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C’est l’agglomérat de l’alcool carburé ou celui central de la la fibre ligneuse successivement allongé dans le sens de l’axe
par des éléments d’eau et dans le sens perpendiculaire par
des enveloppes annulaires quadrangulaires de quadri et de bicarbures.
A chaque allonge aqueuse de l’axe il s’est formé une nouvelle enveloppe, chaque fois augmentée de deux anneaux. Tout l’agglomérat a une enveloppe de six anneaux quadrangulaires de bi-carbure. Tel est l’agglomérat gras par excellence.
Les liquides du circuit nourricier de l’organisme humain les plus carburés sont donc les plus épais. Bien que la carburation du chyle et du sang veineux soit loin d’approcher de celle de la stéarine, ces liquides, plus épais que le sang artériel, sont relativement gras. Ils le sont d’autant plus qu’ils ont été élaborés par une digestion plus énergique. L’hématose en décarburant le chyle, en le liquéfiant, le dégraisse en quelque sorte. Plus il sera épais et gras, moins il sera dégraissé dans l’hématose. Il en sera non seulement ainsi, mais le chyle carburé, plus gras, plus chargé de fluide nerveux, offre moins de prise à l’oxygène décarburant, quand même celui-ci serait fortement négatif, ou ozonifié, au lieu d’être, comme en temps de choléra, fortement chargé, et parfaitement en rapport avec la charge du chyle gras qu’il doit décarburer.
En temps de surcharge magnéto-électrique terrestre, de surcharge générale magnéto-nerveuse stomacale, alors qu’il y a secrétion abondante de suc gastrique alcalin , formation de chyle carburé gras, l’ozone manquant dans l’air, l’hématose dégraisse peu le chyle mélangé au sang veineux aussi épais, sinon aussi gras que lui, et fournit à la circulation artérielle et nourricière un sang carburé, épais, gras, à gros globules fortement chargés de fluide nerveux, le tout emporté par une circulation nerveuse ralentie en raison de son accroissement en intensité. La circulation sanguine ralentie qui en résulte, amène
lentement d’abondantes matières à l’élaboration à la périphérie du corps, où l’animalisation faible n’est pas de nature h activer la circulation. Loin de là, la secrétion acide et l’effluve à la peau diminuant au contraire à mesure que le sang s’épaissit, qu’ildevientplus gras etplus alcalin, l’activité delà circulation diminue encore, et elle continue à diminuer par suite de la circulation veineuse également d’autant plus épaissie, plus grasse et plus alcalineque la circulation artérielle l’est davantage, et que l’animalisation est la plus faible relativement. L’on comprend qu’ainsi les différentes causes d’épaississement et de ralentissement du sang réunies se fortifiant les unes- les autres, amènent, dans des conditions données, rapidement la stagnation ou l’arrêt dans la •circulation et la mort par étouffement dans le sang épaissi; mais on admettra aussi que dans la plupart des cas, les effets, quelque rapidement qu’ils puissent se fortifier, restent cependant successifs. Je ne comprends qu’un seul cas d’effet foudroyant ou de stagnation et d’arrêt en quelque sorte instantané; c’est celui où f énergie de l’élaboration stomacale, dépassant ses limites, changerait les proportions elles-mêmes de la composition des liquides nourriciers, en étendant, en carburant l’agglomérat albuminaire du chyle, et en le transformant en un agglomérat graisseux quelconque, ce qui pourrait bien être le cas dans quelques circonstances e.xceptionnelles , telles que celles qui occasionnent la destruction même de la surface élaboratrice du suc gastrique et du chyme.
J’ai dit, qu’à mon avis, l’arrêt de la circulation est provoqué par la cessation de l’effleuve à la peau qui est, en même temps, la cessation de fanimalisation à la périphérie. Je pense que c’est, dans tous les cas, celle-ci qui est le point de départ de l’étouffement cholérique, et que, quand le mal en est arrivé là, il est fort difficile de rétablir la circulation. Que la cessation de l’animalisation à la périphérie soit donc amenée par la cessation de l’efiluve à la peau, ou par l’arrêt du sang épaissi dans
les veines, ou par l’épaississement et le ralentissement général de la circulation nourricière; cet épaississement, pendant et avant la cessation, a amené aux points d’élaboration des liquides épais et noirs qui, au moment de l’arrêt, s’accumulent et se figent sous la peau, et y forment des, tâches noires auxquelles le choléra a jadis emprunté son nom de peste noire, bien que cependant ce nom ait pu être donné plus particulièrement à un mélange de choléra et de typhus, dont jusqu’à présent nous n’avons encore vu que de faibles apparences.
L’arrêt de la circulation ayant lieu à la circonférence, il se communique de la circonférence au centre. L’effluve cessant à la peau, toute la surcharge vitale doit se perdre à rebours et par reflux par l’intérieur du corps. Eu égard à cette circonstance et considérant l’intensité de la surcharge vitale à perdre, on comprendra les spasmes, les crampes et les convulsions qui accompagnent l’étouffement cholérique.
La perte rapide des surcharges vitales intenses donne lieu à une décomposition putride rapide. Telles sont les circonstances essentielles qui accompagnent l’étouffement cholérique.
Je pourrais et je devrais peut-être borner là mes indications physiologiques. Le physiologiste et le médecin, appréciant ce qui précède, en tireront eux-mêmes les meilleures inductions dans la pratique, où d’ailleurs des vues physiologiques moins complètes, mais au fond peu différentes, ont également conduit à d’heureux résultats.
J’ajouterai quelques mots encore pour attirer l’attention sur quelques-uns de ces résultats et pour en réduire d’autres à une plus juste valeur.
La connaissance et l’appréciation à leur juste valeur des différentes conditions de production du mal cholérique indiquent clairement les moyens préventifs et curatifs judicieux à employer pour le combattre.
Ces moyens s’appliquent : 1° aux pôles nerveux de pénétration, h la plante des pieds et aux extrémités inférieures du corps pour modérer l’absorption nerveuse ; aux pôles nerveux d’émergence, aux extrémités supérieures, au haut du corps au dessus de la ceinture et surtout aux bras et aux mains, pour y activer l’effluve nerveuse ; 3° au centre nerveux stomacal intérieurement pour neutraliser la surcharge nerveuse afduente, modifier ia digestion, diminuer l’épaississement et augmenter la fluidité et l’activité du sang; 4°*au même centre nerveux stomacal extérieurement, autour de la ceinture, pour modérer la charge affluente vers l’estomac ou l’enlever en l’attirant au dehors, lorsqu’elle existe déjà. A ces moyens il faut joindre la modification de l’hématose par la désélectrisation (ou l’ozonisation) de l’air respirable.
De tous ces moyens, de beaucoup les plus efficaces sont ceux qui agisssent sur le centre principal du mal, sur fappareil di- ^ gestif, sur l’estomac et ses dépendances.
Le plus efficace est celui qui agit sur la digestion elle-même intérieurement, pour y neutraliser la surcharge et la rendre en même temps plus active. On a obtenu dans la pratique d'excellents résultats par des mélanges de corps neutralisants et de corps excitants.
La potion anticholérique usuelle très connue composée dans ce sens, de laudanum, d’éther et de menthe (1) a rendu de grands services. Prise à petites doses et en cas de nécessité, elle constituait un excellent moyen préventif ; comme prise à plus fortes doses, elle a servi comme moyen curatif. Là où elle n’a pas suffi, là où il a fallu avoir recours à d’autres moyens curatifs, le premier à employer simultanément par ordre d’efficacité était l’enlèvement ou l’expulsion delà surcharge stoma-
(1) .Menthe = U»» C« O = ti U‘ C* O
Mori)liine = 2 (Az C* -f 11*0 -j- 4 H* C» -f-0)
— 5'Jo —
cale par l’extérieur. L’enlèvement, je pense, se faisait par des frictions et par d’autres moyens révulsifs; l’expulsion par activation avait lieu par l’application de cataplasmes. S’il en était réellement ainsi, je donnerais la préférence au cataplasme expulsant, activant la circulation et s'opposant aux aifluents nouveaux, ce qui est essentiel; tandis que les frictions et les révulsifs, au fur et à mesure qu’ils appellent la surcharge au dehors, favorisent l’affluence intérieure. C’est là une circonstance à ne jamais perdre de vue dans l’application d’un moyen quelconque pour modérer ou activer un courant nerveux, enlever ou favoriser l’établissement d’une surcharge.
