérables sur les modifications incessantes des systèmes et des courants magnéto-électriques terrestres et leurs conséquences, ce qui leur donne une très grande importance.
Le lecteur sera sans doute étonné que les savants n’aient jamais signalé cette période constante visible à l’œil nu dans tous les phénomènes de physique, de météorologie et de physiologie, auxquels elle commande et qu’elle force d’arriver à jour et à heure fixes.
Quand j’aurai montré comment les accélérations hebdomadaires ordinaires des 22-23 mai, 26-27 juin, mais surtout celles des 18-19 juillet, 31 juillet-1®' août, 8 et 29-30 août ont semé
l’épouvante et la mort dans toute la Belgique en doublant et en triplant brusquement la mortalité cholérique partout où le mal sévissait, il faudra bien que ces messieurs se rendent à l’évidence et cessent de me traiter de rêveur.
Les accélérations hebdomadaires du tableau précédent sont sous lignées par un ou par deux traits selon l’importance du phénomène qui les accuse.
Celles qui sont soulignées, les quatre années 1852-1855, sont donc généralement les plus importantes ; après elles viennent celles trois fois soulignées.
Quatre fois soulignées en 1852-1855, sont les accélérations hebdomadaires des^et 21 février, 12 et 15 mars, 1^ septembre et 18 octobre. Ce sont les dates volcaniques par excellence.
Trois fois soulignées sont les accélérations des 11 janvier, 15 février, 20 et 27 mars, 10 et 24 avril, 8-9 mai, 26-27 juin, 8 août, 11 octobre, 15, 29 novembre, 13, 21 et 28 décembre.
Toutes ces dates furent extraordinairement en relief dans les phénomènes météorologiques et épidémiques de 1866. Ces derniers sont [littéralement encadrés dans les dates du 27 mars, 25 avril, 26-27 juin, 8 août, 14 septembre et 11 et 18 octobre.
D’un autre côté, quand j’aurai montré le rôle qu’ont joué dans l’épidémie de 1866 la thermo-électricité ainsi que le mouvement et les positions marquantes de la lune, j’amenerai peut-être le public à demander compte aux « maîtres de la science » de leur mutisme au sujet de ces deux grandes questions si nouvelles et si actuelles, si simplement et si complètement traitées et résolues dans le Manifeste du magnétisme.
Je renverrai ceux qui voudront approfondir ces matières à la Détension hebdomadaire de la page 21 du Manifeste pour les détails concernant la fluctuation hebdomadaire, comme à la Thermo-électricité de la page 17 et à ITnfluence lunaire de la page 34, où les trois § essentiels à mon travail actuel se suivent, et forment comme des prologues de celui-ci.
On remarquera que le Manifeste était publié avant l’apparition du choléra en Belgique en 1866. Si donc les fluctuations de celui-ci suivent exactement les mouvements hebdomadaires, leur liaison ou dépendance est incontestable.
Les jours des accélérations hebdomadaires, faiblement en avance ou en retard dans les parties du globe plus ou moins rapprochées des pôles magnétiques, y sont également en évidence dans les faits, et peuvent y être déterminés au moyen d’observations physiques, météorologiques et physiologiques de tout genre. Je les avais établis dès 1858, dans le troisième volume du Magnétisme, page 235, chapitre XV, intitulé Allure générale de la circulation magnétique de l'époque sur toute la surface du globe, établie pour Vannée 1841, et résultant de la comparaison des moyennes des observations de Toronto et de Hobartown.
Ce chapitre écrit au point de vue exclusif de la science du magnétisme terrestre, sans aucune préoccupation de physique du globe ou de physiologie d’aucune espèce, discute une série des plus belles expériences qui aient jamais été faites ; et je n’y ai pas changé un seul chiffre. Je les ai discutées telles qu’elles sont présentées dans les remarquables documents anglais dressés sous la haute direction du général Sabine.
La Thermo-électricité, page 17 du Manifeste commence ainsi : « La fluctuation hebdomadaire a pour origine une détension « polaire. » Il continue (page 22) comme suit : « Bref, les dé- « tensions polaires se communiquant, provoquent les réactions « et appellent le fluide des courants magnétiques terrestres inté- « rieurs à la surface du globe, et de celle-ci vers les hautes régions « at7nosphériques déchargées. »
« La réaction des courants intérieurs produit les phénomènes volcaniques et leurs dépendances (les principaux phénomènes généraux de physique, de physiologie et de météorologie). »
Voilà qui est bien clair et bien net. J’ai étudié les observations météorologiques de beaucoup d’années; je n’ai pas encore celles de physique et de météorologie de l’année 1866; et cependant, par ce qui m’en est connu, je puis la déclarer la plus orageuse, la plus volcanique et la plus épidémique de toutes celles que j’ai étudiées.
Non seulement elle fut extraordinairement orageuse, volcanique et épidémique, mais tous les phénomènes obéirent si complètement âux fluctuations hebdomadaires, qu’il est rare que les phénomènes de genres différents, orageux, volcaniques et épidémiques ne se présentent pas simultanément et aux jours fixés à priori, si bien qu’il serait aussi difficile de nier la corrélation des phénomènes que leur dépendance du mouvement hebdomadaire.
Nous verrons, lecteurs, si en présence des journées des détensions hebdomadaires ordinaires établies à priori de dix façons différentes, et si orageuses en même temps que si épidémiques des vingt six-vingt sept juin, dix sept-clix huit-dix neuf, vingt cinq juillet, 31 juillet-i^^ août, sept-huit, quatorzequinze et vingt un-vingt deux, vingt huit-vingt neuf août 1866, vous vous contenterez encore, comme à propos des milliers de preuves accumulées par moi depuis des années dans le Magnétisme, V Humanité et le Manifeste, de ces acclamations banales qui trahissent l’ignorance ou l’embarras de la science actuelle ; c’est remarquable , ingénieux, extraordinaire! quelles coïncidences! le hasard joue vraiment un singulier rôle dans le monde ! etc., etc.
Je n’ai cité plus haut que les dates hebdomadaires ordinaires très marquantes en pleine saison orageuse et surtout épidémique; mais la fin de l’année 1866 offre des phénomènes aussi multiples, aussi coïncidents, mais cette fois plus tempétueux, orageux et volcaniques qu’épidémiques. Parmi eux se trouvent surtout ceux des accélérations hebdomadaires qui ont précédé
et suivi les équinoxes d’automne les 14 et 27 septembre et le solstice d’hiver le 13 décembre, fin de l’année magnétique 1866, le 28 décembre et les 2, 3, 4 janvier débuts de l’année magnétique 1867. Toutes les détensions hebdomadaires ordinaires, renforcées ou modifiées par l’influence lunaire, tous les incidents dus à cette influence seule, depuis la date orageuse volcanique du 14 septembre du tremblement de terre de Paris et du centre de la France, jusqu’à celles des orages des 14 et 27 décembre et des tremblements de terre plus généraux et plus étendus des
2, 3 et 4 janvier en Algérie, les 2 et 4 à Spa et en Belgique le
3, furent extraordinairement marquantes sous l’un ou l’autre rapport, plus généralement sous plusieurs rapports. Depuis les 4 et 11 octobre qui ont débarrassé la circulation magnéto-électrique terrestre de ses surcharges épidémiques, la tempête régna en permanence et reprit avec fureur à chaque détension hebdomadaire ordinaire et à chaque position lunaire influente jusqu’à la fin de f année 1866, et nous n’en sommes pas encore débarrassés à la fin de janvier 1867.
