‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 130 sur 229 · II. POINT · texte numérisé non relu

II. POINT

Les disciples se regardaient l'un Vautre, étant en doute de qui il parlait (1).

Chose étrange! Jésus épouvante les apôtres, et ne touche point l'esprit de Judas. Ses paroles entrent dans le cœur de SCS fidèles disciples conime un glaive de feu qui les perce d'une douleur très-sensible, et le cœur du traître est impénétrable. Les innocents tremblent, craignant d'être criminels; le criminel lève le front, comme s'il était innocent. Mais il ne peut cacher son crime. Sa malice l'aveugle, et sa hardiesse ne sert qu'à le pousser à son damnable dessein, et à le précipiter à sa ruine.

Apprenez, en premier lieu, que le propre d'une bonne âme est de trembler à l'ombre du péché. Que sa crainte est de perdre Jésus, sa douleur d'être éloigné de sa présence,

(1) Joan., 13.

son regret de raimer si peu, et de le voir tant offensé. — Apprenez, en second lieu, que la crainte de Dieu est un fruit du Sacrement, et que Jésus est caché sous les espèces, comme la foudre dans les nuées ; qu'il fait peur aux plus grands saints, mais qu'il ne frappe que les pécheurs qui le reçoivent, comme Judas, sans révérence et sans douleur de leurs péchés.

Mon Sauveur, les gens du monde mettent leur innocence à cacher leurs crimes, et leur courage à mépriser vos jugements. Mais pour moi, votre crainte est mon espérance; et la vue de mes offenses fait une grande partie de ma justice. Accordez-moi donc cette grâce, que je ne perde jamais la crainte de vous déplaire. Car, tant que mon cœur en sera remph, j'espère que le péché ne pourra y trouver de place (1).

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