‹ Le Cholestérol Total et Esterifie du Serum Sanguin: A l'Etat Normal et Dans Certains Etats HepatiquesChapitre 8 sur 28 · GÉNÉRALITÉS SUR LA PHYSIOLOGIE DU CHOLESTÉROL · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR LA PHYSIOLOGIE DU CHOLESTÉROL

Le Cholestérol découvert en 1775 par Conrapt dans les calculs biliaires est un alcool polyclique désaturé, ha1tement condensé en carbone. Isolé successivement de la bile de l’homme et des animaux (Chevreul), du sang, de diverses humeurs pathologiques, on l’a retrouv depuis dans tous les tissus et dans tous les liquides de l'organisme où il existe à l’état libre ou combiné aux acides gras supérieurs sous forme d’esters oléique, stéarique, palmitique.

Dans certains milieux comme le cerveau, la bile, le Cholestérol est presque entièrement à l'état libre, tandis que la plupart du temps on trouve les deux formes libre et estérifiée,

Chimiquement, il appartient au groupe des stérols dont l'unité est due au noyau cyclopentenophenantrenique, c’est un corps solide, blanc, insoluble dans l’eau, les alcalis et les acides minéraux étendus, soluble dans l’éther et le chloroforme, qui cristallise en fines aiguilles à partir de ces solutions. Il fond à 146° et bout à 360; comme tous les stérols il donne avec l’acide sulfurique concentré et l’anhydride acétique des réactions colorées caractéristiques ; il s’unit au digitonoside en -donnant un composé d’addition insoluble.

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Le Cholestérol. avons-nous dit, existe dans tous les tissus ; dans le sang on le trouve dans les éléments

figurés et dans la phase liquide.

1° dans les globules il se trouverait au taux de 1gr.15 à 1gr.30 par litre (LEURET et DUTRENIT) (1).

D’après AUJALEU, BUSNARD, COLOMBIES €t GUILHEM (2), le Cholestérol globulaire pourrait subir des variations d’ordre physio-pathologique notamment au cours de la grossesse tandis qu’il resterait fixe d’après Guy LAROCHE et GRIGAUT (3).

2° Dans le sérum, il présenterait des variations plus accusées, C’est le Cholestérol sérique, appelé cholestérolémie, qui présente seul un intérêt clinique d’après - LAROCHE €t GRIGAUT (4).

3° Dans le plasma, il serait en quantité moindre que dans le sérum (BUGNARD) (5), cette diminution du taux étant dû la plupart du temps à la dilution du plasma consécutive à l'issue d’eau hors des globules causée par l’addition au sang d’un anticoagulant salin, en général l’oxalate de sodium.

Dans le sang, avons-nous dit, le Cholestérol est réparti sous deux formes : Ne

— à l’état libre, — à l’état estérifié : Cholestérol + acides gras, surtout acides palmitique et oléique.

Normalement, dans le sérum ÿl y * par litre : Og.70 de Cholestérol libre, :

1g.00 de Cholestérol estérifié.

noel Cholestérol estérifié 76 p.400 Cholestérol Cholestérol total

total = Cholestérol. libre + Cholestérol estérifié

Ses limites normales sont entre 55 et 80 p. 100.

ts La relative constance du Cholestérol dans le sang pose trois problèmes .

1° celui de son origine. 2, celui de son élimination,

3 celui de sa régulation.

I. Si l’origine exogène du Cholestérol ne peut être mise en doute depuis que l’on connait l’influence difficile à constater, mais réelle d’une ration alimentaire particulièrement riche en Cholestérol sur son taux dans le Ssang, on doit nécessairement admettre une origine endogène régularisant l’inconstance des apports extérieurs. (

Différents organes interviennent avec une importance d’ailleurs très variable dans la cholestérogénèse : les surrénales (CHAUFFART) (6), la rate (ABELOUS et SOULA) (7), les reins et l’intestin (CoLomBiEs) (8), le système réticulo-endothélial, ont des rôles respectifs qu’il est difficile de préciser. \

Mais les travaux concernant le foie sont plus significatifs. {

Effectivement, outre l’hypocholestérolémie habituelle de la grande insuffisance hépatique, des infections aigües graves, des ictères graves infectieux, divers faits expérimentaux permettent de considérer le foie comme producteur du Cholestérol. Signalons en particulier qu’à la suit ed’administrations répétées de chloroforbe à un chien, DuccescHi (9) a obtenu, après une petite hypercholestérolémie passagère une chute du taux de ce corps dans le sang en même temps qu’il se développe

ün syndrome ictérique”à issue fatale; or, nous savons depuis les expériences de GRraHAmM que le chloroforme produit à la longue une nécrose et une dégénérescence

du parenchyme hépatique.

Donc l'insuffisancce hépatique expérimentale produit sur le métabolisme du Cholestérol les mêmes effets que le syndrome clinique, Nous aurons d’ailleurs l’occasion de voir que le foie intervient également dans la Cholestérol estérifié Cholestérol total qui devient ainsi un test important pour apprécier l’état de fonctionnement hépatique.

régulation du rapport

IT.— Depuis CoNrapi qui l’avait découvert dans les calculs biliaires, on pensait que le Cholestérol était un produit d'élimination du foie.