Les influences lunaires sont celles des pleines et des nouvelles lunes, que je désignerai par P et N; celles des passages équatoriaux ou équinoxiaux, que je désignerai par + E ascendant et — E descendant ; celles des plus grandes déclinaisons australes et boréales que je désignerai par — D et -j- D, et celles des apogées et des périgées que je désignerai par ap et pé.
J’appellerai dorénavant aussi A. H. les accélérations hebdomadaires ordinaires et je désignerai par T. M. les transformations mensuelles.
Les influences lunaires sont de deux espèces : les unes accélératrices ont pour type les P. L., ce sont les — D, — E et pé, les autres retardatrices ont pour type les N. L., ce sont les-f-D, + E et ap.
Les influences accélératrices lunaires renforcent et avancent
les effets des A. H.; les influences retardatrices diminuent et retardent ces effets.
Les influences lunaires accélératrices avancent les accélérations hebdomadaires ordinaires quand elles les précèdent à faible distance; elles les retardent ou s’y substituent quand elles les suivent de près.
Tous ces objets détaillés dans le Manifeste ressortiront une fois de plus avec une grande netteté des phénomènes épidémiques, mieux encore que des phénomènes météorologiques et volcaniques de l’année 1866.
Ce sont les accélérations hebdomadaires ordinaires renforcées, avancées ou retardées par les influences lunaires accélératrices des P — E, — D et pé, qui, en 1866, en Belgique, ont amené tous les déversements et toutes les fortes et brusques recrudescences épidémiques générales préparées par les influences concentrantes des N, -j- D, E et ap.
Ce sont les accélérations ordinaires des 26-27 juin renforcées par — D du 26 et P du 28, celles des ISA9 juillet renforcées par — E du 17 ; celles des 2o-26 juillet suivies de la P. L. du 27, jour principal; celles du 29 août, précédées de la P. L. du 26 et du pé du 31, qui ont dominé et dirigé le mouvement épidémique de l’année 1866 ; si bien que la plus insigne mauvaise foi négatrice ne saurait les contester; c’est ce dont chacun de mes lecteurs peut s’assurer à l’inspection de n’importe quel document statistique du choléra qu’il veut se procurer pour n’importe quelle localité de la Belgique, et c’est ce que je vais essayer de lui démontrer, jusqu’à l’évidence, par l’examen de tous les documents et chiffres que j’ai pu me procurer pour toute la Belgique et pour toute la durée de l’épidémie. J’en fournirai, je pense, assez pour édifier ceux de mes lecteurs qui ne se refuseront pas obstinément à l’être.
^ PréTisions
Afin de couper court aux exclamations banales et aux fins de non-recevoir, je me permettrai de citer quelques lettres écrites à un de mes amis, M. le lieutenant-colonel Brialmont, au sujet de différents sujets scientifiques, lettres dans lesquelles les principales étapes épidémiques de 1866 sont prédites. Ces prédictions ou prévisions ne permettront pas l’appel au hasard pour esquiver les coïncidences remarquables, extraordinaires, etc. !
Ces citations auront d’ailleurs, pour but utile, de tracer d’emblée une marche d’ensemble des mouvements magnétiques et épidémiques, tels que je les avais conçus et tels qu’ils se présentèrent et m’impressionnèrent au fur et à mesure de leur développement.
Mes lettres montreront mieux que je ne pourrais le faire la succession des principaux déversements ou l’établissement de la charge magnéto-électrique terrestre et de l’influence épidémique simultanément croissantes qui en sont résultées. Car, objet peut-être digne de remarque, aux époques des principaux déversements ma correspondance devenait tellement active, que j’écrivais presque tous les jours, comme ce fut le cas les 27 et 29 avril, T, ^ 9, 10 juin, 19, 22 juin,^, ^5
6 juillet, 24, ^ et 31 juillet.
Voici comment débutent mes lettres, le 27 avril :
« Depuis trois semaines que la circulation magnétique suce perficielle est dans sa principale phase d’activité, d’accélé- (c ration de détension et de refroidissement, elle n'a encore
(c provoqué que des décharges de l'intérieur vers la surface. Bien
« plus, ces décharges n’ont fait que croître et embellir. Celles « des 4 et 11 (avril) de Luxembourg et de Diekirch, pour avoir « été les plus considérables et les plus désastreuses, ne sont « pas isolées. J’avais compté sur le 25 (1). Ah oui ! Ce jour « même il y a eu la plus rigoureuse décharge ici. Après une « journée chaude possédant tous les caractères précurseurs du « fait, le soir, entre huit et neuf heures, le mamelon montois « s’est trouvé tout à coup couvert d’un épais brouillard, sec, « puant, venu d’on ne sait où ni comment.
« C’est ce jour même, 25, que la température a repris défiiii- « tivement ces allures anormales qui ne signifient rien de bon. « Il n’y a pas encore péril, je crois, parce que les semaines (c 18-25 avril et 25 avril-1®'' mai sont coutumières du fait. Elles « sont volontiers anormalement chaudes par affluence mérite dionale ; mais les anomalies de cette année ne sont pas de « ce genre; elles continuent, au contraire, le déversement (de « 1865); pourvu que ce ne soit pas le commencement de celui-ci, « nous verrons {^). La pleine lune de dimanche nous montrera ce « qu’il faut en penser.
« Le dégagement d’avant-hier ici nous a momentanément « débarrassés ; mais il avait de vilains caractères (3). »
Le début sérieux des déversements ici à Mons, est suffisamment caractérisé ainsi.
Voici la suite :
29 avril.
« Hier, 27° ici à ma fenêtre à l’ombre, à midi; aujourd’hui
(1) Une des dates trois fois soulignées dans le tableau des A. H.
(2) C’était le commencement 1
(3) Le débarras n’avait été, en effet, que fort momentané et fort imparfait ; une partie au moins do la charge resta. Celle-ci, à partir de ce moment, augmenta à chaque A. H. suivante : les 2, 9, 10, 23 et 30 mai, etc., qui toutes fournirent leurs contingents.
« à la même heure, celle où je trace ces lignes, douze degrés! « Et la rousse (lune) ne sera pleine qu’à 9 h. 32' du soir. Si « une pareille détension n’est pas définitive et ne ramène pas « un peu de régularité dans la situation climatérique , si « demain ou après demain les dégagements doivent recom- « mencer; c’est à décourager. »
Ainsi, l’A. H. du 2b avril provoqua un premier déversement considérable qui éleva brusquement la température à une hauteur énorme pour l’époque. La pleine lune du 29 avril qui suivit, abaissant subitement la température de quinze degrés (i), semblait avoir balayé toute la charge déversée. Il n’en était rien, le balayage n’avait été que très superficiel, et le fluide enlevé n’a pas tardé à être restitué par les couches inférieures.
