II. POINT
SON AGONIE NE l'eMPÊGHE PAS DE PROLONGER SA PRIÈRE AVEC PLUS
d'application et de ferveur.
Étant en agonie, il prolongeait sa prière.
Jésus ne quitte point la prière, quoiqu'il soit désolé pardessus tout ce qui se peut dire ; au contraire, il la prolonge avec plus d'application et de ferveur. Il nous enseigne par là un secret d'une admirable sagesse, savoir, que pour vaincre notre ennui, il faut prier, et que pour prier il faut vaincre l'ennui qui nous vient dans la prière. Il est en agonie, pour nous apprendre, dit saint Chrysoslôme, qu'il faut suivre Dieu malgré toutes les répugnances de la propre volonté. Il persévère dans la prière, pour nous dire qu'il faut prier instamment pour vaincre nos répugnances (3).
0 mon Sauveur, apprenez-moi à faire vos volontés aux dépens de la mienne, et à persévérer dans la prière jusqu'à ce
(1) Lyranus in c. 22, Luc. Vide S. Boiiav. Ibidem. — (2) Eccli. iv, 33. — Heb. II, 9 — (3) S. Chrys., liom. 84. in Matth.
que je sente mon intérieur se calmer, ma résistance mourir et ma volonté se soumettre à celle de votre Père, pour souffrir tout ce qu'il lui plaira, et lui donner un plein pouvoir sur ma vie et sur ma mort, sur mon corps et sur mon âme, et sur tout ce qui peut m'appartenir, soit dans le temps, soit dans l'éternité. Amen.
DOUZIEME CONSIDERATION
Jésus sue dans son agonie une sueur de sang.
« Il lui prit une sueur qui était comme de grosses gouttes de sang qui découlaient sur la terre. » Luc. 23.
ïtem arque.
Théophilacte a cru que la sueur du Fils de Dieu n'était pas une vraie sueur de sang; mais les saints Pères ont été de tout temps d'un avis contraire. Saint Cyprien, saint Athanase, saint Jérôme, saint Augustin, saint Jean Damascène, saint Anselme, saint Bernard, et tous les interprètes de saint Luc, assurent que Jésus-Christ sua véritablement du sang. Sueur universelle, sueur miraculeuse , sueur mystérieuse , sueur précieuse et salutaire (1).