CHAPITRE XV
Remarques sur les différences de valeur du taux de chômage d’un groupe professionnel à l’autre. — Formation de vingt-trois familles d'industries.
L'étude des différences existant dans la valeur du chômage, d’une industrie à l’autre, ne pourrait être poussée à fond que si les causes des variations de cette même valeur, au sein de chaque industrie, étaient d’abord connues. Alors, en effet, on saurait quel taux considérer comme parliculièrement typique et, sur cette donnée précise, des raisonnements solides pourraient s'édifier.
La recherche esquissée dans le chapitre précédent ne nous renseignant pas suffisamment à ce sujet, nous sommes obligé, si nous voulons néanmoins comparer les industries entre elles, au point de vue du chômage, de considérer pour chacune d'elles la moyenne des taux notés. Le procédé est, assurément, rudimentaire. Nous avons enregistré, pour certaines industries tout au moins, des taux si divergents qu’il semble, à première vue, abusif de les confondre en une moyenne unique. Une remarque peut pourtant nous rassurer : c’est que, d’une façon générale, lorsqu'il y a de fortes divergences dans les valeurs du chômage observé, la valeur minima est élevée. Autrement dit, quand certaines valeurs sont très hautes, il n'y en a pas de (rès basses el inversement, quand une valeur est très basse, la valeur maxima du groupe n’est pas très haute. Il y a donc un lien entre l'importance des diver-
gences et le niveau minimum du chômage. Des divergences très accentuées peuvent sans doute nous donner des moyennes un peu trop hautes, mais, même en faisant abstraction des taux divergents, la valeur moyenne du chômage, dans les industries où ces laux ont élé observés, resterait encore élevée Il est donc, somme toute, légitime de chercher dans la moyenne des quatre observations faites une image globale des valeurs du chômage. Sans doute, celte image est grossière, mais elle n’est pas trop inexacte el peut nous fournir des suggestions intéressantes.
Pour provoquer ces suggeslions, nous pouvons, après avoir Calculé, pour chaque groupe industriel, la moyenne des quatre valeurs de chômage observées, ranger ces moyennes par ordre décroissant. Nous oblenons le tableau VI qui, à premiére vue, ne donne qu’une impression confuse ‘. Sans nous laisser décourager par celle-ci, nous pouvons essayer de dégager de ces données trop détaillées une image plus simple el par cela même plus claire. Les cent deux groupes que nous avons formés peuvent rentrer dans des ensembles plus importants. Nous avons vu qu’en Allemagne comme en France, on a prévu un échelon de classification dit des groupes industriels, par lequel l'ensemble de la population active est subdivisé en trente calégories environ. Nos groupes, ne correspondant pas à la classification officielle, ne peuvent être exactement répartis entre ces catégories administralives ; on peut, néanmoins, essayer de former des ensembles analogues à ces dernières, et rechercher alors si les industries semblables par leurs caractères généraux ne le sont pas également au point de vue de la valeur du chômage.
Nous chercherons naturellement à reproduire dans
1 Voir ce tableau hors texte, même planche que le graphique F.
cette répartition nouvelle les traits heureux de l’une ou de l’autre des classifications officielles ; mais nous ne devrons pas hésiter à nous éloigner de celles-ci pour faire ressortir les parentés nouvelles que nous croirions apercevoir. - Celles-ci sont figurées sur notre graphique F, auquel nous renvoyons le lecteur pour la représentation tangible de ce qui suit.
Let II. — Reprenant un à un nos groupes dans l’ordre du tableau VI, nous trouvons les valeurs de chômage les plus élevées dans les groupes 48 fapisserie, matelasserie et 87 industries d'art. I est difficile de rattacher ces groupes à des familles industrielles plus vastes. En ce qui concerne la tapisserie, l'Allemagne la range avec les travaux du cuir, et la France avec ceux de la couture. Quant aux industries d’art, elles jouent leur rôle dans des productions fort variées. Dans ces conditions, et aussi parce que ces groupes diffèrent tellement des autres par leurs cotes de chômage, il nous semble qu'il faut les laisser isolés.
IT. — A la cote 2,99, nous trouvons le groupe 3 pêche et navigation maritimes, dont les liens avec les mêmes travaux en eau douce sont assez étroits pour que nous formions de ce groupe, du groupe 4 péche en eau douce et du groupe 92 navigation intérieure, une lroisième famille industrielle. Les valeurs du chômage s’y échelonnent de 2,99 à 1,01.