Pour comprendre toute la portée des lettres précédentes, des notions du chapitre vi du Manifeste intitulé Modifications générales, universelles et périodiques de la circulation magnétique du globe, etc., page 9b, sont nécessaires.
Et, pour ne pas y revenir, j’ajouterai que le Manifeste tout entier n’est en quelque sorte qu’un préambule ou avant-propos de mon travail actuel : ce préambule, bien que résumant les parties essentielles de mes travaux antérieurs, semble être fait avec préméditation à mon point de vue actuel. Il est vrai de dire que la situation climatérique du moment me préoccupait surtout au point de vue épidémique lorsque je l’écrivais.
La connaissance du Manifeste tout entier facilitera l’étude de mon travail actuel, et je dois pouvoir m’y rapporter, au moins vis-à-vis de ceux de mes lecteurs qui voudront approfondir la question des épidémies et la voir avec moi sous toutes ses faces.
(1) C’est une des plus fortes chutes et délensions que je connaisse, et cependant il m’en a bien passé sous les yeux.
— Tl —
Pour bien comprendre mes lettres des 27 et 29 avril, il faut avoir quelques notions du système quadriennal, ou du rouage modificateur quadriennal, ou du méridien magnétique principal du système quadriennal , celui de la plus active et de la plus intense circulation superficielle du moment, et qui, contribuant le plus aux modifications magnéto-électriques terrestres du moment, précède ou suit le point équinoxial du printemps à une distance angulaire de 90°. Ce méridien passait parla vallée europo-colombienne (thalwegde l’Atlantique par 32°30' de longitude occidentale), dans les semaines magnétiques des 20-27 mars, 27 mars-4 avril, 4-11 et 11-18 avril.
La vallée europo-colombienne étant une ligne géographique de plus active circulation, le passage quadriennal de la fin de mars devait activer universellement la circulation magnétique à la surface du globe et hâter l’enlèvement des surcharges déversées en 1865. Il devait faire disparaître la cause de l’épidémie de 18C5. Il la fit disparaître, mais fit naître celle de 1866.
Il enleva les déversements de 1865, pour faire place, au moins dans le nord, à ceux bien plus importants de 1866, qu’il provoqua, et qui commencèrent à s’effectuer dans le mouvement d’accélération superficielle et universelle même. Cette accélération universelle provoqua le début du déversement général à Diekirch (I), mon endroit natal, de la même manière que toutes les accélérations hebdomadaires ordinaires qui suivirent, provoquèrent des recrudescences dans les déversements généraux et locaux et dans leurs conséquences épidémiques, comme je le montrerai pleinement.
Dans ma première lettre du 27 avril, il est déjà question des décharges ou déversements recrudescents des A. H. des 4 et 11 avril.
(1) L’explosion volcano-épidémique Violente de Diekirch dura exactement le passage quadriennal sur la vallée europo-colombienne, en marquant les dates A. H. généralement marquantes des 27 mars et il avril.
L’influence épidémique des dates A. H. ne faisait donc pas de doute pour moi avant même qu’il y eût eu aucun cas de choléra en Belgique.
Aux A. H. qui suivirent celle du 25 avril, les 2, 9, 16 mai, la surcharge magnéto-électrique générale se fortifia si bien que, dès le 16 mai, il parut déjà un cas de choléra çà et là (Anvers, Gand, Messancy, Marche-les-Dames).
Le 16 mai même des cas isolés à Anvers marquèrent cette date, à laquelle commence également une courte période épidémique explosive ou volcanique de huit jours ou d’une fluctuation hebdomadaire exactement, celle du 15 au 22 mai, à Marche-les-Dames, près de Namur, dans l’un des sites les plus volcaniques des bords de la Meuse.
Mais le véritable commencement des hostilités est du 23 mai. Or ma première lettre sur ce sujet, après celle du 29 avril, est du vingt-trois mai.
La voici :
« J’ai expédié hier VHumanité (les premiers exemplaires). Je « les ai expédiés hier de trois à quatre heures ; hier, jour de « détension hebdomadaire et au milieu du plus beau dégagement « complet et sur toute la ligne; c’est à dire ayant affecté, je « pense, tout le pays ; mais particulièrement intense à Bruxelles, « à partir de trois heures, heure à laquelle V odeur de tourbe a (c commencé à devenir intense.
« Si tu avais été prévenu hier, tu aurais vu clairement et « nettement la manière dont se présentent les dégagements « magnétiques en plein jour, plein soleil ; tu aurais remarqué : « Cette atmosphère lourde, cette brume sèche, épaisse, chaude, « brillante et puante qui incommode, agite et fait transpirer (1).
(1) Ce sont les signes précurseurs des déversements ; ils précèdent immédiatement et accompagnent ceux-ci, mais disparaissent dès que les charges, atteignant la surface, entrent dans la circulation active.
« Elle a dû être épaisse à Anvers et tu l’as dû voir sur Bruxelles « à ton retour d’Anvers. »
Elle a dû être épaisse, en effet, à Anvers, puisqu’elle y produisit le premier double cas de choléra, pour mieux y marquer la date de la première recrudescence de l’influence épidémique. Celle-ci débuta à Bruxelles à la même heure (1).
Ces débuts furent, très peu de temps après, reconnus officiellement au conseil communal par le bourgmestre, y déclarant que la maladie qui avait éclaté le 23 mai n’avait pas le caractère de gravité qu’on lui attribuait.
Voici la suite à ma lettre du 23 mai :
24 mai.
« Le dégagement (2) magnéto-électrique que je signalais « comme ayant commencé vigoureusement avant-hier (22 mai) « après le passage supérieur (1 h.) k Bruxelles, a continué la « nuit de mardi à mercredi (22 au 23) et a atteint toute sa splen- « deur hier mercredi (23 mai) au passage supérieur entre une et « deux heures, au moins ici.
(1) Elle marqua d’une façon plus éclatante à Messancy. On trouvera dans ce travail des développements complets sur la première date magnétique et épidémique marquante, qui fut bien celle des 22-2S mai de ma lettre du 23 mai et des deux suivantes.
(2) Je me servais encore indifféremment du mot dégagement et déversement pour la décharge des courants terrestres inférieurs dans les courants superficiels ; tandis que ces décharges sont des déversements. Le dégagement a lieu des couches terrestres superficielles dans l’atmosphère sous forme de brouillards véritables, épais et humides ; tandis que le déversement est annoncé et accompagné, comme je l’ai dit, par la brume sèche. Le dégagement précède ou suit souvent immédiatement le déversement ; il le précède surtout sous la forme des orages. Presque toutes les recrudescences du déversement de 1866 furent, comme je l’ai dit, précédées immédiatement de dégagements orageux généraux considérables par tous les faîtes des montagnes et surtout par leurs points de croisement ou régions nodales.
« Je n’en ai jamais vu de si fort. Il a dû être général, puisqu’il « a duré les 24 heures (du 22 à 1 h. jusqu’au 23 à 1 h.) de la « détension du 22-23 mai. C’est la purge définitive, j’espère (1). « Pourvu qu’il n’en reste rien dans la circulation, ce qui n’est « pas fort à craindre, le ciel couvert d’aujourd’hui signa- « lant l’accélération ordinaire avec détension et refroidisse- « ment (2). »
Voici la fin de mes lettres des 23-23 mai :
25 mai.
