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fatlaux, se font par les deux voies fluyiaies et fattales à la fois. La reBCOQtredes expansions ascendantes et descendantes a Heu sur les deux voies. La rencontre des expansions asœn- «dantes et descendantes a lieu également sur les deux voies, et y crée les régions épidémiquement les plus dangereuses.
Je le répète, avant que le mouvement ascendant fluvial et latUal partant des embouchures et remontant vers les sources atteigne celles-ci, il y aura explosion épidémique dans la ré- 1^ nodale fattale près de ces sources, qui en occupent la partie centrale. Cette explosion, en apparence prématurée, dérangera la succession dans la propagation ascendante.
Ce qui précède s*appIk|U6 avec plus de force et plus visiblement à tous les mouvements descendants. Avant que ceux«d, partant des sources, atteignent bien loin sur les deux voies fluviales et faltales vers les extrémités de cellesK^i ou vers les embouchures, ils s'y seront manifestés assez généralement.
Les explosions en apparence prématurées des mouvements ascendants autour des sources, aux pieds des mamelons irrupteurs centraux au cœur des régions nodales fattales, et celles des mouvements descendants aux extrémités faltales, aux pieds ^es mamelons irrupteurs terminaux, dans les régions nodales irestreintes fluviales et mixtes, constituent les seuls dérangements importants dans la propagation successive des déversements et de leurs effets épidémiques.
Ces explosions prématurées sont non seulement fréquentes, mais se présentent dans presque tous les mouvements ; si bien que dans les systèmes faltaux, les premiers déversements importants et dangereux auront plus souvent lieu aux extrémités fattales, dans les régions nodales mixtes, aux bords des cours d*eau, aux embouchures de leurs affluents, que près des sources dans les régions nodales faltales.
Ainsi, tout le système épidémique belge débuta en 1866 dans la région nodale fattale supérieure de tout le système
fattal, dans celle d'Arlon ; mais le début n'eut pas lieu au centre du groupe de Messancy si vigoureusement dessiné peu de temps après; mais bien à l'extrémité de l'un des rameaux qui s*en détachent dans la partie sud, rameau qui va, en longeant la rive droite del'AIzette, s'épanouir sur les bords de la Sure, entre l'embouchure de FAIzette à Ingeldorff et celle de l'Erns à Emsdorff. C'est là qu'eurent lieu les premières explosions volcano-épidémiques, un mois avant la première manifestation k Messancy, au centre du principal groupe fattal de tout le système épidémique belge.
Cest donc à Diekirch^aux bords de la Sure, dans une régioa mixte, et non dans la région fattale supérieure, dont la région mixte dépend, qu'eut lieu la première explosion dans le système d'entre Meuse et Rhin.
Le même fait se produisit dans le système fattal d'entre Escaut et Meuse. Là, c'est aux bords de la Meuse, dans un des sites les plus volcaniques, à Marche-les-Dames, qu'eut lieu la première explosion épidémique, et non dans la région fattale principale supérieure d'entre Escaut et Meuse dont la région mixte de Marche les Dames dépend.
Le mouvement mixte continua à naître et à s'étendre aux bords de la Meuse et de la Sambre en divers endroits; il y était presque entièrement développé avant les premières manifestations dans les régions faîtales. Le mouvement mixte des bords de la Meuse (rive gauche) s'était étendu de ces bords vers les régions fattales avant que l'épidémie fit explosion dans celle-ci.
Sur la rive droite les mouvements dans les régions mixtes se contentèrent de faire prématurément explosion aux extrémités du rameau condrusien d'entre Lesse et Ourthe d'abord, et entre Ourthe et Meuse après, depuis Namur jusqu'à Liège, avant que la propagation ifaîtale de Messancy par Marche y fût arrivée.
Toutes les régions nodales sont mixtes, en ce sens qu'elles
résultent toutes de la rencontre ou du concours de lignes fluviales et fattales; il convient néanmoins de leur laisser les noms des voies les plus importantes qui s'y rencontrent, et de n'appeler mixtes que celles où les deux espèces de voies produisent des effets à peu près également importants, comme c'est le cas aux bords de la Meuse, et, comme je l'ai dit, dans presque toute l'étendue du système fattal belge moyen d'entre Escaut et Meuse.
Les régions nodales sont donc fluviales dans les plaines larges et basses des fleuves qui approchent de leurs embouchures, à Rupelmonde (Niel, Boom), à Anvers (Merxem, etc.,) et à Santvliet (Kieldrecht, Saeflingen) ; elles sont faitales sur les plateaux ardennais et nerviens à Arlon-Messancy, à Neufchateau, à Marche-Havelange, à Gosselies, etc., aux sources et aux bords des ruisseaux près de leurs sources ; elles sont mixtes dans les régions intermédiaires moyennement élevées, aux bords des rivières et des fleuves éloignés de leurs embouchures, à Mons, Gharleroi, Liège, Verviers, etc.
Les grands coudes des fleuves et des rivières, de même que ceux des faites, sont généralement, sinon des centres de régions nodales, au moins des points nodaux très importants.
Les centres nodaux des deux systèmes faîtaux d'entre Escaut et Meuse et d'entre Meuse et Rhin font deux coudes. Entre Escaut et Meuse le centre nodal principal est celui du coude que fait à Seneflé le fatte redressé d'Ândrelues vers Seneffe» et se dirigeant de là vers Ligny, pour y reprendre sa direction première générale abandonnée à Andrelues. Entre Meuse et Rhin le centre de tout le système ardennais est le coude de Sainte-Marie près de Neufchateau, où le fatte d'entre Meuse et Rhin quitte sa direction pour prendre celle du système ardennais, presque à angle droit avec sa première direction, qui se prolonge par le rameau condrusien vers la Meuse.
Dans le système fluvial belge de l'Escaut les régions nodales
principales sont également eelles des trois coudes de RupeLmoDde, â'Anvers et de Saeftingen.
Gela est d'ailleurs naturel : les coudes fatiaux sont en géaéni les points d'attache des rameaux qui i^olcHigent les branebeB du coude. U en est ainsi des deux points principaux de Seoeffe entre Escaut et Meuse et de Sainte-Uarie entre Meuse et Rhia, où les branches des coudes se prolongent par les rameaux priocipaux en formant des croix desquelles dépendent les deux systèmes faitaux.
Aux coudes fluviaux se trouvent aussi généralement les etùr boucbures ou centres nodaux, tel est le cas également pour les trois coudes principaux déjà cités de l'Escaut.
Souvent un cours d'eau remontant \ecs le faite» et arrivé à quelque distance de celui-ci » change de direction pour couler parallèlement au fatte. À partir de ce changement de directicNa te cours d'eau coule tout entier sur le plateau ; comme c'est le cas pour le Geer à Tongres.
Une région nodale fluviale ou mixte est généralement coaiposée de plusieurs mamelons terminaux, de même qaune région nodale fattale renferme plusieurs mamelons centraux s'élevant au milieu des sources des divers cours d'eau qui y prennent leurs origines.
Les mamelons termtnaux des mêmes régions nodales, fluviales et mixtes et les sources des mêmes régions fattales, pouvant appartenir à des systèmes dilSérents, conserveroot une certaine indépendance relative d'action dans les mouvements auxquels participent les différents systèmes. Ils partieiperont dans tous les cas avec des activités différentes à toos les mouvements fluviaux et fattaux.
Ainsi, la maladie se déploiera indépendamment et successivement en avance ou en retard aux pieds des mamelons irrupteurs terminaux de la région nodale liégeoise de Sainte-Walburge, de Saint-Laurent, de Saint-Gilles et du Val-Beaoit,
épanouissements terminaux du rameau liégeois, hesbayen du système d'entre Escaut et Meuse. Le mouvement sera fluvial et se propagera des bords de la Meuse vers les pieds des mamelons, ou il sera fat tal et s'étendra des pieds des mamelons vers la rive.
Si le déploiement de l'épidémie peut être successif et plus ou moins indépendant aux pieds des mamelons d'une même rive d'un fleuve, il le sera à plus forte raison aux pieds des mamelons des rives différentes du fleuve et de ses aflluents. A Liège, par exemple, il sera en avance ou en retard sur la rive droite, à Âmercœur, à Grivegnée, Jupille et Ângleur, selon que les mouvements seront en avance ou en retard dans le sys-^ tëme faîtal ardennais. L'on comprend aussi que dans ce dernier système, très étendu, les mouvements dans le rameau de Hervé, de la rive droite de la Yesdrcqui s'épanouit à Grivegnée, Âmercœur et Jupille , ne soient pas absolument simultanés et concordants avec ceux dans le rameau condrusien (1), qui s'épanouit à Seraing, Ougrée et Angleur.
Il va de soi que la maladie s'étendra plus ou moins indépendamment le long de la rive droite de la Meuse, aux extrémités faîtales ardennaises de Namur à Ougrée, comme cela eut lieu du 8 au 11 juillet ; alors qu'elle s'était (2) propagée deux semaines magnétiques plus tôt, de Tilleur, le 23 juin, par Liège, le 26 juin, à Herstal, le 17 juillet; alors qu'un mouvement analogue simultané, également en avance, avait 'eu lieu le long de la Sambre, de Thuin, le IS juin, par Marchienne, le 27 juin, Gharleroi, le 29 juin, jusqu'à Pont et Loup, le 20 juillet et plus tard à Ghatelet et plus loin.
Un mouvement analogue simultané avait eu lieu dans les
<1) Eotre Oarthe et Meuse.
(2) Sauf l*expl08ion volcano-épidémiqne absolnment prématurée et isolée de Marche-les-Dames, du 15-Si mai.
Googl'e
régions mixtes des bords de la Haine» dépendantes comme celles des bords de la Sambre et de la Meuse (rives gauches) du système fattal d*entre Escaut et Meuse. Ce mouvement, ayant constitué le groupe montois, comme ceux de Charleroi et de Liège ont constitué les groupes des régions nodales de ces endroits, a commencé, comme dans le groupe de la Sambre, dans TA. H. du 14 juin à Mons, et fut descendant le long de la Haine, comme l'avaient été ceux de la Sambre et de la Meuse le long de ces cours d*eau; il atteignit Guesmes le 17 juin, Jemappes le 20 et Quaregnon le 2o juin. Il se fortifia généralement le 27 juin, jour d'explosion même à Marchienne et à Liège, au centre des groupes de la Sambre et de la Meuse, comme il se fortifia généralement dans ces groupes.
Dans la journée A. H. du 37 juin, prédite dans mes lettres comme début sérieux du système épidémique belge, dans des mouvements généraux magnéto-électriques aussi orageux qu'épidémiques^ la maladie éclata ou se fortifia dans les trois régions mixtes principales du système d'entre Escaut et Meuse aux bords de ce dernier fleuve, de la Sambre et de la Haine, sur le revers méridional du seuil belge intérieur qui longe ces cours d'eau, depuis Gand et Tournay jusqu'à Tongres et Liège, au point ou ce seuil et les cours d'eau sont traversés par les lignes fattales et fluviales, méridiennes principales. En ces points se développèrent et se formèrent définitivement, le 27 juin, les trois groupes épidémiques principaux d'entre Escaut et Meuse, au bruit du tonnerre, des plus violents orages généraux simultanés, qui éclatèrent le jour même, à plusieurs reprises, sur les trois groupes eux-mêmes, à Mons, à Gharleroi et à Liège (1).
Les mouvements généraux orageux et épidémiques du 27 juin
(1) Voir ma leUre du 3 juillet.
firent éclater, développèrent ou renforcèrent le mal cholérique depuis Gand jusqu'à Liège, dans toute retendue du seuil belge intérieur qui longe sans interruption la Haine, la Sambre et la Meuse, en courant à peu près dans la direction d'un parallèle géographique
Si les épanouissements faitaux et fluviaux dans les régions Qodales conservent une certaine indépendance d'action, ils n'en contribuent pas moins tous à la tension générale de la région nodale, et n'en participent pas moins tous à cette tension générale.
Les appels simultanés du fluide des déversements aux extrémités de toutes les ramifications fluviales et fattales qui aboutissent à un même centre, se fortifient les uns les autres, à quelque système qu'ils appartiennent. Ils établissent une tension générale, à laquelle chacun participera avec sa puissance propre.
C'est ainsi, par exemple, que le mal fera irruption à Amercœur, Grivegnée et Jupille sous l'influence des sous-charges arrivées par le pied de Saini-Gilles (1) et de Kinkempoix (3) avant qu'il y soit arrivé par le pied de la Chartreuse (3).
Cela est si vrauque le mal se propagea plutôt de Liège vers Yerviers, et fut plutôt ascendant que descendant le long de la Yesdre sur le flanc méridional du rameau de Hervé.
L'épidémie avait déjà antérieurement remonté du centre mixte liégeois vers le faite d'entre Escaut et Meuse, vers Hanut, par Montegnée le 4 juillet, vers Hologne-aux-Pierres le 10 juillet (4), comme elle le fit postérieurement de Grivegnée vers Limbourg et Baelen par Dison.
(1) Extrémité du rameau besbayen d^entre Meuse et Geer. (i) Extrémité du rameau condrusien d'entre Ourlhe et Meuse. (8) Extrémité du rameau de Hervé.
(4) Les trois étapes Liège ^Saint-Gilles), Montegnée et Hollogne-aux-Pierres sont des trois A. H. consécutives des 27 juin, 4 et 11 Juillet. Une succession
En résumé, le fluide magnéto-électrique arrivant en tout temps plus facilement et plus abondamment vers les couches superficielles par les voies fluviales et faîtales, les points de croisement et de concours de ces voies deviennent des points de concentration et d'expansion intérieures, de déversement abondant de surcharge et d'expansion extérieures.
Les déversements généraux se font simultanément par toute la surface d'une contrée, mais de préférence et plus abondamment par les régions nodales dans lesquelles les surcharges dominent durant le mouvement d'expansion et de propagation intérieur et extérieur.
Les régions nodales participent plus ou moins aux mouvements généraux. Leur participation est plus ou moins indépendante ; elle reste subordonnée en ce que les expansions les plus puissantes, se communiquant, atteignent et dominent les autres.
Il convient donc d'analyser séparément les faits tels qu'ils se présentent dans chaque système faltal ou fluvial, d'examiner et de traiter d'abord ces systèmes, sauf à voir ensuite quelles influences réciproques ils peuvent exercer les uns sur les autres.
Les régions nodales les plus importantes sont celles où concourent le plus grand nombre des voies les plus importantes. Les régions nodales fluviales les plus importantes sont les plus rapprochées des embouchures des fleuves, les principales régions faîtales sont les plus rapprochées des faites supérieurs.
Il ne faudrait pas croire que dans les régions nodales fluviales basses les derniers vestiges des ramifications fattales, les mamelons terminaux à peine apparents, soient sans influence sur les grands mouvements de déversement.
analogue et beaucoup plus remarquable et descendante eut lieu dans les A. H. des 8, 15, il et 29 août sur le rameau central brabançon d'entre Senne et Dyle*
Le mamelonnage de Ruppelmonde, Niel et Boom, d*Anvers et de Saeftingen, Santvliet et Kilddrecht fut pour beaucoup dans les explosions fluviales et dans leur propagation.
Les mouvements d'expansion souterrains et superficiels se communiquent de proche en proche de région nodale en région nodale, des plus élevées vers les plus basses dans le système faîtal, et des plus basses vers les plus élevées dans le système fluvial et mixte.
L'expansion arrêtée aux extrémités faitales et fluviales y donne lieu à des concentrations plus grandes, qui font explosion et se manifestent prématurément. Ces concentrations refluent vers l'origine de l'expansion en sens contraire du mouvement et à sa rencontre. C'est cette rencontre qui fournit les plus forts déversements et les plus funestes conséquences épidémiques, elle est facile à établir, elle saute aux yeux dans les faits.
Le mouvement de reflux des extrémités faitales et fluviales vers l'origine de l'expansion, arrêtant celle-ci ainsi que ses efiiets, détruit la succession dans la propagation de ceux-ci, et produit souvent des inversions et des anomalies.
Il existe une autre cause générale d'inversion et d'anomalie dans la succession de la propagation des phénomènes épidémiques dont je dois également dire quelques mots ; cette cause gît dans la nature du sol et du sous-sol.
Le plus ou le moins de capacité et de conductibilité du sol et du sous-sol pour le fluide magnéto-électrique, jusqu'à d'assez grandes profondeurs, exercent évidemment une influence capitale sur la marche des déversements et de leurs conséquences épidémiques, qu'ils avancent ou retardent.
Cette influence peut s'exercer sur une étendue plus ou moins grande de la surface du globe, sur un pays, une contrée, une région plus restreinte ou même une localité. Il doit^léjà résulter de là une grande complication dans la marche des déverse-
ments ; mais cette complication sera plus grande dans le développement des conséquences épidémiques des déversements, conséquences qui ne seront plus en rapport direct avec la facilité et l'abondance du déversement.
Ainsi, il va de soi que, si dans un déversement général le fluide afflue avec une égale intensité et une égale activité, en égale quantité dans toute l'étendue d'une contrée, si dans cette contrée il existe des endroits, régions ou localités où le sol plus capable absorbe plus de fluide, la surcharge y croîtra plus rapidement; cette surcharge y croîtra d'autant plus rapidement que l'activité de la circulation y sera moindre et enlèvera le moins de fluide de la surcharge en un temps donné.
Toute cause qui augmente l'intensité et diminue l'activité de la circulation magnéto-électrique superficielle ordinaire dans une contrée, dans une région, ou dans une localité, y hâte et avance l'établissement de la surcharge dangereuse; toute cause, au contraire, qui diminue l'intensité et augmente l'activité magnéto-électrique préétablie, retarde l'établissement de la surcharge dangereuse dans les déversements.
Ces conditions amènent des développements et des propagations d'autant plus variées de l'épidémie qu'elles sont généralement en sens contraire de la facilité et de l'abondance des déversements.
Sur les plateaux élevés, dans les régions fattales, où la facilité et Tabondance du déversement grandissent avec l'altitude, l'activité magnéto-électrique, augmentant également avec cette altitude, tend à enlever plus rapidement les quantités plus grandes de fluide déversé. Elle y parvient d'autant plus facilement, que sur les plateaux élevés, le sol rocheux, plus conducteur que capable, facilite l'activation et contrarie l'établissement de la surcharge, qui, ainsi, parvient difiicilement à s'établir debfaçon à devenir dangereuse.
Dans le sous-sol, jusqu'à d'assez grandes profondeurs, les
couches terrestres, diversement stratifiées, ont des composi* lions bien différentes. Les couches conductrices y alternent avec des couches non conductrices ; les unes, capables, retiennent le fluide, les autres, non capables, le laissent filtrer plus abondamment. Ici encore les conditions qui hâtent ou retardent la marche ascendante des masses de fluide des couches inférieures vers les couches superficielles se compensent ou se neutra-^ lisent, en ce sens, que les couches capables qui absorbent et retiennent le fluide, sont généralement plus conductrices et fournissent des circulations plus actives, tandis que les couches non capables sont généralement moins conductrices. L'alter-^ nance des couches capables ou non, et conductrices ou non» rend dans tons les cas les déversements successifs. Ce sont les couches éminemment non conductrices qui jouent le rôle essentiel dans les avances et dans les retards des déversements partiels régionaux ou locaux.
Sous les couches non conductrices le fluide se concentre. La concentration peut simplement retarder le mouvement; elle peut l'arrêter jusqu'à un nouveau déversement; dans tous les cas elle donnera lieu aux déversements superficiels très avancés ou très retardés, explosifs, volcaniques, volcano-orageux et volcano-épidémiques.
Mes travaux antérieurs contiennent à ce sujet assez de don- 'nées générales, et il ne convient guère d'entrer ici dans des détails k ce sujet.
Les facultés concentrantes et conductrices du sol et du soussol dépendent peut-être plus de la structure que de la nature des corps qui les composent.
Ce sont les facultés de concentration et de conductibilité du sol qui nous intéressent le plus, car ce sont elles qui se dessinent le mieux dans la propagation des conséquences épidémiques des déversements.
Les roches pierreuses compactes homogènes, à structure
continue cristalline, fibreuse et lamellaire, sont généralement conductrices par structure et capables de fluide par nature ; les argiles sont plus capables, mais faiblement conductrices ; elles le deviennent davantage quand elles sont humides ; les sables ne sont ni capables ni conducteurs; telles sont les grandes sub* divisions des roches au point de vue des facultés concentrante et conductrice de la magnéto-électricité terrestre, comme à tous les points de vue. ,
Cette subdivision suffira généralement pour apprécier et caractériser rinfluencedu sol et du sous-sol dans les mouvements magnéto-électriques et dans leurs conséquences.
Cette influence deviendra peut-être un peu plus difficile à apprécier dans le sous- sol où les couches de difl'érentes espèces alternent ; mais elle le sera certainement davantage là ob les couches sont mélangées.
L'appréciation ne deviendra réellement difficile cependant que quand il s'agira d'entrer dans des détails que le sujet ne comportera peut-être jamais.
L'influence des mélanges rocheux, en général, n'est pas si difficile à apprécier. Le mélange pierreux facilite la circulation, le mélange sableux la retarde. Si le mélange pierreux ne rend pas les terres moins capables, il en diminue la faculté concentrante, en favorisant l'activité de la circulation. Ainsi la mince couche de terre pierreuse et schisteuse des Ardennes, peu capable, à cause de son manque d*épaisseur, perd encore de sa force concentrante par l'actiiité magnétique qui règne dans les couches pierreuses et schisteuses continues sur lesquelles elle repose. Ainsi les déversements les plus abondants de 1866 ne sont-ils parvenus, pas plus que ceux antérieurs de 1833 et 1849, à établir, et surtout à maintenir, une surcharge magnéto-électrique épidémiquement dangereuse dans toute l'étendue du plateau ardennais proprement dit, du plateau central, où la couche terreuse du sol manque ou n'a qu'une très faible épaisseur. Ce
n'est qu'en s'éloignant du plateau central et à ses limites, où les terres du sol commencent à s*épaissir, que Ton rencontre les lieux visités par Tépidémie. Là les visites furent d'autant plus dangereuses.
En général, quand une région est mise plus ou moins à l'abri du danger des surcharges par manque de capacité ou par excès de conductibilité du sol et du sous-sol, le danger est reporté sur les limites, qui deviennent alors des lignes du plus grand danger. Ces lignes créent les influences locales les plus restreintes, ou les points particuliers d'explosion des surcharges et de leurs conséquences.
Le mélange sableux rend les terres moins conductrices. Si ce mélange diminue la capacité^ il diminue aussi la conductibilité, et par conséquent, il augmente la faculté concentrante. Cette augmentation est d'autant plus importante que les argiles sableuses constituent les couches les plus épaisses du sol, en formant les principaux réservoirs pour les surcharges magnétoélectriques terrestres anomales. Parmi ces réservoirs se distinguent surtout ceux formés de terrains d'alluvions ; non pas de ces terrains appelés ainsi en géologie, parce qu'ils ont été submergés durant les grandes formations géologiques des soulèvements qui se succédèrent rapidement et qui, en quelques périodes quinquaséculaires, débarrassèrent l'atmosphère et créèrent l'état superficiel ou le relief du globe ; mais de ces terrains qui, comme ceux des rives, de la vallée et des bouches du Nil, des bouches de l'Escaut, du Danube, du Rhône, etc., se formèrent réellement par alluvion mêlée de débris de végétation, depuis que le relief du globe est complété, depuis la fin des périodes des grandes formations (1).
(1) Une des plas grandes aberrations scientifiques de ces temps-ci, est cette confusion des géologues de baser lenrs appréciations et leurs calculs des formations géologiques sur ce qu'ils voient se passer sous leurs yeux, on sur ce qu'ils peuvent établir comme s'élant passé dans les temps bisto*
Cest, à part le mélange de matières végétales et animales, à peu près la terre à brique de Niel, Boom, Rupelmonde, de la région nodale fluviale de Tembouchure du Rupel, qui exerce la plus grande Taculté concentrante. Cette faculté suffit pour amener le plus promptement les surcharges épidémiquement dange* reuses, outre qu'elle favorise et Uftte le déversement, en appelant par absorption le fluide qui y afflue. Le sol a donc des caractères généraux qui se retrouvent assez généralement dans les difiérentes contrées ou régions d'un pays. Ces caractères se retrouvent au moins d'une façon remarquable dans les différentes contrées et subdivisions territoriales déjà établies dans ce travail ppur la Belgique.
Dans les régions basses fluviales du bas Escaut et de leurs dépendances, une grande épaisseur de terres argileuses mélangées de sables, ou de sables mélangés d'argiles, constituent des réservoirs terrestres superficiels qui appellent, absorbent, et conservent les surcharges. Celles-ci s'y établissent et y deviennent promptement dangereuses; d'autant plus que les intensités magnétiques préétablies y sont grandes et surtout que l'activité y est moindre. L'établissement de la surcharge est graduel et continu.