IV. — Le groupe 82 peinture, vitrerie, à la cote 2,94, appartient évidemment à la famille des industries du bâtiment. Celle-ci portant le numéro IV comprendra, outre la peinture el la vitrerie, les groupes 83 plomberie, couverture, 84 fumisterie, 81 charpentiers, 80 terrassement, travaux publics, maçonnerie. La limite inférieure du chômage dans celte famille se trouve ainsi abaissée à la valeur 1,81.
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— Le groupe 101 secrétaires particuliers, qui vient ensuite sur le tableau VI, est un groupe pour lequel la comparaison des chiffres allemands et français n’est guère valable. L'Allemagne n’a pas fait, pour ces travailleurs, de distinction entre employeurs et employés, tandis que cette distinclion a été faite en France. Les pourcentages élablis sont donc fort douteux. Comme d’ailleurs, dans un travail de ce genre, la notion de chômage est particuliérement difficile à fixer, il paraît préférable de négliger le groupe en question.
V.— Les salariés du groupe 94 logeurs et restaurateurs, sont des domestiques (domestiques de cafés ou d'hôtels), de profession à peu près semblable à celle des domestiques attachés à la personne. Nous les rapprocherons donc du groupe 95 domestiques, et ferons entrer dans la même famille le groupe 77 coiffeurs, perruquiers, de recrutement et de fonction assez semblables. Les valeurs du chômage dans cette famille sont comprises entre 2,20 et 1,10.
VI. — Le groupe 56 encadrement, dorure appartient, dans les deux classifications, au /rayail du bois. Cette catégorie de travaux est très vaste et ses limites varient d’un pays à l’autre. L'Allemagne y inclut la vannerie et la parasolerie, que la France met ailleurs, et la France, par contre, v fail figurer la construction des voitures et des pianos, que l’Allemagne range parmi les industries constructives. Le plus simple nous paraît être de donner à la famille sa plus grande extension, c’est-à-dire d’y inclure tout ce qui y figure soit en France, soit en Allemagne.
Cela nous ferait donc réunir ensemble nos groupes : 18 charronnage, carrosserie, 21 pianos, 22 instruments de
musique divers, 49-56 industries diverses du bois. Cette famille est, certes, très vaste, et on préférerait des subdivisions plus nombreuses, mais nous ne voyons pas d’après quel critère établir celles-ci.
Notre système, fondant les facteurs de pianos et les charrons avec les industries du bois, a l'avantage de les enlever au groupe des industries constructives, et de ne laisser dans celui-ci que des travaux portant sur les métaux. Il a l'inconvénient de nous donner des valeurs extrêmes de chômage très espacées, puisque de la cote 1,99 pour l'encadrement, on arrive à la cote 0,50 pour les instruments de musique. Dans ces limites, on distingue trois groupes de valeurs. Entre 0,50 et 0,79 figurent : les znstruments de musique divers, les pianos, la scierie mécanique, le charronnage, la vannerie, la brosserie, la parasolerte. Aux cotes 1,11 et 1,29 figurent les fourneurs et les menutsiers ; et, enfin, aux cotes 1,93 et 1,99, les fonneliers et les encadreurs. Il y aurait à rechercher plus tard si cet échelonnement a des causes profondes. Contentons-nous, pour le moment, de le noter et de réunir dans notre sixième famille tout ce qui est travail du bois.
VIT. — Le groupe 60 pétisserie, confiserie appartient aux industries de l'alimentation, ensemble vaste et hétérogène comme celui du bois, mais où, à la différence de celui-ci, nous apercevons au moins une distinction possible : c'est celle qui oppose le travail du pain et de la viande aux autres branches de l'alimentation. La boulangerie et la boucherie touchent, en effet, au commerce de détail de beaucoup plus près que les autres industries alimentaires. En France, les bouchers figurent même au commerce.
[l parait donc légitime de former de nos trois groupes 59 boulangerie, GO patisserie, confiserie, 63 boucherie, charculerte, une famille industrielle distincte. L'on remarquera
que les valeurs du chômage dans ces’trois groupes sont comprises entre 1,96 et 1,71, et aussi qu’elles sont très éloignées de celles des autres industries alimentaires.
