BOULEVARD SAINT-GERMAIN
Dans le flot montant des publications consacrées au phénomène économique du chômage, on peut distinguer deux grands courants :
l’un d'art social, l'autre scientifique.
Ce que l’on étudie le plus souvent à propos du chômage, ce sont les moyens de lutter contre lui: travaux de secours, placement, assurance, etc. Les applications faites de ces divers procédés en diverses circonstances sont décrites, commentées, appréciées ; les meilleurs remèdes, ou du moins les plus inoffensifs, sont prônés.
Si utile que soit, pour la politique sociale, cette œuvre d'information, elle ne se suffit pas à elle-même. Pour combattre eficacement le chômage, il faudrait avant tout savoir en quoi consiste ce phénomène, quelles sont ses lois. L'acquisition de ces connaissances fait l’objet d'un deuxième groupe de travaux, alliant, de façon inégale, la documentation pure et simple à l'élaboration
scientifique des données recueillies.
C’est à cet ordre de recherches que se rattache l'étude suivante :
7 À son objet précis est d'examiner, à l’aide des statistiques disponibles, s’il existe un rapport entre l’inactivité temporaire des profes-
sionnels et l’industrie à laquelle ils appartiennent.
Le rapprochement des grands recensements professionnels français et allemands témoigne, à notre avis, que ce rapport existe; que, d'un groupe professionnel à l'autre, le taux du chômage varie,
et que sa valeur relative reste, au sein de chaque groupe, d’une constance remarquable.
Il existerait donc, s’il nous est permis d'emprunter à la mathématique son langage précis, un véritable coefficient professionnel du chômage.
La détermination de ce coefficient nous paraît constituer pour l'étude du chômage et la recherche de ses lois un point de départ nécessaire et fécond. Obtenir l’acquiescement du lecteur à cette
modeste conclusion, sera notre seule ambition.
nn ACEPONENCGE
ET