LES ESTERS DU CHOLESTÉROL CHEZ LES HÉPATIQUES
Parmi les deux catésories d’hypercholestérolémie, si la première relative aux sujets atteints de lésions rénales et de maladies de la nutrition diverses, s’accompagne d’un rapport E/T normal, c’est-à-dire voisin de 70 p. 100, il n’en est pas de même de la seconde se montrant nettement en rapport avec des troubles fonctionnels de l'organe hépatique.
Ces hypercholestérolémies sont provoquées expérimentalement par la ligature du choledoque, chez le chien, et correspondent fréquemment à un ictère plus ou moins intense. Le taux des lipides du sang se trouve augmenté d’une façon parallèle à l’hypercholestérolémie comme dans les hypercholestérolémies rénales, ou diathésiques, mais ici les caractères différentiels se marquent par une absence de réactions au niveau des capsules surrénales dont le taux en Cholestérol et lipides reste strictement normal ét surtout, comme l’ont montré Guv, LAROCHE et GRIGAUT (12) par un défaut d’estérification du Cholestérol abaissant dans des proportions souvent considérables le rapport E/T. Nous avons vu en effet que le siège de cette estérification est localisé dans le foie et que le degré d’insuffisance hépatique peut être jusqu’à un certain point évalué par la chute plus ou moins profonde de ce rapport.
Mais dans l’étude du retentissement sur le métabolisme du Cholestérol des troubles organiques ou fonctiontionnels du foie il y a ‘lieu d’essayer de élasser ïes faits: nous distinguerons schématiquement :
lo jes sujets atteints d’insuffisance hépatique,
20 les sujets atteints de cirrhose.
Ï. - INFLUENCE DE L ALIMENTATION SUR LES ESTERS DU CHOLESTÉROL CHEZ LES HÉPATIQUES.
Notre étude concernant les valeurs du rapport E/T au cours d’insuffisances hépatiques d’importance variable a été précédée de celles concernant l’influence de lalirmentation sur l’estérification du Cholestérol chez les sujets porteurs de ces lésions. Nous avons pensé que la comparaison avec cette étude effectuée précédemment chez des sujets normaux était susceptible d’éclairer le rôle joué par le foie. |
Le tableau ci-dessous résume quelques uns de nos résultats relatifs non seulement aux insuffisances hépatiques mais aussi aux autres lésions (cirrhose, ictère, ascite.).
De ces chiffres résultent les conclusions suivantes :
1° dans la majorité des cas d’insuffisance hépatique, après le repas, le rapport E/T est abaissé, alors qw’il est en général augmenté dans les cirrhoses ;
20 l'influence indiscutable de l’alimentation cause une baisse plus ou moins importante du rapport, cette baisse étant d’autant plus importante que la cholestérolémie totale est elle-même plus forte ;
3° l'influence du repas de midi, toutes proportions gardées, n’est guère plus nette que celle du petit déjeu-
ner. (
— Ju) —
Ces faits s’interprètent aisément ; en effet, le moment de la digestion correspond pour l'appareil digestif à une période d’activité intense portant sur les différents organes qui en font partie, donc plus spécialement sur celui auquel est dévolu le rôle le plus important, c’està-dire le foie.
On conçoit, par suite, qu'au cours d’une insuffisance hépatique, l’activité fonctionnelle de cet organe utilisée à des fins digestives voit ses autres possibilités diminuer en conséquence ; et si un organe normal répond à un surcroît passager de besoin par un égal surcroît d'activité pour assurer un fonctionnement physiologique {otal normal, il ne peut en être de même dans un organe lésé; l’estérification du Cholestérol réalisée en grande partie dans le foie sera donc provisoirement ralentie ; il en résulte une baisse du rapport ainsi que des troubles divers portant sur le métabolisme lipidique en général, en particulier, la surcharge graisseuse du sang fréquemment observée dans l’insuffisance hépatique qui trouve son explication dans le fait que les esters du Cholestérol sont indispensables à un catabo-
lisme lipidique normal.
Il est vraisemblable, quoique nous n’ayons pas eu l’occasion d’effectuer des recherches dans ce sens que l’alimentation augmente encore cette surcharge lipidi-
que sanguine.
Dans la plupart des résultats mentionnés sur le tableau III, concernant des sujets atteints d’insuffisance hépatique, nous notons une hypocholestérolémie totale, en remarquant qu’il s'agissait d’insuffisances hépatiques
légères.