‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 126 sur 229 · I. POIINT · texte numérisé non relu

I. POIINT

Jésus sachant que son Père lui avait mis toutes choses entre les mains, qu'il était sorti de Bleu et quil s'en allait à Dieu, se lève de table et quitte ses vêtements. Puis ayant pris un linge, il s'en ceignit, et après avoir versé de l'eau dans un bassin, il lava les pieds de ses disciples^ et les essuya avec le linge dont il était ceint (1).

Qui ne serait touché de dévotion et saisi d'étonnement de voir celui qui fait trembler les colonnes du firmament, et sous lequel tous les genoux ploient, fléchir lui-même les genoux devant de pauvres pécheurs, leur laver les pieds de ses mains sacrées, et les baiser de sa divine bouche Tun après Faulre, jusqu'à ceux de Judas qui était près de le trahir? Son amour est le poids qui le fait descendre si bas; mais ce n'est point un amour aveugle qui ferme les yeux à la sagesse. Jésus savait. Cette admirable humilité qui lui fait faire une action si basse et si subhme tout ensemble, est conçue au milieu des flammes et des lumières. Il sait qu'il est Fils unique de Dieu,

(1) Joan., 13.

qu'il est sorti de son sein, et qu'il doit bientôt y retourner, paré des ornements de la gloire. Mais plus il est grand, plus il est humble. Il sait que son Père a mis toutes choses en sa puissance, jusqu'à ce traître qu'il pourrait perdre s'il voulait, mais il l'aime; et plus il a de pouvoir, moins il a de volonté de lui nuire. Sa bonté se fond en douceur sur ce misérable; et ne pouvant s'écouler en son cœur, que l'obstination lui a fermé, elle tombe à ses pieds, et elle les lave de ses larmes. Oh! dureté d'un cœur obstiné! Oh! douceur d'un Dieu humilié ! Où est-ce que l'orgueil peut se cacher à l'éclat d'un si grand exemple?

Mon très-humble Rédempteur, vous m'avez réduit à ce point que je ne trouve plus aujourd'hui de lieu qui me soit propre. Car, méritant de tenir le plus bas lieu du monde, j'avais choisi les pieds de Judas. Mais vous m'avez prévenu; et m'en ayant exclu, je ne sais plus où me mettre. Mettezmoi donc vous-même où il vous plaira. Car, où que vous puissiez me mettre, vous serez toujours plus bas; et plus vous m'abaisserez, plus je m'approcherai de vous (1).

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