CHAPITRE
Les taux de chômage des divers groupes professionnels
d’après le Recensement français de 1901.
Conformément au programme que nous venons d'indiquer, nous calculons ci-après les taux de chômage régnant en France à la date du 24 mars 1901 dans les divers groupes professionnels. La dimension du tableau statistique, au long duquel s'inscrivent ces pourcentages, surprendra peut-être le lecteur. Elle tient au fait que nous ne pouvons accepter tels quels les ensembles industriels élablis par lAdministration, mais que nous sommes obligé de reprendre, rubrique à rubrique, les données officielles, afin de modifier, dans une certaine mesure, leur groupement.
Nous ne demandons pas qu'on nous suive pas à pas dans cette opération fastidieuse. Il suffira de parcourir les observations rassemblées au bas de chaque page pour voir dans quels cas, pour quelles raisons, et jusqu’à quel point nos groupements différent des ensembles officiels. Pour faciliter les comparaisons, nous avons rappelé, en marge des rubriques détaillées, les grandes lignes de la classification administrative. Des signes typographiques relient entre eux les divers échelons de cette classification. Lorsque les rubriques qui composent une industrie principale, un sous-groupe où un groupe se suivent dans un
ou plusieurs de nos groupements sans interruption, ces signes sont des filets tremblés ; lorsque au contraire nous devons rompre les unités établies par l'Administraüon, ce démembrement est indiqué par des hachures.
On peut ainsi constater que les ensembles auxquels nos groupements correspondent le plus souvent sont ceux que l'Administration dénomme industries principales. La règle que nous observons dans ce remaniement du cadre officiel, et qui fait que nous nous éloignons parfois de ce dernier, est double : nous voulons; d'une part, arriver à distinguer le plus grand nombre possible de groupes d'industries, et, d'autre part, nous nous efforçons que chaque groupe formé ne laisse en dehors de lui aucun individu appartenant vraisemblablement à l'une des industries du groupe. Ces deux tendances sont, remarquons-le, contradictoires : la première nous pousse à former les groupes les plus petits, les plus homogènes possible ; la deuxième se réalise, au contraire, d'autant mieux que nos groupes sont plus vastes et plus hélérogènes. Ce conflit apparent se résout par la subordination d'un principe à l’autre. Le premier est l'idéal vers lequel nous devons tendre ; le deuxième, le programme minimum que nous devons réaliser avant tout. Le lecteur qu'’effrayerait la minutie du travail fait trouvera, au chapitre suivant, un tableau résumé des pourcentages calculés ci-après.