VIIT. — Les groupes 86 photographie, 85 industries polygraphiques, 44 reliure et cartonnage, unis entre eux par des liens nombreux, présentent des valeurs de chômage assez proches l’une de l’autre.
Nous en formerons donc notre huitième famille : industries polygraphiques et reliure, aux valeurs échelonnées de 1,83 à 1,24.
IX. — L'industrie de la passementerie, à la cote 1,69, appartient, dans les deux classifications, au groupe des textiles. Des industries de ce groupe, il nous semble qu’on peut faire trois parts : une première famille comprendrait nos groupements AO passementerie, 37 tulle, dentelles, brodertes et A2 filet et gros ouvrages en tissu. Une deuxième famille serait composée des autres industries textiles : filature, tissage, teinture el apprêt. Enfin, on isolerait des industries textiles le tissage du caoutchouc et du crin, et on le rapprocherait du travail du caoutchouc. Nous placerons ici la première de ces familles que nous dénommerons ouvrages en fil et pour laquelle les valeurs du chômage varient de 1,69 à 1,17.
X. — À la cote 1,49, le groupe 46 sellerie, bourrellerie présente la valeur la plus élevée des industries du cuir. La classification allemande divise ces industries d’une façon peu satisfaisante, en affectant la pelleterie, la ganterie et la cordonnerie au groupe du vêtement. Le système français, qui réunit ensemble tout le travail du cuir, nous paraît préférable. Nous formerons donc une dixième famille dite du cuir, qui comprendra les groupes 46 sellerie, bour-
rellerte, 45 tannerie et préparation du cuir, 74 pelleterie, 75 ganterie, T6 cordonnerte, aux valeurs échelonnées entre 1,49 et 1,09.
XI. — Le groupe 91 fransport par voitures est rapproché, dans les deux classifications, des transports par voie ferrée et par eau. Ce rapprochement nous paraît critiquable, vu la grande différence technique et économique existant entre ces divers modes de locomotion. Nous avons déjà adjoint les transports par eau à la pêche. Nous retrouverons les transports par voie ferrée aux industries nationalement organisées. Quant aux transports sur route, nous ne savons guère de quelles autres entreprises les rapprocher; une grande partie de leur personnel est constituée par les cochers qu’on trouve un peu partout. Pour éviter de les laisser isolés, nous les rapprocherons du commerce et formerons, avec les groupes 91 et 88, une onzième famille dans laquelle les valeurs du chômage sont 1,25 et 1,42.
XII — Le groupe 72 chapellerie, etc. fait partie, en France et en Allemagne, d’un ensemble assez hétérogène, dénommé en France fravail des étoffes, vêtements, en Allemagne habillement, nettoyage. À ces ensembles appartiennent, dans les deux pays, l’industrie des tailleurs et couturières, la confection, la lingerie, les modes, la chapellerie, les fleurs et plumes et le blanchissage.
L'Allemagne ajoute à ceite liste les articles d’habillement en cuir : pelleterie, ganterie, cordonnerie et les sousgroupes B. 124 poupées, B. 133 coiffeurs, B.134 perruguiers, B. 135 bains, B. 137 dégraisseurs; la France n'accepte pas ces additions, mais introduit aux vélements la Lapisserte et la parasolerie. Nous avons déjà classé ces deux industries et aussi les articles en cuir et les coiffeurs ; le dégraissage est, dans nos groupements, confondu avec la teinture et, par
suite, avec les industries textiles; les poupées vont avec les jouets; des bains et du blanchissage, nous croyons qu’on pourrait faire une famille distincte.
Les autres industries réparties dans nos groupes 72 chapellerie, modes, 71 tailleurs, confection, lingerie, 73 fleurs et plumes, formeront notre douzième famille aux valeurs échelonnées de 1,31 à 0,90.
XIII. —- Les ouvriers sur mélaux précieux forment en France un groupe indépendant. En Allemagne, ils sont réunis aux métallurgistes. Ce deuxième système nous paraît préférable. Mais nous ne pouvons suivre jusqu'au bout le classement allemand. L'Allemagne distingue, en effet, du travail des métaux proprement dit, les industries constructives. Or, nous avons déjà emprunté à ce groupe des industries constructives les charrons et les facteurs de pianos, pour les rapprocher des travailleurs du bois; il ne nous reste donc plus à classer dans nos familles que les constructeurs utilisant principaiement le cuivre et les métaux autres que le fer. Il est alors indiqué de grouper ensemble les travaux ayant ces métaux divers comme matière, et l’on peut d’autre part faire une famille indépendante des travaux portant exclusivement sur le fer.
