‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 164 sur 229 · II. POINT · texte numérisé non relu

II. POINT

JÉSUS s'attriste a la \ue de nos misères spirituelles.

Il commença à s'attrister.

Voici la première et la plus ancienne douleur de Jésus- Christ, et la cause de toutes les autres. Dès le premier mo ment de sa vie, l'état pitoyable des âmes lui fut représenté : l'aveuglement des hommes, leur ignorance, leur malice, leurs passions, leurs péchés abominables, leur esclavage, leur perte et leur damnation éternelle.

Dès lors, il vit tout cela distinctement, dès lors, il s'offrit à la mort pour nous tirer de ces misères ; et n'ayant pas encore un corps assez grand pour porter sa croix, il y attacha son cœur à la place, et ne l'en sépara jamais depuis. Mais il fait encore aujourd'hui un nouvel effort, et le presse de telle

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sorte que c'est un miracle qu'il puisse souffrir, sans mourir, une si excessive douleur. Oh ! que la perte de tant de réprouvés lui est sensible ! Oh ! que les faiblesses et les infirmités de ses élus l'affligent! Omon très-doux Sauveur! l'innocence affligée nous donne de la compassion, mais nous ne sommes pas tant touchés de la misère des méchants. Ils méritent la peine qu'ils endurent, et leur malice crie vengeance, et nous la fait souhaiter. Il n'y a que vous, Seigneur, qui avez compassion des pécheurs les plus abandonnés , et ces pécheurs malheureux et ingrats n'ont point pitié de vous qui êtes innocent. Jusques à quand. Seigneur, attristerai-je votre esprit par mes désordres, ajoutant mal sur mal, et faisant sur votre cœur autant de plaies que je commets de péchés?

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