Les frictions à l’extérieur des voies digestives (1) constituent peut-être un excellent moyen préventif pour l’enlèvement des surcharges nerveuses stomacales ; mais elles doivent être faites judicieusement et surtout en temps opportun. Ainsi, n’enlevez jamais une surcharge stomacale, niparles frictions nipar aucun autre moyen au moment où la surcharge magnéto-électrique terrestre se fortifie et où le mal cholérique s’engendre par l’augmentation de la surcharge stomacale; comme c’est le cas tous les jours de 11 heures du matin à 3 heures de l’aprèsmidi; comme c’est le cas encore les jours ou les moments où la température hausse brusquement et considérablement et devient exceptionnellement forte ; mais l’enlèvement préventif de, s surcharges stomacales par les frictions sèches autour des reins seront d’un excellent emploi de 6 à 10 heures du soir et les jours et heures où se manifestent des détensions brusques et considérables.
On doit compter parmi les meilleurs moyens préventifs, non seulement anticholériques mais antifiévreux, s’opposant aussi bien aux affluents stomacaux les plus actifs qu’aux plus in-
(1) A la flanelle rouge, à la brosse ou à la peau de chai avec ou sans coi'i)s capable de renforcer les effluves nerveuses.
tenses le cataplasme sec consistant en une bande de flanelle rouge de huit îi dix centimètres de largeur enroulée quatre ou cinq fois îi plat et faiblement serrée autour des reins. C’est le modérateur par excellence des surcharges nerveuses stomacales. La flanelle rouge est très absorbante et très capable. Lorsque la surcharge stomacale devient forte, elle est prise par la ceinture de flanelle rouge, et celle-ci réagit sur la surcharge pour l’activer. Lorsque la surcharge faiblit, la ceinture supplée.
Pour les personnes nerveuses la ceinture modératrice des affluences nerveuses stomacales et de toute la circulation nerveuse est nécessaire en tout temps. Dans les lieux et dans les temps ou régnent soit de grandes activités nerveuses typhiques, congestives, fiévreuses ou de grandes intensités cholériques, le modérateur est nécessaire. C’est le plus inoffensif et le plus efficace des préservatifs dans la plupart des conditions hygiéniques anormales.
Les modérateurs des affluents nerveux par la plante des pieds et parles extrémités inférieures n’ontguère été employés.
J’ai vu que dans certaines contrées on avait fait usage de chaussures souffrées comme préservatif. De quelque façon que l’instinct de la préservation ou l’observation aient révélé ce moyen de modérer les affluents magnéto-nerveux par les pôles inférieurs de l’organisation humaine, il n’aurait pu être découvert d’emblée plus judicieux. Je le crois excellent, non seulement en temps de choléra, mais encore en temps de peste contre les affluents à la fois trop actifs et trop intenses. C’est à ce dernier point de vue qu’il mérite surtout d’attirer l’attention, parce que, la phase des choléras étant terminée, celle des choléras typhiques et des pestes commence; et parce que les moyens efficaces contre les maladies célébrales typhiques ou pestes sont beaucoup moins nombreux et moins connus que ceux contre les maladies stomacales ou cholériques.
On applique au pôle afTluenl non seulement les modérateurs mais les accélérateurs de la circulation nerveuse. Les uns et les autres consistent principalement en corps cliauffés et en bains dont le médecin connaît le mieux les effets.
Les moyens d'activer la circulation en augmentant l’eflluve nerveuse émergente parla peau, par tout le haut du corps et plus particulièrement par les extrémités supérieures, bien qu’employés plus souvent que les modérateurs des affluents, ne l’ont pas été suffisamment peut-être, ils ne l’ont, dans tous les cas, pas été judicieusement. Ils consistent autant en frictions qu’en corps absorbants capables appliqués à la peau et aux extrémités comme bains secs et humides. Les frictions me paraissent plus particulièrement recommandables comme moyens préventifs, utiles et fortifiants en tout temps.
Le choléra menace peu ou point du tout l’homme sain placé dans de bonnes conditions hygiéniques.
Le premier et principal facteur hygiénique, celui qui domine et amoindrit l’influence de tous les autres, est celui de la nutrition.
Une nourriture saine, suffisante et judicieuse, utile, nécessaire, indispensable en tout temps à l’homme sain, le met à l'abri de toute espèce de danger dans les temps de choléra, tel que je les ai vus. Il n’est pas, dans ces temps, plus exposé par l’influence cholérique que par une tuile qui peut lui tomber sur la tête.
La nourriture doit toujours être judicieuse, elle doit toujours être légèrement excitante pour le tempérament sanguin, fortifiinte pour le tempérament nerveux, lympathique, anémique, etc., et ordinaire pour le tempérament moyen. Celui-ci, je le répète, h le moins à craindre en tout temps aussi bien qu’en temps de choléra.
La nourriture saine, suffisante et judicieuse est le principal facteur, préservatif et curatif en tout temps et par toutes les
épidémies; elle est plus nécessaire en temps typhique et en temps de peste qu’en temps de choléra ; parce que, je le répète, la médecine actuelle a et aura toujours moins de prise sur les perturbations nerveuses et cérébrales que sur celles du système ganglionnaire et de ses dépendances.
La nourriture saine, suffisante et judicieuse exige la connaissance du tempérament.
A ces deux conditions essentielles qui doivent dominer les les idées préventives et curatives dans toutes les maladies et dans toutes les épidémies, il faut joindre celle de l’énergie de l’agent typhique et cholérique ou de l’activité et de l’intensité magnéto-nerveuse en jeu. Cette énergie sortira rapidement des faits. Les instruments de physique et de chimie la constateront ou donneront des indications et des mesures suffisantes à son sujet. Le meilleur instrument à consulter en temps de surcharge magnéto-nerveuse est, comme je l’ai montré, un des plus anciens, un des plus simples et des plus connus, c’est un bon thermomètre, bien sensible, placé à l’ombre et suivi de très près. Ce thermomètre, par la comparaison de ses indications avec celles d’une année ordinaire ou moyenne, montrera l’importance des surcharges de l’année, du mois, du jour et de fheure ; il fera connaître le jour et l’heure du danger auxquels il convient de veiller et d’employer les moyens préventifs.
Ceux-ci ne doivent être employés qu’avec modération et en cas de danger plus ou moins constaté. Ils doivent consister en activation par des moyens appliqués extérieurement plutôt qu’en médication intérieure.
J’ai signalé, dans tous mes travaux, les mois et les jours ordinairement dangereux. On y trouvera également les heures dangereuses de jour et le genre de danger. Ainsi j’ai montré qu’au moment où se constituait la suVchargc, le danger gran- * dissait. C’est en effet en ce moment que commence l’épaississement et le ralentissement de la circulation sanguine; il faut
contrarier cet épaississement par la neutralisation des surcharges, par la nutrition ou par un neutralisant pris intérieurement. Le danger journalier commence moyennement entre dix et onze heures du matin, et finit entre deux et trois heures de l’après-midi. J’ai montré ensuite que la surcharge ayant épaissi et ralenti le sang, la détension diminuant l’énergie de la circulation sanguine et devenant insuffisante pour maintenir le sang épaissi en circulation, créait les moments les plus dangereux; ceux de l’arrêt, de la stagnation et du foudroiement.
Si vous avez neutralisé la surcharge diurne au moment de sa formation, vous n’avez pas à vous inquiéter beaucoup des détensions diurnes qui, elles, doivent être, en cas de nécessité, enlevées de préférence par les moyens extérieurs. Restez tranquille, neutralisez par la nutrition judicieuse ou recherchez les lieux où règne une grande activité magnéto-électrique, lorsque de dix heures du matin ù deux heures, la surcharge magnétoélectrique se constitue. Promenez-vous et recherchez les lieux où la circulation est moins vive et, par conséquent, la détension moindre, et faites-vous frictionner le haut du corps, les extrémités supérieures et l’enveloppe du système digestif, lorsque la circulation se détend de six à dix heures du soir. — Veillez entre deux et huit heures du matin (moyennement entre quatre et cinq heures) ; car c’est entre ces heures que la déten- . sion diurne atteint son maximum.