« La terre, après sa vigoureuse purge de mardi-mercredi « (22-23 mai) que lui a administrée la détension du 22-23, « rigoureusement en coïncidence avec le passage équatorial de la « lune du 23 à 6 h. du matin, s’était affaissée hier comme je « ne l’ai jamais vue. Elle commence à revivre et à respirer « aujourd’hui (à se rechauffer). »
L’affaissement ou le refroidissement qui suivit le déversement du 22-23 mai fut brusque et considérable, comme celui signalé plus haut du 29 avril qui suivit le déversement de TA. H. du 25 avril.
Le premier affaissement suivit le déversement de plus près. Tous les deux ne furent que très momentanés. Les refroidissements des 29 avril et 24 mai ne furent que très superficiels.
Après le déversement du 22-23 mai, l’influence épidémique existe généralement, et n’attend plus que ses renforts pour se manifester pleinement.
(1) C’était le commencement sérieux de l’affaire. On voit que je conservais encore quelques illusions.
(2) J’avais encore confiance dans les décharges par accélération.
La détension du 29 mai, bien que commençant la transformation de mai, ne fit pas beaucoup de bruit (1).
J’écrivis le 29 mai même ce qui suit :
« Si vous êtes en route pour Termonde, vous êtes puni. Gela « vous apprendra à braver un jour de pleine lune. J’espère que « le temps s’est simplement couvert et qu’il s’est mis à pleuvi- « ner par habitude. Il ne faudrait pas s’y fier. La lune a choisi « un fameux moment pour être pleine : 1 h. 27' du soir; la cir- « culation est déjà dès à présent comme arrêtée et certes elle « n’atteindra pas grande vigueur. »
Elle n’a pas atteint grande vigueur ce jour pour en déployer davantage les suivants ; comme il résulte de ma lettre du 8 juin, le lendemain de l’A. H. du 7 juin.
8 juin.
« Il fait une journée splendide, je me sens galvanisé. « L’effet désastreux des premières chaleurs qui sont arrivées « brusquement avec la transformation du 31 mai est fini. « Je commence à me sentir à l’aise dans la vigoureuse « circulation régularisée de juin, dont le principal jour sera le « douze. »
La lettre du lendemain 9 a une importance plus grande :
9 juin.
« L’éclat et la splendeur du soleil ne font que croître et « embellir. Ils ne s’arrêteront d’ailleurs pas là ; c’est seulement « mardi 12, nouvelle lune ;’et le lendemain 13, plus grande dé-
(1) Début de l’épidémie à Molenbeek-Saint-Jean le 30 mai, exactement une semaine magnétique après son début à Bruxelles.
« clinaison boréale, les deux positions lunaires chauffantes (1) « les plus importantes, l’une sur l’autre, en coïncidence avec « l’accélération hebdomadaire du 13 (2) qui précède le maximum « de charge et le maximum d’énergie annuels dans la circula- « tion. Les douze et treize juin sont les deux jours de la plus « grande énergie physique et morale (3). »
« L’année non coïncidente 1866 est une année irrégulière de « désordre, elle ouvre une phase de ce genre. L’année 1866 « est d’autant plus désordonnée que la terre continue à purger.
cc Les charges enlevées (4) aux plus grandes profondeurs en « 1863, 1864 et 1865 n’ont pas été entièrement déversées ces « années et surtout en 1865. A la fin de cette année, il en res- « tait autant en arrière qu’il en avait été déversées.
« La détension superficielle universelle du passage (quadrien- « nal) europo-colombien du 4 avril au 31 mai (5) a appelé suc- « cessivement vers la surface les charges inférieures en excès. « Elles ont produit des irruptions générales et locales remar- « quables à commencer par l’irruption régionale du Luxem- « bourg.
« Je t’ai signalé le dégagement général très complet du « 22-23 mai. Le lendemain il y avait une réaction un peu « froide ; mais le surlendemain le dégagement a recommencé « considérable et a duré toute la semaine jusqu’à la détension
(1) Ralentissantes et concentrantes avec appel du fluide de la surface du globe vers les hautes régions atmosphériques et par cela même avec provocation des déversements.
(2) Du 14-11).
(3) Il eût été plus exact de dire que les 12 et 13 juin seront probablement ceux de la plus grande énergie physique et morale en 186G, à cause de la P. L. du 12, comme cela eut lieu en effet d’une façon si remarquable.
La plus énergique circulation do l’année se présente souvent vers les 12-14 juin, mais plus souvent vers le 18 juin.
(4) Libérées ou abandonnées.
(5) Ce doit être le !•' mai.
« du 30. La transformation du 31 a augmenté le mouvement de « dégagement, mais l’a rendu plus vif et plus brusque; l’activité « du mois de juin (43' au lieu de 38' du mois de mai) s’en est mêlé « et la brume chaude, l’air épaissi s’est changé en nuages ora- « geux. La première semaine de juin (31 mai- 6 juin) a été « énergique, désordonnée et orageuse.
« La régularité de juin domine en même temps que l’énergie « depuis le six. Toute la semaine six-treize est d'une énergie « extraordinaire, croissante, et à moins d'incident, de déversement « considérable peu probable, elle conduira au maximum le et a affectera, toute la semaine 13-20 (1).
<f La débâcle qui commencera le vingt pourrait bien être ■ « bruyante. La terre sera vivement sollicitée à se débarrasser le 12 « et le 13 (2) ; mais le milieu de juin n’est pas favorable à cela ; « d’ailleurs la purge ne serait pas dangereuse à cause de « l’activité de la circulation ; il n’en serait pas de même en « juillet.
« Aussitôt que l'énergique et régulière circulation de juin ces- « sera de dominer, le désordre recommencera et durera probable- « ment jusqu'à la fin de l’année (3). Immédiatement après la « transformation de juin, du 20, et après le 27, les effets de la « purge deviendront à craindre également (4). »
(1) La semaine du 6-13 tint ses promesses, sauf l’accident du 12, jour de P. L., qui abaissa brusquement la température de 4°6. Celle-ci ne se releva que de 3* le lendemain. Les positions lunaires des 12 et 13 provoquèrent des réactions inférieures qui hâtèrent et prolongèrent les décharges superficielles dans la semaine du 14-20 juin.
(2) C’est cette sollicitation qui produisit les réactions inférieures des 14-20 juin.
(3) Il a continué et continue encore.
(4) Première annonce ou pressentiment du début brusque de la période épidémique intense à la date du 27 juin, date d’établissement définitif de la circulation approfondie et ralentie de juillet, et date marquante trois fois soulignée du tableau des A. II.
Après le 9 juin, ma correspondance ne signale plus aucune modification importante jusqu’au 19. Voici quelques mots écrits ce jour, veille du début de la décharge estivale :
19 juin.
« Nous voici à, peut-être, un mois du centre de l’époque « calamiteuse de la jonction des épidémies et des guerres (1).