Dans les régions belges moyennes, entre Escaut et Meuse, de moindres épaisseurs de terres moins mélangées, plus capables, mais plus conductrices appellent peut-être le fluide avec autant d'énergie ; le déversement dans tous les cas y est plus
riques. Quand il pleuvait des cailloux roulés comme grêlons et qu'U tombait simultanément de l'argile et du fer, il ne fallait pas des milliers d'années pour former une couche terreuse de quelques mètres d'épaisseur. En ce temps-là THimalaya et tout le système méridien d'Asie prolongé sur Tbémisphère opposé par les Cordillères, sortirent de terre peut-être en moins de huit jours, en même temps que les grandes Alpes ; si elles ne sortirent pas de terre en une fois, elles s'élevèrent au moins à leurs hauteurs considérables eu un petit nombre de reprises très rapprochées.
favorisé par le relief et par les voies géologo-magnétiques souterraines; mais Tactivité de la circulation, déjà plus grande» diminue la faculté concentrante, et les surcharges s'y établissent et y deviennent moins promptement dangereuses. La circujation y est à la fois intense et énei^'que.
Dans la région belge supérieure des Ardennes, où, comme je l'ai dit plusieurs fois déjà, les déversements sont les plus abondants et les plus faciles, règne en même temps la plus grande activité magnéto-électrique et la moindre faculté concentrante des surcharges. Les effets de celui-ci peuvent s'y montrer momentanément durant les déversements, au plus fort de ceux-ci, mais ne dureront pas. Us s'y montreront dans tous les grands mouvements, aussi bien au début qu'au milieu et à la fin du déversement général, qui le plus souvent fera ses premiers débuts brusques dans ces régions.
En quelques mots, l'établissement de la surcharge dépend de la circulation préétablie. Là où celle-ci est intense et peu active la surcharge s'établit tout d'abord, facilement mais graduellement ; là ses effets se montreront en avance.
Dans les régions où la circulation est moins intense et plus active, les surcharges s'établiront et se maintiendront plus difficilement, et leurs effets seront en retard; à moins que les déversements ne soient considérables et capables de produire des effets momentanés, brusques et plus ou moins volcaniques. La composition et surtout la structure des roches qui composent le sol sont d'accord avec ce que j'ai établi dans YHumanité an sujet des circulations magnéto-électriques dans les plaines et sur les plateaux. Pour d'autres raisons que la composition et la structure du sol la circulation magnéto-électrique est intense dans la plaine et active sur le plateau. Elle est d'autant plus active que le plateau est plus élevé; on peut ajouter, eu égard au sol , que la circulation est d'autant plus active sur le plateau, que celui-ci est plus dénudé ou plus rocheux.
Comme cause d'augmentation de la faculté concentrante locale, je dois citer dès à présent l'agglomération populeuse avec toutes ses conséquences, qui hâtera le développement de la surcharge, et avancera le début de ses conséquences funestes.
Dans l'agglomération règne toujours une intensité plus forte. Cette intensité plus forte agira durant le déversement pour le favoriser et bâter l'établissement des surcharges ; mais celles-ci, si elles deviennent plus considérables, s'établiront graduellement comme partout ou régnent des surcharges préalables et normales, et ne produiront dans aucun cas les effets désastreux que l'habitant des grandes villes se plait à leur attribuer. Les cloaques pestilentiels encombrés de nos grandes villes ont fourni à Tépidémie de 1866 proportionnellement beaucoup moins de victimes que les sites agrestes, parfaitement cultivés, non encombrés, élevés et aérés, du mamelonnage boisé du centre de la région ttodale du haut Luxembourg.
Dans tous les cas si un mouvement d'expansion ou de propa* gation magnéto-électrique et épidémique trouve sur ses voies une capitale ou une très grande agglomération populeuse, il fera une enjambée par dessus les localités intermédiaire, et atteindra prématurément et anomalement le grand centre, comme furent atteints ceux de Londres et de Paris le 26 octobre 1831 et le 22 mars 1832; comme fut atteint le centre bruxellois le 22 mai 1866, en même temps que le mal fit ses premiers débuts en son centre fluvial anversois, origine du développement régulier de tout le système épidémique belge de 1866.
L'avant-début d'Anvers du 22 mai fut lui-même un peu dû à l'agglomération. Celle-ci pourrait bien avoir donné au centre anversois la prépondérance sur des autres centres fluviaux et surtout sur celui de l'embouchure du Rupel, oii le développement épidémique fut moins influencé et malgré cela peutêtre plus considérable.
Dans tous les cas, le début naturel, réel, régulier des mani-
festations épidémiques des régions fluviales du bas Escaut est celui de l'A. H. du 7 juin de Niel et de Boom; c'est celui de l'entrée sérieuse et brusque en matière de l'épidémie à Anvers ; c'est le début dans à peu près toute l'étendue du système fluvial de la rive droite de l'Escaut, qui comprend ainsi :
Anvers (6 juin), Niel (6 juin), Boom (8 juin), Molenbeek- Saint-Jean (7 juin) (1) et Louvain (9 juin).
Autour d'Anvers le début se compléta à Mencem à la N. L. du 12 juin, citée dans mes lettres. Le début de Molenbeek se compléta le môme jour en s'étendant à l'agglomération bruxelloise.
Tai dit plus baut que le centre mamelonné de la région nodale arlonaise avait été violemment éprouvé malgré les bois qui couronnent encore généralement les mamelons. Le mal a sévi en eSei avec vigueur aux pieds des deux mamelons principaux du Hirschberg couronné par le bois d'Arlon et du mont d'Athus couvert du bois de la commune de ce nom; comme il a sévi le long du rameau d'entre Ghiers et Semoy à partir de son point d'attache et jusqu'à hauteur de Yirton, bien que cette contrée soit encore une des plus boisées de la Belgique.
Dans le premier volume du Magnétisme j'ai attribué à priori aux grands bois une influence suffisante sur la distribution de la magnéto-électricité terrestre et sur les déversements, pour qu'elle ait droit à une place ici parmi les grandes causes générales modificatrices du développement et de la propagation des conséquences épidémiques des déversements généraux magnéto-électriques.
Les forêts et les grands bois font dans les combinaisons végé-
(1) A Molenbeek-Salnt-Jean comme à Anvers il y eut des cas isolés dès l*A. H. du 80 mai ; mais le débat sérieux, les cas Journaliers multiples commencent le 7 Juin.
taies et dans les accroissements par végétation d'énormes dépenses en fluide magnéto-électrique terrestre, et par cela même, attirent à eux le fluide dans les déversements et dans tous les échanges, soit de la circulation intérieure avec la circulation superficielle, soit de celle-ci avec Fatmosphëre. Les bois facilitent considérablement les dégagements dans l'atmosphère. Ces dégagements mêmes accroissent considérablement les af&uents des courants intérieurs vers ceux de la surface dans les déversements. Ces effets sont d'autant plus considérables que les forêts et les grands bois expulsés de la plaine et des plateaux peu élevés n*ont pu se maintenir que dans les régions faltales les plus élevées et surtout dans les régions nodales, c'est à dire sur les lignes et dans les régions des déversements les plus faciles et les plus abondants et des dégagements les plus considérables; si bien, qu'il n'existe plus guère de forêt ou de grand bois que dans les régions nodales faltales, et que les principales d'entre celles-ci, occupées à peu près tout entières par les dernières forêts, sont encore désignées par cela même.
Les dernières forêts et les derniers grands bois, encore existants dans nos pays, favorisent donc généralement et rendent plus abondants les déversements dans les régions déjà naturellement favorisées. £lles pourraient y rendre les déversements plus brusques et plus volcano-épidémiques en même temps que plus considérables, si le dégagement constant et non moins abondant n'amoindrissait le danger, en diminuant sans cesse la surcharge au fur et à mesure qu'elle tend à se constituer. Mais si le dégagement amoindrit le danger dans la région du dégagement et dans le rayon d'action de celui-ci, il ne l'amoindrit pas au delà, et si l'action qui favorise le déversement s'étend plus loin que celle du dégagement, la première devient très dangereuse au delà de la dernière, c'est à dire aux limites des régions boisées. Tel est en effet le cas.
En quelques mots, la forêt placée généralement dans les lieux
les plus favorables aux déversements, appelle le fluide des couches inférieures jusqu'à d*assez grandes profondeurs vers celles de la surface, en même temps que celui des couches superficielles jusqu'à d'assez grandes» distances. L'espace occupé par la forêt devient un champ de concentration par excellence. Dans l'intérieur de ce champ la végétation de la forêt, par sa dépense de fluide, mais bien plus par la facilitation des dégagements et la formation des nuages et surtout des orages ou nuages orageux, détruit, si non en entier, au moins en partie les effets de la concentration. Vers les bords, aux limites et à l'extérieur de la forêt, jusqu'à une assez grande distance, les quantités de fluide affluentes vers la forêt , étant moins dispersées par dégagement, doivent y constituer des surcharges extraordinaires avec toutes leurs conséquences.
Ces objets se sont produits tout entiers d'une façon extraordinairement remarquable et concluante, dans deux des principales régions nodales de la Belgique, où ils ont constitué les deux principaux groupes épidémiques fattaux, celui de la grande région nodale du haut Luxembourg, d'Ârlon-Messancy, des sources de la Semoy, de la Ghiers et de la Sure (Attert et ÂIzette) et celui de la région nodale brabançonne centrale de Waterloo, entre Senne et Dyle, aux sources de la Woluwe, de l'Ysche, de la Yoer, de la Lasne du ruisseau de Huysinghen.
Dans la région nodale du haut Luxembourg il subsiste beaucoup de forêts et de grands bois. Au centre même, au cœur de la région, les mamelons expirateurs en sont encore couronnés. De ce fait l'appel du fluide par ces mamelons est considérablement augmenté, et la concentration à leurs pieds, et circulairement autour de ces pieds, doit en être d'autant plus favorisée, que là se trouvent le plus généralement les limites des bois. Il en est ainsi pour les bois d'Arlon, de Messancy et d'Athus qui couronnent les mamelons culminants les plus centraux. Peu éloignés les uns des autres, leurs influences s'étendent de l'un
à Tautre, dans leurs intervalles, sur tout l'espace découvert, cultivé et habité, donc disposé à recevoir et à conserver les surcharges. C'est dans cet espace que les surchai^es établies par le concours de toutes les influences sont devenues considérables et se sont manifestées telles dans leurs effets. Cest aux limites du plateau dénudé des Ardennes, première condition générale d'accroissement rapide de surcharge magnétoélectrique ; c'est au centre de la région nodale supérieure et principale et aux pieds de ses mamelons irrupteurs culminants boisés ; c'est aux limites de ces bois, c'est dans leurs intervalles, dans les gorges, aux extrêmes ramifications, aux sources de la Semoy, de la Sure et de la Chiers et de celle-ci surtout: c'est en grande partie sous la puissance aspiratrice et expiratrioe des mamelons des bois d'Arlon (Hirscbberg), de Messancy (Jungenbesch) et d'Àthus que naquit le système épidémique belge. C'est là, c'est à la limite des grands bois continus d'Arlon, de Châtillon, de Saint-Léger, d'Ëthe et d'Étalle qui couronnent encore le fatte du rameau d'entre Semoy et Chiers ; c'est à là limite des bois parallèles aux premiers sur la rive gauche de la Vire, affluent de la Chiers; c'est dans la gorge découverte, cultivée et habitée que suit la route d'Aubange à Virton, tracée entre ces deux masses de bois, que se développa, dans les conditions les plus favorables, le principal groupe épidémique belge. C'est là que le mal cholérique sévit avec le plus de persistance et le plus d'intensité, II ne ménagea aucun coin habité vers le centre de la région et dans le rayon d'action immédiat de ce centre. Le groupe s'étendit aussi bien dans les fractions grand-ducale et française de la région nodale que dans la fraction belge.
Dans la deuxième région nodale dont il est question plus haut» les faits se présentent d'une façon plus remarquable encore, ils sont plus simples, plus explicites et plus concluants.
La région nodale brabançonne centrale aux sources de la
Woluwe, de la Voer, de ITTsche et du ruisseau de Huysinghen, région qui commande la capitale de la Belgique et comprend cette capitale comme sa principale dépendance; la région nodale de Waterloo, jadis entièrement occupée par la forêt de Soignes, Test encore aujourd'hui en majeure partie.
C'est dans cette région nodale que l'épidémie cholérique a élu en 1866 son deuxième domicile favori, c'est là qu'elle constitua son deuxième groupe principal fattal des localités les plus éprouvées. Ce groupe, en dehors même de Bruxelles, comprend : Woluwe-Saint-Pierre, Rhode-Saint-Genèse, Watermael-Boitsfort, Tourneppe, Hoeyiaert et Tervueren.
Toutes ces localités se trouvent aux limites actuelles de la forêt de Soignes, ou très près de ces limites, et par conséquent dans la zone enveloppante de Tinfluence concentrante de la forêt. Les localités de Watermael-Boitsfort, koeyiaert et Tervueren se trouvent si exactement dans cette zone, qu'elles touchent aux bois et s'y engagent en partie : Woluwe-Saint-Pierre etRhode-Saint*Genèse n'en sont pas éloignés de plus de 1,500 à S,000 mètres.
Serait-ce le hasard qui aurait choisi, pour les faire ravager de préférence par le choléra, précisément les cinq ou six localité;^ toutes assises aux extrémités ramifiées des cours d'eau qui viennent s'épanouir sur le plateau central brabançon pour y former et dessiner ce plateau ?
Serait-ce le hasard qui a désigné les sources mêmes de ces cours d'eau pour sièges principaux du mal épidémique; qui a désigné pour ces sièges Watermael-Boitsfort, aux sources de la Woluwe; Hoeyiaert, aux sources de ITsche; Tervueren aux sources de la Voer et Rhode-Saint-Genèse, aux sources mêmes du ruisseau de Huysinghen? Serait-ce le hasard qui a placé ainsi les localités les plus éprouvées à toutes les sources indis^ tinctement qui constituent la région nodale brabançonne restreinte ou le noyau de cette région, plus régulièrement et plus
fS
exactement encore qu'il ne l'avait fait dans le groupe luxembourgeois aux sources mêmes de la Chiers, de la Semoy et des affluents de la Sure (Eischen et Âttert)?
Hoeylaert-Watermael est le petit axe, et Tervueren-Rbode- Saint-Genèse le grand axe du losange central du plateau nodal brabançon. Le centre du losange est le centre du plateau. L'étendue de la forêt de Soignes est réduite à celle du losange nodal central. Serail-ce pour celte raison exclusivement que toutes les localités les plus éprouvées du plateau nodal brabançon se trouvent à la limite du bois, engagé dans celui^i, ou dans sa zone d'action immédiate?
Serait-ce le hasard qui a promené l'épidémie successivement autour de la forêt de Soignes, dans les localités placées à sa limite même, et engagées dans le bois : à Watermael (8 août), à Boeyiaert (23 août) et à Tervueren (38 août), dans les accélérations hebdomadaires ordinaires des 8, 32 et 29 août ?
Pour compléter la coïncidence de ses mouvements contournants d'extension avec ceux des accélérations hebdomadaires ordinaires, pour faire le tour complet du noyau central de la région nodale brabançonne, dans le mouvement magnéto-électrique hebdomadaire ordinaire complet du mois d'août, les 8, 16, 33 et 39, l'épidémie se manifesta le 16 août à Tourneppe^ localité placée non loin de Khode-Saint-Genëse, à très peu près dans les mêmes conditions que celle-ci, et la remplaçant évidemment dans ce cas.
En dehors des localités ci-dessus, atteintes successivement dans le mouvement À. H. du mois d'août, le groupe fattal brabançon comprend Woluwe-Saint-Pierre, où le mal fit irruih tion à la date A. H. culminante connue du 17 juillet, et Rhode- Saint-Genèse où il éclata dans les mouvements si considérables des 37, 38 et 39 juillet. Ces deux explosions avancées, étant parfaitement légitimées par l'énergie des mouvements 'généraux auxquelles elles sont dues, il ne reste que le mouvement régu-
lier successif du développement tournant partant de Walermael, et faisant, par Tourneppe, Hoeylaert et Tervueren, le tour du noyau central de la région nodale brabançonne, le tour de la forêt de Soignes, par ses limites exactement, par les sources exactement des cours d*eau qui limitent le noyau central de la région nodale brabançonne ; par les sources exactement de la Woluwe, de la Voer, de TYsche et du ruisseau de Huysingben, les quatre jours mêmes des accélérations magnétiques hebdomodaires ordinaires du mois d'août, indiquées page 34 du Manifeste, les 8, 16, 22 et 29 août. Si le hasard a pu jouer ce tour-là à la science stationnaire ou rétrograde, alors il a pu le jouer plus complet encore ; il a pu faire précéder les explosions épidémiques des 8, 16, 22 et 28 août des principaux dégagements orageux de Tannée 1866, des 7, 14, 21 et 28 août qui, les 14, 21 et 28 août eurent surtout lieu sur le plateau brabançon et sur ses supérieurs de Seneffe, Nivelles, Ligny, Gosselies et de Ghimay, placés sur le même méridien, et qui ces jours, en suivant le rameau méridien d'entre Senne et Dyle jusqu'à ses extrêmes sous-ramificalions, vinrent éclater avec un fracas épouvantable au dessus de la capitale même, la noyant dans des averses diluviennes, et la fouettant épidémiquement avant et après le jour même, la veille et le lendemain, comme elle ne l'avait pas été et comme elle ne devait plus être. Ce sont les 14, 21 et 27-28 août, ce sont les déversements qui occasionnèrent les dégagements orageux de ces jours, qui produisirent les plus fortes mortalités épidémiques à Bruxelles, dépendance principale de la région nodale brabançonne. Ce sont les efforts de dispersion exercés par les orages sortis les 14, 21 et 27-28, même des régions nodales, et allant éclater avec fracas sur la capitale, qui ont débarrassé celles-ci, en partie au moins, des excès déversés. Ce sont les efforts concentrants par appel et par aspiration vers les noyaux nodaux durant et après le dégagement» surtout vers les noyaux nodaux couverts de bois et de
forêts, qui renforcèrent l'influence épidémique, et la firent éclater aux quatre coins de la région nodale brabançonne dans les temps et les lieux les mieux choisis.
Serait-ce le hasard qui fit les choses ainsi? Alors c*est aussi lui qui choisit précisément pour le principal des jours ci-dessus celui de clôture du 28, celui du coup de poing final prédit dans mes lettres à la suite même des mouvements des 14 et 21 comme conséquence de ces mouvements, que je connaissais parfaitement le 24, avant d*avoir vu un seul chiffre de la mortalité épidémique du Brabant.
Le coup de poing final fut double, celui du 21 fut presque aussi important que celui du 28, à Mons aussi bien qu'à Bruxelles.
Les 7, 14, 21 et 28 août, et toutes leurs conséquences, furent aussi marquantes dans le groupe principal supérieur arldnais et dans celui de Liège, leur égal en importance, que dans le groupe brabançon.
Le 21 août fut aussi orageux à Liège qu'à Bruxelles. Les deux grands centres furent gratifiés du même fracas et du même déluge le même jour.
Le mouvement orageux fut plus remarquable à Mous qu'à Bruxelles, aussi bien les 27-28 août que le 27 juin.
Si le hasard a réuni toutes ces conditions, il s'y est d'autant mieux pris que, sauf celles peut-être plus remarquables encore du 27 juin, il ne les a guère réunies que les 7 et surtout 14, 21 et 28 août. Il ne faudrait pas croire que les grands orages qui ont éclaté sur Bruxelles aient été si abondants en 1866, pour que quelques-uns d'entre eux coïncidassent facilement avec les grands mouvements magnétiques et épidémiques à jour fixes ou prédits des 27 juin, 14, 21 et 28 août. Non; il n'y en eut pas d'autres, ou, au moins, il n'y en eut pas d'autres sufiisamment importants pour être annotés ou relatés. Celui du 27 juia même ne fut pas très important à Bruxelles. La capitale ne compte que faiblement parmi les localités où les orages du 27
firent bruyamment Touverture de la période épidémique intense, rai cité ces localités. La capitale, comme toute la Belgique orientale et comme le sud-est, participèrent davantage aux grands mouvements de la deuxième période intense estivale du mois d'août, et surtout aux principaux mouvements de cette deuxième période, aux mouvements de clôture des 21 et 28 de tout le système intense, au coup de poing final du 28-29.
Sur le plateau brabançon comme sur le plateau arlonais, le mal épidémique éclala plus tôt et fit plus de ravages à quelque distance de la limite de la forêt et du bois, mais dans sa zone extérieure d'action immédiate, qu'à la limite même. Le danger, minimum au centre même du dégagement, grandit en s'éloignant de ce point jusqu'à quelque distance des- limites de l'espace de dégagement où il devient maximum, et au delà de laquelle il diminue graduellement.
Si les appels de fluide vers les lieux principaux des déversements par les dégagements favorisés exposent davantage ces lieux, ils en préservent souvent beaucoup d'autres. Tout le fluide enlevé aux sols par les dégagements, Test non seulement au détriment du mal général ; mais exerce aussi dans les grands mouvements orageux qui en résultent, une action de dispersion considérable, qui tourne bien plus encore contre l'influence épidémique.
Les régions nodales de dégagement sont des dérivatifs en terme de médecine. Ce que la région nodale rejette dans l'atmosphère, en le soutirant à de grades profondeurs, ne peut pas s'épanouir dans les grands centres aux limites des régions nodales faitales, dans leurs rayons d'action immédiate, aux extrémités dçs ramiflcaiions faftales qui partent de leur centre.
Les quelques petites localités de la région nodale brabançonne ont payé la majeure partie du tribut de la capitale. Dans son jour de maximum d'épreuve, le 27 août, Rhode-Saint- Genèse perdit 13 habitants sur 3,000, donc 430 sur cent mille.
Dans les mêmes proportions la ville de Bruxelles en eA! perdu 700 au lieu de 70 à 80, et la mortalité y eût été décuplée. L'agglomération bruxelloise en eût perdu douze à quinze cents. Le groupe fattal brabançon composé de Hoeyiaert» Tenruerea, Woluwe- Saint-Pierre, Watermael-Boitsfort , Rhode- Saint- Genèse et Tourneppe, a fait une perte totale de SOO habitants sur 15,000, ou de 1 sur 30 ou de 33 p. m.; dans les mêmes proportions la perte de Bruxelles eût été de 8,000 et celle de l'agglomération bruxelloise de plus du double, alors que Bruxdies n*en perdit pas le tiers, et que l'agglomération fut éproavée dans des proportions moindres encore.
Cinq cents habitants des bords de laforêt de Soignes, payèrent à l'épidémie le tribut pour la capitale, et y conservèrent plus que le décuple de ce nombre d'habitants.
La capitale, je le répète, 'ne participa énergiquement aux grands mouvements de déversement du mois d'août qu'à leurs débuts. Les dégagements orageux simultanés dans la régies fattale ne tardèrent pas à affaiblir cette participation, et quaii4 à la suite de ces dégagements les déversements furent activés vers la région nodale, au point d'y faire éclater l'épidémie, les excès de celle-ci avaient cessé ou cessèrent dans la capitale.
La région nodale centrale du haut Luxembourg paya de même la majeure partie du tribut pour tout le Luxembourg. Les mouvements volcano-épidémiques qui firent irruption dans le mamelonnage central de la région arlonaise amoindrirent ceux qui devaient se manifester dans tout le système fattal et flo* vial qui dépend de cette région , et préservèrent des ravages épidémiques une grande partie des bords de la Semoy , de Is Ghiers , de TEischen , de l'Attert , de l'ÂIzette et de la Sure. Les localités placées aux sources de ces cours d'eau payèrent en majeure partie à l'épidémie le tribut pour celles de lents rives éloignées de ces sources. Les explosions violentes volcano-épidémiques qui avaient eu lieu prématurément sur quel-
ques-unes de ces rives avant que celles de la région nodale eussent pris toute leur importance, s'amoindrirent rapidement après, et ne tardèrent pas à cesser complètement.
Si la région nodale liégeoise de la Hesbaie, qui a pour centre Hanut, et communique avec Liège par le rameau fattal hesbayen d'entre 6eer et Héhaigne et d'entre Geer et Meuse, avait fonctionné avec la même activité que les régions brabançonne et arlonaise, la ville de Liège eût été ménagée comme la capitale. La région hesbayenne eût fonctionnée avec la même énergie que les autres, si elle avait été comme elles en partie boisée, au lieu d'être entièrement dénudée.
Hanut et ses dépendances eussent dans ce cas payé une partie du tribut que Liège a payé pour elles.
Les bois conservés en grandes quantités et étendus sur la rive droite de la Meuse dans les régions condrusiennes, sur les faites et dans les régions nodales d'entre Ourthe et Meuse, amoindrirent fort heureusement le contingent que le rameau condrusien devait amener à Liège , sans quoi ce centre populeux eût été plus vivement éprouvé encore. Dans les régions eondrusiennes, aux sources des afiQuents de la Meuse, de rOurtbe et de la Lesse; aux sources de la Wamme du Bocq et du Hoyoux, autour des centres nodaux et à cheval sur le plateau fattal du rameau condrusien à Marcbe-Havelange et à Frainoux, localités qui dessinent ce plateau, les choses se passèrent k peu près comme dans les régions nodales du Brabant central et du Luxembourg méridional : les localités condrusiennes citées payèrent leur propre tribut, et peut-être bien un peu le soulagement du centre liégeois.