Veillez les jours des températures exceptionnelles fortes ou faibles, surtout ceux des changements brusques; appliquez les moyens préventifs et curatifs intérieurs et extérieurs selon les hausses et les baisses.
Telles sont quelques considérations de physiologie rationnelle qui ne seront peut-être pas inutiles au praticien, bien que dès à présent il soit suffisamment maître du mal cholérique, quand celui-ci n’a pas dépassé ses limites.
Ne demandez pas au médecin ce qu’il ne peut fournir. On ne
demande plus au mathémalicien la quadrature du cercle, ni au cliimiste la pierre pliilosophale; pourquoi demander au médecin la résurrection d’un mort.
Le cholérique qui, soit par insouciance, soit par surprise à cause de prodromes anodins, ou à cause d’une marche trop rapide du mal, est arrivé à un état de maladie qui défie les moyens curatifs delà physiologie actuelle, est en quelque sorte mort. Ce cas est extrêmement rare, et ne se présente guère que chez les sujets dont l’organisme, en partie détruit déjà, n’offre plus qu’une faible résistance au mal.
L’organisme de l’homme peut être altéré de bien des manières. Les plus dangereuses altérations et celles qui exposent le plus en temps de choléra, proviennent d’une alimentation insuffisante et malsaine. A part quelques coups vifs et brusques frappés par explosion dans des sites exceptionnels, la hutrition malsaine èt insuffisante fut pour les neuf dixièmes dans les ravages du mal cholérique.
Combattre la misère, l’extirper, est le meilleur moyen de prémunir les populations contre les effets funestes de toutes les épidémies et de toutes les maladies.
Fournir à tous des aliments en quantités suffisantes est un lourd problème, que le développement lent et graduel, moral et physique des sociétés résoudra seul, mais à la solution duquel chaque société, chaque peuple, chaque région, chaque époque, chaque groupe social et chaque individu sont tenus de travailler sans relâche. — Veiller à ce que l’alimentation soit saine, n’est peut-être pas aussi difficile dès à présent que de fournir à tous une alimentation suffisante. La falsification des denrées alimentaires est un empoisonnement, c’est un vol avec abus de confiance; c’est un des plus grands crimes de lèse-société ; et ce crime doit être puni sévèrement et exemplairement.
On a fait aux boissons alcooliques une grande réputation comme destructeurs de l’organisme humain. Sans vouloir les
défendre ou prétendre que leur réputation soit précisément usurpée, je pense qu’elle est considérablement exagérée. L’excès ou l’abus de ces boissons est dangereux sans doute, l’habitude de cet abus est incontestablement pernicieux et destructeur.
L’alcool est le premier et le plus simple des produits végétaux neutralisants; il appelle, concentre et même garde les surcharges magnéto-nerveuses libres. Pris constamment en grandes quantités, il crée une tendance aux surcharges stomacales libres permanentes. Ces surcharges sont, en effet, plus ou moins libres en général. Elles sont nécessairement plus libres dans un estomac vide où elles ne trouvent pas d’emploi.
Les surcharges libres sont les plus dangereuses. Ce sont elles qui détruisent le plus promptement les surfaces muqueuses sécrétantes. Ce sont elles surtout qui sèment de points noirs les tissus sécrétants.
Les surcharges libres se reconnaissent aisément dans les désordres les plus violents de l’organisme, et tout d’abord dans les vomissements; tandis que les surcharges employées parles aliments donnent plutôt la diarrhée (1).
L’abus ou l’excès habituel des boissons alcooliques est donc très pernicieux pour un estomac mal alimenté, et le détruit, ou le prépare à une destruction prompte et facile par la moindre recrudescence anormale épidémique dans les surcharges ner* veuses stomacales ou cérébrales.
J’ai examiné la question de savoir jusqu’à quel point les libations des dimanches et des lundis avaient exercé d’influence dans les mortalités cholériques de 1866, et je n’ai nulle part trouvé cette influence pernicieuse dans les faits. Je me dispenserai de citer ceux-ci et l’analyse très détaillée que j’en ai faite.
(1) Le mal de mer est le type des effets des surcharges nerveuses libres.
L’intluence des grands rassemblements populeux réputés également comme ayant été si pernicieux, m’a nécessaii-ement préoccupé, et j’ai trouvé que celte influence, comme celle des dimanches et des lundis, sont des banalilés du même genre, aussi inexactes les unes que les autres.
Vers le milieu de la période épidémique intense de 1866, le Roi a visité plusieurs grands centres populeux. Les jours de visite h Gand et h Liège ouvrirent précisément, les 9-10 et 16-17, juillet deux accélérations hebdomadaires des plus ' funestes, celles des 11 et 18 juillet, de cette dernière surtout qui fut la date fatale culminante.
Sa Majesté visitait Liège les 16 et 17 juillet, jours même ou commençaient dans celte localité les effets de l’accélération du 18, qui y firent prendre h l’épidémie ses allures décidées; mais, vue de près, sa marche recrudescente y était très anodine comparée à celle qui avait lieu les mêmes jours partout ailleurs. Si bien que, en réalité, si la visite du Roi à Liège les 16 et 17 juillet 1866 a exercé une influence quelconque sur l’épidémie, c’est une influence salutaire. En réalité les foules animées, excitées, dissipent les concentrations magnéto-électriques et leurs influences cholériques. Il n’en est pas de même des foules inertes et en repos encombrées dans les places publiques, spectacles, écoles, églises, etc.
Les foules distraites, enthousiastes, en joie et en liesse, se souciant peu de l’épidémie, lui paient de faibles tributs.
On a pu constater aussi durant la dernière épidémie que même la réunion d’un grand nombre d’individus dans un même établissement ne constituait pas toujours un danger. On a cité comme digne de remarque la rareté des victimes faites par l’épidémie dans les prisons. Le contraire eût été beaucoup plus remarquable.
Les recrues naturelles des prisons n’ont pas ordinairement le tempérament débile ou délicat, au contraire. Comment l’épidémie aurait-elle décimé des hommes aux muscles d’acier, dont l’cstomac broierait des pierres, dont la tête, vide de pensées et de soucis, rit du ciel comme de la terre et de l’enfer, qui sont mieux logés et peut-être mieux nourris que le soldat et surtout que l’ouvrier ?
Les soldats bien que agglomérés dans les casernes, n’ont été nulle part bien vivement éprouvés par la dernière épidémie. Les soldats sont jeunes, forts et bien constitués; si dans ces conditions ils étaient rudement éprouvés par un mal épidémique, ce ne pourrait être que dans des conditions particulières et exceptionnelles d’insalubrité du lieu occupé.
Bien que le soldat n’ait jamais manqué de soins hygiéniques, il se trouve cependant aujourd’hui dans de meilleures conditions que jadis. La nutrition, l’espace occupé et la ventilation, ces trois points capitaux, n’ont cessé de préoccuper les médecins et les chefs militaires, et leurs efforts pour les améliorer ont été couronnés de succès.
Bien que son logement laisse ii désirer, bien que sa nourriture soit à peine suffisante et que sa paie soit absolument trop , faible, le soldat se trouve cependant relativement dans de bonnes conditions hygiéniques, grâce, je le répète, â la sollicitude de ses chefs et de ses médecins.
L’agglomération et l’encombrement des populations ou d’un grand nombre d’individus dans un même établissement ou dans un même local, ne peut être dangereuse, qu’en renforçant la surcharge magnéto-électrique dans le sol par appel, ou en surchargeant davantage l’air d’électricité ou en le désozonisant, comme on dit d’après les idées reçues. Le danger du renfort de la surcharge me paraît généralement minime; celui de l’électrisation viciant l’air me paraît plus considérable. La ventilation active est le remède efficace dans ce dernier cas, comme dans
beaucoup d’autres. Une ventilation énergique, extérieure et intérieure, ramenant vers le sol les couches atmosphériques élevées peu électrisées, et chassant les couches fortement chargées en contactaveclesol,est un des meilleurs disperseurs de toutes les influences épidémiques et l’un des assainisseurs les plus efficaces en tout temps et en tout lieu.