« La queue épidémique de 1866 est plus dangereuse pour « nous que ne le fut 1865.
« Le maximum de danger commencera le 11 juillet (2) ou se « trouvera autour de cette date; il s’étendra probablement à « tout le mois de juillet, du 27 juin au 10-12 août (3).
« Le déversement de 1865 non seulement a été très incom- « plet, mais il ne s’est effectué que du 38® au 42® degré de « latitude, qui devait être sa région principale. Il devait cepen- « dant s’effectuer du 38® au 52® degré de latitude, en moindre « intensité par le 45®' degré, et avec plus d’intensité par le 51® « degré, aujourd’hui celui de la plus grande énergie magné- « tique, physique et morale.
« Tout le déversement par le 50®-52® degré est en arrière (4). « Il a débuté par Diekirch au moment même où le méridien « quadriennal franchissait l’axe de la vallée europo-colom- « bienne dans les fluctuations 28 mars-4 avril et 4-11 avril et « commençait la détension par accélération superficielle uni- « verselle qui est le résultat de ce passage. Depuis lors chaque
(1) Le maximum d’énergie de l’épidémie ou son centre se présenta exactement jour pour jour un mois plus tard, le 19 juillet.
(2) Il a commencé réellement il cette date.
(3) Ce fut exactement la durée de la première période intense de l’épidémie, qui débuta avec l’A. II. du 27 juin, et finit avec celle du 8 août, suivie de la transformation prolongée, sous l’influcncc de la N. L. du 10.
(4) Ainsi plus d’illusion la veille du début du décbargement estival, huit jours avant le début de la période épidémique intense.
« détension par accélération ordinaire ou extraordinaire a été (( suivie de certaines portions de fluide arriérées (1). Celles-ci « approchent de la surface par couches minces qui s'élèvent suc- « cessivement et se remplacent les unes les autres avec des modi- « fications dues aux aspérités du sol, aux faîtes et à leurs points « culminants.
« Chaque détension fait déverser la couche mince immédia- « tement en contact avec la circulation superficielle. Pendant « que le fluide inférieur afflue vers cette couche mince déchar- « gée, il agit vigoureusement sur la circulation superficielle, « hâte l’écoulement du fluide déversé et pousse l’accélération « jusqu’à l’excès de détension et produit des alternatives race pides, brusques et désordonnées dans la circulation et dans c( la température (2).
« Ail moment des déversements se manifeste l'influence épidé- « mique. Celle-ci se prolonge et se fortifie parles excès d'accé- <c lération mêmes, au moins au premier moment; mais bientôt la c< détension et la décharge atténuent le mal, si elles ne le détrui- « sent. De façon que, jusqu’à présent, la succession des dévercc sements et l’enlèvement rapide des charges déversées n’a « pas permis aux influences épidémiques de prendre de fortes
(1) Les déversements hebdomadaires successifs sont donc depuis longtemps dessinés tels qu’ils devaient se manifester dans les recrudescences épidémiques.
(2) Voir celles des 15-16 mai (N. L. du 14), 22 et 24 mai (— E. du 24), 28 mai (P. du 29), 6 juin (-|-E. du 6), 12-14 juin (N. du 12 -j- D. du 13 et A. H. du 14), 20 juin (— E.), 7-8 juillet (pé.), 17, 19 et 21 juillet (— du 17, E. et T. M. du 21), du 26 juillet (— D. du 23 et P. du 27), 31 juillet-l" août (-f-E-)» des 6 et 8 août (-f- D. du 2), etc. Les températures observées dans toute la Belgique accusent ces jours A. H. et lunaires des détensions et des chutes brusques de la température. Ce furent les jours particulièrement marquants durant l’épidémie. On les déterminera en suivant les observations quelconques et en marquant les minima brusques et considérables de la température.
« proportions ; mais c'était grâce à l'activité et à l'énergie de la « circulation de juin, qui est de 4:3'; il n'en sera plus de même « en juillet, alors que la circulation ne sera plus que de 37' et la « moindre de l’année.
« Je t’ai signalé les principaux mouvements de déversement « qui ont eu lieu cette année. Je te les ai signalés le jour même cc ou le lendemain, en t’indiquant leurs caractères, auxquels tu « pouvais les reconnaître toi-même, sans autre instrument « que tes cinq sens. Je ne suis entré dans aucun détail, de « crainte de t’ennuyer par des objets qui n’ont d’intérêt que « quand ils sont importants et extraordinaires.
« Aussi n’ai-je appelé ton attention que sur des déverse- « ments provoqués par la détension ordinaire du 4 avril, la « nouvelle lune du IS avril; la pleine lune du 29-30 (dégage- « ment considérable observé ici et que je t’ai signalé dans une (c lettre); sur la détension du 22-23 mai (au sujet de laquelle je « t’ai écrit le 23 au matin) et sur la nouvelle lune du 12 juin « (des effets de laquelle je t’ai prévenu, de même que je « puis te prémunir aujourd’hui contre les effets de celle du « 12 juillet) (1).
« Si tu avais conservé mes lettres, surtout celle du 23 mai, « où je te disais : « J’ai expédié hier dans l’après-midi les pre- « miers exemplaires de- l'Humanité (ils sont signés du 22) au « milieu d’un des plus beaux déversements magnétiques que « j’aie jamais vus, etc.; » il ne te resterait pas le moindre doute « au sujet de la véracité de mes idées scientifiques, s’il en avait a pu rester un ; car c’est le déversement du vingt-deux mai qui « a développé l’influence épidémique ù Bruxelles.
« Le bourgmestre de la capitale disait en effet au conseil « communal, il y a quelques jours, que la maladie (choléra)
(1) Toutes lettres reproduites plus haut.
« qui s’était déclarée à Bruxelles le vingt-trois mai n’avait aucun « caractère de gravité.
« Le déversement que j’ai vu commencer à Bruxelles le 22, et « dont je t’ai donné les caractères visibles dans ma lettre du 23, « a atteint son maximum ici, le 23, au passage supérieur (1 h.); « je crois te l’avoir dit dans ma lettre suivante, qui doit égale- « ment en donner les caractères.
« Le déversement du 22-23 mai a continué, mais amoindri, « durant la fluctuation 23-30 mai; mais la détension vigoureuse (c avec transformation des 30 mai-l"juin en avait fait table « rase. C’est la nouvelle lune du 12 juin, dont je t’avais signalé « d’avance les effets, qui a ramené l’influence épidémique en « l’étendant, en la généralisant et en la renforçant (1). C’est elle « qui nous l’a amené jusqu’ici; mais, je le répète, tout cela « n’est encore qu’un jeu. Si ce jeu continue, comme c'est pro- « bable, la décharge annuelle commençant demain et affectant « tout d'abord les régions moyennes, les déversements moins con- « tenus se multiplieront, deviendront très dangereux, surtout à « partir de la nouvelle lune du 12 juillet, jusqu'à la fin de ce « mois et jusqu'au 10-12 août qui est l'époque du déchargement de « 710S régions. Le mouvement se dessinei'a dès le 27 juin. »
On ne reprendra rien à ces dernières lignes qui tracent le cadre ou les points importants de la période épidémique intense telle qu’elle s’est présentée, huit jours après, à ses débuts, et telle qu’elle s’est déroulée point par point depuis.
