‹ Le Chômage et la Profession: Contribution à l'Étude statistique du Chômage et de son Coefficient professionnelChapitre 62 sur 130 · CV · texte numérisé non relu

CV

C È + Va + … + |

} nl ou en simplifiant :

n Va

Vi Ve + Va Celle du deuxième sera de même :

n Vs

Vi Ve + + Vr

Ainsi, lorsqu'on rapporte les taux à leur moyenne, l'influence des facteurs

qui agissent semblablement sur cette moyenne et sur les taux eux-mêmes est éliminée.

Ce doute ne pourrait être levé que si l’on disposait de plusieurs séries analogues à celle que nous venons d’élablir, notant le taux du chômage à diverses époques et dans divers milieux. Alors seulement, on pourrait savoir si les taux du chômage diffèrent toujours enire eux, si ces différences sont constantes ou si, au contraire, la situation relative des industries change d’une observation à l’autre.

Ce renseignement jetterait sur la nature des facteurs professionnels du chômage une précieuse lumière. Il montrerait si ces facteurs sont des attributs fixes des diverses industries ou, au contraire, des forces qui, au sein de chaque industrie, prennent des valeurs variables. Ainsi, s’opérerait une première sélection parmi les causes possibles du chômage, qui limiterait heureusement le champ des investigations ultérieures.

La répétition de cette recherche statistique nous renseignerait en même temps sur la présence réelle et l’importance des inexactitudes possibles signalées dans les taux de 1901, et l’on comprend alors pourquoi, à titre de première épreuve, ceux-ci restent utilisables. Ces inexactitudes possibles tiennent soit à des erreurs d'observation, soit au choix défectueux du phénomène observé et du cadre professionnel. Si nous possédions plusieurs relevés statistiques portant exactement sur le même phénomène, et comportant le même classement professionnel que le Recensement de 1901, les chiffres entachés d'erreurs accidentelles se dislingueraient facilement des autres par leur valeur insolite et pourraient ètre alors soit négligés, soit expliqués. Quant aux erreurs constantes, de beaucoup les plus probables, elles sont, de toute façon, sans importance pour nous, puisqu'elles ne faussent pas la valeur relative des taux.

D'autre part, à côté des statistiques semblables, comme

phénomène observé et comme cadre professionnel, à celle de 1901, nous en aurions sans doute d’autres plus ou moins différentes à ces deux points de vue ; nous verrions alors si celte diversité réagit, ou non, sur Îles taux de chômage, et la différence de ces taux nous renseignerait sur l'importance réelle des nuances existant entre les divers concepts.

Toute cette investigation serait assurément fort lente et minutieuse. Même amenée à son terme, elle ne nous révélerait rien encore des causes du chômage, et nous permet trait seulement de rechercher méthodiquement celles-ci en classant les industries selon leur plus ou moins grand coefficient de chômage. Ce sont là des procédés fortlents el, par suite, peu en honneur dans le domaine de la science économique, où les nécessités pratiques pressent et harcèlent le théoricien ; el pourtant n'est-il pas nécessaire, pour lutter efficacement contre le chômage, de connaître d’abord avec toute la précision possible sa nature exacte et les facteurs dont il dépend ? |

La comparaison nécessaire des chiffres tirés du Recensement de 1901 avec d’autres données statistiques, sans qu'elle puisse être élendue à autant de sources qu’il conviendrait, n’est pas impossible. Le Recensement français de 1896, les Recensements allemands de 1895, aussi généraux, aussi détaillés que celui de 1901, peuvent être ulilement rapprochés de ce dernier. C’est là, sans doule, une documentation trop insuffisante pour pouvoir appuyer sur elle, ultérieurement, des conclusions très solides. Encore faut-il, sans se décourager, tirer de cette maigre matière tout le parti possible. Le Recensement de 1896 élant, à tous égards, le plus semblable à celui de 1901, est celui que nous interrogerons d'abord.

Page 1