La dissipation, la distraction, l’insouciance étant des ennemis des épidémies et surtout du choléra, la préoccupation et la peur doivent en être des auxiliaires. Il en est ainsi par suite d’un effet physique et physiologique fort simple. La préoccupation, et plus encore la peur, produisent des réactions sur le centre nerveux cérébral, qui se répercutent dans tout le système, et font refluer le fluide vers ses sources aflluentes d’un côté, en le chassant vivement vers ses pôles émergents. Le reflux vers les sources fortifie les affluents vers le système stomacal'. C’est ainsi que celui-ci ressent instantanément toutes les secousses cérébrales. Les secousses réactives cérébrales peuvent être très vives, très brusques et très violentes. Elles peuvent arrêter momentanément la circulation nerveuse et par suite celle du sang; elles peuvent même occasionner des désordres permanents en détruisant la conductibilité lente et successive ou vitale des cordons nerveux.
La plupart de ces effets sont si fréquents, qu’on dit communément, que la peur donne mal au ventre, quelle fige le sang dans les veines, etc, toutes expressions littéralement exactes.
Sans aller jusqu'à provoquer des désordres dans les systèmes nerveux, la secousse réactive cérébrale provoquée par la peur ou par une vive émotion ou préoccupation, peut, par son action prolongée, produire des résultats marquants ; mais il ne faudrait pas encore lui faire la part trop large comme auxiliaire des influences épidémiques. J’aime à croire que la connaissance de la cause réelle de l’épidémie cholérique dimi-
iiuera considérablement encore cette part dans ce genre de maladies.
L’activité et l’intensité nerveuse dépassant certaines limites, les produits de l’animalisation changent de nature , se carburent, et les surfaces animalisatrices ou sécrétantes des muqueuses, etc., se carburant également, se parsèment de points noirs. La physiologie, ayant pu observer et constater cet objet depuis longtemps dans plusieurs maladies, entre autres dans celles qui détruisent les tissus pulmonaires, n’eût pas dû considérer les point noirs indicateurs de la destruction de la muqueuse de l’estomac comme une cause , mais bien comme un effet de la cause de l’épidémie cholérique.
Les points noirs de la muqueuse stomacale chez les cholériques sont du même genre que les botrytis, champignon, oïdium, trychine, miasmes et poisons subtils de toute espèce; ce sont des effets donnés comme des causes, ce sont les forces occultes actuelles de la physiologie ; comme les tourbières de la Hollande, les pierres cosmiques, les banquises de glaces polaires refroidissantes, les corpuscules planétaires qui interceptent la chaleur solaire; les taches du soleil qui diminuent cette chaleur, les pluies chaudes qui refroidissent et les vents froids qui chauffent, l’ozone, l’air désélectrisé en plein midi et en plein été et électrisé la nuit et en plein hiver; la fournaise terrestre intérieure, la croûte terrestre concassée par cette fournaise et qui nage sur elle; les tremblements de terre résultant du choc de la fournaise contre les débris de la croûte concassée, les éruptions volcaniques signalant l’activité et la violence de la fournaise intérieure du globe, les pufs américains sur l’origine fabuleusement reculée de la surface terrestre organisée : les forêts superposées, les couches annuelles de pétrifications en nombre infini ; les calculs fabuleux sur
cette origine -reculée reposant sur les alluvions dans la vallée du Nil, etc., etc., sont les forces occultes des sciences physiques et surtout de la physique du globe.
C’est là un bien lourd bagage pour des sciences qui prétendent au monopole du positivisme, et rejettent aussi loin que possible comme utopie, théorie, fantaisie ou produit de l’imagination, tout effort de pensée ayant pour objet la mise en évidence d’une cause réelle. Une bonne cause cependant vaudrait mieux que le bagage précédent, qui sera relégué à l’arrièreplan historique, bien au delà des forces occultes, avant cinquante ans.
Au premier rang des forces occultes actuelles brillent les miasmes. Aucune autre ne saurait leur être comparée pour l’importance et les services rendus. Il n’est pas plus permis au médecin et au physiologiste qu’au physicien d’être ignorant. Dès qu’on leur demande une cause, ils doivent la fournir. Et le miasme, l’impayable miasme, répond à tout. Miasme cholérique, miasme fiévreux, miasme paludéen, miasme pestilentiel, miasme putride, etc., etc.!
Mais le miasme n’est pas plus sacré pour moi qu’une pierre cosmique ou une fournaise souterraine; j’aime à savoir à qui j’ai à faire, et je désire que vous le sachiez comme moi, lecteur; c’est en partie pour cette raison que je me suis permis de vous mettre sous les yeux quelques prémisses d’études sur les corps et leurs éléments.
Il existe certainement des corps gazeux ou volatils. 11 est non moins certain que ces corps se manifestent souvent à nos organes d’une façon, sinon dangereuse, au moins désagréable. Jusqu’à quel point le simple contact de certains corps volatils avec une partie animale plu? ou moins sensible, intérieurement ou extérieurement, peut-il produire des effets funestes à l’orga-
nisme? Existe-t-il des corps volatils vénéneux ou des substances subtiles, délétères et funestes inconnues? Voilé, me semble-t-il, la question. Il serait peut-être difficile de la résoudre directement. Mais les faits y répondront indirectement d’une façon très catégorique.
Partout où l’on a été obligé de recourir au miasme et au poison subtil pour expliquer des effets pernicieux, ces effets sont intermittents, périodiques, et se présentent à des époques, à des jours et ù des heures déterminés et espacés régulièrement. Ce fait seul détruit le miasme de fond en comble. Attendu que, s’il peut lui être permis d’avoir une existence plus ou moins fabuleuse, et dans tous les cas contestable, il ne lui est pas permis d’avoir des caprices réguliers; il ne peut nullement agir tel Jour, telle heure, ni se présenter tous les deux ou tous les trois jours à la même heure. La nature permet la reproduction périodique de mouvements analogues avec leurs conséquences semblables, mais elle n’admet pas de substance capricieuse, fût-elle miasmique.
Vous me pardonnerez, lecteur, de chercher par tous les moyens à vous montrer la vérité; parce que mon but est de vous affranchir de la crainte d’un de vos plus grands ennemis supposés, que l’on prétend toujours h l’affût dans l’ombre pour vous frapper à l’improviste. C’est un véritable service que je cherche h vous rendre, en vous montrant que ce monstre ù cent têtes appelé miasme, est aussi imaginaire que le dragon le plus ailé et le plus difforme.
Il ne saurait guère exister de corps plus subtil que l’électricité. Aucun corps n’a été plus étudié par la science dans ceS derniers temps. Plusieurs de ses modes d’action sont très bien déterminés ; ses deux modes principaux, ses mouvements comme magnéto-électricité et nervo-électricité, étudiés imparfaitement et incomplètement, le seront bientôt pleinement, dès <iue l’on voudra se rendre à l’évidence et les reconnaître.
L’on me saura gré un jour, et l’homme de bonne foi qui voudra s’en convraincre me .'saura gré dès aujourd’hui, d’avoir combattu toute ma vie avec énergie pour obtenir ce résultat, qui reléguera parmi le vieux bagage suranné les aberrations humaines, les forces occultes d’aujourd’hui, les effets pris pour des causes, etc.
Qu’un homme de science, de bonne foi et d’une valeur réelle reconnaisse le magnétisme du globe, qu’il le proclame publiquement comme ayant suffisamment fait ses preuves pour être reçu comme corps de doctrine, et dans dix ans il n’existera plus aucune force occulte. ■ ■ •
C’est l’électricité comme magnéto-électricité et comme nervoélectricité qui est en jeu partout où l’on suppose l’existence de miasmes; le moyen que j’ai employé pour vous montrer l’origine magnéto-électrique de l’épidémie cholérique peut servir à vous convaincre que toutes les épidémies et toutes les endémies ont la même origine.
