DÉLIMITATION PRÉCISE DU PROBLÈME ÉTUDIÉ
meurs valides et que tel autre vise exclusivement les malades : s’il est constaté que, d'un groupe professionnel à l’autre, les taux de ces deux types de chômage varient semblablement, il faudra admettre que l'influence exercée sur eux par la profession est la même, que, par conséquent, au regard du facteur profession, le rôle du facteur maladie est secondaire. Ainsi, la diversité des statistiques, dénoncée par la plupart des auteurs comme lirrémédiable défaut des documents existants, peut, dans une certaine mesure, favoriser l'élaboration scientifique de ces mêmes documents.
Obligé de faire un choix parmi les sources à analyser et, par suite, parmi les genres de chômages à observer, notre attention se portera naturellement d’abord vers le chômage involontaire des travailleurs valides appartenant à la classe sociale des preneurs d'ouvrages.
Ce type particulier d’inaction pose, en effet, dans les sociétés modernes, tant par ses conséquences lamentables que par son apparente iniquité, le plus angoissant des problèmes. C’est à lui qu’on pense surtout lorsqu'on parle du chômage sans épithète, c’est lui qui a fait jusqu'ici l’objet des plus importantes statistiques et des plus nombreuses études. Il est vrai qu'on l’observe rarement à l'état pur et que, le plus souvent, tous les genres d’inaction des travailleurs salariés sont englobés sans distinction dans les statistiques établies.
De toutes façons, le choix fait n’a pas d'importance théorique, puisqu'il n'implique aucun jugement sur l’identité ou la dissemblance des divers types de chômage. Nous devrons seulement préciser la signification des chiffres étudiés, afin d'éviter dans nos conclusions éventuelles toute généralisation prématurée.