‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 129 sur 229 · JOAN · texte numérisé non relu

JOAN

Jésus ayant dit ces choses, se troubla en son esprit (1).

Jésus trouble la joie de son cœur parmi les plus grandes ardeurs de sou amour, comme Torage se forme ordinairement durant les plus grandes ardeurs da soleil. La malice de Judas qui l'avait reçu indignement, le presse et l'afflige de telle sorte, qu'il est enfin contraint d'éclater. Sa sagesse est comme l'éclair qui découvre la perfidie de ce misérable. Un devons me trahira. Sa justicetonne et menace. Malheur à celui par lequel le Fils de lliomme sera trahi; il eût mieux valu pour lui qu'il ne fût jamais né^^). Mais sa bonté le foudroie, quoiqu'à regret, en l'abandonnant à Satan et à sa propre passion. Ce que vous faites, faites-le de suite (3).

(1) Joan., 13. — (2) Joan , 13. — (3) Joan., 13. 27.

A l'école du calvaire. 2^3

Oh ! qu'il est dangereux de s'approcher indignement de Jésus-Christ! Oh ! que ce pain de vie est mortel à une mauvaise conscience ! Oh ! qu'il est vrai que les plus grands bienfaits de Dieu sont souvent de grands supplices, quand on n'en fait pas un bon usage !

0 mon Sauveur ! je ne crains pas que les yeux de votre sagesse découvrent la malice de mon cœur, ni qu'ils me la fassent connaître. Cette connaissance m'est nécessaire, et je vous la demande avec humilité. Je n'appréhende pas non plus les avertissements et les menaces de votre justice, elles me sont trop salutaires. Mais je crains que votre bonté ne me laisse à moi-même en punition de mes ingratitudes. Ne le faites pas, mon Dieu, et ne m'abandonnez pas à mon propre sens, ni à mes inclinations déréglées. Car si vous me laissez faire ce que je veux, je me perdrai sans ressource, ma ruine est inévitable.

Page 1