Un troisième rameau ardennais ou eiffelien aboutit à ce centre par le pays de Hervé et par la rive droite de la Vesdre. Ce rameau est dans des eonditions analogues à celui du Gondroz. Le groupe verviétois se développe le long de son flanc méridional aux limites de forêts et de grands bois, aux pieds des mamelons
irrupteurs terminaux extrêmement remarquables des bords de la Vesdre, encore aujourd'hui généralement couronnés de bois qui activent leurs facultés d*appel et de dégagement du fluide.
Le rameau de Hervé chargea donc peu le centre liégeois , il ne le chargea pas plus que ne le fit le rameau condrusien, et, comme celui-ci, il paya son propre tribut, assez heureusement pour le grand centre liégeois, suffisamment chargé par la rive gauche de la Meuse et par les afiluents hesbayens.
Avant d'entrer dans quelques détails au sujet du système faîtal et fluvial belge, je spécifierai et résumerai les difiërentes espèces de déversements et de dégagements.
Tous les mouvements magnétiques qui amènent le fluide des couches terrestres inférieures dans celles de la surface sont des déversements ; tous ceux par lesquels le fluide passe dans l'atmosphère sont des dégagements.
Les déversements lents et successifs qui modifient la charge de la circulation magnétique terrestre d'une façon permanente ou pendant un temps prolongé, sont climatéfiques et épidémiques.
Les déversements brusques produisent les tremblements de terre et les éruptions volcaniques et sont volcajiiques.
Le tremblement de terre est un orage souterrain.
Le déversement pouvant être plus ou moins lent et successif ou épidémique, et plus ou moins brusque ou volcanique peut être volcano 'épidémique.
Le dégagement est sec ou humide, il peut être général ou partiel.
Le dégagement humide général se présente sous forme d'épais brouillard.
Le dégagement humide partiel ou celui plus abondant et plus épais des régions nodales dans les dégagements généraux, se présente plus souvent sous forme de nuages orageux.
Les principaux dégagements généraux humides, sous forme
d'épais brouillards, en 1866, furent ceux des 2S avril, 29 juin et 25 juillet, signalés dans mes lettres. Le premier annonça et accompagna les premiers déversements et rétablissement des premières surcharges. Le second fut le résultat des premières charges et déversements considérables de la circulation ralentie de juillet qui ouvrent la période épidémique intense ; le troisième signale le début des dernières charges et déversements à rapproche de la fin de la période intense.
Aux époques des fortes charges terrestres le dégagement humide amène toujours l'orage. Il l'amène cependant plus souvent dans les mois de juin et d'août, quand la circulation est active, que dans le mois de juillet, quand la circulation est plus ralentie. Les circulations les plus actives fournissent les plus grandes et les plus faciles concentrations aux points d'engorgement des passages difficiles et se dégagent le plus facilement, le plus brusquement et le plus abondamment. Les orages, plus fréquents dans les mois de juin et d'août, sont plus violents et plus électriques en juin, et plus diluviens au mois d'août; ceux plus rares de juillet sont lés plus chargés.
Le dégagement général amène les orages généraux, comme Tétaient ceux du 27 juin d'ouverture et ceux des 21 et 28 août 1866 de clôture de la période épidémique.
Le dégagement orageux est plus ou moins brusque. Il peut se réduire à une ou à plusieurs décharges électriques, à un ou à plusieurs coups de tonnerre qui ressemblent beaucoup à des coups de canon. Tels furent ceux des 14 et 27 décembre 1866 à Bruxelles, à Mons et ailleurs. Le dégagement orageux est ascendant, tandis que le coup de tonnerre ordinaire est descendant.
Le dégagement orageux se présente souvent simultanément sur une grande étendue de pays. C'est une irruption brusque de masses de fluide terrestre dans l'atmosphère par les saillies naturelles et artificielles du relief terrestre.
Le dégagement orageux brusque peut être accompagné de tremblement de terre; le mouvement orageux peut être simultanément terrestre et atmosphérique. Le dégagement orageux el brusque a beaucoup de ressemblance avec l'éruption pure et simple par les cratères des volcans ; il est volcmo-orageux.
L'éruption volcanique peut être sèche ou humide.
Le dégagementgénéral, sec et abondant peutfoumirdegrandes quantités de fluide qui s'élèvent vers les hautes régions atmos* phériques. 11 devient alors auraral. Ce dégagement peut provenir d'une irruption brusque ayant provoqué un tremblement de terre ; il est alors voleano-auroral ; comme le fut celui qui» le 14 septembre, ébranla les régions centrales de la France, et débarrassa ces régions des surcharges dangereuses et de leurs conséquences épidémiques.
Le déversement et le dégagement peuvent être simultanés. Ils le sont généralement. Il est bien rare qu'un déversement ne rejette pas une bonne partie du fluide de la circulation actiye superficielle dans l'atmosphère sous forme de brouillard gêné* rai, comme celui du 25 avril (1), ou de gros bouillons ou cumulus nuageux sortant des régions fattaies et surtout de leurs nœuds, comme ce fut le cas les i4, ii et 27-38 août (2).
Les phénomènes appartenant les uns aux déversements, les aiitres aux dégagements, peuvent donc se présenter ensemble, comme ils le firent constamment en 1866.
En résumé, ces déversements sont donc :
1"* Épidémiques;
i? Volcano-épidémiques;
3^ Volcaniques.
Les dégagements sont :
l"" Humides et brumeux ;
(1) Voir ma lettre da tl avril .
(«) Voir ma lettre du Vi août.
i^ Orageux;
3"* Volcaniques;
4* Volcano-orageux ;
Bo Auroraux;
6« Volcano;auroraux.
Tous ces mouvements se sont présentés fréquemment ensemble ou séparément en 1866. A part quelques explosions volcano-épidémiques qui précédèrent et annoncèrent le mouvement général dans les régions volcaniques hautes, ce mouvement commença à se manifester épidémiquement dans les régions basses ; continuant à se développer lentement et sue* cessivement, c*est à dire épidémiquement, il devint plus ou moins orageux en s'élevant. Tai montré combien il le fut dans tes riions moyennes. Dans les régions supérieures, où il se manifesta généralement le plus en retard, il prit les allures les plus ]»rusques et les plus volcaniques. Le mouvement de déversement et de dégagement se prolongeant au delà de la période épidémique, se modifia dans ses manifestations, devint auroral, volcano-auroral et enfin volcanique; il est tel encore aujourd'hui et d'une façon remarquable à la fin de mars 1867.
Jetons maintenant un coup d'œil sur le relief de la Belgique, sur son système fattal et fluvial ou géologo-magnétique et vital.
Il existe à la surface du globe plusieurs arêtes qui en font le tour complet. Les unes de ces arêtes ont pour direction moyennes des méridiens, les autres des parallèles géographiques. Ces derniers se trouvent moyennement par 40« et B0« de latitude sur l'hémisphère boréal.
Les arêtes méridiennes et parallèles séparent les races humaines sur toute la surface du globe.
L'une des arêtes parallèles aujourd'hui les plus Importantes
est celle du 80* degré de lalitude boréale. Partant de rextrémité sud-ouest de l'Angleterre, du cap de Landsend, elle s'étend de là jusqu'à Gonstantinople, en coupant l'Europe en deux, et en séparant les races teutoniques ou germaniques du nord des races celtiques ou latines du sud; c'est le seuil celto-teutonique, prolongement ou extrémité occidentale du seuil indo-européen.
Le seuil celto-teutonique pénètre sur le continent par la pointe du Gris-Nez, entre Boulogne et Calais, suit l'axe du plateau boulonnais, puis passe par Dèvres, Frugès (Âzincourt), Saint'Poly Aubygny, Arras, Bapaume, Bohain, Lacapelle, Chimay et Rocroi. Après avoir suivi à peu près la direction du parallèle géographique jusqu'en ces deux derniers endroits, il y forme un grand coude pour descendre ensuite vers le midi, en longeant de près la rive gauche de la Meuse jusqu'aux sources de ce fleuve, où le seuil va joindre l'arête méridienne des Vosges et former le plateau nodal celto-teutonique d'Épinal 6t des ballons d'Alsace.
Trois faîtes belges et deux ran^eaux princtpaua; (1) partent de l'arête parallèle celto-teutonique; ce sont : l^" le faite morin d'entre mer et Escaut; 2o le faite nenrien d'entre Escaut et Meuse et S*" le faite trévirien ou ardennais d'entre Meuse et Rhin.
Les deux rameaux principaux belges sont : !<" celui d'entre Lys et Escaut et 3« celui d'entre Sambre et Meuse.
Les points d'attache des faites belges au seuil celto-teutonique sont les centres de régions nodales principales ou de plateaux nodaux mixtes.
Ces points d'attache se trouvent : l"" pour le faîte morin, près
(1) J'appelle rameaux principaux ceux qui, comme les faîtes, s^altacbent directement à Tarête parallèle. Je les distingue des faites qui séparent les fleuves dans toute leur étendue, tandis que les rameaux ne séparant que des rivières, s'arrêtent à leurs embouchures.
de Frugès; i? pour le fatte nervien, près de Bokain et 3"* pour le faite ardennais, près d'Épinal.
Les points d'attache des rameaux principaux, centres de régions nodales de moindre importance que les précédentes» mais toujours très importantes, se trouvent : !<" pour le rameau d*entre Lys et Escaut, près de Saint-Pol ; S"" pour le rameau d'entre Sambre et Meuse, près de Chimay.
Le point d'attache du fatte Horin, près de Frugès et celui du rameau principal d'entre Lys et Escaut, près de Saint-Pol, se trouvant rapprochés, appartiennent au même plateau nodal, décrit autour des deux points comme centres, ou autour d'un même centre pris au milieu d'entre eux (près de Saint-Pol). Avec un rayon de 45 kilomètres (1), la limite circulaire de ce plateau passe exactement à Cassel, Saint-Omeret Cr^(;j/; elle approche de Montreuil, d'Amiens, de Bapaume, de Douai et de Lille. A l'intérieur, vers ses bords se trouvent : Arras, Lens^ Hazebrouck, Hesdin et Doulens.
Le plateau nodal de Saint-Pol, le plateau artésien ou des Atrébates, a joué un rôle considérable dans l'histoire de la France; son influence est beaucoup diminuée aujourd'hui.
La région nodale Vermandoise ou des Veromandues, décrite avec le même rayon de 45 kilomètres autour de Bohain, point d'attache du faite nervien au seuil celto-teutonique, a conservé une importance plus grande. Elle a joué un rôle historique plus considérable dans les périodes romaine et franke.
La région nodale vermandoise s'étend exactement jusqu'à Vervins, Avesnes, Bavay, Valencîennes, Péronne et La Fère. Son cercle limite passe près de Laon, Maubeuge, Douai, Bapaume et Ham. Dans la région restreinte ou centrale se trouvent : Cambrai, Saint-Quentin et Landrécies.
(1) Facile à établir par les épanouissemenlsdes cours d'eau.
La région oodale de Ghimay qui se développe autour da point d'attache du rameau principal d'entre Sambre et Meuse» a son centre aux sources de l'Oise, près de Forges (1). Avec ua rayon de 28 kilomètres, sa limite circulaire passe à Philippeville, Beaumont, Solre, etc.; elle touche à celle du Vermandois vers Lacapelle.
La branche orientale du seuil celto-teutonique au delà de Ghimay et de Rocroi intéresse peu le géologo-magnétisme de la Belgique actuelle.
Le faite morin ou maritime d'entre Mer et Escaut, partant de son point d'attache, près de Frugès, passe à Saint- Venant, fiazebrouck, quitte la région nodale à Gaester, pénètre en Belgique par le village de Dranoutre, passe par le mont Kemmel, un de ses principaux signaux, par Wytschaete; puis se dirige entre HoUebeke et Zillebeke, près d'Ypres^ vers Zonnebeke, suit la grande route de ce dernier endroit à Passchendaele, Westroosebeke, Hooghiede (près de Roulers); passe ensuite il Goolscamp, à Eeghem (près de Thielt)^ à Aeltre, Knesselaere, Waerschoot et Wachtebeke, et puis va s'arrêter et s'épanouir dans les trois coudes de l'Escaut de Saeflingen par Stekene et Kieldrecht; d'Anvers par Saint-Nicolas. Beveren et Zwyndrecht, et deRupelmonde par Saint-Nicolas.
Divers rameaux se détachent de ce faite. Les plus importants de ces rameaux sont ceux qui vont s'épanouir près de Bruges et de Gand. Le premier partant de Lichtervelde, se termine près de Bruges, dans le mamelon d'Oostcamp; le second, partant d'Eeghem, près de Thielt, longe de près la Lys en passant par le mamelon de Thielt, d'Aerseele et de Vynckt, par Mey* ghem et Vosselaere vers Mariakerke. Ges points de départ sont
(1) Dans le bois de la Thlerache ; entre les hameaux de la Bouverie et de les Riezes qui en couronnent le mamelon principal ; au centre du plateau de ce mamelon.
les centres du double plateau uodal de la Flandre occidentale, que Ton peut décrire autour des deux centres avec un rayon de IB kilomètres.
Les limites de ce plateau passent à Ingelmunster, Deuterghem, Aeltre» Bloemendael, Couckelaere, Woumen, Langbemarcq et Dadizeele. Les villes de Bruges^ de Dixmude, d'Ypres^ de Menin, de Courtrai et de Deynze en sont peu éloignées. Lichtervelde et Thourout se trouvent au centre du plateau sur le rameau brugeois et sur les bifurcations vers Ostende et Middelkerke (Thourout est le centre nodal de bifurcation).
Le point d'épanouissement du faite morin» le point où ce faite se divise dans ses trois branches vers Kieidrecht, Anvers et Rupelmonde, a une plus grande importance. Ce point» près de Saint-Nicolas, est un centre nodal terminal. Les régions nodales terminales ont, comme les mamelons terminaux, et pour les mêmes raisons, une importance particulière. Celle de Saint-Nicolas, ayant pour centre Nieuwkerken, et pour rayon 10 kilomètres, passe exactement à Kieldrecht et à Rupelmonde.
Dans la description succincte que je viens de faire du système faltal d'entre Mer et Escaut, je n'ai eu qu'à marquer en caractère italique les endroits éprouvés par l'épidémie, pour établir tout le système épidémique d'entre Mer ë^ Escaut, où nous trouvons comme localités éprouvées les centres nodaux fatteux de Saint-Nicolas, de Thielt et de Roulers ; Ypres achevai sur le folie aux épanouissements du Kemmelbeke ; Kieldrecht et Rupelmonde aux extrémités fluviales des branches du faite lui-même dans les coudes de l'Escaut ; Bruges et Ostende aux extrémités maritimes des rameaux qui partent du plateau nodal principal de Hooghlede (Roulers) vers la côte.
Le rameau d'Ostende se séparant de celui de Bruges vers Thourout, se dirige par Wynendaele, Aertrycke, Beckeghem, Westkerke et Zantvoorde vers Ostende et Breedene^ où il s'arrête.
Non seulement la description du système fattal d*entre Mer et Escaut comprend toutes les localités éprouvées par l'épidémie dans cette contrée, non seulement toutes ces localités sont les centres populeux qui occupent absolument les premières places géologo-magnéliques ; mais elles ont aussi été éprouvées suc- • cessivement et dans Tordre voulu par le géologo-magnétismô.
Le mouvement de propagation partit des extrémités fattales» remonta sans anomalie ni inversion vers les points d'attache, et fut pour cette raison très simple et parraitement concluant.
Les premières manifestations eurent lieu dans les régions nodales fluviales et maritimes de la rive gauche de TEscaut et de la mer du Nord.
Le mouvement de propagation fluviale partant de Eieldrecht le 29 juin, remonta vers Rupelmonde, et atteignit cet endroit dans les mouvements fluviaux extraordinaires du 17 juillet, après avoir marqué vigoureusement à Anvers dans la forte mortalité brusque du 4 juillet. Ce mouvement se propagea donc bien successivement.
Des extrémités de deux des branches du faite de Eieidrecbt et d'Anvers, ou de ce dernier endroit seulement, le mouvement d'extension et d'explosion s'est propagé par le faite et a atteint Saint-Nicolas, le centre nodal d'épanouissement, le 10 juillet (A. H. du H), Thielt le 22 juillet (T. M. du 21), Roulers le 2 août (A. H, du 1«^ août) et Ypros le 6 août (A. H. du 7 août). C'est là tout le mouvement fluvial propagé par le fatie d'entre Mer et Escaut.
Né le 29 juin à la suite de l'A. H. du 26-27 et de la P. L. du 28, c'est à dire dans le début général de la période intense, il se propagea dans les A. H. successives des 4, 11, 17 juillet, l*' et 7 août, et si l'on observe que l'explosion du 22 à Thielt remplace celle manquante du 2S juillet, le mouvement de propagation marquera exactement par une seule explosion chacune
de toutes les accélérations hebdomadaires ordinaires de la période épidémique intense, fixée telle à priori dans mes lettres.
Le mouvement maritime, complétant celui qui précède, naquit aux extrémités des deux rameaux d'Ostende et de Bruges; dans la première localité, le 21 juin (A.. H.), et dans la seconde le 13 juillet. Il se propagea suivant les rameaux, et vint coopérer avec celui du faite à l'explosion de Roulers du S août.
A part ses ravages dans le principal centre populeux, dans la capitale de la Flandre occidentale à Bruges, où elle sévit avec assez d'énergie pendant toute la durée de la deuxième période intense ; à part quelques coups vigoureux frappés à Breedene, à Forigine du mouvement maritime, dans l'A. H. du 7-8 août et à Eieldrecht, à Torigine du mouvement fluvial, dans la journée culminante du 17 juillet, la contrée entre mer et Escaut ne fut pas rudement éprouvée.
Aussi les documents ne fournissent-ils des détails statistiques satisfaisants que pour le centre populeux principal de cette contrée, pour Bruges. Ces détails établissent, comme on peut le voir dans le tableau IV, des fluctuations épidémiques des plus régulières.
Tout le mouvement entre Mer et Escaut fut, je le répète, exclusivement fluvial et maritime par son origine; il fut ascendant, d'une extrême simplicité, et ne présente aucune anomalie ni inversion dans la propagation. Il ne fut vif, brusque et puissant que les 17 et 19 juillet et surtout le 17 aux bords de l'Escaut à Kieldrecht, Anvers, Rupelmonde et Gand dans l'A. H. du premier maximum absolu. Il le fut plus généralement dans l'A. H. du deuxième maximum, les 27 août à Ostende, 27, 28 et 29 à Bruges, 28 à Tbielt et 29 à Roulers. Les explosions du deuxième maximum furent donc encore bien et dûment successives.
Un jour d'explosion maritime remarquable fut l'A. H. du 8 août à Breedene et à Bruges.
Tel fat le mouvement épidémique d'eatre Mer et Escaut, si concluant à tous les égards, et surtout au point de vue de la propagation.,
Le faite plus important d'entre Meuse et Escaut, partant de Bohain, passe par Lecateau, puis longe la Sambre de très près jusqu'à hauteur de Bavay, jusqu'au plateau nodal restreint de Bavay-Malplaquet, où il quitte la région nodale vermandoise pour entrer en Belgique par Grand-Reng et Mont-Sainte* Geneviève. A partir de son entrée en Belgique, le faite d'entre Escaut et Meuse longe la rive gauche de la Sambre de très près, puis celle de la Meuse à un peu plus de distance. Il se dirige à peu près en ligne droite de Bavay vers Tongres par Mont- Sainte-Geneviève, Fontaine-l'Ëvéque, Gosselies^ Ligny, Gembloux, Hanut et Tongres (l).£n ce dernier endroit cesse, à proprement parler, le faite nervien. Ce faite semble s'y terminer dans une région nodale terminale au delà de laquelle l'arête de séparation de l'Escaut et de la Meuse s'abaisse, en faisant un grand coude qui la redresse perpendiculairement à sa direction primitive à travers les bruyères ménapiennes de la Gampine, dont il forme le dos d'âne, vers Tumhout (2), où, par un mouvement moins prononcé, il se dirige vers son extrémité principale à Santvliet, en face de Saeftingen ou de Kieldrecht, extrémité du faite morin,
La branche ménapienne du faite d'entre Escaut et Meuse se termine dans des mamelons aux extrémités de diverses branches dans les trois grands coudes de l'Escaut à Santvliet, à Anvers, à Niel-Boom, où, en face, s'épanouissent sur la rive gauche.
(1) J'ai ainsi nommé les localités éprouvées sur le faîte. Ce sont les localités en Italique. Ce sont tons les centres nodaux^ (S) Centre nodal ménapien.
les brancbes da faite morin dans les mamelons de Kieldrecht. de Burght et de Rupelmonde, derniers vestiges des diverses I)rancbes de oe fatte.
Le fatte nervien Mi un crochet remarquable entre Fontaine^ r£vôque et Ligny. Avant d'atteindre le premier endroit, et dès son passage au Mont-Sainte-Geneviève, il se redresse vers le nord, en s'éloignant de la Sambre et en passant par Anderlues et Ghapelle-lez-HerlaimoQt (1). A hauteur de Seneffe il tourne à angle droit vers l'est, va rejoindre, à Ligny, sa direction gêné* raie, pour ne plus la quitter jusqu'à Tongres. Le coude de Senefiè est le point le plus remarquable du système d'entre Escaut et Meuse.
Les deux branches faitalesqui le forment se prolongeant, Tuoe vers le nord et l'autre vers l'ouest, en font le centre d'une croix droite, dont les branches sont l'une méridienne et l'autre parallèle.
Les prolongements de ces branches constituent les deux principaux rameaux du pays, le rameau brabançon central (méridien) et le rameau hennuyer (parallèle).
Le rameau hennuyer se détache de la branche faitale méridienne du coude de Seneffe, un peu avant d'atteindre ce coude à hauteur de Chapelle * lez -Herlaimont, au hameau de Bascoup. Le plateau nodal central de Bascoup touche aux bois de Mariemont et de Morlanwelz, qui retendent ; il a pour annexe les plateaux mamelons de Lahestre et de Morlanwelz.
Le rameau brabançon central ne quitte lui aussi la branche fattale parallèle du coude de Seneffe, qu'un peu passé le coude, au delà de Bnzet, entre cet endroit et Rêves et très près de Houtain-le-Mont.
Le mamelon central du nœud touche aux grands bois de Nivelles ; le hameau la Commune en est le plus rapproché. Le
(1) Le plateau qui couronne cette branche est remarquablement déflni.
plateau des Quatre-Brâs fait partie du mamelonnage central si remarquable du nœud de Buzet.
La direction générale du rameau hennuyer court de son point d'attache vers Fayt-lez-Seneffe, Rœulx, Belœil, Bary et Tournay. C'est le dos d'âne du Hainaut. Il sépare les eaux de la Haine de celles de la Dendre et de la Senne.
La direction générale du rameau brabançon central, dos d'âne du Brabant, et séparation des eaux de la Senne et de la Dyle, est celle de Buzet à Waterloo.
Des points d'attache des rameaux hennuyer et brabançon au faîte nervien à Bascoup et au centre du triangle Buzet-Rëves- HôHtain et avec un rayon de 18 kilomètres (1), tracez deux cercles» et vous obtiendrez la région nodale nervienne ; la principale région nodale faîtale d'entre Escaut et Meuse, le cœur de la Belgique, dont les pulsations géologo-magnétiques jouent les premiers rôles dans la physique, dans la météorologie et dans la physiologie de ce pays.
Cette région a pour dépendances immédiates les régions nodales provinciales du Hainaut, du Brabant et de la province de Namur, qui n'en sont que des annexes, et ne font que rétendre.
La limite delà région nodale nervienne décrite plus haut pas* sant au delà de Charleroiei deMarchienne-auPont, coupela Sambre à Thuin^ passe au delà de Mont-Sainle-Geneviève, Binche, Rœulx, Écaussines, Ronquières, Nivelles, Braine-l'Alleud, Genappe, Ligny, Fieurus et Gosselies. Cette limite passe à très peu distance de Soignies, de Waterloo et de Gembloux, localités centrales des régions nodales provinciales du Hainaut, du Brabaut et de la province de Namur. Les cercles limites des régions nodales provinciales décrites autour de ces localités centrales
(1) L'épanouissement de la Sennelte à Ronquières détermine assez bien ce rayon.
pénètrent donc dans la région ncrvienne, ont une partie commune avec elle, et ne font, comme je Tai dit, que l'étendre.
La région nodale du Hainaut a son centre sur le rameau hennuyer, au point où le sous -rameau d'entre Dendre et Senne s*en détache.
Partant du champ de bataille de Fayt-lez-Seneffe qui occupe son plateau nodal d'attache, le rameau hennuyer se dirige par Bois d'Haine, passe entre Rœulx et Mignault vers Thieusies. Jusque-là son plateau est encore couronné de bois. Il passe à travers les bois de Rœulx et de Naast, dans les premiers, aux mamelons du hameau de l'Enfer, il se relève vers Soignies autour du ruisseau de Saint-Denis, jusqu'au hameau de Goulbris près de Naast et de Neuville. En ce dernier endroit se détache le sous-rameau d'entre Dendre et Senne. C'est au hameau de Goulbris que se trouve le centre de la région nodale Hennuyère ou de Soignies.