Notre treizième famille sera donc formée des groupes 12 travail des métaux précieux, 16 travail des métaux communs autres que le fer, 17 construction mécanique, chaudronnerie, 20 horlogerie, 23 éclairage et électricité, aux valeurs comprises entre 1,23 et 0,94.
XIV.— Notre groupe 8 briqueterie, tuilerie fait partie de l'ensemble allemand dit industrie des pierres et terres, où l'extraction et toutes les façons données à ces matières sont confondues. Du côté français, on a distingué lPexéraction (3.B), la céramique et la verrerie (4.R), la faille
des pierres précieuses (4.N) et enfin celle des pierres ordinaires (4.A). Ayant dû négliger dans nos groupements les nuances indiquées dans les statistiques françaises, nous suivrons le système allemand et formerons une quatorzième famille : érayail des pierres et terres, comprenant nos groupes 7 à 11 et dont les valeurs varient
de 1,18 à 0,44.
XV. — Avec le groupe 68 vins mousseux, cayisles, reparaît, à la cote 1,09, la famille des denrées alimentaires, dont nous avons classé à part le rameau boulangerie-boucherie. Il n’y a pas d'autre sous-distinction qui s'impose; nous réunissons donc en une quinzième famille toutes ces industries formant nos groupes : 58 meunerie, 61 sucrertie, 62 fabrication d'aliments à base végétale, 64 conserves de poissons, beurrerie, fromagerie, 65 eaux minérales, glace à rafraîchir, 66 malterie, brasserie, 67 eaux-de-vie, liqueurs, 68 vins mousseux, cavistes, 69 fabrication du vinaigre, dont les valeurs s’échelonnent de 1,09 à 0,25.
XVI. — Les garçons de lavotrs et les garçons de baïns, éloignés par nous des groupes où les classent les statistiques officielles, sont certainement apparentés entre eux ; ne voyant pas de quels autres groupes on pourrait les rapprocher, nous les laisserons isolés avec les cotes 0,94 et 0,85.
XVII. — L'industrie de la tenturerie el du.dégraissage appartient, pour la majeure partie de ses travailleurs, au groupe des textiles et présente, dans ce groupe (les ouvrages en fil mis de côté), la valeur de chômage la plus éjevée (0,92); elle formera donc la tête de notre dix-septième famille : industries textiles et annexes, moins les ouvrages en Jil, qui comprendra en outre les groupes : 33 flature de
tous texliles, 34 tissage de tous textiles (moins caoutchouc et crin), 36 ricot, bonneterie, 39 apprêt, blanchiment de tissus, Al corderie, dont les valeurs s’échelonnent de 0,9 à 0,53.
XVIIT. — A la cote 0,84 apparait, avec le groupe 13 forgerons, ferronnerie, elc., le travail du fer comprenant en outre les groupes : 14 fonderie de fer de 2° fusion, 15 taillanderie, 19 armurerte, dont les valeurs sont comprises entre 0,84 et 0,58.
— Le groupe 102 éhéâtres et spectacles, avec la cote 0,80, présente les défauts de constitution signalés pour le groupe I0! et que nous retrouverons aux groupes 97 et 100 : recrutement différent des travailleurs et des chomeurs, imprécision de la notion de chômage dans ces industries. Mieux vaut donc laisser de côté ces différents groupes.
XIX.— Le groupe 25 pharmaciens avec la cote 0,62 est tout à fait voisin du groupe 99 médecins, infirmiers, hôpitaux (cote 0,59); on les réunira donc en une dix-neuvième famille : pharmaciens, infirmiers, correspondant à peu près au sous-groupe 7. D de la classification française.
XX. — Le soixante-septième rang, au tableau VI, est occupé par le groupe 31 s{éarinerie, savonnerte. Ce groupe appartient, dans les deux classifications, aux ensembles dits des industries chimiques, ensembles assez diversement composés, car on y a inclus en Allemagne le travail des pharmaciens et celui des équarrisseurs; on a formé, d'autre part, avec des industries très voisines, telles que la fabrication du gaz d'éclairage et des huiles, un autre groupe dit des sous-produits forestiers, produits pour l'éclairage, corps gras, huiles et résines. Du côté français, au
contraire, toutes ces industries forment autant de sousgroupes distincts et, par contre, les pharmaciens figurent au groupe 7 professions libérales.