Notez les saisons, les mois, les jours et les heures de l’action de tous les miasmes, de tous les excès ou manque de vitalité, du début ou de la recrudescence de toutes les compositions ou décompositions végétales et animales ordinaires ou extraordinaires, et vous trouverez toutes époques, mois, jours et heures déterminés d’avance dans le magnétisme du globe, comme mois, jours et heures de circulations exceptionnelles, et le genre même de ces circulations vous dira quel genre d’action a été exercé.
Vous pouvez, lecteur, faire ces recherches en toute confiance, je vous garantis un succès complet; aussi bien en ce qui concerne les maladies de la vigne et des pommes de terre, c’est à dire de l’arrêt relatif avec décomposibn dans la végétalisation de ces plantes, par suite de délensious trop brusques et prématurées de la circulation estivale, qu’en ce qui concerne la peste bovine ou autre affection épidémique animale. Vous trou-
verez dans les deux cas les mêmes coupables, qui sont les détensions magnétiques des fluctuations mensuelles et hebdomadaires. Vous trouverez, par exemple, que les arrêts dans la végétalisation et les décompositions prématurées qui fournissent les botrytis, oïdium, champignon, etc., ont eu lieu les jours cholériquement si néfastes des 18-19, 2S-26 juillet 31 juil- ZeM®"' août, 8 et 15 août.
Le corps le plus subtil, après l’électricité, est le calorique. Il n’est guère dangereux par lui-même, et se trouve généralement l’humble subordonné de l’électricité. Il n’existe pas d’intermédiaire entre le calorique et l’oxigène. Or ce dernier est un gaz, et avec lui nous entrons en pays connus, soumis à l’élude et à l’examen, et nous n’avons plus rien de commun avec les miasmes.
Comment l’électricité dans ses différents modes affecte-t-elle les milieux par elle-même ou par l’intermédiaire des corps solides, liquides ou gazeux qui se trouvent dans ces milieux? Voilà la question. Elle est vaste, et les quelques lignes que j’ai pu lui consacrer ici ne sont que d’infimes prémisses qui la posent plutôt qu’elles ne la résolvent.
L’inspiration du plus simple et du moins vénéneux des gaz produit des effets considérables sur l’organisme animal, pour deux raisons : parce que la combustion par l’oxigène est nécessaire à l’entretien de la circulation sanguine, et que, si l’on faisait respirer de l’azote ou de l’hydrogène seulement, cette circulation ne tarderait pas à s’arrêter, et, d’un autre côté, aussi parce que le contact des gaz, cités plus haut, trop capables de fluide nerveux, appellerait promptement le fluide vers la poitrine, arrêterait également les circulations nerveuses et sanguines, en produisant des effets qui ont quelque analogie avec ceux produits par le choléra.
Tous les gaz capables de fluide électrique agissent ainsi ; mais ils ne deviennent généralement dangereux que quand ils
sont ou trop capables ou trop abondants, et les cas d’empoisonnement produits par eux sont très connus; il n’y a pas là de miasme.
Les règnes végétal et animal produisent des corps vénéneux ou des poisons violents par la composition et par la décomposition; mais plus par la preinière que par la seconde, bien que ce soit à la seconde, — à la décomposition putride à cause des odeurs qu’elle répand, — que l’on attribue de préférence les effets miasmiques. C’est la composition végétale et animale qui fabrique plus généralement les poisons; la décomposition putride, au contraire, les détruit. Bien plus, la composition fabrique plus généralement des poisons liquides et solides que gazeux; par la raison très simple que la composition forme des agglomérats plus étendus qui, réunis en corps, rendent ceux-ci plus épais ou plus solides.
Les corps vénéneux du règne inorganique sont trop connus et personne n’en fera des miasmes. Il en est de même de la plupart des poisons végétaux et animaux dont les spécimens sont, par exemple, l’acide cyanhydrique A H"- et la striclinine A C^o qs.
Comment l’agglomérat si simple d’acide cyanhydrique produit un empoisonnement si violent au simple contact d’un nerf, serait peut-être plus difficile à établir que de déterminer la construction de l’agglomérat, bien que cette construction soit incomplète et anormale, et que là soit probablement l’origine des effets funestes de l’acide cyanhydrique sur les organismes animaux.
L’action produite consiste en absorption assez vive et assez violente du fluide nerveux pour détruire la conductibilité successive ou animale du fluide, et établir une fuite ou conductibilité ordinaire qui décharge momentanément les centres nerveux.
L’action d’un poison sur l’estomac est plus facile à concevoir.
Tous les corps plus ou moins capables de fluide, introduits dans l’estomac, y appellent les surcharges nerveuses, et rendent la digestion plus énergique. Ceux qui augmentent l’intensité des affluents nerveux sont laxatifs, et ceux qui augmentent l’activité, et par suite la surcharge libre, sont vomitifs. Tous pris ii forte dose, ou tous ceux dont l’action même h petites doses produisent des affluences qui dépassent les limites, détruisent et corrodent la surface sécrétante, exactement comme le font les surcharges naturellement et forcément affluentes en temps de choléra. Il n’est point nécessaire qu’il y ait d’autres actions chimiques, bien que cependant il puisse y en avoir, et qu’il y en ait généralement.
Si l’on ne comprend pas bien l’action si vive et si délétère du simple acide cyanhydrique, on la comprend mieux des corps plus composés tels que les bases végétales salifiables, et entre autres la strichnine, déjà citée, qui n’est que de l’acide cyanhydrique étendu par d’autres formations successives. La strichnine se décompose comme suit :
Azî H33 CS» os = Az» -f- H' O + C< 4- C* 0^ 6 H< C»
c’est à dire en un agglomérat central d’acide cyanhydrique, étendu par un sextuple quadri-carbure quadruple, et terminé par une enveloppe d’acide acétique; c’est à dire que le noyau de l’agglomérat de la strichnine est celui de l’acide cyanhydrique, que l’enveloppe est l’agglomérat d’acide acétique et que les deux sont séparés par une enveloppe sextuple de quadri-carbure quadruple ou par six anneaux quadrangulaires de quadri-carbure.
D’autres bases salifiables végétales, et la plupart d’entre elles prises à des doses un peu fortes, produisent des effets analogues à ceux de la strichnine. Je le répète, cela se conçoit, elles sont toutes, par composition et par formation et construction, très capables de fluide; mais il est évident que les actions spéciales
clétGi iTiinéGS GXGrcéGS sur CGrluiriGS purtiGS du corps par les poisons animaux et végétaux n’ont rien de commun, n’ont aucune analogie avec des influences générales endémiques ou épidémiques, qui régnent tantôt en permanence, tantôt à certaines époques dans certaines régions ou localités; qui font à des époques périodiques leur tour du monde, qui, quand elles paraissent, affectent immédiatement tout le monde, et agissent sur l’organisme en général, et nullement sur un organe et encore moins sur un nerf en particulier.
Quel poison ou miasme voulez-vous chercher dans l’intoxication paludéenne dont je me garantis ou me guéris en portant une ceinture de flanelle rouge?
Quel poison pourrait donner le choléra dont l’homme convenablement nourri n’a rien ou très peu de chose à craindre?
Essayez d’une dose de strichnine sur l’homme convenablement nourri !
Les poisons organiques et inorganiques ne courent pas de localité en localité, de pays en pays et de continent en continent. Le choléra asiatique germé à la Mecque et importé par les pèlerins musulmans est une des plus faibles et des plus fausses inventions de ces temps-ci. C’est probablement pour cette raison qu’il s’élève à chaque instant un nouveau champion de cette aberration, un nouveau défenseur qui distance tous ses prédécesseurs. Il est assez remarquable que le même phénomène se produise assez généralement pour la plupart des aberrations actuelles dans toutes les branches des sciences. Non seulement les champions de ces aberrations se succèdent rapidement; mais ils s’animent au fur et à mesure que l’heure fatale de leurs dogmes favoris approche. Bien plus, tous les échos de la publicité répercutent ces dogmes; tandis que la contre-partie, la réfutation rationnelle la plus victorieuse et même la plus rassurante pour les populations, n’est mentionnée nulle part. J’ai vu maintes reproductions de dissertations con-
cernant le choléra asiatique importé par les hm pèlerins de la Mecque, je n’ai vu nulle part reproduit les travaux rationnels de ceux qui détruisent l’hypothèse de l’importation du choléra.
