DES ÉTABLISSEMENTS
A) Calcul de l'effectif moyen des établissements.
L’effectif des établissements a été directement établi en Allemagne par la statistique industrielle (Gewerbezählung). Mais, comme cette statistique n'est pas celle qui nous renseigne sur le chômage, il y a, pour rapprocher les deux catégories de renseignements, de grandes difficultés. En France, d'autre part, l'effectif des établissements ne peut être connu qu'indirectement et en valeur moyenne, par un caleul rapprochant {e décompte des individus occupés de celui des établissements ; mais les données oblenues on l'avantage de se présenter dans le même cadre professionnel que celles concernant le cho-
mage. Ce dernier avantage étant décisif, c'est sur les chiffres français seuls que nous baserons notre comparaison.
Le procédé à suivre est, en principe, de relever pour chaque rubrique industrielle le nombre d'établissements qu'elle comporte, de totaliser, séparément pour chaque groupe, les chiffres ainsi obtenus, puis de rapporter le chiffre des salariés au chiffre des établissements du groupe. Nous nous heurtons, dans cette opération, à un certain nombre de difficultés pour lesquelles aucune solution tout à fait satisfaisante n’est possible.
a) Le principal objectif à viser est d’avoir, sur l'effectif des établissements, des données exactement comparables à celles concernant le chômage. Puisque nous avons limité notre étude aux salariés du sexe masculin, nous devrions exclure de nos calculs les établissements n’occupant que des femmes. Malheureusement, les données fournies par les Recensements français ne nous permeitent pas de faire cette sélection. L’effectif moven que nous pourrons calculer sera par conséquent, dans certains cas, plus faible qu'il ne faudrait. Les industries où la main-d'œuvre féminine est prépondérante pourront même nous présenter un effectif moyen inférieur à lunité. Cette anomalie ne devra pas nous surprendre.
b) Il y a certaines rubriques qui figurent dans nos oroupes et qui, en regard d’un chiffre plus ou moins important de salariés hommes, ne comportent, dans les statistiques officielles, aucun chiffre d'établissement. Parmi ces rubriques, on peut faire la quadruple distinction suivanle :
1° Rubriques de spécialités individuelles telles que palefrenier, receveur, garcon de bureau, elc.: ces rubriques concernent des salariés ayant fourni des indications insutfisantes au sujet des établissements qui les emploient ;
mais ces établissements sont vraisemblablement répertoriés à des rubriques voisines, et nos groupements ont eu précisément pour but de rapprocher les unes des autres. Dans la mesure où nous y avons réussi, le calcul de l'effectif moyen donne donc, malgré tout, un résultat correct.
2 Rubriques relatives aux services généraux de l'État : l'Administration a jugé préférable de ne pas distinguer d'établissements dans les services publics. Ce système présente, en raison du cadre industriel adopté par nous, certains inconvénients. Nous avons, par exemple, dans le eroupe 96 administrations publiques et professions judiciaires el dans le groupe 98 enseignement, à la fois des salariés de l’industrie privée et des salariés des services publics : nous ne pouvons équitablement rapprocher ce total de salariés du seul total des établissements de l’industrie privée. Pour tourner cette difficulté, le mieux est, eroyonsnous, de considérer chaque service public ayant fait l'objet d’une rubrique particulière comme un établissement. Nous grossirons donc conventionnellement le chiffre d'établissements des groupes en question, d’autant d'unités que ces groupes comportent de rubriques empruntées au au groupe 9.A services généraux de l'État.