Le plateau central qui s'étend entre Naast, Thieusie, Neuvilles est très bien dessiné par les annexes mamelonnées de ces endroits. Les plateaux mamelons de Thieusies, de Neuville et du bois de Naast en sont les bornes.
Si du centre de Goulbris et avec un rayon de 12 kilomètres (4), on décrit un cercle, on obtient la limite de la région nodale du Hainaut. Gette limite passe à Mons^ Houdeng-Aimeries^ Ëcaussines, Braine le Gomte, Steenkercke, Gambron et dépasse Lens et Rœulx. Elle a avec la région nervienne une partie commune qui s'étend de Houdeng-Aimeries à Écaussines, en hauteur, et de Naast à Famillereux en largeur.
L'annexe hennuyère de la région nodale nervienne, qui s'attache à celle-ci par la ligne Houdeng-Écaussines, étend cette région dans la direction du rameau hennuyer jusqu'à
(1) répanoQissement de la Senne près de Steenkerke fixe assez bien ce rayon.
Lens et jusqu'à Mons et Braine le Comte* Soignies et le diaiiip de bataille de Saint-Denis se trouvent près du centre nodal de Tannexe.
Aux sources de VYssche et de la Woluwe, au centre du triangle Rhode Saint-Genèse, Hoeylaert et Watermael-Boisfort, près de Groenendael, en pleine forêt de Soignes, se trouve le c^rtrede la région nodale brabançonne, à cheval sur le rameau brabwçon central d'entre Senne et Dyle. Si de ce centre et avec le même rayon de douze kilomètres que précédemment, vous tracez un cercle, vous obtiendrez la région nodale brabançonne, annexe principale de la région nervienne, qui s'attacàe à celle-ci par une partie commune entre Wauthier-Braine et Ciouture-Saint-Germain, en largeur, et entre Mont Saint-Jean et Plancenoit en hauteur ; le lion de Waterloo se trouve au centre de la partie commune qui est à très peu près le cbsunp de bataille de Waterloo.
L'annexe brabançonne de la région nervienne étend eelleH^i dans le sens du rameau brabançon central. Elle l'étend an delà de Halle, de Bruxelles et de Tervueren et jusqu'à près de Wavre.
Sur le faite nervien même, près de Gemblaux, au point où se détachent les rameaux d'entre Dyle et Geete et d'entre Orneau et Méhaigne, aux sources de ces différents cours d'eau, se trouve le centre de la région nodale namuroise. Si de ce centre, très prèe d'Ernage (1), et avec le rayon de IS kilomètres vous tracez un cercle, vous aurez la troisième annexe de la région nodale nervienne qui s'attache à celle-ci par une partie commune entre Lifffiy et Court Saint-Étienne. Cette annexe étend la région nervienne jusqu'à Ramillies, sur le faite même, et jusqu'à Rhisne, à peu de distance de Namur.
(1) Le plateau da mamelon central s'étend entre Ernage, Sauvenière ei Sarl-lez-Walhain.
Tel est le système nodal, central, nervien avec ses annexes; dans toute retendue duquel Taction du centre nervien est immédiate.
Si vous avez, selon mon conseil, marqué d'une croix toutes les localités du tableau YI, fortement éprouvées par l'épidémie en Belgique en 1866, vous verrez ces localités former des groupes, et vous verrez que les principaux groupes de toute la contrée entre Escaut et Meuse se trouvent dans la région nodale nervienne avec ses annexes; si bien que, si vous supprimiez ces groupes (1), il ne resterait plus guère que celui de la formidable région nodale mixte de Liège et celui de la région ftiltale limbourgeoise de Tongres.
Avant de montrer le système nodal nervien en action, j'essaierai de compléter le système fattal d'entre Escaut et Meuse.
Si vous suivez le fatte vous arriverez au delà de Gembloux au centre nodal important de la Hesbaye, à Hanut, au point oii la rameau liégeois d'entre Méhaigne et Geer se détache du fatte.
Si de ce point avec le rayon de 12 kilomètres vous décrivez un cercle, vous aurez la région nodale liégeoise ou besbayenne, qui touchera à la région namuroise, à Ramillies, sur le fatte, et s'étendra jusqu'à Rosoux du côté opposé. Dans le sens perpendiculaire au fatte, elle s'étendra d'Otreppe, près de Huy, à Landen.
La région nodale hesbayenne emprunte une assez grande importance au rameau liégeois qui, lui, en a une très grande, en
(1) !• De la Hame : Mons, Coesme, Jemappes, Quaregnon, Boussa, Vi^asmes et Pâturages ;
to De la Sambre : Thuin, Harchienne-au-Pont, Charleroi, Pont-de-Loup, Chateiet, etc. ;
3* Du plateau nodal nervien : Ligny, Gossélies, Houdeng-AimerleS; Nivelles;
4« Du plateau nodal brabançon : Bkode^SaifU-^Qenéie, Toaraeppe, Waterflxael-Boiigfort, Hoeylaert, Tervuef en, Woluwe-Saint-Plerre;
6» 0B centre nodal namurols : GmNowr i
ce qu'il semble continuer le faite mieux que ne le fait sa branche directe vers Tongres.
Les extrémités du rameau liégeois qui mamelonnent d'une façon si remarquable la rive gauche de la Meuse, depuis Fiémalle Grande et au dessus, jusqu'à Herstal et au dessous, aux pieds desquelles sont situées Tilkur, Jemeppe et Liège ^ comptent parmi les régions du plus facile déversement de tout le système d'entre Escaut et Meuse. Ce sont là les extrémités principales du rameau liégeois , bien que celui-ci se prolonge beaucoup au delà entre Geer et Meuse, en serrant celle-ci de près jusqu'à l'embouchure du Geer à Maestricht, où le rameau se termine dans le remarquable mamelon irrupteur couronné par le fort de Saint-Pierre.
Continuant à suivre le faite d'entre Escaut et Meuse au delà de Hanut, on arrive au centre nodal de Tongres. Ce centre est remarquable parce qu'il est le dernier de la branche nervienne du faite, parce qu'au delà le plateau de celui-ci s'abaisse, et qu'ainsi le plateau tongrois est en quelque sorte terminal. Les régions nodales qui terminent un faite ou un rameau gagnent en effet par cela même , comme je l'ai déjà fait remarquer , une importance majeure comme région de plus facile irruption ou déversement, et c'est à leurs limites que l'on doit s'attendre à trouver les principales conséquences des déversements, comme je l'ai déjà montré pour la région nodale de Saint-Nicolas et ses limites de Kieidrecht et de Rupelmonde.
Le centre de la région éburonne se trouve tout près de Tongres, entre Overepen et Rixingen. La région éburonne est plus étendue que les précédentes; sa limite dépasse Hasselt et Saint- Trond, passeàWaremme, où elle touche à la région hesbayenne; elle touche aux portes de Maestricht et approche très près de Liège. La région éburonne comprend tout l'épanouissement du Démer et de son affluent , la Herck, aux sources de laquelle se trouve son centre. Elle comprend tout le cours du Geer et une
partie des affluents de la Geete. Looz, Wellen et Nederheim se trouvent vers son centre.
Sur la branche ménapienne du faite d'entre Escaut et Meuse, on trouverait plusieurs centres nodaux ; le principal d'entre eux, celui de Tumhout, celui de la région ménapienne ou de la province d'Anvers, mérite seul une mention ici. Il se trouve à Ravels. La région ménapienne est plus étendue encore que la région éburonne. Avec un rayon de 25 kilomètres, elle s'étend au delà de Moll, Gheel, Herenthals et Brecht, et comprend toute la grande région des marais dans laquelle la petite Nëthe et ses affluents, ainsi que les Aa, les Beers, etc., prennent leurs sources.
La région ménapienne de Turnhout est terminale, comme celle éburonne de Tongres. La région de Turnhout s'étend jusqu'au point où le faite ménapien se bifurque vers les coudes de Niel et de Santvliet, tout en continuant par de nombreuses ramifications sa route directe vers le coude central d'Anvers.
Ce point de bifurcation ou d'épanouissement se trouve près de Westmalle, entre cet endroit et Brecht. Il est le véritable centre nodal d'épanouissement du faîte ménapien. En décrivant autour de ce point un cercle nodal du rayon de IS kilomètres, on obtient une annexe de la grande région nodale de Turnhout qui étend celle-ci jusqu'aux portes d'Anvers.
La branche ménapienne qui va s'épanouir dans les mamelons de Boom et de Niel^ passe par Halle, Broechem, Vremde, Bouchent, Hove, Gontich, Waerloose et Reeth. Elle se bifurque à Hove, vers Vieux-Dieu, Berchem et Anvers et vers Vieux-Dieu, Wilryck et Hoboken. Le mamelon terminal du Bourg à Anvers, centre et origine de cette ville, à l'extrémité de la ramification Hove-Berchem, est le centre de tout le système d'épanouissement de la branche ménapienne du faîte d'entre Escaut et Meuse. Il se trouve en face du centre du système d'épanouissement du faite morin sur l'autre rive.
Les deux systèmes constituent la grande région nodale flu-
▼iale d'Anvers, que vous obtiendrez en traçant autour du ma« melon du Bourg, ou du coude de TEscaul, un cercle d'un rayon de S5 kilomètres , égal à celui de la région de Turnhout. Ce rayon est déterminé par la distance qui sépare le coude d'Anvers de Saint-Nicolas et de Brecht, c'est k dire des points d'épanouissement des faites morins et ménapîens. Le cercle s'étend jusqu'aux coudes de Saeftingen et de Rupelmonde.
La grande région nodale fluviale anversoise absorbe la ma* jeure partie des régions nodales terminales de Brecht et de Saint-Nicolas, et celles plus restreintes des coudes de Saeftin-* gen, Anvers et Rupelmonde. On peut laisser subsister toutes ces sous-divisions de la grande région fluviale.
Les sous-régions restreintes des coudes, décrites autour de la rencontre des thalwegs avec des rayons de cinq à sept kilomètres, ne comprennent que les mamelons irrupteurs terminaux qui, à Anvers, sont assez multiples et comprennent Merxem, Deurne, Borgerhout et Berchem, sur la rive droite, Burght et Swyndrecht, sur la rive gauche. Gomme je l'ai dit, les mamelons irrupteurs terminaux qui enveloppent Anvers, bien que peu en relief, n'en exercent pas moins one puissante ae^ tion dans les déversements fluviaux de la région anversoise.
Pour terminer le système fattal d'entre Escaut et Meuse je jeterai maintenant un coup d'œil sur les rameaux.
Tai abandonné le rameau hennuyer au centre de la région nodale du Hainaut ou de Soignies, au point où s'en détache le sous-rameau d'entre Dendre et Senne. En ce point le ramean descend vers Gasteau, et à hauteur de cet endroit il reprend sa direction générale par Erbisœul, Neuf-Maisons, Belœil, EUegnies, Willaupuis, Bary, Beclers et Mont-Saint«Aubert. De ce dernier endroit il va mamelonner la rive droite de l'Escaut dans le coude de Kain, Obigies et Hérinnes (1).
(1) Les principaux de ces manûielons terminaux sont le Mont^Saint-Aiibert et ceux près de Tombe, de Celles et d'Anserœul.
A Bary, une ramification continue directement le rameau bennuyer jusqu'à Tournay (1).
A fieclers, se détache le sous-rameau important de la Flandre orientale entre Escaut ^ Dendre. Ce sous-rameau passe à Her* quignies, Buissenal (2),entreEllezelles et Renaix(3),à Opbrakel, à Audenhove-Sainte-Marie et à Sotteghem; où il se bifurque Yers le coude de l'Escaut à Gand et vers l'embouchure de la Dendre à Termonde, en formant autour du point de bifurcation le plateau nodal terminal de Sotteghem, ou de la Flandre haute, ou de la Flandre orientale ; aujourd'hui peut-être le principal de cette province.
Le cercle nodal peut être décrit autour de Grootbergen près de Sotteghem, avec un rayon de dix-sept à dix-huit kilomètres, qui l'étend jusqu'à Grammont. ASainte-Marie-Audenhove, assez près de Grammont, se trouve son point culminant et son centre principal de déversement.
Le sous-rameau d'entre Senne et Dendre, quittant le centre nodal de Soignies près de Neuville, passe par les hameaux de Louvignies, de Graty, entre Steenkerke et Hove, à Petit-Engbien, Haute-Croix, Herffelingen, Oetinghen, Goyck, Lennick- Saint-Quentin, Schepdael, lUerbeek, Dilbeek, Grand-Bigard, Beckerzeel, Asche, Meldert, Opwyck,Buggenhout, Saint-Amand» Bornhem à Hingene et Nattenhaesdonck à lembouchure du Rupel.
Oetinghen et Asche sont deux centres nodaux. De ces centres
(i; Se termine d*iine façon remarquable dans le plateau terminal de Rame* eroii. Le plateau nodal de Bary eet très bien dessiné par »%& plateaux et mamelons coui^erU des bois de Saint-Marc et d'Antoing. Sur Tun de ses plateaux-mamelons fut livrée la bataille de Fontenoi.
{%} Par les bois de Fétrianx près de Herqoignies et du Cannois, etc., près de BaissenaL
(3) An bamean de Heyde, è mt-cbemin d'BUeselles à Renaix, au coude de la grande route se trouve un de ses mamelons ou Jalons prlndpaux.
avec un rayon de 10 kilomètres tracez des cercles et vous aurez des régions nodales, dont celle d'Oetinghen, Tort secondaire, exerce une assez grande action sur Grammont, Ninove et Hal. La région nodale terminale d'Âsche, plus importante, comprenant le grand coude que fait le sous-rameau à partir de Lennick- Saint-Quentin vers Bruxelles, dont il approche jusqu'à Dilbeek et Grand-Bigard, exerce une action remarquable sur le côté occidental de la capitale : à Molenbeek-Saint-Jean et à Koekelberg.
Tel est le système henauyer avec ses dépendances.
L'annexe brabançonne de la région nervienne s'étend jusqu'à Tervueren, où la quitte le rameau brabançon, pour aller, par Gortenberg et Bergh, finir en face de Rumpst à l'embouchure de la Senne dans la Dyle (1). Une de ses ramifications se dirige de Tervueren vers Louvain par la rive gauche de la Yoer (2).
Un troisième rameau brabançon partant du centre nodal de Gembloux, se dirige, entre Dyle et Geete, par Roux-Miroir et Haute-Fleppe jusqu'à Bautersem, où commence son épanouissement vers Rotselaer à l'embouchure du Damer et de la Dyle, vers Âerschot, Sichem et Diest. C'est le mamelon [terminal de Montaigu, commandant le coude de Sichem, qui est l'extrémité la mieux marquée de la ramification.
De nombreuses ramifications se détachant des faites, des rameaux et des sous-rameaux dans toute leur étendue, vont plus ou moins directement s'arrêter aux bords des cours d'eau que les faites des rameaux séparent, y constituer des mamelons irrupteurs et des régions nodales mixtes plus restreintes géné-
(1) Les mamelons, derniers vesUges du rameau brabançon central, derniers irrupieurs apparents le dessinent très bien.
(t) Cette ramiflcalion, de beaucoup la plus importante, constituant le dernier relief important entre Senne et Dyle, parfaitement dessiné par les ma* melons de Uoorsel, de Coyge et d'Everbergb, a pour mamelon Irmpteur terminal la Montagne de fer.
ralement que les précédentes et en quelque sorte locales. Toutes les ramifications séparant des cours d'eau, toutes leurs extrémités s'arrêtent à des embouchures, et celles-ci sont, comme je l'ai dit, les centres nodaux mixtes, et l'importance de ces centres est en rapport avec celle des cours d'eau qui débouchent. Les principales d'entre elles sont celles déjà citées de Liège, de Gand, de Namur, où se rencontrent les cours d'eau considérables aux principales extrémités fattales.
Il serait trop long d'énumérer beaucoup de ces régions nodales mixtes. Il suffit d'ailleurs de suivre les rives d'un cours d'eau important pour remarquer qu'elles sont occupées par les localités les plus importantes, qui ainsi les désignent aussi bien que les embouchures.
Il serait également trop long d'entrer dans des détails au sujet des principales de ces régions nodales mixtes locales. Leurs centres sont bien déterminés, mais leurs étendues le sont peut-être moins bien. On doit y comprendre tous les mamelons irrupteurs terminaux; on peut les étendre jusqu'aux points d*épanouissement des dernières ramifications ; mais mieux vaut les prendre telles que les dessinent les phénomènes résultant des déversements, comme ce fut le cas dans le dernier déversement pour la principale d'entre elles, celle de Liège.
Cette dernière, géologo-magnétiquement, doit s'étendre jusqu'au delà des coudes du Val Benoit et de Saint-Lambert ou jusqu'à Jerneppe et Flémalle Grande d'un côté, et jusqu'à Herstal de l'autre côté. Si l'on examine attentivement la topographie. Ton voit que le rameau liégeois, venant de Hanut, a son point d'épanouissement à Hologne-aïuc-Pierres ^ aux sources du ruisseau de Jemeppe. L'épanouissement du rameau qui vient de Beine se terminer à la Chartreuse, et qui suit la route de Liège à Aix-la-Chapelle, est beaucoup mieux dessiné entre Fléron, Rétinne et Micheroux, à égale distance que Hologne-aux-Pierres
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du centre liégeois, qui se trouve aux extrémités liégeoises du rameau hesbayen aux pieds de Saint*GiUes et de Saint-Laurent. Le eentre nodal liégeois est Tancienne ville de Liège, l'ancien quartier de l'hôtel de ville.
n y a là suffisamment d'indications pour terminer l'étendue de la région nodale mixte liégeoise ; mais cette région est bien mieux dessinée par les influences épidémiques.
Après avoir atteint, le 27 juin, l'extrémité du rameau liégeois, au centre nodal, au pied des irrupteurs terminaux de Saint- Gilles et de Saint-Laurent, l'épidémie cholérique remonta l'extrémité fattale vers son point d'attache, atteignit Hontegnée le 4 juillet et Hologne-aux^Pierres le 10, die fit donc ses trois étapes dans les trois A. H. consécutives des 27 juin, 4et 10 juillet, et n*aUa pas au delà. Elle fit ses étapes sous l'influence du centre nodal mixte liégeois, influence qui s'est donc étendue sur sa principale voie faltale jusqu'à Hologne-aux-Pierres, à une distance de six kilomètres. Si avec ce rayon vous décrivez autour du centre le cercle nodal, ce cercle passera exactement à Flémalle-Grande et un peu au delà de Seraing, où commence le mouvement épidémique en amont, il coupera le rameau de Hervé entre Beyne et Fléran, très près de Rétinne^ et traversera la Meuse en aval, un peu au dessous de Jupille, à Herstal, où finit le mouvement d'aval (1).
Ge qui précède est explicite. Le mouvement a commencé sur la rive gauche à l'extrémité du rameau liégeois de la Besbaye. Le mouvement de la rive gauche a continué à dominer, il est le plus important et s'étend le plus loin. Il s'étend exactement aussi loin le long des rives du fleuve que sur l'extrémité fattale
(1) Le plateau terminal d'épanouissement da hameau de Hervé s*éteiid entre Fléron, Rétinne et Hicheroux, son extrémité près de Fléron est couronnée du mamelon terminal de la chapelle de la Lisse, trarersée par la route de Hervé un peu au delà de la borne n« 9. Ce mamelon bien déterminé se trouve à la limite de la région nodale liégeoise.
du rameau. Cette éteadue est de 6 kilomètres enviroa. Vé^ demie cholérique de 1866, moijQ3 importante $ur la rive droite, ne s'y est répandue qu'à la distance de cinq kilomètres en amont et en aval, et n'a pas continué le mouvement par Textrémité fattale du rameau de Hervé; mais dès le début de 1867, l'influence typhique, si meurtrière pour la race bovine, in* fluence qui n'est qu'une modification deFinfluence cholérique, a débuté à la limite môme de la région nodale liégeoise.
rai déterminé précédemment, par le mamelonnage terminal de Merxem, Deurne, Borgerhout, Berchem et Burght qui envi-^ ronne Anvers, le même rayon de cinq à six kilomètres pour la région nodale restreinte de cette localité que pour celle de Liège.
A Anvers comme à Liège les mouvements épidémiques vérifient cette détermination.
La seule localité fortement éprouvée en 1866 dans la région nodale restreinte d'Anvers fut Merxem. Elle ne le fut pas seulement par l'épidémie cholérique, mais aussi par Tinfluence typhique. Merxem fut en effet en 1866 même, et dès 1865 déjà, visitée par cette influence, qui n'a jusqu'à ce jour fait que de rares apparitions çà et là.
La distance de Koekelberg au centre nodal bruxellois sur la Senne fournit un rayon moindre à la région bruxelloise sur la rive gauche de la Senne ; mais sur la rive droite, les localités éprouvées de Woluwe Saint-Pierre et deWatermael lui donnent la même étendue qu'à celles de Liège et d'Anvers.
On peut donner la même étendue également à celle de Gand.
Je pense que les épidémies antérieures ont déterminé approximativement les mêmes rayons. On comprendra que c'est l'étendue exacte expérimentale qui mesure le plus simplement l'intensité de l'actioa et du déversement^ au moins dans la localité.
Les quelques pages qui précédent, qui paraîtront peut être aujourd'hui trop développées, contiennent à peine les détails
suffisants à une appréciation convenable du système géologomagnétique nervien et de ses importantes conséquences physiques et physiologiques.
Quoi qu'il en soit, il me reste à en faire ressortir quelques traits saillants qui simplifieront peut*étre la question , en mettant en relief certaines lignes, et en ramoindrissant Timportance de quelques autres de ces lignes.
De toutes les lignes géologo-magnétiques distributrices de la magnéto-électricité terrestre intérieure et extérieure, les plus importantes sont celles des méridiens magnétiques et des perpendiculaires à ces méridiens.
Les lignes géologo-magnétiques fluviales et fattales les plus rapprochées de la direction des méridiens magnétiques, favorisent le plus la circulation magnétique méridienne, les voies fluviales activent cette circulation, et les voies fattales la rendent profonde, intense et énergique (1).
Les lignes geologo-magnétiques fluviales et fattales, approchant par position de la direction du parallèle magnétique ou géographique, forment obstacles ou barrières à la circulation méridienne , surtout en temps de déversement. Il est évident que le fluide qui afflue des couches inférieures vers la surface, dans la direction des parallèles ou perpendiculairement à la circulation méridienne , formera obstacle à celle-ci ; que devant cet obstacle il y aura obstruction et concentration extérieures et intérieures, déversement favorisé de Tintérieur vers la surface et dégagement de celle-ci dans Tatmosphère ; que les concentrations, déversements et dégagements, ainsi renforcés et favorisés , le seront le plus aux points où des circulations méridiennes géologo-magnétiques renforcées rencon-
(1) Les Lignes fluviales et fattales se prolongent très bien les unes les autres, et leurs prolongements méridiens donnent des lignes de plus grande activation dans toute leur étendue.
trent les obstacles les plus résistants ou les lignes de déversement les plus importantes. Bref, les régions nodales de toutes espèces sont d'autant plus importantes, que les voies fluviales etfattales qui s'y rencontrent sont plus importantes elles-mêmes, et ont des positions plus rapprochées de celles des méridiens et des parallèles.
Sous ce rapport, le système géologo-magnétique d'entre Escaut et Meuse offre des particularités extrêmement remarquables, qu'il est très facile de rendre palpables dans tous les phénomènes physiques et physiologiques, et, encore une fois, l'épidémie de 1866 les fait ressortir mieux que ne pourraient le faire des phénomènes de physique quelconques , excepté peutêtre les orages. Ceux-ci, en effet, désignent en tout temps les localités particulièrement magnéto-électriques, aussi bien que le font les phénomènes épidémiques.
Parmi les particularités ci-dessus, la croix nodale à branches méridienne et parallèle du coude central et principal de Seneffe occupe incontestablement le premier rang; d'autant plus que ses branches s'étendent et se prolongent d'une extrémité de la Belgique à l'autre ; dans la direction méridienne de Ghimay à Anvers par Charleroi et Waterloo, et dans la direction parallèle de Gand et de Tournay par Seneffe, Hanut, Liège à Hervé et à Baelen.
Ces branches, ainsi prolongées, constituent les deux lignes géologo-magnéliques principales , non seulement de la région d'entre Escaut et Meuse, mais aussi de toute la Belgique.
La branche parallèle du coude de Seneffe, allant de Ligny à Seneffe, se prolonge vers l'ouest par le rameau hennuyer jusqu'à Tournay; du côté opposé, vers l'est, elle se prolonge par le faite nervien, depuis Ligny jusqu'à Hanut, de là jusqu'à Liège par le rameau hesbayen. Elle reprend au delà par le rameau de Hervé jusqu'à la jonction de ce rameau avec le faite ardennais, à Hontjoie, dans la région nodale de Blankenheim.