Parmi ces travaux rationnels je citerai au premier rang ceux du docteur Cazalas, médecin en chef des armées françaises en Orient en 1854, qui a vu de près les apparitions, le développement et les effets du mal cholérique. Ses vues sont saines, ses déductions rationnelles et ses conclusions exactes, autant quelles pouvaient l’être. Il ne manque à ses travaux que la cause réelle du mal pour être complétés. Je le répète, je n’ai vu ses conclusions (1) exactes nulle part en dehors des journaux de médecine, et je déplore de ne pas les avoir vu substituer aux aberrations de la science officielle.
Des apparences séduisantes faciles h saisir, mises habilement en relief, gagnent facilement croyance, alors même que les conséqences qu’on en tire ne résistent pas au moindre examen sérieux. L’erreur accréditée et répandue devient fort difficile à expulser de ses positions prises, et se rit des efforts les plus énergiques de la raison et de la vérité. Ceux qui soutiennent que le choléra vient des bords du Gange et qu’il est amené en Europe par les pèlerins de la Mecque, ne vous diront pas que tout le dernier système cholérique a débuté à la fin de 1862 et au commencement de 1863 au Japon et dans le nord de la Chine;
(1) r « Le choléra n’est pas seulement originaire de l’Inde; il peut « prendre naissance spontanément partout, et la théorie de l’importation « de l’Inde en Europe, à chaque nouvelle épidémie, est une hypothèse que « rien ne justifie et contraire à tous les faits bien observés ou bien interprétés. » 2* « Le choléra n’est contagieux ni directement par le contact des per- « sonnes et des choses, ni indirectement par i’intermédiaire de i’air; il se « contracte par infection dans tes foyers choiériques, comme la fièvre inter- « miltente se contracte par infection dans les foyers paludéens. »
Cela est évident pour qui a examiné les faits sans idée préconçue et sans parti pris.
que ce n’est qu’après y avoir régné longtemps et après y avoir lait de grands ravages qu’il s’est emparé de ses contrées favorites sur les lianes de V Himalaya, c’est à dire sur les jlancs de l'épine dorsale colombo-asiatique du globe, formée par les Cordillères prolongées par l' Himalaya, sous le méridien magnétique quinquaséculaire et dans la vallée europo-asiatique, et qu’il a suivi ces ligules comme ses voies naturelles pour faire son tour du monde en 1865-1866, comme il l’avait fait en 1832 et en 1849.
En 1817, le méridien magnétique principal quinquaséculaire placé par 81° de longitude orientale, longeait les flancs de l’Hiraalaya et occupait la vallée du Gange; en 1832, il se trouvait par 73®, en 1849 par 64® et, en 1860, il occupait l’axe de la vallée europo-asiatique par 57® 30' de longitude orientale; ces lignes furent celles du début, du développement, de l’action la plus intense et de la propagation du sud au nord des grandes épidémies cholériques successives, qui y frappèrent les coups les plus vigoureux et les plus répétés durant toute la durée, généralement quadriennale, de chaque grande épidémie.
Pour revenir aux poisons et aux miasmes et en finir avec eux, j’ajouterai que, s’il ne manque pas du poison dans la nature, il s’en produit cependant une plus grande variété et des plus violents dans les laboratoires. A l’état naturel les poisons naissent et meurent sur place, à l’état de division à peine perceptible dans les masses végétales et animales, et incapables de produire autre chose que des accidents. Ils ne sauraient pas devenir des miasmes empoisonnés parce qu’ils ne sont pas volatils. Ils ne sauraient d’ailleurs pas empoisonner des contrées.
Que dans certains cas l’animalisation puisse fournir des élaborations anormales et des produits vénéneux, cela est évident; mais alors l’effet vénéneux se communique par le contact, et les cas de communication sont apparents et bien connus. Que ranimalisation «normale vénéneuse puisse se présenter ou être le résultat d’une cause épidémique, cela est
encore très vrai, alors il y a contagion, mais dans ce cas môme la contagion n’est qu’un puissant auxiliaire de la cause épidémique première qui a déterminé l’animalisation vénéneuse.
Me voici dans la coiUagion, je ne pouvais pas m’occuper du miasme sans tomber dans la contagion.
L’épidémie cholérique ii’est pas du genre de celles qui provoquent des animalisations vénéneuses, elle en est l’antipode.
Les produits vénéneux sont le résultat d’animalisation excessives qui détruisent l’enveloppe modératrice des effluves nerveuses, enveloppe sous laquelle se fait l’animalisation. Dans l’épidémie cholérique, cette enveloppe, la peau, loin d’être détruite par excès de vitalité, comme dans les pestes, meurt au contraire faute de vitalité. La plupart des virus vénéneux de l’animalisation proviennent d’excès de vitalité qui épanchent la vie, la dissipent et la dispersent au dehors; elles sont le résultat d’excès d’activités plutôt que d’excès d’intensités nerveuses.
Elles se présentent dans les pestes où l’excès d’intensité est unie à l’excès d’activité nerveuse. Les pestes sont contagieuses par contact, au moins s’il faut en croire l’histoire. Dans tous les cas l’animalisation, détruisant l’enveloppe de l’organisme humain, établit le contact immédiat des nerfs découverts, et la contagion devait en résulter naturellement. Dans le choléra la vie se retirant au lieu de s’épancher, l’enveloppe faiblement perméable de l’organisme humain s’épaississant au point de n’être plus perméable du tout et d’arrêter toute effluve nerveuse, loin d’établir le contact immédiat ou la communication entre les courants nerveux animalisateurs et entre les circuits nourriciers, détruit, au contraire, complètement toute espèce de contact et toute espèce de contagiosité par contact.
Dans le choléra, la vie se retire de la surface au centre, l’action peut être dite concentrante, tandis que dans les pestes la vie s’épanche violemment et l’action est expansive. Dans les pestes l’action e.xcessive, expansive affectant les deux systèmes
nerveux h la fois, c’est celle exercée sur le système de la nutrition qui épanche la vie, rompt l’enveloppe et établit la contagion immédiate du contact; mais si l’action nerveuse n’est qu’excessivement active, elle n’affectera que le système nerveux cérébral, et alors nous aurons l’expansion excessive de ce système qui, étant celui des relations, établit une contagion de relation dans le milieu ou par l’intermédiaire des gaz atmosphériques ou des corps interposés quelconques qui transmettent les effluves nerveuses du système des relations.
Ce pourrait bien être là le genre de contagiosité propre du typhus, dont le choléra est encore l’antipode : comment l’expansion nervo-typhique affecte un milieu serait trop long à développer ici. Dans ce cas et dans quelques autres semblables, l’action transmise par le milieu atmosphérique a quelque ressemblance avec celle attribuée au miasme. L’action ne consiste qu’en un mouvement particulier d’expansion nervo-élecirique, dans un ébranlement nerveux avec épanchement de fluide dans le milieu, dus à une action cérébrale surabondante et excessive.
L’aérage détruit suffisamment cette action. Tous les corps volatils capables de fluide électrique, et particulièrement le chlore, détruisent l’ébranlement comme l’épanchement nervoélectrique et sont désinfectants (1) pour cette raison; mais je préférerais dans tous les cas la ventilation active, qui suffit, je pense, et détruit mieux et plus inoffensivement que le désinfectant, les conséquences contagieuses de l’exubérance excessive de l’action cérébrale.
