‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 165 sur 229 · COMME IL FAUT · texte numérisé non relu

COMME IL FAUT

Il commença à s'attrister.

Il n'y a rien de plus digne de compassion qu'un malheureux qui ne ressent pas sa misère, ou qui ne la ressent pas comme il faut. Nous commettons en ce point deux fautes considérables : nous ressentons trop nos misères temporeUes, et nous ne ressentons pas assez les spirituelles. L'une et l'autre blessent le cœur de Jésus. Il s'attriste de ce que nous ressentons trop nos misères passagères et temporelles, parce que cet excès nous fait tomber en de grandes impatiences et en de grandes misères spirituelles , plus déplorables que les temporelles. Il s'attriste encore plus de ce que nous ne ressentons pas assez nos misères spirituelles, parce que notre insensibilité fait que nous n'en cherchons pas le remède (1).

(1) Apoc. 3. 17.

0 mon Sauveur! que je suis obligé à votre miséricorde! C'est elle qui m'a tiré du néant; c'est elle qui m'a conservé jusqu'ici parmi tant de hasards; c'est elle qui m'a racheté avec tant de peines et de douleurs ; c'est elle de qui j'attends la vie éternelle et la jouissance de tous les biens. 0 mon doux Jésus, ne permettez pas qu'elle s'éloigne de moi et qu'elle me laisse confus daus mon attente.

Mon fils, ayez pitié de votre âme, si vous voulez que j'en aie pitié moi-même; ne vous éloignez pas de ma miséricorde, et elle ne s'éloignera pas de vous. Vous dites que vous voulez compatir à mes souffrances; vous ne le ferez jamais bien, si vous n'avez premièrement pitié de vos misères (1).

CINQUIÈME CONSIDÉRATION

Jésus conçoit une profonde tristesse à la vue de nos offenses et des outrages que nous faisons à son Père.

« Il commença à s'attrister et à s'affliger. » Matth. 24.

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