‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 181 sur 229 · III. POINT · texte numérisé non relu

III. POINT

l'aXGE fortifie JÉSUS.

Un ange du ciel lui apparut, qui le fortifiait. Quelle est cette opération merveilleuse de l'ange, qui fortifie le Fils de Dieu dans sa défaillance? Que peut-il dire, que peut-il faire pour lui donner de la force? Peut-il éclairer son esprit? il est uni à la source des lumières. Peut-il fortifier sa volonté? est-elle unie au principe de la grâce. Que fait-il donc? il lui représente les motifs sensibles, capables de soutenir la partie inférieure, qui est accablée de douleur. Il lui montre la nécessité de sa passion et la gloire qu'il en recevra, le bon plaisir de son Père, le fruit qu'en retireront les élus. 11 loue son courage, il admire sa constance qui est la plus belle manière d'animer un cœur généreux. C'est à vous, lui dit-il, qu'appartiennent la gloire, la puissance et l'empire de l'univers. Vous méritez par cette action glorieuse de régner sur tous les cœurs. L'ange lui dit

A l'École du calvaire. 331

toutes ces choses avec un tiiand respect, et Jésus l'écoute avec une profonde humilité (1).

0 mon Seigneur! la force a-t-elle besoin d'être fortifiée, et la puissance du Créateur d'être soutenue par sa créature ?

Mon fils, je vous ai créé par ma puissance, mais je vous ai racheté par mes faiblesses. J'ai fait voir ma force en vous tirant du néant, mais j'ai porté vos infirmités pour vous dégager de l'enfer.

Apprenez à vous supporter vous-même dans vos faiblesses et dans vos découragements. Apprenez h recevoir avis d'un moindre que vous. Apprenez à vous consoler dans vos détresses. Car si les hommes vous manquent, j'enverrai plutôt un ange du ciel ; je viendrai plutôt moi-même pour vous rendre ce bon office. Recourez donc à moi dans vos douleurs. Adressez-vous à l'ange que je vous ai donné. Une seule inspiration que je verserai par son moyen au fond de votre cœur, calmera votre intérieur.

ONZIÈME CONSIDERATIOiN.

Jésus souffre une extrême détresse qui le fait tomber en agonie.

« Et se trouvant en agonie, il prolongeait son oraison. » Luc. 22.

ïlemarque.

On distingue trois sortes d'agonie. La première est des malades, qui, étant à l'extrémité, sentent une extrême appréhension de la mort, soit à cause de la répugnance de la nature, qui ne quitte la vie qu'avec peine, soit à cause des jugements de

(1) S. Epiphan. Anchor. citât, locum Deuter. c. 32.

Dieu, et de Tincerlitude de ce qui leur doit arriver après la mort. La seconde est des esprits faibles, qui ont peine à se résoudre dans les difOcullés qui leur surviennent, chaque raison qui se présente les emportant et leur faisant changer d'avis ; ce qui les gène furieusement, et leur fait souffrir un extrême tourment. La troisième est des personnes courageuses, qui se surmontent par vertu dans les choses les plus contraires à leurs sens et à leur inclination nalurelle. Telle est l'agonie du Fils de Dieu qui ne vient pas de l'irrésolution d'un esprit faible, ni de la crainte des jugements de Dieu, ni de ce qui devait arriver après sa mort à l'égard de sa personne, défauts dont il n'était pas capable; mais de l'extrême répugnance de la partie inférieure pour les tourments et pour la mort, qu'il combat par la force de son courage et de son amour.

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