3° Rubrique 5.5 chemins de fer : celte rubrique forme à elle seule un de nos groupes. Or, l'Administration française n’a pas distingué d'établissements au sein des compagnies de chemins de fer. Si nous adoptions le système officiel, nous devrions donc exclure le groupe chemins de fer de la comparaison projetée. Comme ce serait regreltable, nous croyons pouvoir remplacer le chiffre absent d'établissements par le chiffre des compagnies de chemins de fer existant en France. Ce chiffre peut être extrait, non sans difficultés, il est vrai, de la statistique des chemins de fer. Il est, pour l'année 1901, de 84
compagnies. Nous prendrons donc ce chiffre de 84 comme chiffre d'établissements de la rubrique 5,5",
4 Rubriques relatives au service domestique : ici, encore, l'Administration a cru devoir laisser vide la colonne des élablissements; et, en effet, les familles où travaillent les domestiques ne sont pas des établissements industriels. Elles jouent pourtant bien, au regard des salariés de ce métier particulier, le rôle des établissements dans les autres branches de l’activité économique. Admettant qu’il n'y a, en moyenne, qu'un domestique homme par famille employant des domestiques, nous égalerons conventionnellement le chiffre d'établissements de notre groupe 95 au chiffre même des salariés recensés, ce qui nous donnera pour ce groupe l'effectif moyen 1.
Suivant les diverses règles que nous venons d’énoncer, nous avons porté en marge du tableau IV? les chiffres d'établissements occupant au moins un salarié, tels qu'ils ressortent du Recensement de 1901. Nous nous sommes borné à cette seule série de données, car la comparaison faite par l'Administration française, entre les effectifs de 1901 et ceux de 1896, a prouvé que la différence des uns aux autres était insignifiante. Nous avons laissé, d'autre part, en dehors de ce relevé, les sept groupes qui n’ont pu rentrer dans nos familles industrielles, et n'avons par suile calculé que quatre-vingt-quinze effectifs moyens”.
! Pour trouver ce chiffre de 84 compagnies, il faut recourir à la Sfatistique des Chemins de fer francais au 31 décembre 1907, Melun 1907,et en combiner les tableaux suivants : tableau I[ du tome 1, p. 7 à 96 et tableau IT du tome II, p.8 et suivantes. Il y a tout un travail à faire pour éviter de compter plusieurs fois la même compagnie.
2 Cf. chapitre XI, p. 204 el suivantes.
% On trouvera à l'annexe VI les données administratives permettant de contréler en bloc les chiffres auxquels aboutit notre dépouillement.
B) Rapprochement des effectifs moyens et des taux de chômage.
Les quatre-vingt-quinze effectifs moyens, déterminés comme il vient d’être dit, comportant entre eux d'importantes différences, l’idée d’un lien éventuel entre ces diffé- ‘rences et celles qui existent, d'autre part, entre les taux de chômage se présente naturellement à l'esprit. Pour vérifier la valeur de cette hypothèse, il est indispensable de comparer entre eux les chiffres concernant les deux phénomènes. Nous pourrions rapprocher les effectifs moyens de 1901 des taux de 1901, mais il paraît plus rationnel de les opposer aux moyennes des quatre taux, telles qu’elles figurent sur notre tableau VI. 11 semble en effet certain que le degré de concentration varie beaucoup moins, au sein d’une même industrie, que l'intensité du chômage. Si donc il existe un rapport entre ces deux phénomènes, ce rapport apparaîtra d'autant mieux que l’on aura mieux éliminé, par la formation d’une moyenne, les influences exceptionnelles susceptibles de donner aux taux de chômage une valeur anormale.
Pour que la comparaison projetée donne un résullal correct, il faut, d'autre part, la faire porter sur des chiffres relatifs, el non sur les chiffres absolus qu'on désire comparer. Celle transformation des données recueillies a déjà élé effectuée pour les taux de chômage; une opération analogue doit être faite sur les effectifs industriels, mais il serait mauvais de rapporter ceux-ci à leur moyenne arithmétique, car cela donnerait une influence excessive à quelques effectifs très considérables. Pour éviler cel inconvénient, nous prendrons, comme étalon de notre deuxième série, l'effectif moyen médian. Celui-ci se trouve être de 5,3. Nous avons donc pour nos quatre-vingl-quinze effeclifs moyens les valeurs suivantes :
ES) Dis]
LEAXBBEAUVH = EFFECTIFS MAScuLiNs MOYENS DES ÉTABLIS- SEMENTS