Il résulte d’études analytiques faites comparativement sur la veine sus-hépatique et la veine porte que le foie reçoit du Cholestérol apporté par le sang et lélimine tout au moins en partie, soit directement, soit après transformation en acides biliaires, phénomène qui, pressenti en 1913 par GricauT à la suite d'examens du sang et de bile chez les lithiasiques et de rapprochement entre l’hypercholest{rolémie et l’hypocholalécholie constatées devait être chimiquement établi par les travaux de

WINDAUS et WIELAND.

L'évolution du Cholestérol vers les acides biliaires n’est d’ailleurs pas la seule possible ;: nous ne saurions passer sous Silence la voie métabolique qui conduit des stérols en général et du Cholestérol en particulier vers les vitamines D, vitamines antirachitiques, pouvant

être synthétisées par les organismes végétaux, les levures, l’ergot de seigle, etc, et par les organismes animaux grâce à l’irradiation ultraviolette naturelle du soleil luimême ou irradiation artificielle par des lampes à vapeur de mercure.

Enfin les acides biliaires eux-mêmes, tout au moins un d’entre eux, l’acide lithocolique servent d’intermédiaire entre le Cholestérol et les hormones sexsuelles, filiation qui est cliniquement objectivée par la fréquence de l'insuffisance hépatique pendant la grossesse.

III. - Le taux de la cholestérolémie est extrêmement variable avec les espèces. Chez l’homme adulte le chiffre moyen normal du Cholestérol du sérum (1) oscille entre 1,40 et 1,80g. par litre, cette teneur varie entre ces limites d’un individu à l’autre, mais si l’on dose le composé chez un individu déterminf, à jeun, en prélevant le sang à la même veine et dans les mêmes conditions on constate en général que le taux reste. sensiblement constant ; il doit donc exister un mécanisme régulateur.

Il est d’ailleurs un point que rious voudrions mettre en relief: c’est que tous les faits connus viennent illustrer la stabilité biochimique du Cholestérol. L'examen des deux facteurs: production ou apport du Cholestérol d’une part, et perte ou consommation d’aupart, nous apprend que lapport exogène est

(1)'La teneur en cholesterol du plasma est en général plus faible par suite de la dilution due à l’addition au‘psang dun. anti-coagulant salin.

faible, que élaboration du Cholestérol se fait sans modification préalable de ce constituant. Sur le terrain de la régulation cholestérolémique, Pétude du cycle biochimique du Cholestérol ne nous apprend rien; il y a cependant un mécanisme physiologique, dont l’étude même succinte sort du cadre de cet exposé. Nous dirons seulement que le poumon, le foie, la rate, le pancréas ont dans cette régulation des rôles respectifs plus ou moins importants, compte tenu de ce fait que la régulation de la cholestérolémie n’est qu’un aspect de l’ensemble des fonctions régulatrices aboutissant à la stabi-

lité du milieu sanguin.

Le problème des variations de la cholestérolémie est actuellement un des plus importants de la pathologie rénale et surtout hépatique. Les travaux de GRiGauT (10) auxquels il est indispensable de se rapporter pour une étude complète de la question ont montré en effet que ies relations entre le foie et le Cholestérol pouvaient schématiquement être envisagées de la façon suivante :

I — l’hypercholestérolémie est la règle dans les états. s’accompagnant de troubles de la sécrétion biliaire (CHAUFFART, Guy LAROCHE et GRIGAUT).

I],— l’hypocholestérolémie se voit dans l’ictère grave, les ictères infectieux et l’ictère par rétention] à la période cachectique.

III — Ja cholestérolémie est normale dans les cirrnoses du foie, A LS

I s’agit, bien entendu, de données qui doivent s’interpréter avec le maximum de souplesse et il faut insister sur la nécessité qu’il y a à ne pas donner à de telles classifications une valeur trop absolue.

D'ailleurs, la question est en fait beaucoup plus complexe et nous ne saurions mieux le montrer qu’en rapprochant la conclusion à laquelle sont parvenus CHaA:r- FART, LAROCHE et GRiGAUT, en 1920 qui écrivent que toutes les maladies du foie ne s’accompagnent pas d’hypercholestérolémie et une phrase tirée de la thèse de CoLomBies en 1924: «L’hypocholestérolémie est le t£moin d’une déchéance profonde de la glande hépatique, l’hypercholestérolémie est l'indice de la résistance du foie et de sa réaction aux facteurs qui troublent le fonctionnement normal de l'organisme.

Signalons d’ailleurs en passant que cette définition ne contredit pas l’ancienne conception de l’hypercholestérolémie, indice de la résistance de l’organisme, elle ne fait qu’indiquer l’organe qui jouerait le principal rôle.

Ces faits permettent de penser qu’un rôle de premier plan est dévolu au foie dans la biologie du Cholestérol ou plus exactement que le Cholestérol est une des substances participant à la physiologie hépatique.

SRE

CHTAPIFRENI

CHOLESTÉROL ESTÉRIFIÉ GHOLESTÉROL TOTAL:

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