Le choléra est concentrant et non expansif; loin de rompre l’enveloppe isolante de l’organisme humain, il l’épaissit; le retrait de la vie ne saurait communiquer aucun caractère vénéneux aux objets en contact avec le corps du cholérique, il ne
(1) Destructeurs de miasmes.
saurait y avoir de contagiosité d’aucune espèce par le contact; comment la contagion s’établirait-elle? Où agirait-eller? Le cholérique attire-t-il la surcharge nerveuse dans le sol? Peu ou point. Son expiration surcharge-t-elle le milieu gazeux ambiant d’électricité? Guère plus que l’homme non atteint.
Il n’y a donc pas de contagion cholérique.
Le mot miasme semble s’appliquer de préférence aux produits gazeux de la décomposition des végétaux et des animaux ; à ces produits qui affectent si désagréablement l’odorat. Leur puanteur semble être pour beaucoup dans leur mauvaise réputation. Le physiologiste est encore là à côté de la question, parce que les corps les plus puants ne produisent pas les gaz les plus funestes aux organismes végétaux et animaux.
L’odorat est bien le sens de la perception du mouvement excité dans le milieu électrique, comme la vue est celui de la perception du mouvement excité dans le calorique.
L’odeur excite la muqueuse du nez, soit en lui fournissant, soit en lui enlevant du fluide nerveux. Le mouvant excité dans le milieu électrique peut-il se transmettre et être perçu autrement que par l’intermédiaire d’un corps gazeux, ou sans la transmission des éléments des corps en composition ou en décomposition au foyer d’excitation, sans le contact de ces éléments avec la muqueuse?
Dans tous les cas, il peut y avoir perte ou absorption par la muqueuse de l’odorat.
La perte excitante fournit les odeurs agréables, et l’absorption, au contraire, les odeurs désagréables.
C’est plus généralement par la perte de fluide ou par l’excitation dépassant certaines limites, que par l’absorption, que le poison détruit le nerf. Les odeurs agréables, excitantes, stimulantes et salutaires quand elles sont faibles et modérées, deviennent plus dangereuses, quand elles sont renforcées, que les mauvaises odeurs qui, si elles ne sont jamais salutaires, ne
sont pas généralement bien dangereuses, au moins comme miasmes.
Une diminution générale de la tension électrique dans les couches atmosphériques de la surface du globe sent la tourbe. La surcharge elle-même sent faiblement un mélange de putréfaction végétale et animale.
Ce sont les agglomérats élémentaires végétaux et animaux qui, par leur étendue, leur construction compliquée, souvent irrégulière et anormale, par leurs charges de fluide en excès, présentent des caractères variés, salutaires ou pernicieux pour les organismes animaux ou végétaux; or la décomposition qui devrait produire le miasme putride, détruit l’agglomérat pernicieux. Celui-ci, d’ailleurs, n’est pas généralement volatil, comme je l’ai déjà dit.
Jusqu’à quel point le mouvement expansif ou concentrant de fluide magnéto-nerveux d’un foyer d’élaboration ou de destruction peut affecter le milieu gazeux environnant, de quelle manière il l’affecte, serait, je le répète, difficile à établir en général, et doit l’être dans chaque cas particulier. Dans'chaque cas, les observations de la physique, les analyses de la chimie et les effets physiologiques produits, sainement appréciés, conduiront rapidement à des vues saines et à la vérité. I^à où le miasme a un représentant réel dans un corps gazeux, la chimie l’aura bientôt découvert.
L’odeur est donc, dans tous les cas, un indice de mouvements magnéto-nerveux excités dans le milieu, et le désinfectant fera disparaître l’odeur et détruira ainsi les mouvements.
Toute désinfection a pour objet le rétablissement de l’équilibre ou la destruction d’une distribution inégale et anormale d’une surcharge ou d’une sous-charge magnéto-électrique ou magnéto-nerveuse. Je me dispenserai, pour ne pas étendre davantage ce travail, de m’en préoccuper, la question étant dès
aujourd’hui assez bien éclaircie; les désinfectants étant suffisamment connus et appréciés.
C’est l’idée fausse de l’existence des miasmes et de la nécessité de leur destruction, qui a rendu le service de faire étudier et employer judicieusement les moyens de désinfection; mais si elle a rendu ce service, elle est aussi mère génératrice de l’idée de V empoisonnement cholérique qui a conduit des praticiens à faire purger des cholériques pour les guérir. C’était là un moyen curatif radical, trop radical !
Tant qu’il reste quelque part dans des débris provenant de l’animalisation et de la végétalisation un agglomérat non décomposé, la putréfaction continue.
Écartez des centres populeux jusqu’au dernier agglomérat animal ou végétal en décomposition ; non seulement en temps épidémique, mais en tous les temps; non à cause des miasmes putrides qui en émanent, mais à cause du foyer de concentration et d’émission, du foyer perturbateur de la circulation magnéto-électrique et de la vitalité du lieu.
Si les amas de détritus ou de déjections ne sont pas également perturbateurs, ils le sont tous et par tous les temps. Il va de soi que les déjections plus chargées en temps de choléra sont plus perturbatrices que celles des temps ordinaires, sans renfermer pour cela ni poison ni miasme pestilentiel. Et ce ne sera pas en enlevant à ces déjections leur odeur que vous détruirez le foyer perturbateur.
En résumé, le corps vénéneux découvert par la chimie n’est pas un miasme; là où la chimie ne découvre pas de corps gazeux vénéneux, il n’en existe pas. Il en est ainsi, à plus forte raison, des corps ou virus vénéneux sécrétés dans l’animalisation, et qui doivent communiquer par contact une corruption ou une animalisation viciée. Il reste à assimiler au miasme l’ébranlement nerveux du milieu très restreint enfermé entre les quatre murs d’une salle où se trouvent des malades, dont le sys-
tèine nerveux des relations vivement affecté est devenu excessivement expansif, et dont la vie de relation s’épanche vivement au dehors. Ce ne sont pas encore là des miasmes, et ce ne sont dans tous les cas pas des miasmes ou des poisons endémiques ou épidémiques. Ceux-ci n’existent absolument pas et, par conséquent, ne sauraient pas absolument être transportés.
L’effet d’une endémie ou d’une épidémie ne saurait absolument voyager qu’à l’état latent dans un organisme humain, et ne saurait se communiquer que par le contact, après avoir fait explosion dans cet organisme, après l’avoir détruit. Ce n’est pas là le cas ni du choléra, ni des fièvres paludéennes, ni de la plupart des maladies endémiques et épidémiques. Toutes ces maladies, sans aucune distinction, ont pour première et unique cause, des variations et des modifications extraordinaires de la circulation magnétique du globe. Dans les cas rares d’un mal vif et expansif, la contagion par contact ou par excitation nerveuse dans le milieu n’est qu’un auxiliaire de la cause première.
Les embouchures des fleuves endigués à marées sont des régions paludéennes à fièvres intermittentes, parce que, à chaque marée haute et à chaque marée basse, la situation magnéto-électrique et nerveuse se modifie brusquement et considérablement jusqu’à de grandes distances dans l’intérieur des terres et loin des rives. La marée haute répand les excès océaniques au loin à la surface et dans le sous-sol, tandis que la marée basse les enlève. Ces variations constituent un état magnéto- nerveux intermittent, généralement en désaccord avec les modifications régulières diurnes et perturbatrices de celles-ci. Ces i ntermittences, au bout délrès peu de temps, ébranlent et dérangent les circulations nerveuses les plus régulières.
La fièvre jaune résulte, comme je l’ai établi dans Vllumanité. de surcharges magnéto-électriques océaniques exceptionnellev
versées dans les côtes les plus favorisées de quelques golfes intertropicaux.
La phase actuelle des choléras est finie. La plus prochaine épidémie du même genre ne se présentera probablement pas avant un demi-siècle, et se présentant alors considérablement modifiée dans le sens typhique et congestif, se rapprochera de la peste et deviendra plus particulièrement la peste noire d’il y a cinq siècles (1).