Ce 8euil paraître belge intérieur» précédé des voies fluviales d^ la Haine, de la Sambr^, d^ la Aleuse et de la Yesdre, que les faites longent de près, est donc uq double obstacle continu devant lequel toute la circulation méridienne belge se poacentre» se déverse et se dégage sans cesçe. tes déversements ont, naturellement, tout d^abord lieu dans les vallées qui précèdent les seyils. Ils pnt lieu aux passages des pricipaux méridiens, points de passage qu'ils désignent ainsi ; ils s'étendent ensuite sur les versants vers les lignes fattales. Ainsi se passèrent les choses en 1866 ; les principaux groupes épidéaûques de cette année se trouvent aux points de passage des principales circulations méridiennes belges à travers le seuil parallèle intérieur, devant ce seuil, dans les vallées et aux bords des cours d'eau qui les précèdent et dont le thalweg est la première ligne d'arrêt et de déversement de la circulation méridienne concentrée par arrêt ou par obstruction. Enlevez les groupes épidémiques de Mons , de CharUroi et de Liège , et il ne restera de groupes épidémiques de localités fortement éprouvées entre l'Escaut et la Meuse, dans le système nervien, que celui de la région nervienqe, comprenant Ligny, Gosselies, Houdene- Aimeries et Nivelles; celui de son annexe nodale méridienne brabançonne, composé de Bruxelles et de ses faubourgs, de Woluwe-Saint-Pierre, de Watermael-Boitsfort, de Tervueren. de Hoeylaert, de Rhode-Saint-Genèse et de Toumeppe; et enfin^ celui de la région nodale éburonne où limbourgeoise de Tongres, qui renferme en son centre ou dans ses limites centrales restreintes, Wellen et Nederbeim» et dans ses limites étendues Saint-Trond, Hasselt et Canne, et même tout le systèn^e Ué* geois (1).
(1) Les limites étendues de la région éburonne ne passent, en effet, pas seulement prdç de Liège et de Haestrieht, mais dépassent cette dernière el comprennent au moins u^e partie de la réigipn npdaie propre de la pre-^
Tous les groupes épidémiques dessinant des régions fortement éprouvées entre Escaut et Meuse se trouvent donc dans les sites mixtes des cours d'eau qui précèdent le seuil belge inté* rieur parallèle, et sur les deux plateaux nodjiux principaux nervien et éburon de ce seuil de Gosselies- Nivelles avec son annexe brabançonne, et de Tongres avec son annexe liégeoise.
Le mal épidémique se propageant de la région nodale liégeoise par le rameau hesbayen jusqu'à HoUogne-aux*Pierres, indiquant cet endroit comme centre d'épanouissement, en fait aussi un centre nodal terminal dont le rayon d'influence, s'étendant au delà de tout le système liégeois jusqu*à Herstal et Fléron-Rétinne, et par conséquent à dix et à douze kilomètres, passe très près da centre nodal tongrois et pénètre bien avant dans la région éburonne, dont, je le répète, elle ne forme qu'une annexe. Il en serait encore ainsi, quand même on ne donnerait à la région nodale d'épanouissement de Hollogne^ aux-Pierres que le diamètre réduit de 6 à 8 kilomètres des moindres régions nodales. Le cours du Geer, qui prend la direction du faite nervien à Tongres pour le serrer de très près jusqu'au centre de la région nodale hesbayenne, et qui, avant d'atteindre cette région et avant de quitter celle de Tongres, dirige une de ses branches principales vers la Meuse, jusqu'à Saint-Georges, dessine nettement l'annexe liégeoise du plateau éburon tongrois.
La région nodale hesbayenne ayant une partie commune avec celle de Tongres, n'en est elle-même qu'une dépendance ou grande annexe fattale, et forme système avec elle; c'est ce que les épanouissements du Geer disent très explicitement, en s'étendant sur tout le plateau de ce système. Cest de ce système tout
midre, et précisémeat la partie par laquelle le mal épidémique a fait invasion et s'est développé en 18f(6.
entier que participe» c*est des deux centres nodaux de Tongres et de Hanut, que participe immédiatement le centre nodal d'épanouissement de Holiogne-aux-Pierres et les extrémités des ramifications qui an partent ; c'est ce qui explique l'importance du groupe liégeois.
Le groupe du site mixte de Gharleroi se trouvant tout entier dans la région nodale nervienne elle-même , celui de Mons étant de même situé dans l'annexe nodale hennuyère de la région nodale nervienne, celui de Liège étant compris dans l'annexe liégeoise de la région tongroise, tous les groupes épidémiques Centre Escaut et Meuse appartiennent aux régions nodales nervienne et éburonne^ c'est à dire aux deux principales régions nodales du système, assises l'une au coude de Seneffe formé par les deux rameaux principaux qui se détachent du fatte nervien dans les directions perpendiculaires méridiennes et parallèles, et l'autre à l'extrémité de la branche nervienne du faîte d'entre Escaut et Meuse.
C'est naturellement la région nervienne qui conserve de beaucoup la priorité ; elle comprend le groupe faital, central et principal aux quatre coins de la région elle-même de Gosselies, Ligny, etc.; celui de Gharleroi (Thuin, Marchienne-au-Pont et Pont-de-Loup) également dans la région nodale ; et puis celui de Bruxelles de l'annexe méridienne brabançonne et celui de Mons de l'annexe parallèle hennuyère. On doit y ajouter l'explosion tardive isolée au centre de l'annexe parallèle namuroise à Gembloux. L'action immédiate de la région nodale nervienne est donc bien vigoureuse et bien complète.
La région tongroise a pour centre le groupe de Tongres, Nederheim et Wellen. A ses limites se trouvent celui plus im« portant de Liège et les localités isolées de Saint-Trond, de Hasselt et de Canne (sur le Geer près de Maestricht).
En ajoutant Turnhout , placée au centre de la région nodale ménapienne, troisième par importance des régions fattales
d'entre Escaut et Meuse, et Florennes au centre de l'annexe nodale namuroise de la région supérieure chimaysienne d'entre Sambre et Meuse, on obtient tout le système faital et mixte supérieur.
Non seulement tous les groupes épidémiques appartiennent aux deux régions nodales principales , mais ils appartiennent aussi aux deux branches méridiennes et parallèles de la croix nodale centrale belge-nervienne de Seneffe ou plutôt de Gosselies. Sur et devant les branches parallèles se trouvent le plus grand nombre et les plus importants de ces groupes : ceux de Mons» de Gharleroi et de Liège devant; ceux de Gosselies et de Tongres sur le fatte.
Sur la branche méridienne se trouvent les groupes centraux nodaux de Gosselies et de Gharleroi et celui de la région nodale annexe brabançonne centrale.
Le seuil parallèle belge intérieur qui forme obstacle continu à la circulation méridienne, dont les passages par cette circu-* lation renforcée constituent les régions et les localités magnétoélectriques les plus nombreuses et les plus importantes de la Belgique, à tous les points de vue, commence en effet à Tournay et finit à Tongres, si Ton ne veut le supposer prolongé : ni à l'ouest par le sous-rameau d'entre Escaut et Dendre qui a ses extrémités à Gand et à Termonde ; ni à Test par les rameaux liégeois de la Hesbaie et du pays de Hervé. Dans ce cas, il commencerait au plateau nodal terminal ou d'épanouissement de Bary^ et finirait à celui plus important de Tongres. Dans le cas, au contraire, où l'on prendrait pour ses extrémités celles de son sous-rameau flamand et des rameaux liégeois de la Hesbaie, il commencerait à Gand et à Termonde, ou à la région nodale terminale de Sotteghem, et finirait à Liège ou à la région nodale terminale de HoUogne-aux-Pierres.
En réalité le seuil parallèle belge intérieur commence à ses extrémités à la fois : à Tournay, Gand et Termonde, et se ter-
mioe à Tongres et à Liège dans les régions nodales terminales de Tongres et de Hologne*aux-Pierres.
Le seuil proprement dit qui forme obstacle à la circuUtion méridienne, et devant lequel ont lieu les concentrations du fluide, va de Tournay à Liège; mais l'effet des concentrations elles-mêmes dans les régions nodales principales de Soignies, de Seneffe, de Gembloux et de Hanut, qui résultent des arrêts des principales circulations méridiennes, se produit évidemment avec une grande énergie jusqu'aux extrémités fattales d'entre Escaut et Meuse et, à plus forte raison, jusqu'à l'extrémité de la branche nervienne du faite, jusque dans la grande région nodale éburonne, deuxième par importance de tout le système, et qui termine cette branche. Telles les choses se passent en réalité ; telles elles résultent clairement et positivement des flaiits.
Les régions nodales fattales de Gosselies, de Waterloo et de Tongres sont plus étendues ; celles mixtes de Hons, de Gharleroi et de Liège sont plus concentrées. Les localités éprouvées sont moins nombreuses dans les premières que dans les secondes ; mais c'est là un effet des agglomérations des populatiens. L'épreuve maximum est bien plus vigoureuse dans la région nodale faitale que dans la région mixte ou fluviale. C'est là un effet général. L'épreuve maximum vigoureuse dans la région faitale dure moins, comme si le mal devait perdra en durée ce qu'il gagne en énergie, ou comme si la quantité de fluide à déverser était à peu près la même dans toutes les régions. Ce sont là, dans tous les cas, des observations géné^ raies qui résultent de tous les faits dans toutes les contrées de la Belgique.
En définitive, le plus grand nombre et les plus importants groupes de localités éprouvées par l'épidémie, en Belgique, enl866, se trouvent dansle systèmegéologo-magnétique central et moyennement élevé d'entre Meuse et Escaut. Tous les groupes de ce système se trouvent sur deux lignes : l'une à peu près
parallèle, l'autre méridienne. Le point de croisement de ces lignes constituant le double i^ateau nodal de Seneffe et de Nivelles ou de Gosselies, le plus important de la contrée d'entre Escaut et Meuse et de toute la Belgique, renferme le groupe fattal de Gosselies et celui mixte de Gharlerof.
La ligne parallèle est double; elle comprend un flsitte précédé d'un thalweg. Dans le thalweg, à droite et à gauche, ou à l'est et à Pouest du groupe mixte de Gharleroi de la région nodale principale et centrale, se trouvent les deux groupes mixtes de Liège et de Mons; sur le faite, à Test du groupe faîtal central, dans la région nodale fattale deuxième par importance, se trouve le groupe de Tongres. Quatre groupes importants se trouvent, outre le groupe central, sur la double ligne parallèle.
Un seul groupe faîtal en dehors du groupe central de Gosselies se trouve placé sur la ligne méridienne; c'est celui du Brabant, de Bruxelles ou de Rhode Saint-Génèse, qui dessine si admirablement la région nodale brabançonne de Waterloo.
Tous les groupes épidémiques dessinent les régions nodales; dans toutes celles-ci la propagation est successive. Le long des voies fluviales, parallèles de la Haine, de la Sambre et de la Meuse, elle est descendante.
Toutes les localités éprouvées dans les régions fUtales se trouvent, comme je l'ai dit, aux sources. Elles sont distribuées ainsi : douze dans la région centrale nervienne avec ses annexes; ^p^ dans la région éburonne étendue (Tongres), un^ dans la région ménapienne (Turnhout).
Dans la région nodale nervienne le groupe central faîtal comprend cinq localités ; l'annexe brabançonne six et l'annexe namuroise une.
Dans la région éburonne le groupe central comprend trois localités; et Yunique localité de la région ménapienne est centrale.
mine à Tongres et à Liège dans les régions nodales terminales de Tongres et de Hologne^aux-Pierres.
Le seuil proprement dit qui forme obstacle à la circulation méridienne, et devant lequel ont lieu les concentrations du fluide, va de Tournay à Liège ; mais l'effet des concentrations elles-mêmes dans les régions nodales principales de Soîgnies, de Seneffe, de Gembloux et de Hanut, qui résultent des arrêts des principales circulations méridiennes, se produit évidemment avec une grande énergie jusqu'aux extrémités faltaies d'entre Escaut et Meuse et, à plus forte raison, jusqu'à l'extrémité de la branche nervienne du faite, jusque dans la grande région nodale éburonne, deuxième par importance de tout le système, et qui termine cette branche. Telles les choses se passent en réalité ; telles elles résultent clairement et positivement des Mts.
Les régions nodales fattales de Gosselies, de Waterloo et de Tongres sont plus étendues ; celles mixtes de Hons, de Gharleroi et de Liège sont plus concentrées. Les localités éprouvées sont moins nombreuses dans les premières que dans les secondes ; mais c'est là un effet des agglomérations des populatiens. L'épreuve maximum est bien plus vigoureuse dans la région nodale faitale que dans la région mixte ou fluviale. C'est là un effet général. L'épreuve maximum vigoureuse dans la région fattale dure moins, comme si le mal devait perdre en durée ce qu'il gagne en énergie, ou comme si la quantité de fluide à déverser était à peu près la même dans toutes les régions. Ce sont là, dans tous les cas, des observations géné« raies qui résultent de tous les faits dans toutes les contrées de la Belgique.
En définitive, le plus grand nombre et les plus importants groupes de localités éprouvées par l'épidémie, en Belgique, enl866, se trouvent dans le systèmegéologo-magnétique central et moyennement élevé d'entre Meuse et Escaut. Tous les groupes de ce système se trouvent sur deux lignes : l'une à peu près
parallèle, Vautre méridienne. Le point de croisement de ces lignes constituant le double i^ateau nodal de Seneffe et de Nivelles ou de Gosselies, le plus important de la contrée d'entre Escaut et Meuse et de toute la Belgique, renferme le groupe fattal de Gosselies et celui mixte de Gharlerol.
La ligne parallèle est double; elle comprend un faite précédé d'un thalweg. Dans le thalweg, à droite et à gauche, ou à l'est et à Pouest du groupe mixte de Gharleroi de la région nodale principale et centrale, se trouvent les deux groupes mixtes de Liège et de Mons; sur le faite, à Test du groupe fattal central, dans la région nodale faltale deuxième par importance, se trouve le groupe de Tongres. Quatre groupes importants se trouvent, outre le groupe central, sur la double ligne parallèle.
Un seul groupe fattal en dehors du groupe central de Gosselies se trouve placé sur la ligne méridienne; c'est celui du Brabant, de Bruxelles ou de Rhode Saint-Génèse, qui dessine si admirablement la région nodale brabançonne de Waterloo.
Tous les groupes épidémiques dessinent les régions nodales; dans toutes celles-ci la propagation est successive. Le long des voies fluviales, parallèles de la Haine, de la Sambre et de la Meuse, elle est descendante.
Toutes les localités éprouvées dans les régions flattâtes se trouvent, comme je l'ai dit, aux sources. Elles sont distribuées ainsi : douze dans la région centrale nervienne avec ses an*' neaiùs;sept dans la région éburonne étendue (Tongres), un^ dans la région ménapienne (Turnhout).
Dans la région nodale nervienne le groupe central fattal comprend cinq localités ; l'annexe brabançonne six et l'annexe namuroise une.
Dans la région éburonne le groupe central comprend trois localités; et Yunique localité de la région ménapienne est centrale.
Tous les groupes précédents sont exclusivement faitaux; ils comprennent toutes les localités faitales éprouvées.
Que l'on prenne les groupes complets des régions nodales avecleurs annexes, ou que Ton ne considère que ceux du centre de ces régions, la distribution des localités éprouvées est en rapport avec Timportance géologo-magnétique des régions et, de plus, la propagation est successive et descendante des hauteurs vers les plaines, des régions les plus importantes vers celles qui le sont le moins.
L'action débuta vigoureusement aux quatre coins de la région centrale nervienne dans TA. H. culminante du 18-19 juillet; dans la région éburonne dans TA. H. du 3S continuée par la P. L. du 27, et au centre de la région ménapienne le 2 août.
Jusqu'ici la ligne géologo-magnétique la plus importante de la Belgique est à tous les points de vue la double ligne du seuil parallèle intérieur. L'examen ultérieur lui laissera peut-être cette plus grande importance, mais grandira dans tous les cas celle des circulations méridiennes principales.
La plus importante de ces circulations est celle de la croix centrale de la région nodale nervienne. La partie principale de la branche méridienne de cette croix est le rameau brabançon d'entre Senne et Dyle, qui, commençant à son point d'attache pires de Nivelles, s'étend jusqu'à l'embouchure de la Dyle en fkce de Rumpst. Ce rameau se prolonge vers le nord dans la direction méridienne, à partir de Rumpst, parles voies fluviales du Rupel et de TEscaut, jusqu'à Anvers et à Santvliet, à travers la région nodale fluviale anversoise étendue, et à travers les régions restreintes de chacun des trois coudes de Niel, d'Anvers et de Santvliet (Saeftingen) ou des trois embouchures du Rupel, du Schyn et du canal de Berg-op-Zoom,
Non seulement l'extrémité faitale du principal rameau brabançon continue vers le nord jusqu'à Anvers et Santvliet par es grandes voies fluviales, mais il continue également et plus
directement par une extrémité faitaie qui vient de Reeth se ter* miner dans le coude de Rumpst, et qui court de ce coude par Reeth, Waerloos, Çontich, Hove, Moortsel et Berchem droit au mamelon terminal central du Bourg à Anvers.
Le rameau méridien brabançon traverse la région nodale centrale nervienne par le Piéton, depuis sa source à Rêves, au centre nodal brabançon jusqu*à son embouchure, par ses deux rives et surtout par la rive gauche, par Frasnes, Gosselies et Gharleroi. Il continue sur la rive droite de la Sambre au delà de la région nodale nervienne vers celle supérieure de Ghimay, qui sert en quelque sorte de réservoir à la région nervienne, par FHeure et ses rives et surtout parla rive droite en communication directe, non seulement avec le centre chimaysien, mais aussi avec celui de son annexe de Florennes.
Les quatre principales régions nodales de tout genre de la contrée entre Escaut et Meuse, étagées sur le méridien central belge de Ghimay, Gharleroi, Gosselies, Waterloo, Tervueren, Rumpst, Anvers, ou de Gbimay-Anvers, font de ce méridien le principal de la Belgique, et une des premières et principales, si pas la principale ligne géologo-magnétique de ce pays.
Les quatre régions nodales dont les centres tracent le méridien Gbimay-Anvers s'élèvent, s'étendent graduellement et gagnent en importance géologo-magnétique, depuis l'extrémité fluviale septentrionale et la plaine basse de l'Escaut, jusqu'au plateau nodal le plus élevé de Ghimay.
Sur le mériden belge central ainsi prolongé, les groupes des localités éprouvées par l'épidémie sont plus nombreux; mais leur ensemble ne gagne pas encore l'importance de celui de la double ligne du seuil parallèle.
En y comprenant les groupes de Niel-Boom et d'Anvers- Merxem, il se trouve dij;-n^u/ localités éprouvées sur le plateau méridien central; tandis qu'il en existe trente-sept sur la double ligne du seuil parallèle, depuis son origine occidentale à
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Tournay, jusqu'à ^ôn exirëmité orientale à Limbourg et à Baelen.
Ces deux lignées forment tout le s:ystèine excludivement fftttal» tout le système exclusivement fluvial et la plus grande partie du dy^tëme mixte d'entre Edôaut et Meui^e; ^es forment la majeure partie du système épidémiqtie complet de toute !a Belgique.
La propagation Ait extrêmement remarquable et conduante sur Tune comme sur l'autre de ces lignes, le reviendrai tantôt stir cette propagation, surtout en ce qui concerne la ligne méridienne, quand j'aurai ajouté quelques mots encore i^ur celle-ci» ainsi que sur quelques autres lignes.
La ligne méridienne Ghimay-Ànvers se prolonge à travers la région nodale nervienne, et au delà, par le fatte nervien lui-^ même, en passant par Thines, Petit-Rœulx et Anderlues, jusque dans la région nodale restreinte de Bavay, Malplaquet et Grand" Reng, qui a pour centre Feignies, et forme aux limites de là grande région vermandoise une annexe de celle-ci. Cepen^ dant cette dernière région, et lé faîte au dessus de Orand-^ Reng vers Bohain, sont dégagés par le méridien de Mons, doM je vais dire quelques mots. Le méridien central Ghimay'-Anvers ne participe donc aux mouvements du ftitte d'entre Escaut et Meuse que jusqu'au Mont Sainte-Geneviève; mais d'un autre èôté il participe, comme je Tai dit, aux mouvements de l'anh nexe chimaysienne de Florennes par Quatre-Bras, Ligny, Fleurus et les coudes de Châtelet-Pont-de-Loup et d'Oignies*Auvelaîs.
On voit que la région nenienne et son annexe brabançonne Àont largement alimentées par une triple et quadruple voie fattsje des plus importantes , et par conséquent par des circula^ tiens profondes, mais en même temps très actives. Dans la région nervienne et son annexe brabançonne, et dans tout ie système brabançon central , la profondeur de la circulation dî-minne un peu; mais l'activité diminue également, et la large
alimentation aidant» la circulation y est plus concentrée, plus intense et plus énergique; par les voies fluviales et mêmes hU taies basses, la circulation méridienne de Gbimay-Aûvers est tout entière fortement activée. Telle est la circulation méridienne la plus remarquable de toute la Belgique, circulation très active sur le plateau élevé et dans la plaine, c'est à dire à ses deux extrémités , et très énergique ou active et intense à la fois dans sa partie centrale.
De Feignies, ceotre de la région restreinte de fiavay , région qui comprend toutes les sources de la Trouille et s'étend presque jusqu'aux portes de Mons, part du faite d'entre Escaut et Meuse un bout de rameau qui emprunte une assez grande importance b sa position méridienne ; c'est le rameau Malplaquet'Pâiu^ rages- Jemappes , è l'extrémité duquel se déploie» devant le seuil parallèle, le groupe montois.
La circulation extérieure et intérieure de ce rameau est augmentée parce qu'elle se prolonge également vers Anvers, plus directement peut-être que celle de Ghimay-Gharleroi. Par Gblin, le prolongement du rameau Malplaquet-Jemappes atteint bien-^ tôt le rameau hennuyer et son sous-rameau d'entre Dendre et Senne. Gelui-ci, à peu près méridien, conduit par Enghien, Oetinghen et Âsche, vers l'embouchure du Rupel, d'où le méri* dien de Mons est continué directement par l'Escaut jusqu'à Anvers et à Santvliet.
Après le méridien de Ghimay-Anvers ou de Charleroi, c'est celui de Mons qui a joué le rôle le plus important dans la Bel* gique centrale, entre l'Escaut et la Meuse. Son rôle fut de beaucoup inférieur cependant, en 1866, à celui du méridien de Gharleroi; car il n'y eut pas un aussi grand déploiement épidémique dans les régions nodales de Soignies, d'Enghien, d'Oetingen et d'Asche , que dans celles de Seneffe et de Wat^loo.
Ce déploiement ne fut pas aussi nul cependant que Tabsence dans mes documents de notes à leur sujet, pourrait le faire croire (1). Dans tous les cas, l'action principale du méridien de Mons fut mixte, et eut lieu dans les villes voisines, aux extrémités des ramifications faltales latérales, à Grammont, Ninove, Koekelberg et Molenbeek-Saint-Jean. La simultanéité des grands coups portés, les 18 et 19 juillet, à Mons et dans les quatre localités précédentes, établit la solidarité entre ces mouvements par le rameau d'entre Dendre-Senne et le méridien montois, qui résulte de son prolongement au sud jusque dans la région vermandoise, et au nord dans celles d'Anvers et du bas Escaut.
La simultanéité des grands coups frappés par l'épidémie dans ces jours funestes, due à la solidarité des mouvements magnétoélectriques souterrains et superficiels, montre mieux les lignes de propagation, les points et les régions d'arrêt et d'éruption» que ne pourrait le faire la succession des explosions épidémiques sur ces lignes et sur ces régions.
Ainsi, dans les grands mouvements des 17, 18 et 19 juillet, la plus simple analyse des documents montre que les mouvements du 17 n'affectent vivement que les régions fluviales de l'Escaut. Dans la région nodale de l'embouchure du canal de Bergop-Zoom, à Kieldrecht, une seule forte mortalité (maximum absolu) accuse vivement l'origine du mouvement du 17. Le tableau lY montre par quelle recrudescence épidémique la journée du 17 se signale à Anvers et à Gand.
Dans la région de l'embouchure du Rupel, il y a recrudescence vive à Niel et Boom, et le mal éclate à Rupelmonde. Termonde etGand, sur l'Escaut; Alost, sur la Dendre,Holenbeek-Saint-Jeaa sur la Senne et Louvain sur la Dyle participent au mouvement.
Le 18 juillet n'appartient guère qu'au méridien de Mons; le
(1) Braine-le-Comte et ses environs payèrent un assez beau tribut.
mal frappe vigoureusement ce jour dans le groupe montois, et bien plus encore à droite et à gauche du méridien montois, à Koekelberg, à Ninove et à Grammont.
Il frappe également dans les dépendances occidentales de ce méridien jusqu'à l'extrémité du sous-rameau d'entre Escaut et Dendre, dans le rayon d'action de la région de Sotteghem, par conséquent à Gand,à Grammont et à Ninove» et c*est parce que ces dernières localités sont prises entre les sous rameaux des deux rives de la Dendre, qu'elles sont si rudement éprouvées ; surtout Grammont, à cause de son site.
Il y eut aussi le 18 un mouvement précurseur à Bruges, dans les régions littorales.
