‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 182 sur 229 · I. POINT · texte numérisé non relu

I. POINT

JÉSUS SOUFFRE UNE EXTREME DETRESSE APRES LA VISITE DE l'aXGE.

Étant en agonie, il prolongeait sa prière.

Jésus tire du renfort de la parole de l'ange, mais il n'en reçoit point de consolation sensible, ni de soulagement dans ses peines. Son humilité accepte l'un, pour nous apprendre à craindre notre faiblesse ; mais sa charité refuse l'autre, pour nous montrer qu'on peut avoir du goût, et demeurer ferme dans le service de Dieu, quoiqu'on n'y sente point de tendresse ni de douceur (1).

C'est ainsi que Jésus instruit les forts et les faibles : les uns en prenant de nouvelles forces d'en haut; les autres en redoublant sa peine, et en se privant de toute consolation sensible. Car, bien loin d'être soulagé, sa douleur s'augmente jusqu'à un point de détresse qui passe tout ce qu'on peut

(I) Bedaiu. c. 22. Luc.

A l'école du calvaire. 333

souffrii^ à la mort. Sou cœur, se sentant pressé plus que jamais de crainte, de tristesse, de confusion et d'ennui, cherche à se mettre au large, mais ne trouve point d'issue. De quelque côté qu'il se tourne, il ne voit que des objets de douleur. S'il regarde son Père, sa colère l'effraie ; s'il envisage sa mère, il est saisi de compassion; s'il considère la croix, elle lui fait horreur. Eu un mot, rien ne le console, tout lui fait peine.

0 Jésus ! l'exemple des forts, apprenez-moi à vous servir sans consolation et sans goût. 0 la force des faibles, apprenez-moi à faire un bon usage de la joie et de la consolation que vous m'avez acquises par vos douleurs.

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