Le dernier choléra de la phase actuelle, commencé dans le nord de l’Asie, à la fin de J 862 et au commencement de 1863, a duré la période quadriennale 1863-1866, et s’est terminé à la fin de cette période dans l’Europe occidentale sur les rives de l’Atlantique, en Amérique, aussi bien qu’en Europe. Commencé sur les flancs et aux pieds de l’Himalaya et dans la vallée europo-asiatique, il finit sur les flancs des Cordillères. Il jette encore aujourd’hui çà et là une lueur. Dans quelques régions méridionales surtout, et plus particulièrement sur les flancs du méridien fondamental de l’Europe, où se trouvent les communications les plus faciles avec les conduits magnéto-électriques terrestres les plus profonds (2), quelques charges arriérées continuent à se faire jour.
Généralement dans nos contrées de l’Europe occidentale, sauf l’Angleterre qui me paraît n’avoir payé qu’un très-faible tribut à l’épidémie cholérique de 1865-1866, cette épidémie a, je pense, complètement terminé.
La manière dont la circulation dégagée s’est dessinée de plus
(1) Le choléra de 1348 (18S4) s’appelait la peste noire de Florence.
('2) Les Apennins et leurs prolongements et surtout la Sicile où les déversements commencèrent en 1863. Ces déversements, relativement trop faibles en 186o,ont repris à la fin de l’été i866, et se terminent aujourd’hui pour des raisons déjà fournies.
en plus nettement dans les phénomènes généraux de la météorologie et de la physique du globe, depuis les A. H, des 4 et 11 octobre 1866 qui ont clôturé la période funeste des déversements en Belgique, jusqu’à ce jour, est extrêmement remarquable, et je n’ai qu’un regret, c’est de ne pouvoir exposer ces phénomènes sans étendre démesurément ce travail.
J’en ai déjà exposé la marche générale; j’ai déjà dit quelques mots du rétablissement de l’équilibre superficiel par les tempêtes violentes reproduites à chaque A. H. et à chaque position marquante lunaire sous l’influence des charges des hautes régions atmosphériques,- depuis le 11 octobre jusqu’au 11' novembre; jusqu’au dégagement des hautes régions atmosphériques dans la pluie d’étoiles filantes qui a suivi immédiatement la transformation mensuelle du 9-11 novembre. J’ai déjà mentionné aussi la continuation des tempêtes et du rétablissement laborieux de l’équilibre dans les hautes régions atmosphériques après leur dégagement du 13 novembre, ainsi que la suite du dégagement des hautes régions par l’appel et le déversement brusque dans des tremblements de terre et des éruptions volcaniques, des charges çà et là arriérées; déversement commencé vers la fin de décembre et surtout durant l’A. H. des trois et quatre janvier; déversement favorisé par le passage du méridien quadriennal sur les monts Ourals, le 3 mars, suivi des tremblements de terre des A. H. des 8 et 15 mars (1).
Ces mouvements de déversement ont continué durant le passage de la vallée europo-asiatique par le méridien quadriennal (2), passage commencé le 3 mars et terminé vers le 9 mai.
(1) Celui du 8 mars ruina l’île de Melelin (ancienne Lesbos) et s’étendit à Smyrne, aux Dardanelles, à Gallipoli et aux contrées voisines.
Le 15 mars, le village de Fdriolo, aux bords du lac Majeur, s'esl affaissé et a disparu dans le lac.
Ci) Voir le Manifeste.
Son centre, 7 avril, fut extrêmement tempétueux. C’est vers le milieu de ce passage, et déjà dans TA. H. du 20 mars, que l’influence typhique et congestive, due à une activation considérable de la circulation dégagée, s’est prononcée. Cette activation n’a fait que se prononcer de plus en plus dans les approfondissements de la circulation de mai. Cette dernière, la principale de la demi-année ascendante du chargement estival, fut la plus remarquable. Elle se distingua par des approfondissements considérables et des reprises de charges énormes au milieu des semaines magnétiques, les 12, 19, 26 mai et 2 juin, et par des accélérations et des détensions non moins considérables les jours A. H. des 9, 16, 23 et 30 mai. Les charges actives des dimanches 12, 19, 26 mai et 2 juin se dégagèrent dans des mouvements orageux généraux d’une régularité parfaite, aux mêmes heures et avec des caractères énergiques semblables et croissimts. Pendant celui du 12, le tonnerre n’a pas cessé un seu instant de rouler. Il a duré une heure ici. Les décharges incessantes étaient de nature à ébranler le sol.
Les accélérations des A. H. des 16 et 23 mai furent tellement fortes qu’elles provoquèrent des chutes de neige dans plusieurs régions et localités : celle du 16 provoqua un tremblement de terre à Bordeaux. Les orages généraux du 12 avaient eu des avant-coureurs dans les Ardennes. Dans les nuits du 8-9 et du 10 11 mai, la température avait atteint 16°; dans la nuit du 11-12 elle descendit à. 12°, et le dégagement orageux du 12 l’abaissa de 7 à 8°; elle atteignit son minimum 4" dans les nuits des 14-15 et 15-16. La détension du 22-23 mai fut la plus forte; elle abaissa la température la nuit à 2° 7.
Le fait le plus marquant depuis, fut le déversement commencé dans l’A. H. du 20 juin, qui a duré la semaine tout entière, 20-27 juin, et fut particulièrement intense les 21 et 22 (jours où régnaient l’odeur de tourbe, comme elle avait régné l’année dernière, le 22 mai.)
Un fait des plus concluants et qui accuse le mieux l’activation générale de la circulation, fut celui de la direction généraleconstante du vent dans le méridien magnétique et soufflant N. N. 0. les jours des accélérations , et S.S.E. ceux des circulations énergiques, profondes en même temps qu’actives et abondantes, surtout en avril, mai et juin. Ce sont les vents S. S. E. qui amenèrent les orages des 12, 19, 26 mai et 2 juin, cela va de soi. Ceux des 19 et 26 continuèrent les lendemains 20 et 27 mai. Les A. H. des 30 mai et 7 juin furent également orageuses.
Durant les fortes circulations orageuses de mai, l’influence typhique, congestive, apoplectique et perturbatrice des facultés mentales régnait très fort. Cette influence n’a fait que se renforcer durant les mois de juin et de juillet.
Le déversement quadriennal 1863-1867 ne sera entièrement terminé pour l’Europe qu’après le passage du méridien quadriennal du point de concours, qui avance par 30° (1) de longitude orientale, en passant à travers la vallée europo-africaine, passage sous lequel débuta le choléra en Égypte et en Europe en 1863. Le méridien quadriennal traversera l’Europe occidentale en octobre et quittera le continent à la tin de l’année, en décembre. Que trouvera-t-il encore devant lui, et que forcera-t-il à paraître jour?
Le déversement de 1863-1867 est encore aujourd’hui pour les effets de beaucoup inférieur à son prédécesseur de 1347- 1351. Plusieurs contrées de l’Europe, celles que dans \' Humanité j’ai appelées plateaux ibéro-breton (Angleterre et Espagne) et slavon (Hongrie, Bulgarie et Pologne), n’ont pas payé leur tribut en rapport avec leurs situations géologo-magnétiques.
Le passage d’aujourd’hui (27 juillet) du méridien quadriennal, en tout temps un des plus dangereux pour l’Europe orien-
(1) Aujourd'liui fin de juillet.
taie, pour les plateaux méridiens slavon et du centre (1), y produit encore quelques explosions volcano-épidémiques qui, je pense, ne dureront pas plus que ne durent ordinairement les explosions de ce genre, et qui ne se prolongeront pas après le passage (2).
Dans son travail sur la question de contagion ou de non-contagion, le docteur Cazalas cite les jours des débuts de l’épidémie dans un nombre considérable de localités en France, en 1865. Les jours des débuts ou de l’extension du mal étant ceux de sa plus grande action, comme je l’ai établi ; il me suffira de citer ceux du travail du docteur Cazalas pour montrer que les jours de plus grande action du mal cholérique éiaient, eu 1865 comme en 1866, dans toute l’étendue de la France comme en Belgique, ceux des mouvements ordinaires et extraordinaires de la magnéto-électricité terrestre, tels qu’ils sont déterminés en général dans le magnétisme du globe, et en particulier pour 1865, dans le Manifeste, qui avait paru avant le travail du docteur Cazalas.
Voici les jours des débuts de l’épidémie dans les différentes parties de la France, en 1865 :
DATES
LOCALITÉS