Le 19 frappe de même, un peu plus fort encore , aux points faibles du méridien de Mons et de ses dépendances; mais l'action est reprise également avec la même vigueur dans le système fluvial et dans ses dépendances. Aussi la ville de Gand, qui participe aux deux actions , de même que les localités de Grammont, de Ninove, de Koekelberg et de Molenbeek-Saint- Jean, sont-elles frappées avec la plus grande violence. Le 19 juillet, les expansions magnéto-électriques et leurs conséquences épidémiques deviennent vives et générales ; celles fluviales du 17, reprises le 19, s'étendent et se manifestent ce jour entre Escaut et mer, et surtout dans les régions littorales, à Ostende et à Breedene, où le mal éclate.
Dans la région nervienne centrale et dans tout le système du méridien central, Ghimay-Anvers , et dans toutes leurs dépendances occidentales, liégeoises et tongroises, il y a eu des manifestations tous les jours, depuis le IS juillet, mais ces manifestations ont lieu isolément et ne présentent pas de caractère de gravité ; ce caractère se montre subitement le 19 , à Bruxelles tout d'abord.
Le mal éclate aussi ce jour, avec son énergie maximum, au centre de la région nodale supérieure ardennaise d'Arlon.
Après le 19» le mouvemeat cesse dans le système du méridien moQtois et dans celui fluvial de l'Escaut et de leurs dépendances; il continue et se fortifie dans le système du méridien nervien central de Gbarleroi, et plus encore dans ses dépendances éburonnes, tongroises et liégeoises diOt'ieni, les 20 et 21 juillet. Le mouvement est d*autant plus en retard qu'il se manifeste plus loin vers Test.
Dans la région arlonaise> le mouvement continue avec la môme vigueur que dans la région nervienne, les 20 et 21 juillet.
Tel fut globalement le mouvement magnétoélectrique et épidémique culminant des 17, 18, 19, 20 et 21 juillet 1866, dont je viens de donner un aperçu pour montrer comment la comparaison des mortalités épidémiques extraordinaires et la simultanéité de ces mortalités, conduisaient aux régions solidaires et aux lignes qui établissent la solidarité. Tous le& grands mouvements établissent les mômes régions solidaires et les mômes lignes de propagation.
Les grands mouvements des 17-21, ou mieux, 15-21 juillet, commencent à l'ouest dans la vallée de FEscaut, et finissent à Test dans les régions faitales et mixtes les plus élevées et les plus éloignées.
Je le répète, le mouvement du 17 est particulièrement fluvial et aflbcte vivement tous les centres importants qui participent au mouvement fluvial. Celui du 18 ne s'étend guère que dans la région entre Escaut et Senne; il est flaltal et a pour ligne pria-* cipale d'action le méridien de Mons et ses dépendances occidentales. Le 19 juillet, les deux mouvements précédents se combinant, rendit l'action simultanée et vigoureuse depuis la Senne jusqu'à la mer; c'est à dire, dans toute la contrée soumise à l'influence de la mer, de l'Escaut et du méridien de Uons et de toutes leurs dépendances. En môme temps l'action devient énergique dans les méridiens de Gharleroi et d'Ar-
loa (1), et s'étend à Test jusqu'aux QKtrémités du système ae^ viea proprement dit. Les actions maritimes, fluviales et fattales de la moitié oceidantale du paya cesseiU le 19 ; celles fattales de ta partie orientale, y compris le méridien central et ses dépendances, continuent et se fortifieut jusqu'au 31.
Les méridiens de Vons et de Gharleroi concourent dans le nord, et se rencontrent dans les régions fluviales de Niel et d'Anvers., surtout dans ceUe-ci.
Leurs points de concours sont le^ régions fluviales les pluA remarquables.
Leurs points de passage à travers la double ligne du seuil parallèle belge intérieur comptent parmi les régions mixtes lea plus importantes du pays. La rencontre forcée de influence fluviale qui remonte du nord vers le midi, d'Auvera vers Mena et Gharleroi, et de l'influence faîtale qui descend en sens iuyerse de Feignies et de Ghimay vers Anvers par Mons et Gbarleroi, rencontre qui se fait surtout à droite et à gauche du méridien dans les vallées de la Dyle, de la Senne et de la Dendre et même de l'Escaut : h Louvain, Bruxelles, Molenbeek-Saint- Jean, Koekelberg, Grammont, Ninove et Gand, dans les grands mouvements des 18-19 juillet et 39-30 août, crée les localités les plus éprouvées de la Belgique. Ges localités sont surtout le plus rigoureusement éprouvées à droite et à gauche du méridien le plus direct, celui de Mons.
La voie fluviale de la Senne» serrée entre les deux méridiens de Mons et de Gharleroi, est celle de la plus grande activité magnéto-électrique et de la plus rapide propagation de rin-* fluence épidémique.
Les premiers cas isolés se présentent, à Bruxelles comme à
(1) Que réIabUrai plos loin.
Anvers, sous Tinfluence fluviale des 22-23 mai. La maladie commence sérieusement dans les deux localités et dans toutes les dépendances exclusivement fluviales de la rive droite de TEscaut : à Niel, Boom, Bruxelles, Holenbeek-Saint-Jean et Louvain dans TA. H. du 7 juin.
Ainsi rinfluence fluviale s'étendit simultanément fort loin sur les bords de la Senne, où elle atteignit Lembeek dès le 18 juin, presque en même temps qu'elle atteignit Termonde sur l'Escaut et Malines sur la Dyle.
Le mouvement fluvial sérieux débutant simultanément & Anvers, Niel, Boom, Bruxelles et Louvain dans TA. H. du
7 juin, remonta l'Escaut par Termonde le 15 juin, Gand le 20 juin, Audenarde le 23 juillet pour atteindre Tournay le 2 août.
Par la Dendre, il partit de Termonde le 15, atteignit Alost le 17 juin, et rencontra le mouvement faîtal du méridien de Mons et du système hennuyer à Ninove le 7, à Grammont et à Ath le
8 juillet; c'est à dire dans les expansions extraordinaires provoquées par le périgée lunaire tombant au milieu 7-8 de la semaine 4-11 juillet.
L'intervalle qui sépare l'explosion fluviale d'Alost de celles de Ninove, de Grammont et d'Ath, et la simultanéité des explosions dans ces derniers endroits, prouve que ces explosions étaient mixtes et provenaient de la rencontre des deux influences. Sur le haut Démer l'influence fluviale rencontra celle de la région nodale éburonne avec ses annexes : à Sichem (1) le 26 juillet, et à Hasselt le 27 juillet, dans le deuxième mouvement général d'expansion qui, comme celui des 17-19 juillet, affbcta à peu près toute la Belgique, et fit entrer en ligne la région nodale tongroise, deuxième par importance du système
(1) An pied du mamelon terminal de Montaigne, extrémité fattale du sonsrameau d'entre Dyle et Geete.
d'entre Meuse et Escaut, camme elle y fit entrer la deuxième région d'entre Meuse et Rhin, celle de Marche et du Gondroz.
rajouterai quelques mots au sujet du système ardennais« Je tâcherai d'abréger ce que j'ai à en dire. Je le pourrai d'autant mieux que les choses s'y présentent plus simplement, et, par conséquent, d'une façon plus immédiatement concluante.
Régions les plus élevées de la Belgique, les Àrdennes sont celles des déversements les plus faciles et les plus abondants.
Le fluide le plus facilement et le plus abondamment déversé sur les plateaux ardennais, y est, à cause de la très grande acti* vite de la circulation qui y règne et y domine généralement les déversements, enlevé au fur et à mesure qu'il est déversé, avec d'autant plus de facilité que le fluide déversé ne trouve pas à la surface un sol terreux suffisamment épais pour conserver des surcharges de quelque importance et capables d'effets épidé* miques prolongés. Gela est si vrai, qu'au centre des Ardennes eit l'épaisseur terreuse du sol est la moindre, l'influence épidémque ne parvient guère à se montrer d'aucune façon; pas plus par explosion, au moment du déversement brusque et considérable et pendant la durée de ce déversement, qu'à la suite d'une succession de déversements.
Ge n'est qu'en s'éloignant du centre, en approchant des bords du plateau, où les épaisseurs des terres augmentent avec Péioignement du centre, que commencent les régions épidémiques.
Je n'ai pas à développer les considérations qui font des régions fat taies celles des plus actives circulations, pas plus que je n'ai à m'étendre sur leur volcanicité. Le Magnétisme et YBumaniti abondent en considérations de ce genre.
Je n'ai pas davantage à établir pourquoi, parmi les régions de même altitude, les Ardennes sont exceptionnellement volca-
niques, et pourquoi la circulation y est exceptionnellement vive et la tension relativement faible.
Les faits sont là : l'aspect du sol montre la volcanicité du sous-sol; le Rroid relativement exceptionnel accuse l'activité de la circulation aussi bien que la faiblesse de la tension, et cette dernière résulte bien mieux encore de la faiblesse de la végétation et de l'animalisation.
Les conditions magnétiques et géologo-magnétiques du plateau ardennais et de ses dépendances d'entre Meuse*et Rhin, se montrent d'emblée dans le déploiement de l'épidémie sur ce plateau. L'épidémie n'y éclate qu'au moment des plus puissants déversements, ne durequ'autantqueces déversements et frappe brusquement et violemment. Ayant de la peine à s'y établir, elle ne parvient à s'y maintenir que dans les déversements généraux bien conditionnés. Ses apparitions brusques, courtes, à des reprises différentes y sont volcauo-épidémiques. Ce sont des éruptions précoces avant-coureurs du déversement gé« néral (1), ou bien des éruptions finales généralement plus volcaniques qu'épidémiques des surcharges arriérées (SI) ; il ne se produit des effets quelque peu prolongés qu'au milieu de la période épidémique intense.
Le fatte d'entre Meuse et Rhin longe le premier de ces neuves, depuis ses sources sur le plateau d'Épinal, jusqu'à hauteur de Verdun, où, par un coude droit, il se dirige vers l'est, vers Thionville. Avant d'atteindre cet endroit, il se redresse parallèlement à sa direction première, qui est celle du méridien magnétique actuel décliné vers l'ouest. Cette direction qu'il prend vers Aumetz sur la route, à mi-chemin à peu près, de Longwy à Thionville, est la plus importante des branches du faite. Celui-ci ne commence pour les Ardennes belges qu'au coude
(1) Comme à Diekirch et à Hessancy.
(i) Comme à Spa le 3 ianvier 1867.
nodal d'Âumeiz ou* mieux encore, à celui un peu plus septentrional de Messancy (Selange). Du coude nodal d'Aumetz le faite d'entre Meuse et Escaut atteint rapidement la frontière du grand-duché de Luxembourg à Redange, traverse le grand duché par DifTerdange, Monderkange, Bas-Gharage et Clemancy, entre en Belgique par Selange et va droit sur Arlon par Hondelange. Le mamelon d'Arlon (1), absolument sur le faite, en forme un jalon.
D'Arlon le faite d'entre Meuse et Rhin se dirige vers Habay» puis vers Martelange et en&n vers Neufchâteau. Près de cette ville il se redresse vers le nord jusqu'au coude nodal central, où il tourne brusquement vers le nord-est à angle droit avec sa direction première. Après ce changement principal de direction, il court, droit par Sibret et Bastogne, vers l'Eifel, vers le nœud de Blankenbeim.
Le coude nodal central du plateau ardennais, ou le centre de la région nodale centrale de ce plateau, se trouve près du village de Sainte-Marie, entre les hameaux de Bercheux, Bernimont, Tronquoy, Respelt et Molinfaing, placés aux limites du bois de la Haye-Ghenit, au centre de ce bois, au milieu d'un mamelonnage central des plus remarquables; moins remarquable cependant que celui de la région nodale d'Arlon.
Cette dernière région est double; elle a deux centres comme celle de Seneffe.
L'un de ces centres, celui qui nous intéresse davantage, est celui du mamelon arlonais lui-même, ou mieux de son voisin dans le bois d'Arlon, du Hirschberg, surmonté du signal géodésique. G'eât le centre du plateau nodal d'attache du rameau d'entre Ghiers et Semoy au faîte. G'est sur ce plateau d'attache (Arlon, Messancy), le long du rameau, mais toujours dans la région nodale arlonaise , que s'est développé successivement
(\)^i\eHirschberg.
le principal groupe épidémique ardennais, groupe qui est ea même temps l'un des plusimrportants de toute la Belgique; c'est celui d'Aubange (15 juin), Mussy-la-Ville (26 juin), Bleid (15 juillet), Ruette (32 juillet), et Virton (2 septembre)). . Le rameau d'entre Ghiers et Semoy, comme celui de Hervô^ comme celui du Hainaut, suit la direction d'un parallèle géographique. Le groupe d'Aubange-Virton occupe devant ce rameau , aux sources et dans les vallées des affluents du Ghiers, yne position parfaitement analogue à ceux des groupes de Yer^ viers et de Mons devant les rameaux parallèles de Hervé et du Hainaut. Les conditions de développement de ces groupes, ainsi que de ceux de Gharleroi et de Liège devant le seuil parallèle intérieur, sont identiques. Ge sont là, comme je l'ai dit, noa seulement les principaux groupes, mais ce sont aussi les seuls groupes de localités éprouvées multiples et rapprochées de la Belgique.
Le groupe d'Aubange-Virton, parfaitement en règle sous tous les rapports, se trouve, comme celui de Gharleroi, tout entier dans la région nodale, et comprend ainsi Arlon et Messancy placés plus exactement sur le faîte et plus près du centre nodd d'attache arlonais.
Entre l'explosion du mal à Ruette, le 22 juillet, et celle de Virton, du 2 septembre, il existe un grand intervalle, ce qui signifie que l'action de la région nodale cesse entre ces endroits» et lui assigne un rayon d'environ 25 kilomètres. G'est le rayon que les épanouissements des cours d'eau assignent à toutes les régions nodales ardennaises. Avec ce rayon, la région arlonaise s'étend jusqu'au delà d'Ëtalle, à Tintigny sur la Semoy, à Martelange sur la Sure, à Mersch et à Luxembourg sur l'Alzette.
Deux rameaux importants se détachent du coude du faite ardennais à Sainte-Marie, et prolongent les branches de ce coude dans la direction du méridien magnétique d' Arlon et dans la direction perpendiculaire.
La région nodale centrale des Ardennes est donc divisée en quadrants par une croix fattale semblable à celle de Seneffe et a, pour cette raison, beaucoup d'analogie avec cettedernière. Cette analogie s'étend aux branches des croix de ces régions nodales. La branche méridienne de la croix de Sainte-Marie est centrale comme celle de la croix de Gosselies ; des deux côtés , cette branche est le méridien magnétique principal de tout le système faital; les deux méridiens sont les plus importants de la Belgique.
La branche faltale méridienne de Sainte-Marie joue le principal rôle dans les systèmes physique, climatérique et physiologique d'entre Meuse et Rhin, ou au moins dans les Ardennes, comme celle de Gosselies joue le principal rôle entre TEscaut et la Meuse. Les rares ravages épidémiques exercés sur le plateau airdennais sont encore plus complètement groupés sur le méridien de Sainte-Marie et Arlon que ceux d'entre Escaut et MeUse ne le sont sur celui de Charleroi et Waterloo.
Tous les groupes épidémiques faîtaux de la Belgique se trouvent sur les deux lignes méridiennes principales de Charleroi et i Arlon. Le méridien montois n'est que le troisième par importance.
Le rameau parallèle qui se détache de Sainte-Marie est celui d'un ancien faite ardennais antérieur au dernier soulèvement. Il passe entre Lesse et Semoy vers Recogne et Paliseul.
Le rameau méridien se détache du rameau parallèle près de Recogne, se dirige par Saint-Hubert vers Marche et Ciney ; là il oblique fortement à droite vers Havelange et vers son épanouissement à Liège, à l'embouchure de l'Ourthe. Il traverse cependant la région nodale de Liège, ou, au moins, il part au delà de Liège une branche méridienne qui reprend la direction parallèle à celle d'Arlon-Marche. Cette branche méridienne va droit à Nederheim et Tongres dans le coude du Geer, traverse ce coude, puis, au delà, passe près de Wellen vers Hasselt. Cette
dernière branche est tout entière dans la région nodale tongroise. Elle participa aux mouvements généraux du 27 juillet qui affectèrent particulièrement le système ardennais etcondrusien.
La région nodale centrale ardennaise a donc deux centres : Tun près de Sainte-Marie (1) et Tautre près de Recogne (2). Les cercles limites tracés autour de ces deux centres, avec un rayon de 25 kilomètres, retendent dans le sens parallèle , ou de son grand axe, de Paliseul à Bastogne et dans le sens perpendiculaire, de Martelange à Champion. Elle touche à la région arlonaise dans le grand coude de Martelange, que les deux régions se partagent.
Le rameau qui prolonge la branche faltale méridienne arlonaise passe d'abord entre Ourthe et Lesse, et au coude de Pessoux, près de Giney, il devient arête de séparation de la Meuse etderOurthe.
Au coude de Pessoux se trouve un premier centre nodal duquel se détache le rameau d'entre Bocq et Lesse. A Porcher resse, près de Havelange, se trouve un second centre, duquel se détache le rameau d'entre Hoyoux et Bocq, très important comme prolongement direct du méridien faltal de Arlon-Marche- Havelange, vers Andennes et Huy.
Des deux centres précédents , et avec le rayon de ving-cinq kilomètres, onitracera la région nodale condrusienne, troisième grande région nodale ardennaise. C'est le plateau de Marche^ Giney et Havelange. Ses limites passent à Tohogne et à Hotton , et approchent très près de Dinant, d'Andenne et de Huy. C'est le plateau d'épanouissement des ramifications fôttales dont les extrémités bordent la rive droite de la Meuse de mamelons ir-
(1) Au coude du faite.
(%) Au point où se séparent les deux rameaux qui prolongent les branehes du coude du faîte.
jupteurs des plus remarquables, tels que ceux du château et de la Sarthe, à Huy» ces deux gardiens des bouches du Hoyoux et de la Hehaigne, centre de la principale région nodale mixte de la Meuse, après celle de Namur et de Liège.
Les ramifications faitales qui partent de la région nodale condrusienne s*épanouissent et se terminent dans les coudes de la Meuse, depuis Tembouchure de la Lesse, un peu au dessus de Dinant, jusqu'à Fembouchure de TOurthe, à Liège. Les principaux de ces coudes sont ceux : de Namur, Marche-les-Dames, Sclain, le double coude de Huy et le triple coude de Liège (Seraing, Val Benoit, Liège et Herstal).
Ce dernier tout entier constitue, comme je Tai montré, la principale région nodale mixte de la Belgique.
Le méridien gèologo-magnètique et magnétique principal central ardennais passe par Messancy, Marche eiffavelange; c'est à dire par les trois ceptres épidémiques nodaux principaux du système ardennais. Prolongé, il aboutit à la Meuse entre Ândenne et Huy; ce qui donne aux ramifications directes vers ces deux endroits, et surtout à celles vers le double coude de Huy, une importance plus grande; raison pour laquelle Tépidémie commença ses débuts dans les régions mixtes des bords de la rive droite de la Meuse, le 6 juillet, à Huy, tandis qu'elle ne débuta à Namur que le 8 juillet, et arriva, en descendant, è Ougrée le 11 juillet.
On voit que les débuts le long de la rive droite de la Meuse furent à peu près simultanés, comme ils le furent sur les bords de la Dendre, à Ninove, Grammont et Ath; de plus, ils appartiennent, de part et d'autre, aux mêmes mouvements importants qui ont commencé au périgée lunaire du milieu de la semaine 4-11 et ont fini dans l'A. H. du 10-11 juillet.
Le cours si remarquable du Hoyoux, serré entre les ramifications condrusiennes méridiennes directes, est une ligne méridienne d'activation considérable. Prolongée, par la Mehaigne,
vers le centre nodal hesbayen et le faite nervien, cette ligne orée à Huy un passage méridien des plus remarquables à travers le seuil parallèle belge intérieur.
Ge passage est moins important cependant que celui de Liège ou de Seraing, résultant du prolongement de la branche principale du rameau condrusien à travers les coudes de Seraing et de Liège, et qui reprend par Tilleur, Saint-Nicolas, Glain et Ans, vers le coude du Geer à Tongres et au delà. Là est réellement le passage du troisième méridien principal à travers le seuil parallèle belge.
Le rameau condrusien qui va droit vers Namur, se terminer dans les hauteurs de Sainte-Barbe au dessus de Jambes , sans avoir l'importance de ceux de Liège et de Huy, en conserve beaucoup cependant, il est le troisième par importance. Hais le passage namurois ne s'effectue pas seulement par un sous* rameau condrusien, il s'effectue aussi, bien que obliquement, par le rameau principal chimaysien d'entre Sambre et Meuse.
Les voies faitales méridiennes apportent en. tout temps les plus grandes charges intérieures vers les régions nodales mixtes; les voies fluviales et Taltales méridiennes qui traversent les voies parallèles, activant la circulation suparflcielle aux points de passage, font de ces points et de leurs environs des régions de plus prompts, de plus faciles et de plus abondants déversements. C'est ce que disent admirablement tous les phénomènes de physique, de météorologie et de physiologie. Parmi ces phénomènes, les plus explicites sont incontestable* ment les phénomènes épidémiques. Ceux-ci ont pour rivaux les phénomènes orageux. Leur rivalité ne consiste cependant qu'à déterminer, à qui mieux mieux, les lignes de circulation et les régions de déversements. Les orages sortent des régions nodales et des faites, ils suivent les faites méridiens et éclatent devant les obstacles parallèles, généralement aux points de passage méridien principaux, aux extrémités des rameaux où
hi <^irculatioa flaitale méridienDe n'est qu'interrompue, cotniBO à Ht>Ds, Gbarleroi, Huy et Liège. Les gros orages éclatent devant les obstacles avec un fracas épouvantable. Gomme je Tai dit, page 824 du Manifeste (i) y les orages cherchent les passages fticiles, ou s'élèvent pour franchir les i^bstacles. Pour s'élever ils doivent se décharger. Le iUiide accumulé devant les obstacles les force d'ailleurs à s'élever et à se décharger.
Si les obstacles forcent la décharge orageuse, la décharge, à son tour, force l'obstacle; mais celui-ci, dès que l'orage est passé, la cause persistant, se rétablit plus fort que jamais.
Si donc le déversement constitue de fortes surcharges ter* restées et atmosphériques aux points de passage des faîtes méridiens k travers les faites parallèles durant le dégagement orageux, ces surcharges diminuent et sont balayées ou emportées aumomentdu passage de l'orage, mais se reconstituent plus fortes et exceptionnelles après le passage. Ainsi parlent les phénomènes épidémiques, conséquences des déversements. Si les phénomènes orageux tracent les principales circulations méridiennes et leurs points de passage difficiles , les phénomènes épidémiques dessinent les régions nodales constituées autour des points de passage. J'ai déjà appelé sommairement l'attention sur la simultanéité des deux espèces de phénomènes, quelques extensions données aux indications déjà fournies, ne laisBeront pas, dans l'esprit du lecteur, place à un doute à ce sujet ; pas plus qu'au sujet de la provenance directe magnétoélectrique des phénomènes orageux et épidémiques et de la corrélation de ces phénomènes entre eux. Je reviendrai sur cette question un peu plus loin.
Quatre grands cours d'eau, trais affluents de la Meuse : La Semoy, la Lesse, l'Ourthe, et la Sure affluent de la Moselle et
(1) le recommande au lecteur tout ce qae J'ai dit des orages, pag. ttS
du Rhin, prennent leurs sources dans les quatre quadrants de la croix nodale ardennaise de Sainte-Marie et de Recogne. Ces cours d*eau coulant plus ou moins dans les directions bissectrices, se rattachent par de nombreuses ramifications aux faites qui forment la croix ardennaise. L'activité magnéto-électrique qui règne sur les faites ardennais, se communique donc aux vallées des cours d'eau par toutes leurs ramifications, qui sont les lignes de plus facile conduite superficielle vers les grandes voies fattales.
L'activation précédente ne s'applique pas seulement aux cours d*eaux qui se ramifient dans les quadrants faitaux du plateau ardennais; elle est générale; elle est une des causes du déversement plusfacile et plusabondant vers lesthalwegset leurs points nodaux les embouchures; mais cette activation est plus grandes et ses résultats sont plus considérables pour les cours d'eau qui s'épanouissent sur le plateau ardennais vers les grandes artères magnéto-électriques faitales de ce plateau.
Le mouvement d'activation est généralement ascendant des embouchures vers les sources. Il peut devenir momentanément descendant dans les déversements et pendant la durée de ceux-ci. Les artères fluviales peuvent en effet débarrasser les plateaux de leurs surcharges momentanées, comme elles contribuent généralement à Tamoindrissement des surcharges de la plaine. Il s'établira ainsi un échange entre le plateau et la plaine, comme entre la surface océanique et la surface continentale. Si le plateau est dans des conditions particulières, s'il a un sol particulier peu capable et conducteur, s'il est limité, comme c'est le cas pour les Ârdennes, l'échange de fluide se fera par les limites mêmes,, comme il se fait par les côtes. Aux limites mêmes régnera en tout temps une grande activité magnéto-électrique, en même temps qu'une grande surcharge. Ces limites seront des lignes de plus facile déverse;a[ient ; mais celui-ci y deviendra diflicilement dangereux parce que le fluide
déversé sera facilement enlevé. Soit que le plateau fournisse du fluide déversé à ses limites , soit qu'il en enlève, il y a concentration à ces limites; attendu que, si le plateau est absorbant, le fluide affluera de loin vers ses limites par des courants plus intenses que ceux qui enlèvent le fluide.