Le système français nous paraît préférable, et nous croyons même pouvoir rapprocher des industries chimiques largo sensu la plupart de celles qui figurent en France dans le groupe 4.D caoutchouc, papier, carton, elc. Le petit groupe tissus de caoutchouc et de crin, que nous avons éloigné des textiles et qui ressemble aux industries précédentes, à la fois par la matière travaillée et par la valeur du chômage, pourra être adjoint à ces dernières. Nous formerons ainsi une vaste famille industrielle, comprenant les groupes 24, 26 à 32, 35, 43 et 47, famille que nous nommerons : industries chimiques, papier, caoutchouc, et pour laquelle toutes les valeurs du chômage sont comprises entre 0,59 et 0,28.
XXI. — A la cote 0,50, nous trouvons le fravail des forêts, et, tout à côté, l’agriculture; ces industries, semblables au point de vue du taux de chômage comme par le genre de travail, formeront notre vingt et unième famille : culture, élevage, forêts.
— Les jouets, que nous trouvons ensuite au tableau VI (cote 0,40), sont encore un groupe à écarter. Mal construit, puisqu'il comprend, du côté allemand, quatre sousgroupes distincts tandis que, pour la France, on n’a qu’une seule rubrique, difficile à rapprocher d'autres groupes, trop peu important pour constituer une famille industrielle à lui seul, nous préférons le négliger.
— Les pompes funèbres, qui viennent ensuite (cote 0,36), sont classées par les deux Administralions dans les transports par terre. Ce rapprochement nous paraît hasardeux; nous constatons, d'ailleurs, qu'au point de vue du
chômage, ce transport particulier effectué par les fossoyeurs est infiniment plus favorisé que les autres industries de ce groupe. Devant cet isolement des pompes funèbres et leur peu d'importance numérique, nous croyons aussi ne pas devoir les faire figurer dans notre tableau d'ensemble.
XXIT. — L'industrie des ines et minières, rapprochée en France des autres industries extractives, l’est en Allemagne de celle des hauts fourneaux. Cette dernière assimilation est-elle préférable? Nous n'en sommes pas certain, mais, en raison du voisinage des valeurs de chômage, nous adoplerons le système allemand et formerons la famille mines et minières, hauts fourneaux, forges et laminoirs, comportant les deux taux 0,36 et 0,28.
— À la cote 0,35 nous trouvons le fravail du tabac, pour lequel la différence de régime économique entre la France et l'Allemagne rend la moyenne calculée de valeur douteuse. Nous le négligerons donc.
Nous traiterons de même les groupes 100 écrivains, journalistes, et 97 ecclésiastiques pour les causes énumérées
plus haut. :
XXIII. — Ïl ne reste donc plus, pour clore notre liste, que les quatre groupes 96 administrations publiques et professions judiciaires, 90 chemins de fer, 98 enseignement, 89 postes et télégraphes.
Ces quatre groupes sont, dans la classification française, répartis entre les services généraux publics, les transports et les professions libérales. Du côté allemand, les sous-groupes ici visés ressortissent à deux groupes seulement : les professions libérales sont en effet confondues avec les services publics ; d'autre part, les postes
et télégraphes sont classés aux moyens de communication.
Ces deux systèmes masquent une parenté que nous devons faire ressortir, et qui est basée sur le caractère de services publics de ces diverses industries. Sans doule il y a, dans les groupes 96 et 98, des salariés d'entreprises privées : les clercs de notaire ou les professeurs libres ne remplissent pas de fonctions publiques; mais ces travailleurs ne forment, dans leurs groupes respectifs, qu'une infime minorité. Considère-t-on, au contraire, les travailleurs des chemins de fer, rattachés eux aussi, en France du moins, à l’industrie privée, on esl forcé de reconnaître que la nature de leurs fonctions, et limportance nationale des administrations dont ils dépendent, les rapprochent des employés de l'État beaucoup plus que des salariés d’entreprises privées : il n'existe pas entre eux et les employés des postes la grande différence que semble établir la classification française.
Nous pouvons donc former, des groupes en question, une vingt-troisième et dernière famille que nous nommerons services publics et nationaux, et dans laquelle les valeurs du chômage restent comprises entre 0,13 et 0,04.