(1) La N. L. du 12 juin, suivie de la plus grande déclinaison lunaire boréale du 13, et ces deux positions lunaires étant continuées par la détension ordinaire du 14 juin affectèrent les trois jours, les 12, 13 et 14. Le choléra débuta àMonslel4; il frappa à Bruxelles les 12 et 14 et produisit ce jour la plus grande mortalité jusqu’alors fournie; à Anvers où le choléra avait déjà des allures décidées, la mortalité doubla le 13. Ce sont encore des jours de détension, 13 et 14, qui produisirent les effets. J’ignorais tout ce qui concerne ces effets quand j’écrivais cette lettre du 19 juin.
La lettre qui précède n’a pas besoin de long commentaire. Elle est assez explicite et laisse peu de points saillants de la marche épidémique antérieure et postérieure dans l’ombre et l’inconnu.
Il n’y a plus d’illusions. La circulation s’approfondissant et se ralentissant, le 27 juin, c’est à dire dans huit jours, l’épidémie prendra ses allures décidées partout. Fortement recrudescente sous les effets de la plus grande déclinaison boréale lunaire du 10, et surtout de l’accélération hebdomadaire ordinaire du lendemain 11 juillet, encadrée entre la plus grande déclinaison lunaire boréale du 10 et la nouvelle lune du 12 juillet, l’influence épidémique atteindra bientôt son maximum et durera ainsi jusqu’à la fin du mois magnétique de juillet, jusqu’au 10-12 août. Cela s’est accompli point par point.
L’influence du mouvement hebdomadaire ordinaire renforcée par les positions marquantes de la lune prévue, déjà observée, est appréciée plus nettement et plus complètement.
L’influence du mouvement magnétique hebdomadaire ordinaire sur le mouvement épidémique m’était connue d’avance.
Elle se trouve dans une lettre du 17 avril, que voici :
17 avril.
« Le fait calamiteux dont mon pauvre Diekirch est en ce « moment la victime, est un de ces phénomènes volcaniques « locaux qui déjouent et déjoueront toujours toutes les prévi- « sions, bien qu’ils se présentent dans les règles. Ainsi, aucun « fait local et de peu de durée na jamais mieux dessiné la fïuc- « tualion hebdomadaire qui sévit dans ma ville natale. Espérons « que ce fait restera isolé, et que la lune rousse, qui, le lo, a « rallumé un moment le foyer incendiaire à Diekirch, finira « tout autrement qu’elle n’a débuté. Dans ce cas-ci, la nouvelle « lune était la plus à craindre. Je n’ose plus Vien prédire ; mais « j’espère que la pleine lune rousse sera froide. »
Ainsi j’avais remarqué l’influence de la fluctuation hebdomadaire dès le 17 avril, parce que je la connaissais d’avance (1). Loin de croire encore que cette influence ressortirait avec précision et netteté de toutes les mortalités dans toutes les localités du pays pendant toute la durée de l’été, j’essayais de me persuader que la détension universelle allait continuer à balayer tous les déversements ultérieurs assez importants pour n’être pas enlevés au fur et à mesure par la circulation ordinaire.
Ayant vu depuis la détension hebdomadaire à l’œuvre les 2S avril, 22-23 mai, etc., j’avais pu me convaincre que le mouvement de déversement continuerait sous sa direction et produirait toutes ses conséquences épidémiques; dont j’avais pu fixer le début sérieux au 27 juin.
Ma première lettre qui suivit ce début fut celle du trois juillet, que voici :
« Le gros mastodonte terrestre, après avoir sué sang et eau « depuis le vingt-sept (juin) nous donnera donc un répit forcé « de quelques jours (2). Quand cela finira-t-il complètement? « Il était temps quant à présent! L’accélération hebdomadaire « du 27 (juin), renforcée par la pleine lune du 28, qui nous a « donné le spectacle de la trombe du Parc et qui a fait tant de « bruit dans tout le pays, cette accélération continuée par la « pleine lune du 28, provoquèrent des dégagements dont l’une « des premières conséquences fut de remplir nos hôpitaux « aussi bien que ceux du théâtre de la guerre (3).
« Je t’avais signalé le 12 juin comme jour d’action et d’exci-
(1) Elle se trouve, comme je l’ai déjà dit, dans le Manifeste.
(2) Je n’avais jamais prédit plus juste. La douche du 1" juillet eut pour premier effet une recrudescence, mais dissipa l’inlluence, et nous donna le répit forcé des 2 et 3 juillet.
(3) Je n’avais encore alors aucun document concernant la mortalité épidémique.
« talion physique et morale et jour de recrudescence épidé- « mique(l); je t’avais signalé postérieurement dans le même « genre, mais toujours de plus fort en plus fort, le 27 juin et le « 12 juillet.
« Le 27 juin a tenu ses promesses mieux encore que ne « l’avait fait le 12 juin (2).
(c Voici ce qui s’est passé ici :
« Dans la soirée du 26, un épais rideau orageux couvrant « tout l’horizon sud indiquait les premiers résultats de l’accé- «.léralion, les engorgements de la circulation surabondante et « les premiers dégagements dans l’atmosphère. Ces dégage- « menls sont devenus considérables et se sont mis en mouve- « ment après le passage simultané au méridien du soleil et de « la lune à minuit; ils ont passé ici à Mons le 27, entre trois et « quatre heures du matin, en faisant assez de bruit. Ce bruit « cependant n’était que faible, comparé au tapage qui eut lieu « de midi à une heure, au moment du passage supérieur du « soleil, dont nous avons vu ensemble les effets de la fenêtre « du ministère. C’était là le moment principal de tout le mou- « vement, 27-28.
« Il paraît que l’on ne voyait plus clair ici dans les rues et « que la crainte d’une nouvelle grêle, comme celle du 17 juillet « de l’année dernière, faisait mettre les volets à toutes les « vitrines. Le soir, vers 6 heures seulement, passa la queue ora- « geuse (3).
(1) Celte recrudescence fui vive à Anvers où l’épidémie se développait pleinement, ce que j’ignorais.
(2) Le 27 juin, trois ou quatre fois signalé, a tenu pleinement ses promesses et au delà de ce que j’avais pu prévoir.
(3) Le mouvement orageux ainsi signalé par lequel débuta l’accélération hebdomadaire ordinaire si remarquable et si variée dans ses elTcls du 27 juin, fut général et s’étendit sur tout le pays et sur tout le nord de la France d’où il partait. Il précéda immédiatement et accompagna la première manifesta-
« Nous sommes ici au premier plan, entourés de crêtes peu « élevées, mais très importantes, dont la principale, occupant « tout l’horizon sud, est le seuil celto-teutonique avec ses pre- « miers contre-forts, dont le fumage et les dégagements four- « nissent les plus gros orages de passage en Belgique. Ces « crêtes fumaient énormément à mon départ d’ici le mercredi « (27 juin), à 10 heures du matin. Le fumage était d’ailleurs « général ; la terre transpirait par tous ses pores dans tous le « pays; si bien que, prévoyant ce qui allait en résulter, je « regrettais de m’être mis en route. Je me consolais en nie « persuadant que les phénomènes tarderaient à se développer; « mais ils n’ont pas tardé, puisque arrivé à Bruxelles, ils y « étaient en pleine activité. Ils se sont développés rapidement « parce que le dégagement était général et parce qu'il était « brusqué par les charges inférieures qui se déversaient.