La limite d'un plateau fattal sur lequel règne une grande activité magnétique est donc une ligne géologo-magnétique remarquable. Les points où cette ligne est traversée par des voies fattales et fluviales sont des points nodaux extrêmement remarquables. II va de soi que la ligne qui limite un plateau est généralement une zone; que le changement de terrain ou de sol qui forme la limite du plateau n'est pas brusque. Il va de soi également que les points nodaux fluviaux, fattaux ou mixtes qui se trouvent rapprochés à l'intérieur ou à l'extérieur de la zone limite, gagnent une importance extraordinaire, comme si elles appartenaient aux côtes ou au littoral, comme c'est le cas pour Ostende, Bruges ou Kieldrecht.
Les considérations qui précèdent et leurs conséquences se vérifient admirablement par l'analyse du système épidémique ardennais, tel qu'il s'est développé en 1866.
On peut établir les limites du plateau ardennais géologiquement ou topographiquement ; mais il sera tout aussi exactement déterminé épidémiquement.
Les deux branches les plus importantes de la croix nodale de Sainte-Marie sont incontestablement celles du fatte lui-même : d'Arlon-Sainte-Marie et de Sainte-Marie-Bastogne. Le quadrant le plus important est donc celui de la Sure; cette dernière est donc le cours d'eau principal. La maîtresse branche de ce cours d'eau est bissectrice du quadrant.. La Sure forme le plus bel arbre branchu fluvial que l'on puisse dessiner. La Sure tout entière n'est qu'un arbre branchu d'épanouissement. Cet arbre constitue exactement le grand-duché de Luxembourg.
Les deux branches principales de la Sure sont le cours d'eau
lui-même et TAlzeUe. Leur confluent à Ingeldorfl* entre EttelbîHck et Diekirch est le premier point d'épanouissement dans te quadrant des deux branches principales de la croix fattale de Sainte-Marie et sur le plateau ardennaid. Ce point, limite du plateau ou de la région nodale ardennaise étendue, est un des mieux dessinés de tous les points analogues dans toute l'Europe. n est aussi bien dessiné que le deuxième point d'épanouissement qui, au dessus de Martelange, accuse la pénétration sur le plateau central réduit ou dans la région nodale.
Si, du centre de Sainte-Marie, avec un rayon de60 kilomètres» distance de Sainte-Marie au confluent de l'Alzette et de la Sure, on décrit un cercle, on obtiendra, sinon absolument le plateau ardennais, au moins à très peu près ce plateau, et dans tous les cas la limite de son action eSicace activante à la surface, concentrante et par conséquent expansive par réaction à Fintérieur.
Les expansions fattales et les déversements de 1866 sont arrivées du midi. Les régions nodales fattales méridionales, plus rapprochées des origines des expansions, fonctionnent avec plus d'énergie et d'abondance. La région arlonaise est donc supérieure à la région ardennaise centrale de Sainte-Marie; mais celle-ci est plus ancienne, elle a un relief plus considérable, et fonctionne plus facilement parce que ses couches souterraines ont été remuées plus souvent et plus anciennement. L'éruption y est facilitée par la rapidité avec laquelle le fluide déversé est enlevé; elle est facilitée parce que les dégagements y sont favorisés par les forêts qui couvrent aujourd'hui encore presque tout le plateau, qui en occupent dans tous les cas une très grande partie, surtout vers le centre. Celui-ci est le point du plus facile déversement et dégagement ; il appelle à lui avec une grande vivacité le fluide des courants inférieurs. Dans ces courants il est donc point principal de concentration et d*expansion par réaction lorsque, dans les déversements, rappel est fkit à de grandes profondeurs et que de grandes quantités de
fluide affluent de ces profondeurs vers le point d'appel. Ces aflluences réagissent du loin dans les courants inférieurs » en môme temps qu'elles continuent en partie leur mouvement ascensionnel vers la surface pour s'y déverser, tes parties déversées se dégagent ou s'échappent vers les bords du plateau dénudé, où elles trouvent des terres capables de surcharges. Or ces bords sont précisément les limites de la réaction expansive souterraine qui y renforce les déversements. Ils sont donc exposés à la surcharge par doubla affluenoe intérieure et extérieure du chef de l'action du centre, ardennais , lorsque l'appel de ce centre se fait au moment d'un déversement général profond. Dans les circonstances ordinaires, l'action du centre ardennais s'exercera en sens contraire. Dans tous les cas, cette action s'exercera jusqu'à la limite précédemment indiquée, et qui, sauf quelques modifications, résulte de la géodésie comme de la géologie et du géologo-magnétisme.
L épidémie trace également le plateau ardetinais ou au moins le rayon cTaction du centre de ce plateau beaucoup mieux que ne le font la géodésie et la géologie.
Celles-ci, par exemple» doivent être examinées de près pour montrer que l'action du centre ardennais ne s'étend pas également partout. Les localités groupées ou isolées rudement éprouvées par l'épidémie assignent d'emblée la limite de l'influence du centre ardennais dans toutes les directions.
En ce centre , pour des raisons que je n'ai pas à répéter encore, la surcharge par déversement est la moindre; elle augmente coucentriquement autour de lui avec le rayon, croU brusquement et atteint les maxima anomaux h une certaine distance, qui est généralement celle du plateau des Ârdennes proprement dit , dont le sol se compose d'une très mince cou*» ehe de terre reposant sur du chiste.
U est évident qu'il y a des raisons pour lesquelles dans les sour lèvements successifs, les pluies de terres qui ont accompagné om
produit ces soulèvements, se sont arrêtées dans le rayon iaetion expansifdu centre ardennais, point de croisement des deux lignes (^expansion souterraines principales du système. Ces raisOQS, vous les retrouverez dans les ramifications fluviales qui dessinent les ramifications faîtales qui rayonnent du plateau central dans toutes les directions.
Il est tout aussi évident que je ne puis guère m*étendre icr sur ces raisons.
Je puis montrer, et cela m'est facile, que les localités, groupées ou non, éprouvées par le choléra, en 1866, dans le système ardennais belge, se trouvent aux limites du plateau ardennais sur ses lignes fattales et fluviales principales, dans les positions les plus favorisées, dans les situations géologomagnétiques les plus marquantes à priori.
Il y eut trois groupes épidémiques dans le système ardennais belge : ceux de Diekirch, d'Ârlon-Messancy et de Marche.
Je n'ai plus guère à m'appesantir sur les conditions qui les ont créés. Les trois groupes se trouvent aux trois points géologomagnétiques absolument principaux qui résultent de l'intersection de la limite du plateau ardennais avec la voie fluviale principale et avec la voie faf laie principale du système. La voie fluviale principale de la Sure est parallèle. La voie fattale est méridienne; c'est la branche méridienne fattale principale d'Arlon à Sainte-Marie, prolongée par Saint-Hubert, vers Marche, Giney, Havelatige , à travers la région nodale condrusienne et ensuite jusqu'à Liège et au delà.
Le groupe de Diekirch s'étend de l'embouchure de l'Alzette à celles des aflluents et des points d'épanouissement plus bas dans toute l'étendue de la zone limite des Ardennes. Il occupe la région nodale mixte la plus importante du système. Il s'est formé principalement aux extrémités des ramifications fattales de la rive droite de l'Alzette qui ont leur origine dans la partie
méridionale de la région nodale arionaise. Le groupe de Diekirch n*est donc qu'une dépendance de celui de Messancy.
L*explosion volcano-épidémique dans la région mixte de Diekirch est un prélude, un avertissement de ce qui ne tardera pas à arriver autour du centre fattal.
Le groupe volcano-épidémique de Diekirch fut le premier et le principal.
Le groupe de Messancy occupe toute la partie centrale de la région nodale arionaise. Il ne le cède guère en importance à celui de Diekirch, s*il n'est pas plus important. Je n'ai plus à revenir ni sur son importance, ni sur sa situation exceptionnellement remarquable.
Le groupe de Marche comprend cet endroit et Waha au centre, Hotton non loin de là aux bords de l'Ourthe, On et Jemelle (1) au point principal d'épanouissement de l'Homme. Ce groupe est loin d'avoir l'importance de ceux de Diekirch et de Messancy. Le sol est pour beaucoup dans cette moindre importance. La première cause de celle-ci n'en restera pas moins le plus grand éloignement de l'origine du mouvement et Tamoindrissement de la voie fattale méridienne, sur laquelle le groupe de Marche est exactement assis, tout comme celui d'Ârlon.
Le centre nodal méridional de la région nodale condrusienne de Pessoux n'est pas éloigné de Marche. Avant d'atteindre ce dernier point, le faite méridien arlonais fait un grand coude autour des sources de la Wamme, c'est à l'extrémité de ce coude, où commence l'épanouissement du faite méridien, que se trouve le groupe de Marche.
Tels sont les groupes épidémiques développés exactement aux limites du plateau ardennais sur les deux voies principales :
(1) Ces deux dernières localités ne se trouvent pas dans les documents ministériels.
rune fkttale méridienBe et Fautre fluviile parallèle qui aiïoutie* sent au centre du plateau.
Les localités isolées marquantes où Tépidémie a sévi avec intensité et de façon à signaler exceptionnellement ces localités», comprennent d'abord la Roche également aux limites du plateau, précédemment indiqué, et occupant sur la voie fluviale de rOurthe, deuxième par importance, une situation analogue ài celle que Diekirch occupe sur la Sure.
L'influence fattale qui vint faire éclater, et faire sévir le mal à la Rocbe est des plus remarquables ; c'est celle d'un des rameaux parallèles les plus importants des Ardennes. Partant des sources de rOurthe orientale de près de Beho, ce rameau court droit: vers les Tailles et Samrée, se bifurque en ce dernier endroit pour aller s'épanouir à la Roche, à Hottan et à Grand Han; et ces épanouissements ont amené l'influence faltale à la Roche et à Hotton. Les Tailles ou plutôt la Baraque de Fraiture est le centre nodal d'une annexe du plateau ardennais. Cette annexe est le plateau d'épanouissement du rameau de Les Tailles. Elle s'étend exactement jusqu'à la Roche, Houfllalize et Yieil-Salm. Sur le plateau s'est présentée la localisation épidémique la plus apparemment anormale qui ait été signalée en 1866. C'est celle du hameau de Berimesnil, de la commune de Samrée, à égale distance du point de bifurcation fhltal de Samrée et du pointfluvial où rOurthe se divise en deux branches pour couler dans des directions diamétralement opposées parallèlement au fittte. ardennais; point qui limite l'étendue de l'expansion centrale ardennaise dans le cadraa de l'Ourtbe. Berimesnil se trouve à égale distance et sur la direction des deux points à la fois. Placée comme la Roche à la Iimite.de l'expansion ardennaise centrale et de celle du centre annexe de la Baraque de Fraiture,. Berimesnil se trouve d'aiUeurs à l'extrémité de l'une des branches du rameau de Les Tailles.
La Roche, Hotton et Berimesnil forment donc groupe à la
liiaile du plateau ardennais, aux exirémités fattales du rameau parallèle d6 Les Tailles, dans la région nodale mixte du principal point de ramification de TOurthe, deuxième cours d'eau par importance de ceux qui s*épanouissenl sur le plateau ardennais.
La localité de Hotton peut être, en effet, considérée comme faisant partie du groupe de Marche, dont elle est assez rapprochée pour se trouver dans la même partie de la région condrusienne; elle peut être considérée comme faisant partie du groupe de la Roche, parce qu'elle se trouve à Tune des extrémités du rameau de Les Tailles comme la Roche ; mais Hotton peut être paiement considérée comme localité isolée placée sur TOurthe à la limite exacte du plateau des Ardennes tracée comme il est dit plus haut.
Le déversement fluvial par le thalweg de l'Ourthe fut donc extraordinairement considérable depuis Hotton jusqu'à la grande bifurcation entre la Roche et Houffalize. La Roche se trouve au milieu de cet intervalle, comme Diekirch se trouve à peu près au milieu de l'intervalle des confluents qui comprennent rétendue des plus grands déversements effectués sur les bords de la Sure.
La première localité rudement éprouvée du tableau VI succédant par ordre d'importance et de position aux groupes oa aux localités isolées précédentes, est celle de Havelange; elle occupe près du deuxième centre condrusien de Porcheresse, et plus près de ce centre, une position analogue à celle qu'occupe Marche près du premier centre de Pessoux.
Le centre faîtal de Havelange, dans Tune des fourches principales des sous'-ramifications condrusiennes, enveloppé des dernières ramifications fluviales du Hoyoux, est un des points ou la circulation magnéto-électrique est exceptionnellement active. Ge point se trouve d'ailleurs exactement sur le méridien géologo-magnétique ou faîtal et central ardennais. Xe le répète, prenez la moyenne direction du faite d'entre Meuse et Rhin,
d'Ârlon et de Messancy à Sainte-Marie, prolongée au delà par le rameau de Saint-Hubert, de Marche, Giney et Havelange, et vous aurez exactement la ligne Messancy-Marche-Havelange passant par les trois points principaux des gi^oupes fattaux ardennais, par les centres de ces groupes situés dans les positions géologiquement et magnétiquement les plus remarquables de deux des trois principales régions nodales ardennaises belges.
La ligne faitale méridienne principale qui précède est prolongée obliquement jusqu*à son épanouissement près de Liège. Sur ce prolongement se trouve le petit groupe de Fraineux et de Yernée, non renseigné dans le tableau YI, où la maladie a cependant fait d'assez grands ravages.
Ainsi, la ligne faîtale principale méridienne ardennaise est dessinée tout entière, depuis son entrée en Belgique par Selange ou Messancy jusqu'à Liège, par trois groupes et une localité principale tenant lieu de groupes, tous exactement assis à cheval sur le faite méridien et sur son prolongement condrusien terminal oblique au delà de Havelange vers Liège.
Les trois groupes placés sur le faîte méridien prolongé entre Samson et Hoyoux vers la Meuse, Ândenne et Huy, sont noa seulement assis à cheval sur le faite, mais jalonnent également le mériden magnétique ou la ligne moyenne du faîte et la rencontre de celui-ci avec cette ligne moyenne.
Les groupes diminuent d'importance et les phénomènes épidémiques deviennent moins intenses en descendant le faite de région nodale en région nodale, de son origine à ses extrémités. La propagation est successive. Les explosions premières ont eu lieu dans la région nodale supérieure, à Aubange le IS Juin, mais plus généralement à Arlon, Messancy et Mussy la Ville, dans l'explosion générale du 27 juin.
Le mouvement de propagation franchit la région nodale centrale pour des raisons longuement développées, et éclata à
Marche dans Texplosion du 37 juillet, non moins générale que celle du 37 juin.
Comme toujours, bien avant l'explosion dans les dernières régions nodales fattales, il y avait eu des manifestations aux extrémités faîtales. A Textrémité du principal rameau condrusien qui prolonge le faîte méridien jusqu'à Seraing, Ougrée et Liège, le mal éclata presqu'en même temps qu'à l'extrémité arlonaisede la principale ligne fattale méridienne des Ardennes. L'explosion de Seraing du 30 juin n'est postérieure que de quel- . ques jours à celle générale du 27 dans la région arlonaise. L'explosion de Seraing fut prématurée, elle appartenait à la région nodale mixte liégeoise plutôt qu'au mouvement ardennais, qui n'y fit que contribuer.
Les explosions ardennaises mixtes Commencèrent à Huy le 6 juillet, à l'extrémité méridienne; se communiquèrent de là à Ougrée le 11 en aval, et remontèrent en amont par Andenne le 16 juillet à Jambes lez-Namur (1), au pied du mamelon irrupteur terminal de Sainte-Barbe le 23 juillet, où le mal fit explosion quatre jours seulement avant l'explosion générale ardennaise du 27. Celle-ci encore ne fit pas seulement éclater le mal à Marche, mais frappa le coup principal aux extrémités fattales des bords de la Meuse qui dépendent immédiatement du centre de Marche, depuis Namur jusqu'à Liège et même au delà jusqu'à Hasselt.
Le 27 juillet fut un des jours des plus funestes à Namur (2), Andenne, Seraing, Ougrée, Liège et Grivegnée, aussi bien que
(1) A Namur même le mal éclata le 8 Juillet, mais ce premier débat appartenait à la régiOQ nodale mixte namuroise tout entière, tandis que Jambes participa plus particulièrement aux mouvements ardennais. Il y eut trois explosions dans la région namuroise.
(9) Namur reçoit son dernier et principal contingent, le mal y débute brusquement et vigoureusement dans la période intense. Les annotations Jour par Jour commencent.
dans tout ie système ardennais, aussi bien que dans le sytèm^ nervien à Mons, etc.
A Grivegnée, extrémité fat taie du rameau ardennais de Hervé, la maladie ne débuta sérieusement que le«28 juillet. Elle débuta brusquement. Elle avait débuté à Yerviers le 13 juillet. Le rameau de Hervé, apportait donc son contigent à Grivegnée dans la région nodale liégeoise le 28, le jour même ou le lendemain du jour, 27 juillet, où le contingent condrusien arrivait à Ougrée; car c'est le 27 que commença sérieusement le mal à Ougrée (1).
Ainsi les 28 et 27 juillet, ce dernier jour surtout, le système ardennais fut en travail actif et énergique partout ; car il frappa encore à Arlon et Messancy ; et, bien que dans ces deux localités principales la plus grande partie des déversements fût efifectuée, ils continuaient encore abondamment dans la région nodale. Les 2S et 27 juillet furent les deux derniers jours exceptionnellement et remarquablement funestes à Aubange, aussi bien que les 24 et 27 à Arlon, et le 26 à Messancy. C'est dans ce dernier endroit et à Aubange que les effets sont les plus accentués. A Bleid, la période sérieuse commence le 26 et à Mussy la Ville le 27 juillet. C'est à ces dates que commencent les annotations jour par jour des décès.
Ainsi, tandis que l'épidémie frappa ses derniers coups rudes les 25-27 juillet, surtout ce dernier jour, dans les centres volcaniques à peu près épuisés, au cœur de la région nodale supérieure arlonaise des Ardennes, tandis qu'elle y entra brusquement en période intense dans les centres à peine en travail; elle débuta, à Marche, au centre de la troisième région nodale ardennaise subordonnée fattale méridienne directe de la région
(1) Liège reçut donc ses derniers contingents ardennais le mâme Jour que Namnr. Aussi est-ce dans 1*A. H. suivante que la mortalité y atteignit son maximum absolu les 81 Juillet et 1*' août.
supérieure arlonaise; et elle montra son action recrudescente et violente le même jour, non seulement dans toutes les dépendances condrusiennes du centre de Marche, mais encore dans les parties les plus orientales du système ardennais, sur les bords de la Yesdre et dans toute l'étendue du rameau de Hervé. Liège et Namur, les deux centres mixtes principaux des bords de la Meuse, reçoivent leurs contingents définitifs, et ces contingents se manifestent d'une façon irrécusable. Le mal entre en période sérieuse à Namur et y frappe fort, le 27. Il frappe très fort, les 25 et 27, et produit la mortalité maximum, le 31, à Liège où il est déjà en pleine action. Il entre en période intense à Ougrée et à Grivegnée, les deux extrémités faîtales les plus dangereuses du rameau du Gondroz et de celui de Hervé. Le jour même, 27 juillet, le mal fait son apparition à Hasselt dans la région nodale tongroise dont Taxe méridien prolonge celui de Liège. Il éclate à la limite de la région à Textr^mité du méridien dans la région fluviale la plus favorisée.
Le même jour, le coup le plus funeste de l'année est frappée à Canne, également à la limite de la région tongroise et de l'extrémité faitale d'entre Geer et Meuse, à l'extrémité de ce rameau qui a joué un rôle si considérable dans tout le système épidémique et qui, le premier, manifesta vigoureusement les mouvements dans le système nervien.
Le mouvement du 27 juillet fut donc un des plus complets; il ftit absolument complet dans le système ardennais, et affecta vivement et vigoureusement ce système dans toutes ses positions marquantes ; il affecta également le système de Mons et de son méridien, et s'étendit suivant le faite nervien jusqu'à la région nodale éburonne.
Les mouvements des 25 et 27 juillet sont continués les 29 et 31 dans le système ardennais comme à Mons, comme ailleurs. Un violent dégagement orageux du 29 dans les Ârdennes orientales, conduit par le rameau principal qui s'épanouit entre
Pepinster, Yerviers et Limbourg, et aux extrémités ramifiées duquel s^est développé le système verviétois, éclatant au dessus de ce système^ amoindrit brusquement et considérablement les surcharges au centre verviétois même. Le même soir le mal éclata au centre éburon, à Tongres.
Le 31 juillet eut lieu la deuxième explosion dans la région nodale condrusienne. Je ne m*étendrai pas sur les vigoureux coups généraux des 31 juillet et 1^' août à Liège, Namur, déjà connus. Le mouvement des 31 juillet et i^ août affecta Mussyla-Ville, Bleid (fort), et leurs environs dans la région arlonaise (Âubange, Arlon, Messancy, [faiblement]).
Le mouvement fattal méridien ardennais et condrusien, continuant au delà de Havelange à partir du 31 juillet, atteignit les dernières bifurcations ou le centre nodal terminal de Fraineux vers l'A. H. du 8 août. La maladie s'est donc propagée suivant le faite méridien ardennais et dans toutes ses dépendances dans les grandes expansions générales des A. H. des 27 juin, 25-27 juillet, 31 juilIet-1''^ août et 8 août. Une seule des grandes expansions n'a pas fourni d'explosions, c'est celle culminante du 19 juillet, si violente dans les centres nodaux du Haut- Luxembourg et durant laquelle le mouvement fattal devait atteindre la région nodale centrale de Sainte-Marie où, pour les raisons suffisamment établies, il n'est pas parvenu à se manifester épidémiquement.
L'A. H. du 4 juillet, si violente également dans les centres nodaux du Haut-Luxembourg, n'avait pu, à plus forte raison, sévir que dans ces centres nodaux.
Le mouvement du 19 juillet cependant se faisait sentir vivement aux extrémités liégeoises de Seraing, d'Ougrée et de Grivegnée , et son influence s'y prolongeait, comme à Messancy, jusqu'au 21. Pendant que la surcharge grandissait dans la région liégeoise du chef des affluents de la rive droite, elle continuait à augmenter par les affluents du rameau hesbayen
suivant lequel le mouvement s'était manifesté jusqu'à ses extrémités de Herstal et de Canne, dès le 17, et dans lequel les mouvements nerviens accusés dans la région centrale par l'explosion du 20 à Nivelles, et par les manifestations bruxelloises des 30 et 21, devaient également continuer. Ce sont ces mouvements simultanément prolongés qui ont fourni cette recrudescence extraordinaire des 20 et 21 juillet, au delà de la date culminante du 19, à Liège. Le contingent dans la région liégeoise étant complété, l'expansion magnéto-électrique y était devenue considérable avant de se manifester épidémiquement; mais elle s'est bien rattrapée après. Le contingent était complété, comme jeTai montré, par Grivegnée le 9, par Ougrée le 11 juillet, et Texpansion atteignit, le 10 même, à HoUogne -aux- Pierres, son maximum d'extension vers l'origine du rameau hesbayen.
La première mortalité un peu forte du début sérieux à Liège est de l'A. H. du 4 juillet. Ce début participa au mouvement arlonais. Il fortifia l'expansion de la région nodale liégeoise et rétendit jusqu'à Montegnée. La première recrudescence un peu forte dans la région liégeoise est du 9, donc exactement due à l'arrivée des contingents ardennais par les rameaux de Hervé et du Gondroz. Gette recrudescence est très bien en relief.
La région liégeoise est le point du passage méridien principal oriental à travers le seuil parallèle belge vers Tongres, Hasselt, Beeringen etTurnhout, vers la branche ménapienne du faite d'entre Meuse et Escaut.
Le dernier passage oriental est celui de Yerviers, dans le nord-est belge du système ardennais. Le deuxième rameau nord-est ardennais par ordre d'importance géologo-magnétique ou de relief est celui qui, partant du mamelon culminant de la baraque Michel, va se terminer entre Pepinster et Limbourg, dans le mamelonnage d'irruption terminale de Pepinster^ Ensival, Verviers, Stenibert et Limbourg, l'un des plus remarquables
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de la Belgique. Ce mameloiinage des bords de la Vesdre, devant le rameau parallèle de H^ve, est Tuae des contrées les pl^s volcaniques de la Belgique. La situation est analogue à celles occupées par les groupes d'Aubange-Virtoa et de Mons-Boussu ; mais ia volcanicité y est bien supérieure.
Les grands bois y occupent encore presque toutes les posiUotSS capables de favoriser les déversements et les dégagraieots. Ceux-ci et leurs conséquences s*y sont manifestés dans les positions les plus favorisées; comme chacun pourra s'en assu* rer par un coup d'oeil jeté sur une carte topographique. Pépinster, Ensival, Hodimont, Vervîers^ Stembert et Limbourg ont ^idemment des positions à tous les égards exceptionnelles.
