‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 158 sur 229 · SAISIT · texte numérisé non relu

SAISIT

// leur dit: Mon âme est triste jusqu'à la mort; demeurez ici et veillez.

Il fallait qu'il découvrît la douleur de son cœur, autrement on neût jamais cru qu'elle pût aller jusqu'à cet excès. Eh ! Seigneur, depuis quand est-ce que le ciel consullp la terre.

et que le Créateur a besoin de sa créature ? Quelle consolalioû vous peuvent donner vos disciples? La tristesse leur serre le cœur ; l'étonnement leur ferme la bouche ; et ils ne peuvent vous répondre que par leurs larmes. Que puis-je faire, cliétif que je suis, pour vous consoler ?

Mon fils, voulez-vous soulager ma douleur? demeurez-y, et veillez avec moi. Êtes-vous pressé de douleur? Ayez patience ; supportez cet ennui avec douceur, apprenez de moi à vous humilier et à vous soumettre aux hommes dans vos désolations spirituelles, quoiqu'il vous semble que leurs paroles ne servent qu'à aigrir votre mal. Veillez sur les mouvements de votre cœur. Prenez garde que l'esprit de ténèbres ne se prévale du trouble de votre esprit. Veillez et contemplez les plaies de mon âme, pour compatir à mes peines. Veillez pour apprendre à consoler les affligés, et à vous soulager les uns les autres dans vos faiblesses.

Mon très-aimable Sauveur, qui a trouvé un bon ami dans son affliction, a trouvé un grand trésor; mais, à vrai dire, on ne le peut trouver qu'en vous. Et partant, si vous voulez que les hommes me consolent, parlez-moi vous-même par leur bouche ; et s'il faut que je console les autres, parlez-leur par la mienne : car vous êtes l'unique consolateur des affligés.

A l'École do calvaire. 301

TROISIÈME CONSIDÉRATION

Jésus entre dans un profond abîme de tristesse et de douleur.

« Jésus commença à se sentir atteint de tristesse, et d'une extrême peine d'esprit. Alors il leur dit : Mon âme est triste jusqu'à la mort. » Matth. 24.

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L'orage qui s'élève dans le cœur du Fils de Dieu n'est point l'effet d'une seule passion. Son âme est agitée de quatre divers mouvements si violents, que c'est un miracle qu'il puisse les porter sans mourir. Le premier est la tristesse du mal présent qu'il ressent; le second est la crainte du mal à venir qui l'épouvante; le troisième est un extrême ennui, et une étrange répugnance de la nature à souffrir de si grands tourments; le quatrième est une excessive détresse où il est réduit, ne voyant aucune issue pour sortir de cet abîme.

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