« Ce déversement a commencé avec l’accélération dans « Vaprèsmidi du 26; il devait être très actif dans la journée « universellement orageuse du 27 et a continué durant celle « du 28 (1). »
« Dans l’après-midi du 28 juin, une brise assez vive, souf- « fiant du nord nord-ouest dans la direction du méridien mag- « nétique, annonçait une accélération très vive dans la circu- « lation superficielle, qui devait se détendre promptement, et « perdre ses qualités surexcitantes et épidémiques.
tion vigoureuse et évidente de l’influence épidémique à Mons et développa une vive recrudescence épidémique partout. Un mouvement orageux analogue, plus ou moins fort et plus ou moins étendu, précéda et accompagna toutes les accélérations hebdomadaires ordinaires qui suivirent, c’est à dire celles des 4, il, 18, 25 et 31 juillet, qui forment la période cholérique intense, et se représentèrent encore les 14, 21 et 28 août, dans la deuxième reprise intense de l’influence cholérique.
(1) Voir la mortalité épidémique dans le tableau des décès à Mons, pour apprécier combien celle mortalité suivit exactement le mouvement indiqué.
« La détension vivement continuée dans la nuit du 28, celle « de la pleine lune, amena un abaissement extraordinaire; de « température de 5°, provoqué par le fait capital qui eut lieu le « lendemain matin entre 7 h, 28'; ce fut le dégagement com- « plet. En un instant le mastodonte terrestre suant sang et « eau, était enveloppé d’un épais brouillard qui a duré plu- « sieurs heures ; il était débarrassé et à peu près calmé et guéri.
« Dans ce brouillard, la majeure partie, sinon la totalité du « déversement des courants inférieurs dans la circulation super- « ficielle était passé dans l’atmosphère.
« Le déversement continua les 29 et 30, mais le dégagement « continua également, c’est à dire que le fluide passait dans « l’atmosphère au fur et à mesure qu’il se déversait (1).
« La terre n’a pas cessé de fumer et de transpirer d’une « façon assez remarquable les 29 et 30 (juin), surtout le matin, « le soir et dans la nuit.
« Les vapeurs fortement électriques, dégagées du 27 au 30, « élevées dans l’atmosphère et concentrées, retombent à flots « depuis avant-hier matin (1®*' juillet) et ont guéri la terre com- « plétement pour le moment (2) en rétablissant pleinement la « circulation régulière et en amoindrissant celle-ci au point « qu’il commence à faire frais.
« Si nous échappons au 12 juillet comme nous avons échappé « au 27 juin, les affaires ne seront pas définitivement très « graves.
(1) J’ignorais, au moment d’écrire cette lettre, c’est à dire le 3 juillet, que le déversement, continué les 29 et 30, avait provoqué la vigoureuse recrudescence épidémique des 30 juin et f' juillet, supérieure à celle du 28. Ainsi le déversement, au fur et à mesure de son avancement, rejetait au dehors les premières quantités de fluide versées, tout en renforçant la charge restante et l’influence épidémique. Voir les chiffres des décès du tableau de Mons pour apprécier la justesse des observations et des prévisions.
(2) Elles l’ont guéri pour deux jours, les 2 et 3 juillet, ici au moins.
« Les déversements de 1866 sont bien certainement très abon- « dants; mais, comme je te l’ai déjà dit, ils sont fort heureuse- « ments successifs ; la fluctuation hebdomadaire emporte les « déversements effectués à ses débuts (1). La semaine du « 27 juin -4 juillet fut extrêmement remarquable sous ce « rapport.
« Il n’y a pas de déversement continu cette année ; il n’y « a pas de méridien quadriennal poussant les déversements « devant lui; il n’y a donc pas de grandes accumulations; mais « en revanche la circulation est peu active, et là où le déver- « sement est favorisé par les influences locales, il peut devenir K stagnant et foudroyant comme à Diekirch. Les caractères gé- « néraux de la circulation sont des alternatives de hausses et de « baisses, ou des fluctuations énormes, qui nous font passer de la « plus grande surexcitation au dessous du calme plat et du plus « gra?id danger épidémique à l'absence totale du danger comme en « ce moment (2).
« Les pluies abondantes qui viennent de nous débarrasser « momentanément de l’épidémie, ne présagent plus même beau- « coup de danger pour l’avenir, bien que les 11-12 juillet, il y « ait un concours de circonstances extrêmement favorables « aux déversements. Il ne faudrait pas s’y fier (3).
« Il y a dix jours, je faisais du feu après le déversement « du 12 (juin) et avant celui du 27, ce qui n’a pas empêché « celui-ci d’être fort méchant (4) ; et le 12 juillet, bien certai-
(1) J’avais déjà remarqué l’influence de la fluctuation hebdomadaire à cette époque (3 juillet), avant de connaître un seul des nombreux chiffres qui accusent si vigoureusement cette influence.
(2) Jamais des prévisions n’ont été plus pleinement vérifiées par les faits postérieurs.
(3) Si je comptais encore trop sur les détensions et surtout sur l’effet salutaire des pluies, je ne m’y fiais plus guère.
(4) Je n’avais encore aucun chiffre constatant les effets funestes du 27.
« nement, se présentera dans des conditions plus méchantes, « maigre le froid humide d’aujourd’hui. »
Cette longue lettre, une des principales, que j’ai écrites au colonel Brialmont, est très explicite sur la phase d’entrée en pleine épidémie.
Les caractères qui s’y trouvent dessinés furent ceux de l’épidémie pendant toute sa durée.
Si le 3 juillet je saluais encore avec empressement les bonnes grosses pluies froides comme productrices d’effets salutaires, je ne m’exagérais déjà plus leur importance; je me défiais déjà des détensions et des refroidissements, ;même les plus vifs et les plus prolongés, me doutant bien qu’ils ne feraient qu’appeler de nouvelles charges de plus en plus fortes.
Je ne me faisais plus guère illusion sur l’importance et la durée de la période épidémique, à laquelle je ne me suis résigné à croire que quand elle était bien dessinée.
Voici encore quelques lignes du dix-neuf juillet, jour culminant de l’épidémie :
« L’accélération hebdomadaire d’hier (18 juillet), une des « principales de l'aimée, vient encore une fois de produire une « de ces chutes de température devant lesquelles l’opposition et <c les bornes scientifiques devraient rougir de honte, si elles « avaient de la pudeur. »
Je ne connaissais encore aucun des effets violents des 17, 18 et 19 juillet qui fournirent généralement les maxima absolus de mortalité dans toute la Belgique, par des recrudescences brusques, effrayantes.
Je citerai une dernière lettre aussi importante et aussi concluante que les précédentes et qui concerne la phase finale de
l’épidémie, dont elle signale d’avance l’A. H. principale, celle du 29 août.