Dans presque toutes les régions du système ardennais, il existe encore des forêts et de grands bois. U en existe encore surtout dans les régions nodales des plus grands déversements et dégagements où se sont manifestés leurs conséquences épidémiques. Aussi les localités frappées occupent-elles dans toutes ces régions, comme dans celles d'Arlon et de Rhode Saint-Genèse, les positions les mieux choisies, aux limites et dans les rayons d'action des bois, où devait se concentrer le fluide dans la zone favorisée du déversement au delà du rayoa d'action du dégagement. Telles sont particulièrement les posi* tiens de Waha, On et Jemelle, dans le groupe de Marche ; fiavelange et Yernée, sur le faite méridien ; la Roche, Hotton et Berimesnil, à l'extrtoité du rameau parallèle élevé, si imporr tant et si vigoureusement dessiné, qui, partant des sources de rOurthe, du hameau de Deyfeld, va par les puissants manie- Ions des bruyères Doutremont, du hameau de Gourtil de Les Tailles et de Samrée se terminer dans les grands bois de U Roche, aux bords desquels se trouve le hameau de Berïmesnil. Telles sont aussi, je le répète encore, toutes les positions daas le groupe verviétois.
En dehors du tracé de l'épii^émie qui précède, il reste quelr
qoes rares localités isolées, également toutes situées dans des positions de choix. Jusqu'à présent, la marche de l'épidémie ne nous a guère écarté de la grande voie fattale méridienne, si ûomplétement tracée, sauf en ce qui concerne les deux régions nodales mixtes de Diekirch et de la Roche, sur les deux cours d'Aau principaux de la Sure et de TOurthe aux limites du plateau ardennais; sauf aussi les extrémités des grandes voies fattaies ardennaises aux bords de la Meuse, et celles si remarquables des bords de la Vesdre.
Les rameaux qui s'épanouissent à la Roche et à Verriers, partent des points nodaux ou culminants de la branche faîtale parallèle de la croix de Sainte-Marie. Il y eut donc de puissants mouvements dans cette branche dirigée de Sainte-Marie vers Bastogne. Ces mouvements ne restèrent pas absolument sans manifestation épidémique sur le faite même, malgré la difficulté de cette manifestation. II y eut une courte explosion volcanoépidémique très tardive à Bastogne, aux limites de la région nodale centrale ardennaise, à cheval sur le faite d'entre Meuse et Rhin luinnôme. Il y en eut une aux limites de la région centrale, aux bords du troisième cours d'eau principal^ à Fiorenville sur la Semoy ; elle fut également explosive et tardive.
il y eut une explosion tardive également, mais de moindre importance, et non rapportée dans les documents officiels, à Beauraing, vers rextrémtté du rameau d'entre Lesse et Semoy qui prolonge la branche fattale parallèle de Bastogne, comme le rameau de Màrebe at du Condroz prolonge la branche fattale d'Arlon. Si je cite l'explosion de Beauraing, c'est à cause de la situation remarquable de la localité, placée àlafois à la limite du plateau ardennaisat de la région condrusienne, et d'ailleurs dans toutes les conditions de plus grande volcanicité, aux sources du Biron aflEluent de la Lesse, à ta limite de très grands bois et sur le plateau terminal de la branche du rameau d'entre Lesse et Semoy, qui s'arrôte dans le remarquable co^de de Ha^tière.
Le point de birurcaiion principal, le centre du plateau terminal du grand rameau d'entre Lesse et Semoy, se trouve à Bellefontaine. Là se séparent deux grandes branches qui se dirigent Tune vers Rocroi dans le coude de Revin, et Tautre dans celui de Hastière au dessus de Dinant.
Le centre principal terminal de Beilefontaine ainsi que celai dePessoux se trouvent placés, comme les centres nodaux principaux de Messancy, dans le sud-est, et de Beho, dans le nord-est, à la limite du plateau ardennais, obtenu, comme il a été dit plus haut, en prenant le centre du plateau à Sainte-Marie, et en l'étendant jusqu'au confluent de l'AIzette et de la Sure. Il résulte d'abord de là que les centres nodaux principaux fluviaux et fattaux sont à égale distance des origines faîtales et fluviales et ensuite, que le plateau, tel que je l'ai indiqué, est bien celui de l'influence centrale de l'origine des mouvements expansifs.
Beho est un centre faital analogue à celui d'Arlon, si donc de ce centre même, avec le rayon de la région arlonaise, on décrit un cercle, on obtient une région nodale ardennaise, troisième par importance, qui relègue la région condrusienne géologiquement à la quatrième place. Pour compléter le système ardennais, il faudra tracer aussi la cinquième région autour du centre de Beilefontaine avec le rayon de la région condrusienne.
On obtiendrait ainsi un système ardennais parfaitement analogue au système nervien, mais dessiné sur une bien plus grande échelle, et composé du plateau central de Sainte-Marie et fle quatre grandes annexes, ayant leurs centres à la limite du plateau, à cheval sur les branches de la croix de Sainte-Marie : à Arlon, Beho, Pessoux et Beilefontaine.
Cest à la limite de la région nodale de Beho, à l'extrémité du rameau dont l'attache au faite est le centre nodal, que se trouve le groupe de la Roche, qui serait beaucoup plus complet si la population n'y était pas si rare.
La Roche, dans un double coude très prononcé de l'Ourthe,
ne se trouve pas seulement aux extrémités fat taies du rameau de Beho-Les Tailles, mais aussi aux extrémités des ramifications méridiennes qui partent du fatte à Champion, à la limite de la région nodale centrale ardennaise, dont la Roche est très rapprochée. Cette localité se trouve à la fois à la limite du plateau ardennais, à la limite ou peu éloignée des limites des régions nodales du centre de Sainte-Marie, de Beho et de Pessoux, et à très peu de distance du principal point de bifurcation de rOurthe, dans des conditions qui furent extrêmement funestes en 1866. Les conditions les plus pernicieuses s*y trouvaient réunies et ont produit des effets violents et prolongés.
Beauraing se trouve également à la limite du plateau ardennais et aux limites des régions nodales de Pessoux et de Bellefontaine, mais sur le plateau, et par conséquent dans de meilleures conditions que la Roche.
De quoi se compose maintenant le système épidémique ardennais?
l"* D*un groupe mixte au bord de chacun des deux cours d'eau principaux, des groupes de Diekirch et de la Roche, dont les sites les plus favorables des bords de la Sure et de TOurthe aux extrémités fattales des principaux rameaux dépendent des principales régions nodales fattales.
2<> Du groupe mixte verviétois résultant du concours de Tinfiluence de deux des principaux rameaux ardennais, Tun méridien, arrêté devant l'autre parallèle prolongeant le seuil parallèle ; groupe constitué dans des conditions absolument semblables que ceux de Mous, de Charleroi et de Yirton.
3^ Du mouvement fattal méridien qui ne laissé absolument rien à désirer sous aucun rapport.
4<' Du mouvement fattal peu important, perpendiculaire au précédent et qui ne laisse guère plus à désirer.
Tel fut le système ardennaisi si simple et si concluant de 1866. II laisse aussi peu à désirer dans les manifestations
simuItaDées des grands mouvements et dans les effets de leur succession, que dans le choix des positions à frapper.
C'est le mouvement fattal méridien, de beaucoup le plus important et le plus complet, qui est dirigeant. Il est le plus simple et le plus concluant, en même temps que le plus complet. Les groupes d'Arlon, de Marche, de Havelange et de Fraineux à cheval sur le faite méridien ; les trois premiers sur le méridien moyen lui-même; le premier au centre de la région nodale supérieure, les trois autres situés aux points nodaux de bifurcation ou d'épanouissement des sous-ramificatioiid principales vers la Meuse, vers Dinant, Namur, Andenne, Huy et Liège, ne laissent rien à désirer sous le rapport de la situation. La diminution de leur importance, de l'origine vers les extrémités du fatte, la succession des explosions dans les grands mouvements des 27 juin, 27 juillet -31 juillet, l*' août et 7-6 août ne laissent pas désirer davantage sous le rapport de la transmission. Les explosions avancées, soit simultanées, soit successives aux extrémités fattales, et la simultanéité d'action dans les régions nodales faitales comme aux extrémités f^îtales dans les régions nodales mixtes, particulièrement dans le principal mouvement du 27 juillet, édifient pleinement sur la solidarité des mouvements et par conséquent sur l'origine des phénomènes.
Supprimez le mouvement faftal méridien dans le système ardennais qu'y reste-t-il?
Rappelons-nous que tout ce que je viens de dire concernant le principal mouvement fattal ardennais s'applique non moins exactement au principal mouvement faltal nervien, à celui du faîte lui-même, où la première et la plus importante manifestation eut lieu aux quatre coins de la région nodale nervienne, du 18 au 20, ou moyennement le 17 juillet; la deuxième au centre et à la limite de la région éburonne tongroise les 27*29 juillet, et la troisi^e au centre de la région ménapienne à Turnbont
le 2 août, comme clôture de TA H du Zi juillet-l^^'août. Si vous ajoutez le début sérieux de Mous et de Gharleroi du 27 juin d'un côté et les rudes manifestations du 19 juillet dans la région nodale arlonaise, d'autre part, vous aurez identiquement la même succession du mouvement faital dans les deux systèmes; vous aurez les jours d'explosion successifs des 27 juin, 17-19 juillet, 27-29 juillet et 31 juillet-l«' août; vous pourrez de part et d'autre aussi ajouter à ces dates les 26 et 29 août, et vous aurez la grande propagation épidémique fattale belge de 1866 exactement coïncidente avec les plus grands jours d'action de la magnéto-électricité terrestre.
Rappelons-nous aussi que la propagation ascendante suivant le Z^ faite belge, suivant le faite marin d'entre Mer et Escaut, commencée à Kieldrecbt le 29 juin, et terminée à Ypres le 2 août, le même jour que les deux précédentes, avaient fini à Yernée et à Turnhout le 2 août; que ce mouvement ascendant fut non moins absolument fâttal et non moins régulier et successif; qu'il fut bien plus dominant et qu'il compose bien plus exclusivement que les deux précédents, tout le mouvement du système ; et quand vous aurez bien examiné les mouvements faitaux principaux des trois systèmes, si vous n'êtes pas édifié sur la propagation de l'épidémie cbolérique, vous êtes, lecteur, permettez-moi de vous le répéter, fort difficile.
Vous devez être non moins édifié sur la simultanéité des mouvements magnétiques épidémiques et orageux du 27 juin, qui s'étendirent de Gand, extrémité occidentale du seuil parallèle, jusqu'à Liège, extrémité orientale de ce seuil ; mouvements qui firent éclater la maladie d'un bout à l'autre de cette ligne, en commençant le déploiement des groupes épidémiques dans les régions nodales mixtes de Mons, Gharleroi et Liège, aux points de passage des trois méridiens magnétiques principaux, où la maladie débuta et frappa en effet avant et après les orages du 27, les plus violents et les plus bruyants de l'année 1866, qui éclaté-
rent le même jour et à dififérentes reprises sur les trois groupes, aux trois passages ci-dessus, et qui firent du tapage à peu près dans toute la Belgique et dans tout le nord de la France, d*oii ils arrivaient.
Vous devez être édifié sur le développement, sur la propagation et sur les explosions simultanées des 27-28 juin prédits dans mes lettres. Si au mouvement d'ensemble épidémique et orageux qui précéda et qui affecta tout le système belge nervien central ou moyen, vous ajoutez les explosions simultanées dans les régions extrêmes les plus hautes et les plus basses, fattales et fluviales, au centre de la région nodale supérieure à Ârlon, Messancy et Mussy-la- Ville et à Textrémité fluviale dans la région nodale fluviale la plus rapprochée de Temboucbure de TEscaut, à cette embouchure même, à Kieldrecht ; si vous vous rappelez ce que je vous ai dit de la propagation et du développement réguliers et successifs dans chacun des groupes mixtes de Mons, Gharleroi, Liège, Verviers et Messancy-Virton, les causes et les conditions de propagation dans ces groupes doivent être claires pour vous. II doit en être de même de celles qui concernent les groupes fattaux, et particulièrement celui du centre nervien, de celui de son annexe brabançonne et de celui du centre arlonais.
Le mouvement ascendant fluvial par TEscaut et ses affluents est trop simple, trop régulier et trop successif également pour ne pas être reconnu d'emblée.
Je pense vous avoir montré suffisamment la succession de difiTérents contingents faîtaux venant dans la région nodale mixte de Liège renforcer les eflèts d'ensemble de la région, tout en se montrant d'abord dans leurs points d'affluence.
Les mouvements généraux des 17 et 19 juillet ont beaucoup d'analogie avec ceux des 27-29 juin. Beaucoup plus vigoureux épidémiquement, ils furent moins orageux et moins bruyants. Ils étaient plus énergiques mais moins vifs et moins brusques.
A part ces nuances, les mouvements des 17-19 juillet affectèrent tout le système belge à peu près comme ceux des 27-29 juin.
Ainsi, le 17 juillet, l'action fluviale se manifestant violemment à Eieldrecht, Anvers, Rupelmonde (début) et sur les bords de l'Escaut et de ses affluents jusqu'à Gand, etc., l'action faitale nervienne se montra de ce dernier endroit, par le seuil parallèle, jusqu'aux extrémités du rameau hesbayen, qui termine entre Geer et Meuse, la branche principale du seuil parallèle; elle se dessina à travers la région nodale nervienne du IS au 20 ou moyennement le 17 juillet, et débuta d'ailleurs ce jour même à Houdeng-Aimeries comme à l'extrémité du rameau brabançon, à Woluwe-Saint-Pierre, et aux extrémités du faîte prolongé par le rameau hesbayen à Herstal et Canne (débuts du 17).
Le 17 juillet donc, pendant que l'influence fluviale et l'influence faitalemoyennenervienne, se rencontrant à Gand, y produisirent brusquement une mortalité réellement effrayante, le mal éclatait simultanément au centre et aux deux autres extrémités de la croix faitale nervienne.
Le mouvement plus violent et plus général du 19 doit vous être suffisamment connu comme celui du 17. Vous ne devez guère douter de ce que j'en ai dit, pas plus que des conclusions que j'en ai tirées. Il en est, je pense, de même de ceux des 27 et 29 juillet. Je pourrais avoir peut-être quelques mots à ajouter aux mouvements principaux de l'arrière-période des 14, 21 et 28 août.
Vous me les pardonnerez s'ils vous intéressent, bien qu'ils tendent à rendre ce travail trop volumineux.
Vous devez avoir vu, lecteur, dans tout ce que je vous ai montré jusqu'à présent, que le mouvement fluvial de l'Escaut fut ascendant, et qu'il se propagea du nord au sud; qu'il en fut de même dans le système faltal d'entre Mer et Escaut; mais que dans les deux autres systèmes nerviens, et ardennais, tous les mouvements d'origine exclusivement et réellement faimle, furent tous descendants, et se propagèrent des régions
supérieures méridionales vers les régions inférieures septen* trionales. Ces mouvements sont surtout parfaitement évidents suivant les méridiens nerviens et ardennaia de Gharleroi et d'Arlon.
Les mouvements généraux et particulièrement ceux des 27-â9 juin, 17-19 juillet et 26-29 août, de même que les explo* sions aux débuts du mal, dessinent une propagation successive d'ensemble de Touest vers l'est. L'observation constate deux causes à ce mouvement : la première montre les déversements eux-mêmes successifs et retardés, tout en grandissant de l'onest vers l'est; la deuxième résulte de l'élévation successive des systèmes et de l'activité générale croissante avec l'altitude moyenne, de la concentration décroissante et par conséquent du retard dans l'établissement des surcharges avec l'activité générale et l'altitude croissantes. Ce retard est facile à établir avec toutes ses conséquences (voir plus loin).
Le mouvement général de l'ouest à l'est est manifeste dans la propagation, aussi bien dans le système nervien que dans le système ardennais.
Dans ce dernier il est plus apparent, parce que le faite prend brusquement la direction du nord-est au coude de Sainte-Marie, et que dans cette direction nord-est les mouvements de l'ouest comme ceux du sud sont également en retard. Aussi la propa-galion et ses conséquences sont-elles fortement en retard suivant la branche nordrcst du faîte ardennais vers Bastogne, dans ses prolongements et ses dépendances, et entre autres dans les rameaux de la Roche et de Verviers.
La sous-charge du fluide dans les couches inférieures étaient générales ; elles s'étendirent plus particulièrement entre le SO"" et le SI"" de latitude boréale. Plus fortes à l'ouest qu'à l'est et au sud qu'au nord, les affluences recrudescentes de l'intérieur vers la surface furent plus considérables et plus hâtives à l'ouest et au sud, et agirent les unes sur les autres de l'ouest à
Test dans la direction du parallèle, et du sud au nord dans la direction du méridien magnétique.
Dans certains mouvements généraux l'action fut plus considérable à Touest, dans d'autres elle le fut plus au midi. Dans le premier cas la propagation et la succession parallèles, dans le second cas la propagation et la successionjnéridiennes, furent plus vives et dominèrent. Le plus souvent les deux mouvements existèrent simultanément, comme ce fut particulièrement le cas le 27 juin.
 l'ouest, les déversements hâtifs et renforcés trouvèrent un sol capable où ils se maintinrent. Ils trouvèrent le sol le plus capable aux bouches de l'Escaut. Celles-ci, pour cette raison, ont dominé tout le mouvement fluvial et maritime, qui est ainsi parti du nord-est dans l'A. H. du 7 juin.
Dans l'est, le système faital plus puissant faisait des appels plus considérables à de plus grandes profondeurs. Ces appels, renforcés dans le sud, y donnèrent lieu aux explosions prématurées de Diekircli et de Hessancy.
Dans le système fattal moyen il y eut également un appel vif, une explosion prématurée et volcano-épidémique, mais de beaucoup moindre à Harche-les-Dames. Dans ce système, la surcharge devint régulièrement dangereuse dans le sud, à Hons, dans l'A. H. du 14 juin. Dans le système ardennais, elle le devint dans l'A. H. si marquante du 27 juin, qui généralisa le danger de la surcharge dans toute l'étendue du système nervien. Les mouvements du 27 juin, à la fois parallèles et méridiens, créèrent brusquement de fortes surcharges dans les déversements épidémiques et dans les dégagements orageux aux points de passage des principaux méridiens à travers la principale expansion parallèle. Par ses doubles mouvements des déversements épidémiques et des dégagements orageux, la journée du 27 juin fut la plus remarquable de l'année, comme celle du 19 juillet fut celle de la plus grande énergie épidé-
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mique; comme celle du 29 ao<rt fut celle de la plus grande étendue ou de la plus grande généralisation de Tépidémie.
Les journées des 37 et 28 août, qm ouvrent l'A. H. du 29» furent aussi remarquable^ par les mouvements simultanés des déversements et des dégagements que le 27 juin, et si les déga« gements des 27 et 28 août ont fait moins db bruit, c'est qu'ils étaient plus aqueux et par cela. môme moins électriques. Il en fut dé même, à très peu près, dans les Â. H. des 14 et 21 août» qui précédèrent, et du S-6 septembre qui suivit 1% deuxième A. H. culminante du 29 août, et qui constituent* avec celle-ci la deuxième période du déchargement.
La simultanéité des déversements et des dégagements dans tous les mouvements A. H. et incidentels (P. L. du 36) de Ik deuxième période du déchargement estival, Tiihportance, la généralité et l'abondance aqueuse des dégagements, les fortes charges électriques de la plupart des formations aqueuses, si orageuses malgré leur abondance, les qualités extinoiives des dégagements, là où la période épidémique était avancée, et fortement propagatrices ou provocatrices des derniers déversements à effectuer, rendent^tous ces mouvements extrêmement intéres* sants et m'engagent b leur consacrer encore quelques lignes.
La détension qui sépare les deux périodes estivales da dé* chargement magnéto-éle(^rique, détension qui a pour semaine magnétique centrale celle du 8^1S août et pour centre les 11*12 août, date ordinaire du déchargement des hautes régions atmosphériques par les traînées appelées par les savants fierr» cosmiques ou étoiles filantes; cette détension avait été pluvieuse, comme cela lui arrive très souvent et très naturellement , par la raison très simple que toutes les détensions provoquent les pluies, et que la principale détension de l'été doit les provoquer plus qu'aucune antre. Cela est non seulement naturel; nais comme les détensions principales, et entre autres celles des 11-12 août et 11*12 novembre , sont souvent brusques autant
que fortes, elles ne se contentent pas seulement de provoquer lai pluie, mais elles veulent que cette pluie soit tempétueuse.
Les pierres eosmiques ont assez Thabitude de bouleverser l'atmosphère, surtout au mois de novembre, et de se dérober aixàsi à Tadmiration de leurs sagaces inventeurs.
Les pluies de la période de détension estivale de 1866 rendirent plus actives les surcharges de la circulation terrestre dans la deuxième période de déchaînement, surcharges d'ail • leurs abondantes et renforcées par de fortes affluences méridionales et par des déversements en quelque sorte incessants.
Le sol imbibé facilita les dégagements et les rendit très abondants et très aqueux. A part le dégagement général sous forme de brouillard du 35 août, les vapeurs dégagées se formèrent généralement assez vite en grosses masses nuageuses plus ou moins chargées et orageuses. Quelques*unes d'entre elles se distinguèrent extraordinairement, d'autres passèrent inaperçues.
Les vapeurs les plus chargées d'électricité forment le plus promptement les masses nuageuses.
Les plus grosses gouttes de pluie appartiennent aux nuages les plus chargés d'électricité.
Les plus fortes charges électriques fournissent les plus fortes grêles et les plus gros grêlons.
Les plus fortes charges électriques font bien le plus de tapage orageux, mais le bruit n'est pas absolument proportionné à la charge. Ge sont les charges orageuses les plus libres du mois de juin qui font le plus de bruit. Les charges de juillet sont plus fortes et moins bruyantes, celles d'août sont moins fortes et moins bruyantes à la fois.
Aussi, les dégagements si aqueux des A. H. des 14, 21 et 28 août, durent-ils être exceptionnellement chargés, pour former si régulièrement dans les régions nodales du méridien de Gharleroi, dans les régions brabançonne, nervienne et chimay-
sienne, ces énormes masses nuageuses qui, conduites par la voie méridienne elle-même, sont allées, les 14, 21 et 28 août même, fondre sur Bruxelles avec grand bruit et pluies diluviennes.
Les dégagements aqueux et vaporeux du 21 dans les régions nodales ardennaises et surtout condrusiennes, qui sont allés, ce jour même, fondre sur Liège comme sur Bruxelles, avec grand bruit et pluies diluviennes, durent être exceptionnellement chargés également.
Les dégagements aqueux et vaporeux du 27 août avaient dû être également chargés dans les régions nodales supérieures montoises, car elles ont fait assez de bruit ici dans un triple passage, à peu près identique dans sa marche et dans ses conséquences au triple passage du 27 juin.
Serait-ce bien le hasard qui a ouvert bruyamment, ici k Mons même, par une triple salve de coups de tonnerre, la première période intense du déchargement magnétique estival et le début général de la première période épidémique intense, et qui a clôturé identiquement de la même manière la deuxième période intense du déchargement et de l'épidémie?
Serait-ce bien réellement par hasard que ces deux triples salves d'ouverture et de clôture solennelles de tout le système épidémique intense furent, avec une trompe violente mais peu bruyante du 27 juillet (1), jour culminant de ce système, les seules manifestations orageuses ici durant tout l'été?
Serait-ce par hasard que, dans chaque mouvement, le début, le dégagement et la formation des masses nuageuses furent accompagnés de la première mortalité considérable ; que l'épidémie - . Il t I I
(1) Lel7]uiUet, au lendemain de la plus forte manifestation orageuse à la fois bruyante et diluvienne à Paris, jour de clôture de la quinzaine du déchargement le plus intense à Paris , Jour du début de la quinzaine la plus chargée en Belgique, jour anniversaire de la grêle séculaire de 1865 et des mouvements orageux et volcaniques de 1863, 1864 et de 1865.
rentra ses cornes au moment des passages des masses orageuses, pour sévir avec plus d'intensité après leur passage.
Les déluges orageux simultanés de Liège et de Bruxelles de TA. H. du 21 et ceux de Mons et de Bruxelles du 27-28 août encadrent la semaine magnétique généralement la plus funeste de la deuxième période. La circulation de la semaine, 14-21 août, du début de la deuxième période de déchargement, fut naturellement moins chargée, et ses effets furent moins généraux ; ses effets furent les plus apparents suivant le méridien central de Gharleroi. La circulation de la semaine 28 août-S septembre fut très chargée, comme celle 21-28, mais ses effets furent moins généraux. Dans tous les cas, comme je l'ai déjà dit, la circulation magnétique de toute la quinzaine, 21 août-S septembre» fut extrêmement chargée et extraordinairement funeste. Elle vérifia, et au delà, tout ce que j'avais pu prévoir dans ma lettre du 25 août au sujet de la semaine 22-29 et dé sa clôture du 29 (1).
Il me suffira, pour mettre fortement en relief toutes les assertions de cette lettre, de vous montrer la mortalité epidémique de Gosselies, du centre le plus éprouvé de la région nodale nervienne, du centre du déversement et des dégagements de cette région nodale.
Voici ces mortalités :