La lettre est du vingt-cinq août, la voici (1) :
« Vous avez été assez chanceux pour éviter les derniers « effets épileptiques du monstre dévorant épidémique, qui, « après avoir épargné Bruxelles la populeuse, comme une pri- « vilégiée, vient de lui donner une couple de coups de dents « assez vigoureux. Elle a eu son premier, principal et à peu « près unique coup de dent au début de l’accélération ordi- « naire qui suit la transformation d’août, le 14, dans une réac- « tion violente contre la double fluctuation 1-15 excessivement « détendue et refroidie.
« Cette réaction a eu lieu sous l’influence du passage lunaire « équatorial du 14 qui a suivi la N. L. du 10. Ici, le 14, dans la « soirée, les gros nuages orageux sortaient tout formés des « faîtes environnants et occupaient l’horizon. L’accélération (2) « suivante du 21, sous l’influence du plus grand éloignement cc de la lune (— D.) a été tout aussi complet et plus bruyant. « Le 21, au soir, j’ai vu ici dans le nord-ouest sortir du nœud « de Seneffe (Gosselies, Nivelles, Ligny, Houdeng-Aimeries), « l’orage qui a si bien arrangé Bruxelles en le débarrassant au « moins de la méchanceté épidémique.
« Le mastodonte doit être bien près de sa guérison après ses « transpirations des 14 et 21. Celle-ci a continué le 22 et le 23, « et continuera probablement sans interruption toute la se- « maine, car c’est demain pleine lune et deux jours après, « le 28 (3), accélération. Il ne vaut pas la peine d’interrompre « le mouvement. C’est le 28 que commence le coup de poing final
(1) Elle est adressée à Blankenberg.
(2) Lemomemeni de l’accéléralion est sous-entendu.
(3) C’est le 29 ordinairement, mais j’étais convaincu que la correspondance, 31 juillet, 7, 14 et 21 août, serait continuée jusqu’au 28.
« et que donneront les réserves; gare! Tout sera fini pour le « 10 septembre. »
Cest le 28 que non seulement a commencé à être donné, mais qu'a été donné le coup de poing final ! Il fut donné à Bruxelles et à Anvers, le 28 ; à Liège, Gand, Bruges, Namur et Mons, le 29, c’est à dire, le jour même le plus ordinaire de la principale A. H. de la fin de l’été; la deuxième A. H. par importance de tout l’été. Il produisit des mortalités brusques et extraordinaires qui forment les maxima absolus de la phase épidémique finale ou les deuxièmes maxima de toute la période. Ces deuxièmes maxima furent considérables à Mons et à Liège, et plus encore à Bruxelles.
Non seulement c’est le 28 août qu’a été donné le coup de poing final, mais tout fut fini le 10 septembre, au moins généralement. A Bruxelles, le mouvement continua par sa force vive acquise.
A Mons et à Anvers, tout était fini avant le 10 septembre. A Gand, il y eut chute considérable de la mortalité après le 12, mais surtout après TA. H. du 14 septembre. A celte date, la disparition de la cause et l’extinction rapide de la force vive acquise fut évidente. Les mêmes effets sont produits à la même date A. H. à Liège.
C’est naturellement dans les grands centres populeux où les surcharges magnéto-électriques avaient été les plus fortes, qu’elles se maintinrent le plus longtemps et que leur enlèvement fut le plus lent.
On pardonnera aux lettres précédentes leur style familier en faveur des éclaircissements et des convictions qu’elles apportent dans la question. La partie scientifique n’était qu’accessoire dans ces lettres, une partie politique sur les questions du jour, plus développée, leur donne date certaine. Elles avaient pour objet d’attirer l’attention de mon ami Brialmont sur la
réalisation si prompte et si nette des prévisions de l'Humanité en Allemagne, aussi bien que sur l’accomplissement de mes prédictions concernant le choléra.
Ces dernières et les prévisions des lettres précédentes sur la marche de l’épidémie ont dépassé toutes mes appréciations , comme on le verra dans le chapitre suivant.
Preuve»
On a vu par les lettres précédentes que je suivais avec un redoublement d’intérêt et d’attention lés variations et les perturbations climatériques et leurs conséquences épidémiques de l’été de 1866; dès que ces conséquences se manifestèrent. Lorsqu’elles prirent leur caractère de gravité, l’envie me vint naturellement de suivre de plus près, à l’aide de données d’observations certaines, les marches parallèles coïncidentes des phénomènes climatériques et épidémiques , tous immédiatement et également dépendants de la circulation magnétique terrestre.
Les données d’observation climatériques, thermométriques, barométriques, etc., que je trouvais en tête de tous les journaux, me suffisaient pour suivre les modifications climatériques. Les maxima et minima de température de midi à midi me fournissaient les tensions et les détensions ou les ffuctualions magnétiques, qui, d’ailleurs comme je l’ai établi, ont leurs jours fixes.
Je devais donc me procurer les fluctuations épidémiques, c’est è dire le nombre des cholériques déclarés ou au moins celui de la mortalité jour par jour et même, autant que possible, heure par heure, pour m’assurer jusqu’à quel point elles coïncidaient avec les modifications climatériques et à quelles modifications ou à quels mouvements ordinaires elles correspondaient.
Dès le milieu du mois de juillet, je m’adressai h M. Demarbaix, secrétaire de la ville de Mons pour obtenir les mortalités jour par jour de la ville ; il eut la bonté de me les communiquer, en y ajoutant les ^'apports journaliers officiels de l’hôpital civil, que j’eus, dès ce moment et jusqu’à la fin de l’épidémie, au fur et à mesure qu’ils parvenaient à l’administration communale. Ces documents me procurèrent d’emblée des vérifications remarquables.
Ils sont précieux, d’abord parce qu’ils sont très exacts et très complets, ensuite parce que, fournissant les entrées en même temps que les décès, ils renseignent bien sur l'influence épidémique, qui ne va pas toujours jusqu’à frapper mortellement. En général, les documents les plus complets et les plus précis sont les plus concluants, et fournissent les preuves les plus ‘ évidentes de l’origine magnéto-électrique de l’épidémie cholérique.
J’eus une première surprise et une première satisfaction, en voyant que les rapports officiels de l’hôpital civil de Mons commençaient à la date prédite du vingt-sept juin. La mortalité cholérique jour par jour dans toute l’agglomération montoise, qne j’eus plus tard, confirma en effet l’entrée sérieuse en matière de l’épidémie dans la localité à cette date.
Je vis ensuite au premier coup d’œil que les documents officiels de l’hôpital accusaient l’influence des A. H. magnétoélectriques terrestres, d’une façon rigoureuse et incontestable, par des hausses brusques et considérables, aussi bien dans les entrées à l’hôpital que dans les mortalités cholériques, hausses qui ne duraient qu’exactement le temps de l’A. H. et dessinaient celles-ci, mieux que ne le feraient la plupart des phénomènes climatériques.
Le tableau suivant, dressé d’après les rapports journaliers officiels de 1 hôpital civil de Mons, affirmera les assertions pré-’ cédentes mieux que je ne pourrai le faire.
Tableau I